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Par CN Winters

Avis de non-responsabilité (et choses légales): Bien que je voudrais pouvoir dire que Xena et Gabby sont à moi, ce n'est pas le cas. Ils appartiennent à MCA / Universal. Cette histoire est toutefois à moi, et à moi seule. Il y a un peu de violence mais pas trop graphique. C'est l'histoire de deux amies qui décident de devenir beaucoup plus - et bien plus encore. Si la pensée de deux femmes, profondément et éperdument amoureuses vous offense, ne lisez pas plus loin. Si vous êtes trop jeune, ne lisez pas plus loin. Si vous habitez un endroit où ce n'est pas kasher, ne lisez pas plus loin. Toutefois, si vous êtes ouvert d'esprit, assez âgé et que vous vivez dans un quartier progressiste... savourez!

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Chapitre 1 

"Xena!" 
 La guerrière ne put retenir un sourire en entendant son nom hurlé à travers la sombre taverne surpeuplée. Elle ne savait pas très bien comment elle serait accueillie. Cela faisait des années, presque une autre vie, depuis qu’elle était venue sur l'île.  

 Des hochements de tête l’accueillirent alors qu’elle approchait du bar. "Ca fait longtemps" fit remarquer l’aubergiste avec un sourire entendu. «Je parie que tu as soif." C’était une belle femme, de l’âge de Xena, mais légèrement plus petite. 
 "Oui! Pourrions-nous avoir une bouteille de vin?" demanda Xena cérémonieusement pour le spectacle. C’était une expérience étrange pour Gabrielle de voir Xena si détendue, presque espiègle, avec quelqu'un d’autre. 

 "Et qui est "nous"?" demanda l’aubergiste.
 "Gabrielle" répondit la guerrière avec un léger signe de la main. 
 "Gabrielle" La femme hocha la tête et lui serra poliment la main. Puis son attention se reporta sur Xena et elle la taquina d’un « n’est-elle pas un peu jeune ? » Les yeux de Xena se rétrécirent et l’aubergiste comprit qu’il valait mieux changer de sujet. "Qu’est ce qui t’amène par ici?" 

 "On m’a demandé de venir" répondit Xena de son habituel ton froid. Gabrielle se trouvait non loin et tentait de se concentrée sur les conversations tout en étudiant les environs, s’imprégnant sans doute des détails pour ses prochaines histoires. 

 "Vraiment? Par qui?" 
 "Par moi » interrompit une voix. Xena et Gabrielle se tournèrent pour voir une femme s’approcher d’elles. "Ca fait longtemps" continua-t-elle avec un séduisant sourire. 
 "Trop longtemps» Xena ouvrit les bras pour serrer l'étrangère. 
 "Comment vas-tu Sappho?" 
 "Je ne peux pas me plaindre» répondit-elle en se reculant. 
 "Je suis sûre qu'elle pourrait » interrompit l’aubergiste avec un sourire taquin. "Sappho est devenue respectable." Xena interrogea l’aubergiste d’un froncement de sourcil. 
 "Elle s'est mariée!... Tu y crois!... avec un homme!" 

 Xena observa Sappho, sous le choc. "Est-ce vrai?" 
 "Tu sembles déçue" la taquina Sapho. Xena se sentit rougir. 
 "Ce n'est pas de la déception mais de l'incrédulité." 
 "Je suppose que c'est pourquoi tes joues sont écarlates." 
Xena savait qu'elle perdrait dans une joute langagière avec Sappho et, en guerrière intelligente, elle sut se replier. Mais Sappho parut brusquement distraite. "Voilà donc ta compagne barde ?" et elle s’approcha de Gabrielle. 

 "Oui. Gabrielle voici Sappho. Sappho, Gabrielle." 
 "Enchantée..." Sappho prit la main de Gabrielle et embrassa le dos de celle-ci de façon très galante.
 "c’est le moins qu’on puisse dire..." Gabrielle se sentit elle aussi rougir avec une brusque montée de température sur son visage. "Tu sais" Sapho parlait en tenant toujours la main de Gabrielle «Je suis moi-même un peu barde. Peut-être que ce soir nous pourrions lire quelques parchemins et s’enseigner une chose ou deux." 
 "D'accord. D’accord! Ca suffit" dit Xena, en retirant la main de Gabrielle loin de la prédatrice. "Assez avec les présentations. Parlons affaire." 

 En marchant vers une petite table, Sappho tira Xena sur le côté et lui murmura à l’oreille. "Elle est jeune, n’est-ce pas?" 
 "Sapho!" S'exclama Xena, faisant se retourner Gabrielle qui les observa. 
 "C’est juste une remarque... ironique. Ne sois pas si tordue... Et en parlant de forme, elle est très belle. Alors, ne change pas." 
 "C'est bon de voir que les choses ne changent pas" rétorqua Xena, sarcastique. "Est-ce que ton mari sait que tu te conduis comme ça?" 
 "Tu plaisantes?" Rit Sappho. 
 "C'est bien ce que je pensais" dit Xena d’un ton suffisant. 
 "Il adore" elle sourit. "L'année dernière, pour mon anniversaire, je rentrais chez moi et il y avait cette superbe rousse assise..." 
 "J'imagine la scène" l’interrompit Xena. "Peut-on parler de la raison pour laquelle nous sommes ici?" 

 Sappho sourit. «Bien sûr, mais je dois d'abord m’occuper de cette magnifique créature" dit-elle en cherchant Gabrielle. "Veux-tu quelque chose à boire ou à manger? Ils ont un magnifique ragoût d'agneau, ma chère." 

 Gabrielle sentait les yeux de Xena sur elle, même si elle semblait regarder Sappho. "Nous attendons notre vin mais merci quand même." 
 "Eh bien, où est-il?!" S’exclama Sappho. "Aubergiste! S’il te plaît chérie, apporte du vin à cette charmante jeune créature avant qu'il ne vieillisse d’un an!" La nature exigeante de Sappho redevint celle de la séduction quand elle observa de nouveau Gabrielle. "Es-tu sûre qu'il n'y a rien d'autre que tu désires?" 

 Les poings de Xena se serraient sous la nappe, et son malaise se lisait sur sa figure. Sappho et Gabrielle sourirent à Xena - Sappho suite à la jalousie qu’elle avait provoquée chez Xena et Gabrielle à cause de l'embarrassante situation. Sappho connaissait plus d’un sous-entendu romantique à glisser qui la laisserait avec un oeil au beurre noir ou pire. "Bref, dit-elle gaiement. Je t’ai fait venir ici pour te demander de l’aide." 
 Xena, selon son habitude, attendait que Sappho continue, et elle fit un signe de tête qui signifiait «raconte». 

 - Le gouvernement local a quelques problèmes ces derniers temps. Il semblerait... 
 – Arrête. ordonna Xena. Je ne me mêle pas de politique. 
 - S’il te plaît, laisse-moi finir, supplia Sapho, je ne sais pas vers qui d'autre me tourner". 
 Gabrielle entendit de la supplication dans sa voix. "Xena, écoute-là au moins. Nous n’avons nulle part où aller et nous sommes bloquées sur l'île jusqu'à demain matin. D’ailleurs, j'aimerais un verre de vin après ce long voyage en bateau." 
 La guerrière réfléchit à la demande de Gabrielle. Elle avait gagné. Xena évita le contact visuel avec Sappho en se rasseyant. Quand elle la regarda de nouveau, Sappho agitait son auriculaire en articulant silencieusement "elle est sait y faire" en parlant de Gabrielle. Envoûtée par l’éblouissant regard bleu cristal de Xena, elle s’éclaircit nerveusement la gorge. "Quoi qu'il en soit, comme je le disais, il semble que le continent s’intéresse subitement à nous." 
 "De quelle façon?" demanda Gabrielle. 
 "De la façon dont nous vivons, et la façon dont certaines d'entre nous vivent... Nous faisons des cérémonies de mariage pour les couples du même sexe depuis assez longtemps. Le continent veut y mettre un terme. La plupart des couples, hommes ou femmes, ressentent une certaine oppression. " 

 -Voici votre vin, mesdames. Désolée de vous avoir fait attendre. Désirez-vous autre chose? demanda l’aubergiste. 
 -Non, c’est bon. répondit rapidement Gabrielle qui voulait revenir à l'histoire. "Si la majorité ne veut pas de changement, où est le problème? À ce stade, le continent ne peut rien faire pour refuser." 
 "Oui c'est vrai. Mais c’est un peu plus compliqué." 
 "Ca l’est toujours" répondit Xena de son ton sec.
 "Les gens sont abattus.... Une nuit, un couple de même sexe a été tué dans la rue, un autre dans leur lit pendant qu'ils dormaient... Nous n'avions jamais été confrontés à ce problème jusqu'à ce que nous recevions un message du continent. Les habitants de Lesbos ont toujours été fiers que leur île soit un endroit pour tous les peuples, pour toutes les façons de vivre. Cest un lieu de créativité impartial et culturel. Athènes est le centre des arts mais Lesbos en est le coeur... ou du moins l'était. " 
 "Je ne vois pas où nous pourrions intervenir?" demanda Xena en avalant sa dernière goutte de vin. 
 "Le Conseil m'a demandé si j'avais des suggestions sur ce qu’il fallait faire. Je leur ai dit vouloir te contacter et peut-être obtenir tes conseils pour protéger notre peuple. Et avec de la chance, je pourrais peut-être te convaincre de rester assez longtemps pour voir qui se cache derrière ces meurtres. " 

 Xena remplit son verre ainsi que celui de Gabrielle sans répondre. Bien sûr, c'est la voix de Gabby qui brisa le silence. "Sappho pourrais-tu aller au bar et me ramener un peu de ce merveilleux ragoût d'agneau dont tu m’as parlé tout à l'heure. J'aimerais parler à Xena." 
 Le sourire admiratif de Sappho revint "Tout ce que tu veux, ma douce." 
 Une fois hors de portée de voix, Gabrielle se tourna vers Xena. "Qu’en penses-tu?" 
 "Je pense que nous pourrions être impliquées plus que prévu" répondit calmement Xena. 
 "Peut-être, mais ne prenons-nous pas toujours des risques ?" sourit la barde. 

 Xena étudia le sourire de Gabrielle et se demanda quand la jeune fille qu’elle avait rencontré des années auparavant était devenue la femme de compassion qu’elle était aujourd'hui. Ce sourire et cette mission pouvaient être dangereux. Xena pourrait-elle passer une semaine, même deux, sur l'île et être encore capable de rester sa "meilleure amie"? Sa force, dissimuler son désir, survivrait-elle à la vue de femmes aimant d'autres femmes jetés chaque jour à son visage? Sa force parviendrait-elle à protéger Gabrielle si elles rencontraient les assassins? 

 "Qu'est-ce que tu dis?" demanda Gabrielle en l’encourageant d’un coup de coude. 
 "Tu t’en sens capable?" demanda Xena, la gravité de la situation se lisait dans ses paroles. 
 "Absolument" répondit Gabrielle. 

 C’est une femme maintenant, pensa Xena. L’enthousiasme naïf de "l'expérience de la vie" se sentait dans la voix de Gabrielle. C’était le ton confiant d’une femme sûre d’elle qui comprenait le danger tout en l’acceptant. Ça va être une longue semaine, se dit Xena. 
 Sappho revint avec le ragoût de Gabrielle. Comme la bouteille était maintenant vide (surtout à cause de Gabrielle et Xena) Sappho en commanda une autre. "Nous avons décidé de rester et de t’aider." Xena sourit. Sappho fut si heureuse qu’elle embrassa Xena. Un baiser rapide et un peu timide. 

 Le groupe commença à jouer et beaucoup de femmes se levèrent pour danser. Gabrielle, à présent pleine de vin et de courage, voulut se joindre à la liesse. Lorsque Xena refusa son invitation à danser, Sappho lui offrit ses services et Xena fut d'avis que la barde acceptait décidément tout avec empressement. 

 Etrange sentiment que de regarder les deux femmes sur la piste de danse, un sentiment qu'elle n'avait pas connu depuis... depuis le mariage de Gabrielle avec Perdicus – un chaudron de joie devant le bonheur de Gabrielle et une torture de la voir s’envoler. Fébrilement et légèrement ivre, Xena se leva et s’approcha prudemment de sa compagne- sa compagne, pas celle de Sappho. 
 A la question de Xena "Puis-je vous interrompre?" toutes les trois savaient que ce n'était pas une requête ou une question à débattre. Sappho donna tout simplement la main de Gabrielle à Xena avant de retourner s’assoir à table. Comme le tempo ralentissait, Xena sentit Gabrielle glisser ses mains autour de son cou alors que la sienne s’enroulait autour des hanches galbées de la barde.
 
 "Pourquoi ce changement d’avis?" se moqua Gabrielle, gardant le contact avec ses beaux yeux bleus. 
 "Tu ‘amuses trop" 
 "Je n’ai pas le droit de m’amuser avec Sappho?" L’alluma Gabrielle, avec un ton espiègle. 
 "Tu ne connais pas Sappho aussi bien que moi." 
 "Et comment la connais-tu Xena?" 

 Xena ne répondit pas immédiatement. Le sourire qui passa sur ses lèvres suffit à Gabrielle. 
 "Je vois" sourit la barde. "As-tu peur qu’elle me fasse perdre la tête?" Xena ne répondit pas. Le sourire qu’elle avait affiché à la première question de Gabrielle disparut quand elle imagina Sappho lui faire toutes les choses dont elle rêvait sans jamais avoir eu le courage de le faire. Elle pouvait se transformer en seigneur de guerre en un clin d’oeil. Pourtant, devant cette beauté auburn, elle pouvait trembler de peur tel un enfant perdu et apeuré. Gabrielle remarqua le regard dans ses yeux et comprit ce que ça voulait dire. 
 "Ne t’inquiète pas" la rassura le barde. «Une seule femme ici pourrait me faire perdre la tête... Et ce n'est pas Sappho." 

 Gabrielle attira Xena plus près, sa tête reposant sur le sein de Xena. La sensation du cuir et de la chair caressant sa joue attira leur corps l’un contre l’autre. Alors qu’elle soupirait de contentement, la guerrière sentit le souffle chaud de Gabrielle chatouiller son décolleté et un frisson lui parcourut le corps. Sa première réaction fut de dissimuler son désir comme elle l’avait fait tant de fois auparavant. Mais elle dissimula rapidement sa soudaine impulsion et laissa Gabrielle tisser sa toile autour de son coeur. "Je ne me rappelle pas la dernière fois que j'ai dansé" réfléchit Xena. "C’est tellement agréable." 

 Gabrielle leva la tête vers Xena et leurs yeux se fixèrent de nouveau, elles se sentaient de moins en moins inhibées, le bleu profond se mélangeant à la mer verte. Xena regarda sans rien dire Gabrielle humidifier ses lèvres comme si elle se préparait à être embrassée. Avant qu’elle ne profite de l’occasion, Gabrielle parla : 

"On devrait prendre plus de temps pour des choses simples comme celle-là." 

 Une étrange nouvelle sensation traversa Xena. C’était vraiment une femme. Elle était solide, confiante et capable de se prendre en main. Ce n'était plus la demoiselle en détresse de leur première rencontre. Ce n'était pas juste une copine qui donnait un coup de main quand les choses tournaient mal. C’était son égale, voire sa supérieure sur certains points comme, par exemple, pour les émotions humaines. 

 Le jour était finalement arrivé, le moment était venu. Xena avait, enfin, trouvé une compagne, une confidente, une âme sœur, avec qui elle pouvait envisager de rester aujourd’hui, et pour toujours. Elle était aux anges de l’avoir trouvée et consternée que ça ait prit tant de temps. Son désarroi, toutefois, ne dura pas longtemps quand elle sentit sa tête tirée vers le bas, quand les lèvres de Gabrielle saisirent son cou et son lobe d’oreille. 

 "Il est tard" murmura Gabrielle, ce qui lui donna la chair de poule. "Pourrions-nous avoir une chambre pour cette nuit?"

 Oui! Dieux Oh oui! fut la première pensée de Xena. Au lieu de cela, elle s’entendit prononcer toute autre chose, trahissant son coeur. . . et son bas-ventre. "Nous avons bu beaucoup de vin." 
 "Et?" Rétorqua Gabrielle, les mains sur les hanches, de façon provocante. 

Xena fut subitement sur la défensive et lui répondit sévèrement "Et je ne veux pas qu’il arrive quoique ce soit que tu pourrais regretter"
"Je suis une grande fille Xena. Je suis libre de faire mes propres choix." 

 "Moi aussi, et peut-être que je ne veux pas prendre une décision que je regretterais." 

 Xena vit l'âme de Gabrielle se briser derrière la mer verte de ses yeux. Sans un mot, Gabrielle s’enfuit de la piste de danse et retourna à la table. Elle n'eut même pas le temps d'appeler Gabrielle que celle-ci conversait déjà avec Sappho. Elle s’avança, tombant sur la fin de leur conversation.

"Je vais attendre dehors" dit la barde à la poétesse avant de s’éloigner rapidement. 
 Sappho resta muette un moment, jaugeant la guerrière. "Xena, je te le dis par amour et par amitié... Tu es stupide! Regarde-la! Regarde comme elle est belle. Regarde le talent qu'elle a. Je vais te confier un petit secret. Je connaissais son nom avant que tu me la présentes. J'ai entendu parler de ses histoires par des amis sur le continent. Elle les a impressionnés avec ses contes et son talent pour la prose. Dieux, tu es complètement aveugle! " 

 "Non, je ne suis pas aveugle!" cracha Xena. "J'ai su qu'elle était spéciale dès l’instant où je l’ai vue. Je ne veux pas la perdre à cause de deux bouteilles de vin. J'ai besoin qu’elle sache que ça vient de moi et non de l'alcool. Je dois savoir si elle ressent la même chose. Je ne peux pas la perdre Sappho... Je ne peux pas la perdre. " 

 Sappho contourna la table et serra Xena dans ses bras. La guerrière était au bord des larmes. "Ecoute" Sapho essayait de la calmer en secouant l’ex-seigneur de guerre "Gabrielle m’a demandé si elle pouvait venir chez moi." 

Xena recula brusquement. Son visage se remplit de tristesse puis devint rouge écarlate et brûlant de colère. "Ne t’inquiète pas. Je n'ai aucune intention de profiter d’elle... Bien que cette pensée m’ait traversé l’esprit ...mais c'est reparti aussi vite que c'est venu... De toute façon, je lui ai dit oui car je ne veux pas qu’elle se promène seule dans les rues le soir... Je veux que tu viennes avec moi. J'ai une maison d'hôtes que toi et Gabrielle êtes invitées à utiliser lors de votre séjour... S’il te plaît viens avec nous... Parle-lui... Elle est aussi peu sûre de ton coeur que tu l’es du sien. Parle-lui. " 

 Xena hocha lentement la tête et elles sortirent rejoindre la barde. "Je ne viens pas si elle vient" annonça Gabrielle quand elles s’approchèrent. 

 - Si, dit Sappho. 
 - Non, protesta Gabrielle. 
 - Tu vois ce charriot là-bas? Dit Sappho. Il est à moi. Tu montes dedans avec Xena et moi. Nous allons chez moi. Vous dormirez dans la maison d’hôte. Il est tard. Nous discuterons de tout cela demain. " 

 Gabrielle se renfrogna avant de finalement prendre le charriot d’assaut. Xena et Sappho suivirent son exemple et elles arrivèrent chez Sappho en quelques minutes. Une fois à la maison d'hôtes, Gabrielle passa la première, laissant la porte se refermer sur le nez de Xena.

La guerrière la repoussa si violemment que les charnières faillirent exploser. Gabrielle ne se retourna même pas. Elle ouvrit la porte de sa chambre et la claqua. Xena fouilla du regard la pièce afin de trouver quelque chose pour se couvrir pour la nuit. À regret, elle se dirigea vers la chambre à coucher. 

 "Pourrais-je au moins avoir une couverture?" cria-t-elle. Après quelque agitation de l'autre côté, la porte s’ouvrit et une couverture blanche vola sur son visage, la déséquilibrant au moment de l'impact. Elle n'eut pas le temps d’entrer car la porte claqua de nouveau. "Merci ô reine amazone!" À regret et avec un mal de tête lancinant, elle s’enroula dans la couverture devant la cheminée vide. 

Chapitre 2 

 Une belle flambée et une odeur de bacon remplirent la chambre alors que Gabrielle se massait les tempes. Xena ne put s'empêcher de sourire devant la gueule de bois de la barde. Elle avait eu la même quelques heures plus tôt, mais après avoir bougé un peu, tout était rentré dans l'ordre. Avec précaution, Gabrielle se glissa jusqu'à la chaise la plus proche, et s’y effondra. 

 "Comment vas-tu?" demanda Xena d’une voix calme et douce. 
 "S’il te plaît ne crie pas" exigea Gabrielle. 

 Un sourire évasif se forma sur les lèvres de Xena en observant la douleur de la barde. "Je n'ai pas crié. Je vais donc murmurer jusqu'à ce que tu me dises d’arrêter." 

 "Merci" répondit Gabrielle et Xena lui apporta une tasse de thé. 

 Xena finit de faire cuire le petit déjeuner pendant que Gabrielle la regardait en silence, essayant de recoller le puzzle de la veille. "Où sommes-nous?" Demanda-t-elle en regardant autour d’elle. 
"Dans la maison d’hôte de Sappho, répondit doucement Xena en avalant son déjeuner. " as-tu faim? " 

"Oh dieux non!" S’exclama Gabrielle, et elle serra aussitôt ses tempes car les mots crépitaient dans son cerveau, sans parler de son estomac qui commençait à faire des sauts périlleux. 

 Xena termina son petit déjeuner en silence. Elle savait que Gabrielle la regardait depuis le début, mais elle ne voulait pas être la première à aborder les événements de la veille. Elle savait ce que la barde cherchait à faire – rassembler les morceaux qui l’avaient amenée ici. 

"Xena?" 
 "Hum." 
 "Qu’est -ce qui s'est passé hier soir?" 

 Xena ne dit d’abord rien. "Tu as bu trop de vin" répondit-elle de son style court et direct.
 "Je sais ça" insista Gabrielle. Elle but une autre gorgée de thé, mais sa soif n'était toujours pas étanchée. La boule de coton dans sa bouche refusait de partir. "Mais qu'est-ce que j’ai fait?" 

 "De quoi te souviens-tu?" 
 Gabrielle garda le silence un instant. "Je me souviens de Sappho nous racontant les problèmes du coin. Et puis... J’ai dansé avec elle." Xena regarda Gabby pâlir d’horreur. 

 "Tu te souviens maintenant?" Se moqua Xena en se rapprochant de quelques centimètres. 
 "Je l’ai embrassée dans le cou" répondit Gabrielle en faisant presque tomber sa tasse. 
 Le sourire de Xena disparut et elle se détourna rapidement. Lui dire la vérité ou la laisser croire que c'était Sappho? "Te souviens-tu de quoi que ce soit d'autre?" Demanda-t-elle doucement. 
 Gabrielle réfléchit encore. "Je t'ai jetée une couverture, n'est-ce pas?" 

 "Ouais." 
 "Ouais? C'est tout ce que tu peux me dire?... S’il te plaît raconte-moi tout" supplia-t-elle. 
 C’est maintenant ou jamais, pensa Xena. Elle s’agenouilla entre les cuisses de Gabrielle, tenant ses mains dans les siennes. "ce n'est pas Sappho que tu as embrassée. C’est moi" Xena parla si vite que le cerveau de Gabrielle ne comprit qu’après un silence. Elle attendait que Xena raconte les événements de la soirée, mais elle savait au fond, que ce serait un travail laborieux. 
 "C’était toi?" 

 Xena acquiesça. "Tu voulais une chambre pour la nuit et quand j'ai refusé, tu as demandé à Sappho de t’emmener chez elle." 

 "Non" dit Gabrielle, secouée. 
 "Si." 

 Xena se leva et se mit à débarrasser les assiettes pour les laver quand la voix de Gabrielle la fit se retourner. "Je suis désolée" murmura-t-elle. 

 "A propos de quoi?" demanda Xena. "Partir avec Sappho ou m’embrasser?" 
 "Les deux" répondit-elle rapidement. 
 Elles se regardèrent en silence. Gabrielle allait répondre mais Xena leva un doigt en l’air, ce qui la faisait toujours taire. "Oublions tout ça, d’accord?" 

 À regret, Gabrielle acquiesça. Xena reprit les assiettes et se dirigea vers la bassine, laissant la barde à ses pensées. Elle ne s'arrêta pas jusqu’à ce qu’elle se trouve devant la cuvette. Ses larmes ne coulèrent que quand elle fut certaine que Gabrielle ne pourrait les voir. 

                                                                       **************

 Xena coupait du bois pour leur séjour dans la cour derrière la maison pendant que Gabrielle tentait de se ressaisir pour affronter la journée.  Le thé avait calmé son mal de tête et elle avait réussi à avaler quelques grains de raisin.  Quand elle rejoignit Xena, elle se dit qu’elles pourraient vivre ici une année entière avec tout ce bois empilé.

 Concentrée sur son travail, tranchant d’énormes bûches avec de violents coups de hache, Xena ne remarqua pas Gabrielle jusqu'à ce qu'elle apparaisse dans le coin de son œil.  "Tu te sens mieux?"  demanda-t-elle en faisant son possible pour dissimuler son cœur brisé.  
 "Oui. Merci. Le thé m’a vraiment aidée."

 Xena retourna à ses bûches sans rien ajouter. Après plusieurs coups de hache, elle vit Sappho sortir de chez elle.  "Comment se sent-on aujourd'hui?"  Demanda-t-elle malicieusement.  "Est-ce que la terre s’est arrêtée de tourner?"
 Elles sourirent et Xena planta sa hache dans un arbre.  Sappho observa toutes les bûches dans la cour avant de se tourner vers elle.  "J’ai coupé du bois pour notre séjour" expliqua la guerrière.
 "Par Zeus!"  S’exclama Sappho.  "Combien de temps ça va prendre pour résoudre notre affaire?!"
 Xena haussa les épaules, gênée, alors que Gabrielle ricanait.

 Sappho s’approcha de Xena assez près pour que Gabrielle ne puisse pas entendre.  "La frustration sexuelle est une chose excellente pour faire du bon travail" Elle lui fit un clin d’œil.  "Enfin bref, leur dit-elle, je pensais vous emmener rencontrer les membres du Conseil. Si vous êtes en état bien sûr."
 "Je vais bien" répondit Gabrielle.
 Sappho hocha la tête à la jeune blonde avant de se tourner vers la guerrière. "Xena?" Elle acquiesça aussi.  "Allons-y."

 La ville bourdonnait de gens se rendant à la grande salle.  Xena conduisait le chariot, Sappho et Gabrielle assises à l'arrière. Gabrielle ressentit l'impérieuse nécessité d'expliquer son comportement de la veille. "Sappho?"
 "Oui ma chère" répondit-elle doucement.
 "Je suis désolée pour ce qui s'est passé hier soir. Xena m'a dit que je..."  
Gabrielle ne trouvait pas ses mots et se mit à rougir.
 "... t’avais demandé de me faire passionnément l'amour."  Gabrielle baissa la tête, embarrassée.
 "S’il te plaît ne t'excuse pas" sourit Sappho.  "Avec quelques années de moins et sans alliance, j'aurais accepté ta proposition."
 "Merci" répondit honteusement Gabrielle.
 "Pas de problème... Bien que ça ne soit pas tout à fait exact."  Gabrielle interrogea Sappho du regard.  "Je veux dire, tu es belle - ne te méprends pas. Tu es vraiment très belle..."
 "Sapho!"  s'exclama discrètement Gabrielle pour que Xena n’entende pas.
 "Désolée. Je ne peux pas m'en empêcher. Les belles femmes font ressortir certaines choses en moi... Quoi qu'il en soit, je ne pourrais rien faire avec toi. Xena me trancherait la tête en un clin d'œil. "
 "Je dois l’admettre" sourit Gabrielle.  "Elle est très protectrice envers moi."
 "Protectrice?"  Sappho rit.  "Chérie, ce n'est pas de la protection. C’est de l'amour."

Gabrielle sentit ses poumons se vider, mais elle trouva tout de même le courage de reprendre la parole.
 "De l’amour?"  
 "Bien sûr. Pourquoi penses-tu qu'elle s'est refusée à toi cette nuit ? Elle ne voulait pas te faire de mal. Elle ne voulait rien faire que tu regretterais ou pire encore, dont tu ne te souviendrais pas au matin."
 "Mais ce matin, elle m’a dit d'oublier tout ça?" Gabrielle espérait que Sappho aurait une réponse.
 "Eh bien, dans quel contexte a-t-elle dit ça? As-tu montré du regret quand elle te l’a dit?"
 Gabrielle réfléchit à leur conversation matinale.  "Oh Dieux!"
 "Je prends cela comme un oui... Qu'as-tu fait? Tu lui as dit que tu étais désolée?"
 Gabrielle hocha lentement la tête.
 "Eh bien voilà" s’enquit Sappho. 

Elles sentirent le chariot ralentir et regardèrent autour d’elle.  "Nous y sommes" dit Sappho en mettant pied à terre.

 Xena tendit les bras pour aider Gabrielle mais elle sentit l'hésitation de la jeune femme.  
"Viens" ordonna Xena.  Lentement, Gabrielle prit ses mains et sauta sur la route poussiéreuse.  
"Tu ne te sens plus malade, hein?"  demanda Xena, inquiète.  Quelque chose avait changé. Xena le sentait. Elle jeta un coup d'œil à Sappho comme Gabrielle ne répondait pas.
 "Ne me regarde pas!"  répondit Sappho, levant ses mains en signe de dénégation.  "Je n'ai rien fait."
 "Je vais bien."  Les interrompit Gabrielle.  "Allons rencontrer le conseil."
 Et elles entrèrent dans le bâtiment en marbre.

Chapitre 3

 Six habitants de Lesbos, dont Sappho, siégeaient au conseil - trois femmes et trois hommes.
 "J’imagine que Sappho t’a raconté la situation" s’informa un vieil homme.
 "En effet. As-tu une idée de ce qui se passe?" Demanda Xena.
 "Non, mais nous sommes sûrs que c’est quelqu'un du continent. Aucun citoyen de Lesbos ne ferait une chose pareille. Nous vivons d’une manière très différente. Si quelqu'un n'est pas d'accord avec nous, il est libre de vivre ailleurs ".
 "Donc, ce que tu dis c’est : " Lesbos. Aime-la ou quitte-la" ?
 "Oui. Je suppose que c'est ça."  Il sourit avant de reprendre son air grave.  "Je pense que l'extérieur fait pression pour nous conformer à leur code. La meilleure façon de faire est de trancher quelques gorges pour que l’on se mette de leur côté. Ca n'arrivera jamais bien sûr, peu importe le nombre de personnes qu’ils tuent. Nous t’avons demandé de venir dans l'espoir d’éviter plus de morts et mettre fin à cette souffrance. "

 Xena ne répondit pas aussitôt, étudiant le conseil.
  "J’ai décidé de rester et d’aider Sappho, donc si vous avez besoin de nous contacter, nous serons chez elle... D’autres questions?"  Ils secouèrent tous la tête et Xena se leva de table.  "A plus tard, alors."
 "La séance est levée."  dit  Sappho en frappant le marteau sur la table.
 Comme la salle se dispersait, Gabrielle prit Xena à part.
 "Que penses-tu du conseil?"
 "J'ai confiance en eux jusqu’au point de parvenir à les désarçonner."
 "Bien. Je croyais être devenue paranoïaque" sourit Gabrielle.
 "Nous devons sortir d’ici, aller dans un endroit discret et parler à Sappho. Personne ici, sauf elle, ne nous donnera de réponse claire."
 "Tu crois ces foutus patriotes avec leurs codes différents et ridicules?"
 "Non" répondit Xena avec un sourire ironique.  "Mais je parie dix dinars qu’il s'attendait à ce que j’y crois. Peut-être même qu’ils s’y attendaient tous." Xena réfléchit.  "Nous devons savoir quels rapports ces dirigeants entretiennent avec le continent."
 "On devrait peut-être commencer par demander à Sappho?"  Proposa Gabrielle.
 "Oui. J’ai confiance en Sappho, enfin, presque, en tout cas, pour la raison de notre voyage, je lui fais confiance."
 Gabrielle sourit.  Elle savait ce que cachait le "presque". Sappho avait elle-même dit que les belles femmes étaient sa faiblesse. 

"On est prêtes?"  Demanda Sappho en marchant vers elles.
 "Retournons chez toi. Nous avons quelques questions à te poser" dit fermement Xena.
 Xena prit Gabrielle par le bras quand un frisson la parcourut.  
"Qu’est-ce qu'il y a?"  Demanda la barde.
 "Des problèmes".

 Avant que Gabrielle ait le temps d’approfondir la question, elles furent encerclées par dix hommes discrètement armés d'épées.  La rue se vida lorsque Xena dégaina la sienne.
 Tout en faisant habilement tournoyer l'arme dans ses mains, elle dit d'une voix menaçante:  "Nous n'avons pas le temps de jouer. Rentrez chez vous."  
Quand elle pivota pour voir les autres, elle remarqua que Gabrielle ne portait pas ses armes. Bizarre se dit-elle brièvement. Elle voyait bien que Gabrielle était contrariée de ne pas avoir pris ses armes en cherchant autour d’elle.  Xena trouva la parade qui devait marcher.

"Yiyiyiyiyiyi!"

 Elle sauta au-dessus du cercle  formé par les hommes et atterrit dans un saut périlleux face à la tente d’un marchand.  D’un geste rapide, elle trancha la mince corde qui la soutenait, la faisant s'effondrer de moitié sur son propriétaire.  "Désolée" s’excusa-t-elle avec bonhomie.  Un saut périlleux arrière et elle se retrouva face à Gabrielle, la corde dans la main.  Elle la lança rapidement à la barde.
 Elle tira d’un coup sec la corde avant de sauter sur son premier assaillant. Les yeux de Sappho s’écarquillèrent en voyant Gabrielle et Xena se jeter sur les hommes.  Un coup par-ci, un coup par-là et bientôt le calme revint.  Alors qu'elles reprenaient leur chemin, le Conseil se montra enfin pour constater les dommages.

 "Vous êtes un peu en retard les garçons" sourit Xena par-dessus son épaule.
Gabrielle la suivit après avoir attrapé le bras de Sappho en guide de soutien.

Chapitre 4

 "C'était un accident" protestait Gabrielle.
 "Ces choses-la n’arrivent pas par accident. Ce sont plutôt des conséquences."
 Les joues de Xena étaient en feu pendant que Sappho conduisait le chariot.
 "Comment as-tu pu oublier?"
 "Apparemment, je ne suis pas la seule à avoir oublié. Tu n'as pas remarqué que je n’avais pas mes armes!"
 "Ce n'est pas mes affaires. Ce n'est pas à moi de vérifier que tu es armée. C'est ton travail. Je suppose que je vais devoir faire comme ta mère et te le rappeler dorénavant."
 "Tu n'es pas ma mère" cracha Gabrielle.  "Ma mère ne me traite pas comme une enfant."
 "Eh bien peut-être que si tu n'agissais pas comme une enfant, je ne te traiterais pas comme tel" siffla Xena.
 "Xena! Ça suffit!"  Avertit  Sappho.  "Je pense qu'elle a compris. Tu sais aussi bien que moi que ce n'est pas une enfant. Maintenant, vous deux, vous vous taisez-vous et vous vous asseyez!"

Les yeux de Gabrielle auraient voulu lancer des flammes sur Xena, celle-ci lui lança son fameux "regard" mais Gabrielle refusa de se laisser intimider. La barde soutenait les yeux brillants de colère de la guerrière.  Quand le chariot ralentit, Gabrielle sauta sur le côté, ses armes à la main.
 "Tu vois que je ne les avais pas oubliés, maman!" 

Elle courut vers la maison de Sappho sans se retourner.  Sappho s’arrêta pour regarder Xena.
 "Je sais que tu es en colère parce que tu l'aimes. Tu veux la protéger. Mais elle a raison Xena, les accidents arrivent."
 "Oublie les conversations intellectuelles jusqu'au dîner, Sappho.  "Je ne suis pas d'humeur."

 Xena marcha jusqu’à l'arrière de la maison.  Elle savait qu'elle y trouverait Gabrielle.  Quand elle entra, Gabrielle emballait ses affaires.
"Qu'est-ce que tu fais?"  Demanda-t-elle sèchement.
 "A ton avis? Je pars."
 Xena secoua la tête et saisit la main de la barde qui emballait ses rouleaux.  
"Laisse-moi partir" jeta Gabrielle en faisant tomber ses parchemins.  Xena fut prise au dépourvu par l’autorité de sa voix.  Elle ne l'avait jamais entendue auparavant - non - elle ne lui avait jamais donné d'ordre.  Plus elle serrait le poignet de Gabrielle, plus la blonde résistait.  "Laisse-moi partir!" Cria-t-elle encore, avant que Xena ne saisisse son autre poignet.
 "Jamais."

 Elles étaient face à face, à un pouce l’une de l’autre.  Xena sentait la respiration laborieuse de Gabrielle sous son menton. Elle serra la chair de ses poignets d'une main ferme.  Gabrielle était au bord des larmes, mais s'obligeait à ne pas le montrer. Une raison de plus pour dire que je suis une enfant.  Ses yeux quittèrent Xena un instant et elle la lâcha.  Elle leva les yeux, mais Xena était déjà à la porte.
"Xena?"  Cria-t-elle, si bien que Xena s’arrêta net et, sans se retourner, dit :  "Peut-être que tu devrais partir."

 La barde regarda ses sacs puis le dos de la guerrière.  "C’est-ce que tu veux?"
 Ne lui dis pas.  Laisse-la partir. Ne lui dis pas ce que tu veux vraiment.  Se répétait Xena.
 "Il parait évident que nous ne pouvons pas continuer comme ça."  Bonne réponse, se félicita Xena.  Gentil et neutre.
 Elle entendit les pas de Gabrielle derrière elle et se retourna. Elle sentit un picotement sur sa joue sous la paume de la barde mais fit de son mieux pour rester calme.

 "Ne refais jamais ça" la prévint-elle.
 Gabrielle la regardait encore avec défiance et Xena  lui attrapa les deux mains fermement, les prenant au piège. Encore.
 Cette fois, pourtant, la guerrière n'avait plus l'air aussi diplomate que la première fois.  La barde ne bougeait pas, ne tentant rien pour s’échapper.  Soudain, elle sentit ses jambes être soulevées.  Xena la prit dans ses bras, posa délicatement la beauté blonde sur le lit et enleva son armure.  Elle la laissa tomber par-terre et l'on entendit plus alors que sa respiration irrégulière.

 "Que fais-tu Xena?"
 "Quelque chose que j'aurais dû faire il y a des années" murmura-t-elle en retirant ses cuirs.  "Quelque chose que tu veux aussi" ajouta-t-elle en ôtant ses bottes.
 "Je pars, je te le rappelle" fit remarquer Gabrielle avec audace.  Pourtant, sa voix trembla quand la guerrière lui retira ses bottes.
 "Jamais."

 Sans un autre mot, Xena se jeta nue sur la barde.  Elle regarda le vert des yeux de Gabrielle, y lisant deux choses : la crainte et le désir.  "C’est bon Gabrielle. Je ne te ferai jamais faire quelque chose que tu ne voudrais pas."

 Gabrielle ferma les yeux quand elle sentit le bout des doigts de Xena passer dans ses cheveux blonds.  Après un silence, Xena se dressa au-dessus d'elle, et se mit à cheval sur ses hanches.  Quand elle ouvrit les yeux, Xena était penchée sur elle, lui souriant d'un air faussement timide.

 "Puis-je?" demanda-t-elle à Gabrielle avant de délacer sa tunique verte, le sourcil froncé.
 "Je t'en prie" murmura Gabrielle.

 Elle regardait avec impatience Xena prendre son temps, délacer lentement la cordelette jusqu'à ce qu'elle puisse baisser le petit haut sur ses épaules. Xena fixait  intensément les seins nus. Elle pouvait enfin les regarder -et non plus seulement jeter un bref coup d’œil-, et les admirer avec les yeux d’une amante.  Ce regard rappelait à Gabrielle quand Xena étudiait ses plans de bataille: intensité, estimation des dangers, assurance que chaque détail était bien mémorisé pour garantir la victoire.
 Mais cette bataille était déjà terminée. Xena avait gagné. Gabrielle serait à jamais sa "prisonnière". 

Il n'y avait pas d’échappatoire face aux atouts de Xena.  Ce charme que personne n'avait jamais vu, exceptée Gabrielle - sa chaleur sous un tempérament fougueux, sa sincérité et son attention derrière des ordres stricts; son espoir pour l'avenir derrière un passé torturé.  Gabrielle connaissait Xena, toutes les Xena, et les aimait de la même manière.  Être prisonnière de Xena était vraiment un cadeau des dieux.

 "Tu es si belle Gabrielle. Mais voilà ce que j'aime le plus..." murmura Xena en posant sa main sur le cœur de la barde.  "Il m'a sauvé la vie. Il me pousse à être une personne meilleure... J'avais un corps et un esprit quand je t'ai rencontrée... Mais tu m'as donnée un cœur et une âme."
 Gabrielle était sur le point de pleurer quand elle vit les larmes dans les yeux de Xena.  "Ne pleure pas guerrière" s’étrangla-t-elle.  "Fais-moi l’amour."

 Xena attira Gabrielle dans un baiser passionné, faisant passer son désir par ses lèvres, se pliant à la volonté de la barde. Leurs mains se caressaient et s’exploraient comme de vieilles amantes. Le contact fut d’abord délicat, jusqu'à ce que la fusion brûlante devienne insoutenable. Xena ne pouvait se contenir plus longtemps.

 En hâte, elle retira la jupe de Gabrielle et parcourut de baisers ses cuisses. Le corps de Gabrielle s’enflamma. Chaque contact, chaque coup de langue, accéléraient son pouls. Xena sourit discrètement en écartant ses cuisses, devant la moiteur luisante qui attendait sa bouche affamée. Gabrielle savait que Xena était prête. Prête à quoi, elle ne savait pas.

 "Qu'est-ce que tu vas faire?"  Demanda-t-elle dans un souffle, souffle sans cesse volé par Xena qui caressait maintenant sa ronde et ferme poitrine.
 "Patience Gabrielle. Tu verras."

 La guerrière fit courir sa langue lentement entre les cuisses de Gabrielle, veillant à donner au clitoris gonflé de rapides petits coups.  Elle vit sa barde saisir les draps dans ses poings comme elle répétait l’opération.  "Oh Xena!"  Elle cria de plaisir.

 Xena rit silencieusement à la réaction de son amante et remonta grignoter l'intérieur de ses cuisses. La barde se raidit en tentant de ramener la guerrière à l’endroit qu'elle venait de quitter. Cette fois, Xena rit franchement.  Le désir de Gabrielle était si intense… mais elle ne comprenait pas pourquoi Xena riait.

 "Xena s’il te plaît!"  Supplia-t-elle.  "J'ai besoin de tes lèvres, donne-moi ta langue."
 L’attitude effrontée et faussement réservée de Xena fit apparaître un sourire malicieux sur son visage quand elle se redressa pour regarder Gabrielle. La barde poussa les cheveux de Xena pour voir ses beaux yeux bleus cristallins.

 "Tu as vraiment envie?"  La taquina Xena.
 "Oui."
 "Envie comment?" continua-t-elle en arquant un sourcil.

 Gabrielle râla quand elle sentit Xena en haut de sa cuisse en contact avec son sexe brûlant.  Ses hanches se déplacèrent instinctivement. Xena fit comme si de rien était et regarda Gabrielle tenter de se rapprocher de sa jambe ; elle vit une rivière de nectar couler le long de ses cuisses.
 "Oh Dieux Gabrielle. Tu me fais tellement mouiller!" murmura-t-elle doucement à son oreille, mordillant le lobe.  "Regarde comme tu bouges contre moi."

 Gabrielle ouvrit les yeux, sentant ses hanches ruer contre la chair. Elle gémit profondément et tira la cuisse de Xena plus près pour accentuer le frottement.  La guerrière sentait la barde frotter son sexe mouillé sur sa peau et ses ongles s’enfoncer dans son dos. En d’autres temps, la pression de ces ongles aurait été une torture, mais là, Xena adorait.

 "C’est ça Gabrielle" L’encouragea Xena.  "Fais-moi mouiller. Fais-moi mouiller."
 Tout ce que Gabrielle pouvait faire, c'était gémir. Son sens du toucher et son ouïe avaient pris le pas sur ses cordes vocales, la rendant muette.
 "Je suis à  toi Gabrielle" murmura lascivement Xena. "Pousse plus fort. Je suis prête. Laisse-moi te donner tout le plaisir que tu ne connaissais pas."
 Les dents de Gabrielle s'enfoncèrent dans le cou de Xena, le sucèrent, laissant une marque rouge-violacée de passion.  Ses mains s’enroulèrent autour de son cou pour rapprocher sa tête de ses lèvres.
 "Dis mon nom" insista la barde.  "J'aime quand tu dis mon nom."
 "Oh, Gabrielle" marmonna Xena dans son cou.
 "Ah... Encore..."
 "Gabrielle".  C'était Xena maintenant qui cherchait ses mots.
 "Encore...."  La barde griffa plus fort.
 "Gab... ri... elle."

 Gabrielle faisait son possible pour arrêter le mouvement de ses hanches. Elle prit le visage de Xena dans sa main en écartant davantage les jambes. Elle posa un doigt sur son sexe saturé et le porta à ses lèvres. Xena la regardait, impuissante, sucer le liquide.

 "hum... Bon goût" la taquina-t-elle.
  Son doigt courut de nouveau sur son corps, et elle le proposa à Xena, qui le prit avidement.  "Il y en a plus à la source" répondit nonchalamment Gabrielle.  "Mais il faut aller le chercher... Dis-moi Xena... Comment as-tu envie?"
 "Tu es une bonne élève" répondit Xena, ne pouvant réprimer un sourire.
 "Je préfèrerais que tu dises que j’apprends vite."

 Assez perdu de temps, se dit Xena. GABRIELLE avait gagné cette bataille. Elle se déplaça si vite pour capturer la chair de Gabrielle qu’elle ne prit pas le temps de respirer. Elle alla droit au but, évitant ainsi toute raillerie.  Elle devait prendre Gabrielle, la goûter, la humer, sentir sa douceur sur sa langue et entendre son extase.

 Ses lèvres couvraient la peau de Gabrielle. Mais bientôt, ce fut Xena qui fut couverte - ses lèvres, son menton, ses joues – du doux et collant nectar de Gabrielle.  Son nom sur les lèvres de Gabrielle enflammait son désir, accélérait son pouls.  Ses doigts plongèrent dans les replis glissants. Un, puis deux, puis trois. Les hanches se soulevèrent du lit pour suivre la cadence de la main calleuse et ferme. Sa respiration devint saccadée, et Xena comprit qu’elle se rapprochait du plus grand plaisir au monde.

 "O Zeus, Grand Dieu!"  criait Gabrielle en se cambrant, les jambes tremblantes.
 "C'est ça, ma chérie" susurra Xena, faisant passer sa tendresse par les mots. "Vas-y. Laisse mon amour te transporter."

 Xena sourit en regardant Gabrielle jouir, les yeux fermés, la bouche légèrement entrouverte pour attraper l'air, un sourire s’élargissant sur son visage empourpré. Elle sentait Xena sur elle, ses long cheveux noirs balayant ses seins couverts de sueur.  Puis elle ouvrit les yeux et croisa le regard amoureux de Xena qui la caressait, la protégeait. 

"Ca va?"  Plaisanta la guerrière.
"Oui.... Oui. Ça va."
Le ton et les mots ramenèrent Xena à "l’incident du pain aux noix " comme elle aimait l'appeler - la première fois que Gabrielle lui avait dit qu'elle était belle.

 "Pas de regrets?"  demanda Xena.
 "Si" Un sourire apparut. Xena se redressa et s’assit près d'elle.
 "Nous avons attendu trop longtemps. Mais maintenant, je ne pourrais être plus heureuse."
 Xena soupira de soulagement.  "S’il te plaît, ne fais pas ça. Tu m’as vraiment fait peur."
 "Je suis désolée."

Elle se redressa face à la guerrière et caressa son visage du plat de la main.
 "C’est pourtant bien ce que j’ai l’intention de faire."

 Gabrielle mordilla le cou de Xena, à genoux devant elle.  Celle-ci en profita pour caresser ses cheveux, une sensation de douceur et de plénitude. Elle ferma les yeux et imagina ce que ça pouvait faire de les sentir parcourir son corps et jusqu'à écarter ses cuisses. La combinaison des baisers de Gabrielle et son imagination la firent gémir.

 De douces mains délicates repoussèrent la guerrière sur le lit et se refermèrent sur son sein pendant qu’elle faisait tourner sa langue sur l’autre. Xena se cambra et enfouit ses mains dans les cheveux de Gabrielle.

"T’ai-je dit récemment à quel point tu étais belle?" demanda Gabrielle, la voix légèrement éraillée contre la peau de Xena.

 Elle posa ses mains sur Xena comme un enfant avec un nouveau jouet - pleine d'émerveillement et de gratitude. Son corps était tellement différent de celui de Perdicus. Les mêmes larges épaules dotées d’un incroyable tonus musculaire, mais la peau de cette femme était tellement plus douce et ses cheveux moins courts.  Son odeur n'était ni forte ni musquée, mais subtile et douce. Ses gémissements n’étaient pas poussifs et virils, mais légers et saccadés. Les sens de Gabrielle étaient en ébullition et elle trouvait du plaisir à en donner. C’était une expérience nouvelle.
Non, ce n'était pas Perdicus.  Pas du tout.

C'était Xena.

 Elle sourit en voyant le corps de Xena osciller, s’étirer sous ses caresses, ses yeux nonchalamment fermés. Xena avait le visage de la passion et de l'amour.
 Gabrielle se sentait fière, désirée. Elle savait qu'elle était jolie, mais l'expression de Xena lui apportait une nouvelle description -désirable.  Elle était attirante et Xena la désirait. Ca lui donna plus de confiance pour descendre plus bas. Xena la sentit bouger et s’apprêta à se rasseoir.

 "Gabrielle tu n'as pas à..."
 "Si" l’interrompit  Gabrielle avec un évident désir.
  "J'ai besoin de te goûter. J'ai besoin de te donner le même plaisir que tu m’as donné... À moins que tu ne veuilles pas" Se moqua-t-elle.

 Elle la connaissait bien. Elle savait que Xena la désirait. Elle sentait ce désir dans les doigts de la guerrière, le voyait dans ses yeux bleus hypnotiques.
 "Je te veux plus que tout" murmura Xena.
 "Alors, rallonge-toi et laisse-moi faire"

Elle lui caressa le visage et Xena ferma lentement les yeux avant de se rallonger. Comme Gabrielle descendait toujours plus bas, Xena, par réflexe, écarta les jambes, donnant à la barde une plus grande accessibilité.

 "C'est ça.  Laisse-moi entrer en toi."

 Gabrielle mordillait les cuisses de la princesse guerrière, ce qui la fit rire. Gabrielle fit de même - le rire de Xena était contagieux.  "Je suis désolée" s’excusa Gabrielle entre deux hoquets. "J'ai oublié combien tu étais chatouilleuse."

 "C’est bon.  Tu fais ça tellement bien."
 "Même maintenant?"  S’enquit Gabrielle.
 "Oh oui!"
 "Je peux faire encore mieux." 

Sans attendre de réponse, la langue de Gabrielle saisit la féminité de Xena, ce qui provoqua le soulèvement des hanches de la guerrière. Ses lèvres suivirent le mouvement et elle en profita pour mettre ses mains sous Xena.  Elle accéléra son rythme, permettant à Xena de s’écraser contre son visage, et ses mains purent ainsi mieux la contrôler.

 Xena aimait la sensation de la jeune femme lui griffant légèrement le dos, la sensation de sa langue s'enfonçant plus loin et plus profond en elle.
 "Oh, Gabrielle" cria la guerrière.  "C’est si...si... Bon...... Merveilleux...si.. Oh... Oh..."

 Les mains de Gabrielle s’agrippaient aux hanches de Xena.  Voir la tête de Gabrielle se balancer en un vigoureux va-et-vient et admirer sa belle chevelure blonde collée à son visage par la sueur et son nectar envoya Xena au septième ciel.  Elle attrapa les épaules de Gabrielle aussi doucement que son désir le lui permettait.

 "Oh Dieux" cria-t-elle en se cambrant.  
Son amour était si fort… Un sentiment de liberté l'enveloppa et elle s'en prit à son ennemi.  "Regarde-moi Ares! Regarde-moi bien, je suis à elle, je suis à elle!... Je serai toujours à elle!"
Les spasmes de Xena diminuèrent et Gabrielle remonta le long du corps avec de doux baisers et un sourire.  Xena l'étreignit et la barde se blottit dans ses bras.
 "Toujours hein?"  plaisanta Gabrielle.
 "Toujours... Toujours" murmura-t-elle en embrassant aussi légèrement qu'une plume le front de la barde.

 Elles restèrent allongées, détendues, écoutant la respiration de l'autre, et elles s'endormirent ainsi, recroquevillées, nues, dans les bras l’une de l’autre.

Chapitre 5

 Gabrielle ne se rendait pas compte de combien de temps elles avaient dormi, mais d'après la luminosité au-dehors, elle conclut qu'il ne pouvait pas être bien tard.  Elle regarda Xena qui dormait toujours, Avec ce petit ronflement qu’elle avait après une dure journée. Gabrielle savait qu'elles avaient du travail mais elle s’autorisa à regarder encore un peu Xena.

 Xena n’avait jamais parut si paisible. Elle aurait parié que les fossettes aux coins de ses lèvres représentaient un sourire.  "Innocence" n'était pas un mot que la barde utilisait dans ses rouleaux pour parler de la guerrière, mais, étendue là, elle ressemblait à un enfant dans la lumière du soleil.
 Elle caressa légèrement son visage pour la réveiller. Xena ouvrit lentement les yeux qui s’agrandirent peu à peu pour faire le point. Elle fut enchantée par ce qu'elle vit en premier, le visage épanoui de Gabrielle au-dessus d’elle.

 "Bonjour" l’accueillit Gabrielle.
 "Magnifique journée !" dit Xena en attirant les lèvres de la barde sur les siennes. Un baiser long et passionné. Leur langue se cherchèrent avant que Gabrielle ne s'écarte.
 "Nous devons aller voir Sappho" murmura-t-elle.  "Elle doit se demander ce qui s'est passé entre nous"
 "Sappho est une femme intelligente" gloussa Xena  "Je suis sûre qu'elle a compris."
 Xena allait de nouveau l’embrasser mais Gabrielle lui tourna le dos et se leva, à la recherche de ses vêtements.  Xena gémit et enfonça sa tête dans l'oreiller.
 "Allez, beaux yeux bleus. Sors de ce lit. Nous devons y aller"
Gabrielle sourit en poussant Xena du coude pour la faire bouger.
 "Tu attendais ce moment, n'est-ce pas... Celui où TU pourrais ME tanner pour me faire bouger."
 "Depuis des années!" répondit la barde, maintenant entièrement vêtue.  Elle retourna sur le lit et se pencha sur la guerrière nue "Debout paresseuse."
 Xena attrapa la taille de Gabrielle et la barde se retrouva sur le dos en moins d'une seconde. 
"Pas si vite" dit-elle en essayant de délacer le petit haut de Gabrielle.
 Gabrielle l'embrassa goulûment pour la distraire. Bientôt, ce fut la guerrière qui se retrouva sur le dos mais Gabrielle bondit du lit et se dirigea droit vers ses bottes.
 "Viens Xena. Nous avons des meurtres à élucider."
 Xena eut l'air démuni quand Gabrielle lui souffla un baiser de la main avant de passer la porte.

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 N’étant pas de celle qui laisse le moindre petit détail inaperçu, Sappho interrogea Xena sur la provenance de cette morsure dans le cou. 

"Gabrielle ici présente m’a dit que vous aviez... A voir ton cou, je dirais que ce n'est que le début."
 Xena sourit et Gabrielle rougit en avalant sa tasse de thé.  Xena savait que Sappho la testait, qu'elle savait très bien ce qui s’était passé.  La barde adorait raconter des histoires sur Xena.  Elle devait avoir raconté celle-là aussi – sans doute pas tout, mais du moins l'essentiel.

 En réalisant cela, Xena fut préoccupée – non envers Sappho mais du fait que la barde était une conteuse et une bonne poire pour les histoires d’amour. Que les gens apprennent qu'elle aimait Xena et qu'elle-même ressentait la même chose pouvait s’avérer très dangereux. Elle décida de chasser cette idée pour l'instant. Elle en parlerait plus tard avec Gabrielle. Sappho aperçut le changement de comportement de Xena et l’interrogea. 

"Ai-je évoqué un sujet douloureux?"
 "Non.  Tu m’as prise au dépourvu. C’est tout."
 "Moi, Sappho, seule personne à pouvoir prendre au dépourvu la puissante princesse guerrière... Il va falloir que j’écrive là-dessus"
 "En fait, tu es la deuxième" répondit Xena en souriant à Gabrielle.  "Elle m'a frappée avec un bâton par une nuit étoilée."

 Gabrielle eut l’air gêné une seconde, puis elle sourit à ce souvenir.  "Elle m’a laissée la frapper" répondit-elle.
 "Non ce n’est pas vrai" contra Xena, en lui donnant un rapide baiser sur le bout du nez.  "Je te l’ai dit, je me suis fait avoir. " Comme elle terminait, Xena caressa tendrement le nez de Gabrielle avant de se servir une tasse de thé.
 "Tout est juste dans l'amour comme dans la guerre, je suppose" Sappho haussa les épaules.
 "En parlant de guerre" répondit Xena.  "Nous en aurons une sur les bras si on ne bouge pas... Gabrielle et moi avons trouvé la séance d'aujourd'hui très intéressante."
 "Vraiment? Pourquoi?"
 "Nous ne faisons confiance à personne dans le conseil" rétorqua Gabrielle.  "Excepté toi."
 "Eh bien, c’est bon à savoir" commenta Sappho.  "Qui est soupçonné?"
 "Il y en a deux surtout. Monsieur "Lesbos... Aime-la ou quitte-là", et... "
 "Attendez une seconde! Waticles! Vous croyez que Waticles se cache derrière ces meurtres!"
 "Pourrais-je finir s’il te plaît"  Rétorqua Xena avec autorité.

Comme personne ne parlait plus, elle poursuivit.  "Oui Waticles. Je ne suis pas trop sûre non plus de Barbideen."
 "Pourquoi, au nom de Zeus, les suspectes-tu?!"
 "Je sais que ce sont tes amis…" commença Xena.
 "Non, ce n’est pas ça" l’interrompit Sappho.  "Qu'est-ce qui les rend si différents des autres?"
 "Eh bien, comme l’a dit Gabrielle, ils sont tous suspects, mais ces deux-là sonnent faux à mon avis."
 "Pourquoi?"
 "Une intuition."

 Sappho attendait la suite, mais comme elle n’arrivait pas, elle se tourna vers Gabrielle.  "Elle ne parle pas beaucoup, hein?"
 Gabrielle considéra la question et se remémora le début d'après-midi.
"Eh bien... à part quand..."
 "Comme je le disais" la coupa Xena en lui lançant un regard furieux  "Ces deux-là ont ma priorité."
 Sappho ne put réprimer un sourire à cet échange. Xena et Gabrielle se connaissaient. Se connaissaient bien. Vraiment bien.
 "D'accord. Que puis-je faire pour vous?"
 "Tout"
 "Tout?"  demanda malicieusement Sappho. Ses yeux allèrent de Xena à Gabrielle et de Gabrielle à Xena.
 "On dirait qu’on va s’amuser."

 Xena roula des yeux et Gabrielle, qui s'était habituée au style de Sappho, laissa échapper un gloussement que Xena, de son regard perçant, éteignit aussitôt. Pourtant, Gabrielle recommença de ricaner avant d’exploser carrément de rire.


 "Ce n'est pas drôle" Xena commençait elle aussi à sourire, juste un peu.
 "Non, mais elle me rappelle quelqu'un que nous connaissons. Assez bien devrais-je ajouter."
 "Qui?"  S’informa Xena.
 "Autolycus. C’est un Autolycus au féminin, pleine d’esprit, inventive. Une vraie femme... à femmes. Si elle ne reluque pas les belles femmes, elle doit s'imaginer les draguer."
 Xena vit la ressemblance et se mit à rire.
 "Le roi des voleurs?"  répondit Sappho.  "Je ne suis pas le roi des voleurs ma chère, je suis la voleuse de cœurs. Et je pourrais voler n’importe quel cœur si je voulais... même le tien."
 "Non, pas si tu veux rester en bonne santé." menaça Xena, penchée sur la table.
 "Vrai aussi. "
Xena ne bougeait pas, la fixant toujours.

 "J'ai dit, si je voulais, Xena."
 "Et ce n’est pas le cas...n’est-ce pas?" Demanda-t-elle en soulevant un sourcil.
 "Bien sûr que non!"
 "Donc tu penses que Gabrielle n’est pas assez belle pour toi, c’est ça?"
 Xena cherchait la bagarre. C’était un jeu. Xena le savait. Gabrielle le savait.  Sappho, c’était une autre histoire.
 "Damnée si je le fais, damnée si je ne le fais pas... Tu vois ce que je veux dire!"  cracha Sappho.

 Le sourcil menaçant de Xena s'agita un moment puis elle finit par sourire en toute amitié.
 "Je vois ce que tu veux dire." 
Elle se rassit à côté de Gabrielle et lui prit la main.  Sappho soupira bruyamment et la guerrière et sa barde se mirent à glousser.

 "Bref... revenons à nos problèmes. Que veux-tu que je fasse? Par quoi dois-je commencer?"
 "D'abord Waticles" répondit Xena.
 "Qu'est-ce qu’il a?"
 Xena et Gabrielle se regardèrent.  "Nous n'avons pas cru son petit discours. On voudrait savoir si une coupure avec le continent pourrait lui nuire" demanda Gabrielle.
 "Il a vécu ici toute sa vie autant que je sache. Je ne pense pas qu'il ait quelque lien que ce soit avec le continent."
 "Et Barbideen?"
 "Elle est nouvelle au conseil. Son épouse a travaillé là-bas plusieurs années, mais elle est morte... Il y a environ deux ans. Elle a une sœur à Athènes, je crois. A part cela, je ne vois rien d'autre".
 "Nous devons leur parler à tous, en tête-à-tête."
 "Eh bien tu peux compter sur Barbideen, Lilith, et Helen. Elles ont, ou avaient, toutes une épouse. Pourquoi seraient-elles derrière tout ça?"
 "Personne n'est au-dessus de tout soupçon" dit Gabrielle.
 "Comment peut-on savoir que ce n'est pas un tordu du coin qui refuse l'évolution de Lesbos?"
 "On ne peut pas savoir" rétorqua Xena.  "Cependant, je doute qu'un villageois puisse embaucher dix assassins pour nous attaquer... Non, ce doit être un citoyen de Lesbos avec du pouvoir, de l'argent et des connaissances. Quelqu'un qui pourrait influencer les habitants de Lesbos pour leur faire croire que le mieux, c’est de tuer d'autres habitants. "
 "Les assassins pourraient venir d'Athènes."

 "Aucun risque" commenta Gabrielle.  "Lesbos n'est pas une grande ville. Si de nombreux étrangers arrivaient en même temps sur l'île, les autorités les remarqueraient. Et puis Athènes ne serait pas assez stupide pour envoyer des assassins. Même si le gouvernement local est contre le changement, ce sera bien pire si Athènes est accusé de meurtre. "
 "Nous allons voir Waticles" dit Xena en se levant, suivie par Gabrielle.
 "D’accord" dit Sappho en se levant aussi.
 "Non."  Xena l’arrêta de la main.  "Reste ici. On va s'en occuper. Où peut-on le trouver?"
 "En ville. La deuxième maison sur la gauche, près de l’auberge de l’étoile."
 "Viens Gabrielle." 
 Sappho les regarda marcher vers le chariot et se diriger vers la ville.

Chapitre 6

 "Gabrielle" commença Xena après avoir sauté dans le chariot.  "Nous devons parler."
 "Tu plaisantes?" plaisanta Gabrielle en lui caressant le bras avec amour.  "La femme muette veut parler!"
 "Je suis sérieuse Gabrielle" dit sévèrement Xena qui laissa pourtant transparaître son affection dans ses paroles. 
 "Qu'est-ce qu’il y a?"  Gabrielle était maintenant inquiète.
 "Je me fiche que tu aies parlé à Sappho de nous deux. Ou à n'importe qui de proche, comme Ephiny ou Hercules d'ailleurs... C'est juste que... nous devrions..."  Xena hésita.
 "D’accord Xena. Prends ton temps."
 "Je suis embêtée à l'idée que des gens sachent pour nous... notre véritable relation... Tu deviendrais une cible encore plus grande pour ceux qui veulent me faire du mal."

 Gabrielle sourit en réalisant ce qu'elle venait de dire.
 "Tu as peur que je raconte dans les tavernes une histoire sur Xena évoquant l'habileté de ses mains ou la rapidité de ses réflexes."
 "Non, tu racontes tout le temps des histoires comme ça" sourit la guerrière.

 Gabrielle aimait ce petit jeu.  Elle se pencha vers Xena juste sous son oreille et lui chuchota: "D'accord. Alors, tu ne veux pas que je raconte comment tes mains habiles ont mis mon corps en feu ni comment je perds le contrôle quand ta peau touche la mienne."
L’excitation de Xena montait au fur et à mesure que Gabrielle glissait sa langue contre le lobe de son oreille.  "Ouais" répondit Xena d'une voix brisée.  "Bien sûr, en privé, tu peux me raconter ça aussi souvent que tu le souhaites."

 "Je préfère te montrer" susurra Gabrielle, et ses doigts se faufilèrent entre les cuisses de Xena.
 "Continue comme ça Gabrielle et nous ne serons pas de sitôt chez Waticles" l’avertit Xena en garant le chariot sur le bas-côté de la route.

 "C’est une menace?"  Ironisa Gabrielle.
 "Une promesse" dit Xena avant de poser son front contre celui de la barde.
 "Attrape-moi d'abord" s’exclama Gabrielle en sautant du chariot avant de foncer dans les bois.

L'excitation de Xena lui fit perdre du temps. Elle bondit à son tour, et courut dans les hautes fougères.
 Ses yeux cherchaient en vain Gabrielle, et son ouïe pourtant aiguë ne détectait rien hormis les insectes et les oiseaux.  "Gabrielle" Appela-t-elle.  "Je sais que tu es là."

 "N'es-tu pas bonne à la chasse guerrière?"  Railla Gabrielle.
 Le son provenait de derrière et elle se retourna.  Elle ne la voyait toujours pas.

 Xena aimait ce jeu.  Elle aimait beaucoup.  Elle savait que Gabrielle avait développé un sens aigu de la furtivité, à tel point que même Xena ne pouvait parfois la détecter.  La forêt qui les entourait créait un écho étouffant.  Elle situait vaguement l’endroit où se trouvait la barde, sans parvenir à identifier exactement l'emplacement.  Son adrénaline pompait dans ses veines pour deux raisons: son désir de trouver Gabrielle et la perspective de la prendre par surprise.

 "Tu brûles" ironisa Gabrielle alors que Xena s'approchait du bruit.

 Xena réduisit sa recherche à deux énormes chênes -un à gauche, l'autre à droite.  Elle s’arrêta pour écouter.  Gabrielle tenta de réprimer un gloussement sentant Xena approcher. Elle bougea accidentellement son pied et marcha sur une brindille. En regardant en bas, elle comprit que c'était fichu.  Le bruit qui suivit fut la voix de Xena.

 "Ah ha" cria-t-elle en jetant un oeil sur sa droite. Gabrielle se mit à courir mais Xena la rattrapa par la taille en une fraction de secondes.
 "D’accord guerrière. Tu m’as eue" répondit Gabrielle d'une voix rauque et fiévreuse.  "Alors, qu'est-ce que tu vas faire de moi ?"
L'adrénaline courait toujours dans les veines de Xena.  Le désir dans la voix de Gabrielle devenait insupportable.  "Tout ce que je veux" murmura la guerrière en la poussant contre un arbre comme si elle allait la fouiller.

 Gabrielle gémit.  L’idée d'être prise par Xena, contrôlée par elle, alluma un feu dans son corps.  Elle ne voulait pas que ça soit lent et doux, mais rapide et furieux. Elle voulait que Xena la consomme, que la passion et la force qu'elle affichait dans ses combats pleuvent sur elle.

 La guerrière entendit le gémissement et comprit.  Sans poser de question, sa main souleva la jupe de la barde et trouva son sexe exactement comme elle l’imaginait, brûlant et glissant.  Son autre main attrapa sa poitrine, la pétrissant et la pinçant avec force.

 Son désir était à son comble, tout comme son amour pour Gabrielle.  Elle lui chuchota à l'oreille en essayant de se contrôler pour lui exprimer son affection "Si c'est trop, dis "stop " et je m’arrêterai." Gabrielle fit un signe de tête et Xena poursuivit son assaut.

 Gabrielle haleta quand la main de Xena sauta de sa poitrine à son menton pour lui relever la tête qu'elle tourna légèrement, l'index de Xena sur ses lèvres.  Elle le suça et le mordit pendant que l’autre main s'activait sur son sexe brûlant par des mouvements circulaires. Les gémissements de Gabrielle envahissaient ses tympans et la firent gémir à son tour.

 "Tu aimes être prise, hein?" Dit Xena à son oreille. "Tu aimes mes mains sur ton magnifique corps n'est-ce pas?"
 "Oui" murmura Gabrielle.
 "Je ne t'ai pas autorisé à parler!"

 Xena lui tira les cheveux jusqu'à ce que sa tête touche l'épaule de la guerrière.  Les lèvres et les dents de Xena capturèrent son cou et le mordirent férocement.  "Retour à l'envoyeur"  

 Le barde savait ce qu'elle voulait dire et elle se remémora la caverne des Bacchantes.  C’était le seul incident dont elle se rappelait - la sensation de ses dents perçant la chair de Xena, ses doux gémissements lorsque sa langue avait bu le sang.  Pour Gabrielle, c’était à la fois le Tartare et les Champs-Élysées. Tout comme maintenant.  Sauf que là, c’était elle la proie.

 "Oui" hurlait Gabrielle intérieurement.  "Prends-moi. Prends-moi. Je suis à toi."  Elle voulait parler crûment. Lorsque le rythme de Xena s'accéléra, elle ne put se retenir malgré les éventuelles conséquences.
 "Oh oui. " cria-t-elle "Xena s’il te plaît..."
La bouche resserra son étreinte sur son cou.

 "Je ne peux pas te faire tenir tranquille une minute" Dit Xena du bout des lèvres, légèrement en colère.  Gabrielle savait qu'elle n'était pas réellement énervée mais elle apprécia le spasme que ça lui procura. 
"Je connais un excellent remède."

 Elle fit pivoter le corps de Gabrielle avant de plonger sa langue dans la bouche de la barde.  Leurs lèvres furent meurtries par l'impact mais Xena s’en fichait.  Elle voulait Gabrielle.  Elle voulait la posséder.  Sentir l'intensité de son désir.  Pendant qu’elles s’embrassaient, Xena déboutonna les cuirs entre ses jambes. Une fois libérée, elle poussa Gabrielle à genoux et plia une jambe contre l'arbre, donnant à la blonde une vue complète sur sa féminité.

 "Fais-le" ordonna-t-elle.
 De toutes ses forces, elle se retint de faire ce que Xena lui demandait. "Non. Oblige-moi!"

 Les yeux de Xena lancèrent des flèches et elle attrapa la nuque pour approcher son visage de son entre-jambe.  Gabrielle se débattit mais l'effet fut anéantit quand elle respira le parfum de Xena. Sa langue se fit sauvage et elles gémirent toutes les deux au contact.

 "C’est ça" gémit Xena.  "Sois sage et donne-moi ce dont j'ai besoin." 
Elle appuya un peu plus la tête pour une pression plus forte et plus rapide.  Les gémissements de la barde éclipsaient maintenant ceux de Xena alors que son nectar coulait sur son menton.  "Dieux ce que tu me fais..."  Xena haletait.

 Gabrielle savait qu'elle était exactement où Xena voulait qu’elle soit.  En un éclair, elle se remit debout et poussa la guerrière contre l'arbre.  Avant qu'elle puisse réagir, Gabrielle plongea ses doigts en elle, vite et fort.  Xena ne put résister. Gabrielle s'activait sans aucune pitié.
 La guerrière sentit les tremblements commencer.  "Oh Dieux, Gabrielle... Si tu n'arrêtes pas maintenant, je vais jouir."

 Gabrielle sourit.  Elle avait sa princesse guerrière - yeux fermés, tête voletant de droite à gauche.
 "Tu vas jouir" murmura Gabrielle. "Sur ma main."

 Xena se cambra.  Les mots de Gabrielle l’envoyèrent au point non-retour et elle perdit l’équilibre. Gabrielle ne put la rattraper et elle s'écroula sur le sol, tremblante et frémissante de plaisir.  Gabrielle ricana en se laissant tomber par terre, et vit le rictus de Xena se transformer en sourire.
 "J'ai gagné" Se moqua Gabrielle dans un murmure.
 Aussi rapide que la foudre de Zeus, Gabrielle se retrouva sur le dos, la guerrière à cheval sur elle. 

"Ce n'est pas encore terminé". 
Sans tarder, ses doigts écartèrent la culotte de la barde.  Quelques secondes plus tard, elle la pénétra d'un rythme soutenu.

 "Ouvre les yeux Gabrielle"
Les mots la droguait doucement.  Gabrielle obéit et croisa le plus bleu des regards qu'elle n'aurait jamais espérer voir.

 "Je veux que tu vois qui t’aime comme ça... Je veux voir le désir dans tes yeux quand tu seras au bord... Je veux que tu vois celle qui te rattrapera toujours."
 Elle accéléra son va-et-vient.  Gabrielle gémissait et regardait Xena qui avait du mal à garder le contact visuel.  "Je t'aime" murmura-t-elle.
 "Je t'aime aussi Gabrielle.  Maintenant, viens pour moi."

 Après quelques poussées supplémentaires de sa main aimante, Gabrielle approcha l'orgasme.  Instinctivement, elle ferma les yeux, mais Xena caressa sa joue, ce qui les fit se rouvrir aussitôt. Et soudain, Xena y vit tout l'amour et le désir de la barde.  Quand elle entendit son nom prononcé avec une telle passion, une telle dévotion, elle sut qu'elle avait enfin trouvé sa destinée.

 Xena plantait de tendres et délicats baisers sur le visage de Gabrielle - ses paupières, son front, son menton – aucun endroit ne fut laissé intact.  Gabrielle caressait les cheveux de sa guerrière, adorant la sensation des mèches de soie noires.  "Tu es si belle" murmura Xena.  Dedans et dehors. Qu'ai-je fait pour te mériter?"

 "Je pourrais dire la même chose de toi Xena.  Je sais que tu es hantée par ton passé... Mais sache...que ma vie n'avait pas de sens jusqu'à ce que tu arrives. Et si jamais tu me quittes, elle en sera de nouveau dénuée."
  "Merci" murmura Xena.  "Mais je sais que tu survivras sans moi."
 "Oui je survivrai Xena. Mais ma vie n'aura aucun sens. Je suis barde et tu es ma muse. Sans cela, à quoi servirais-je sur cette terre? "

 Les yeux de Xena se remplirent de douleur.  Elle avait besoin de savoir ou Gabrielle irait si ce jour devait arriver.  "Mais tu es plus qu’un écrivain Gabrielle. Tu es tellement de choses pour tant de personnes. Promets-moi de toujours t'en souvenir."

 Blesser Xena était la dernière chose que Gabrielle désirait.  "Je promets. Tant que tu continueras à tenir ta monstrueuse promesse".

 Xena mit une main sur son cœur et l'autre en l'air.  "Je promets. Tant que rien ne t'arrivera, je ne me transformerai pas en monstre."  Xena tendit son auriculaire.  "Promis?"  Gabrielle enveloppa le sien autour et elles les secouèrent en camarade.  "Promis".

 Xena se leva la première et aida Gabrielle à se mettre debout.  "Allez. Nous devons savoir ce qui se passe... Si nous pouvons éviter d'autres excursions comme celle-là..."
 "Tu en demandes beaucoup tu sais?"
 Xena l'embrassa dans le cou, tendrement, sensuellement.  "Crois-moi je sais" murmura-t-elle.

Chapitre 7
 "Waticles? Ca te dérange si nous entrons?"  Demanda Xena en pénétrant dans la grange.  Il travaillait sur un fer à cheval.
 "Certainement pas. De quoi as-tu besoin?" 
 "Un cheval a perdu un fer?"  demanda Gabrielle sur un ton amical.
 "Oui. Le troisième en trois semaines."
 "Lequel?"  demanda Xena.
 "L'avant droit" 
 Xena s'approcha.  "Ca ne t'embête pas?" Et elle s'avança vers le cheval pour l'inspecter.
 "Vas-y."

 Xena rassura l'animal en lui parlant doucement, avec affection.  Son amour des animaux, en particulier des chevaux, surprenait Gabrielle. Lentement, le cheval leva sa jambe et Xena y jeta un oeil.
 "Ah ha! C'est là."
 Waticles et Xena discutaient mais Gabrielle ne les écoutait pas. Elle regardait juste les gestes de Xena, sa façon de caresser le cheval pour le calmer, et montrer le problème à son propriétaire.  Ses mouvements étaient toujours aussi gracieux, même dans le simple fait de caresser un animal.

 "Ne t'en sers pas les prochaines semaines" recommanda Xena.
 "Merci" répondit gracieusement Waticles.
 "Pas de problème."
 Au bout d'un moment, Waticles demanda: "Alors, qu'est-ce qui t'amène ici. Tu cherches les ennuis? J'ai entendu parler de ce qui s'était passé après le conseil."
 "Gabrielle et moi passions juste en ville pour jeter un oeil.  Nous avons été arrêtées par... Alors, qu'est-ce qui te fait vivre? La ferme?"
 "Par Hadès, non" il rit.  "Je cultive pour la famille, mais c'est à peu près tout. L'île paie assez bien pour subvenir à nos besoins."
 "Tu veux dire le Conseil?"  demanda Gabrielle en quête d'éclaircissements.
 "Ouais. Mais on perd du temps. C'est comme un tribunal tu vois, il faut régler les différends entre voisins, distribuer les peines pour chaque ivrogne, ce genre de choses"
 "On dirait que tu n'es pas vraiment enthousiaste d'en faire partie"  commenta Xena.
 "Ne te méprends pas. Ca me plait. Je ne m'imagine pas y être encore dans 10 ans."
 "Et où te vois-tu?"  L'encouragea Gabrielle en prenant un air naïf.
 "A Athènes" sourit Waticles. "Du moins, c'est mon objectif... Ouais, je reste encore quelques années ici et je  passe professionnel."
 "Evidemment, si Athènes te voyait comme un rebelle, ça bouleverserait tes plans?" Rétorqua Xena

 Gabrielle lui fit son air "pas encore – attends"  Xena ne le manqua pas et toussota avant de poursuivre.
 "Que veux-tu dire?"  Demanda-t-il innocemment.
 "Ce qu'elle veut dire..."  commença Gabrielle en fixant Xena de son regard qui signifiait "n'essaye même pas d'ouvrir la bouche. "... c'est que si Athènes veut que Lesbos fasse des réformes et que vous vous y refusez, ça te ferait défaut, non? "

 Waticles sourit en secouant la tête.  "Pour certains peut-être, mais je connais assez de gens pour obtenir un poste. D'un autre coté, je pense qu'Athènes appréciera un homme qui se lève pour défendre son peuple."
 Et revoilà les foutaises patriotiques, pensa Xena.  Cet homme est-il totalement désabusé? Le sourire de  Gabrielle montrait qu'elle partageait ses pensées. Elle comprit que l'air inquisiteur de Xena ne marcherait plus longtemps.  La chasse était ouverte.

 "Si Athènes décide de couper les ponts avec Lesbos, attendez-vous à perdre beaucoup. Tu te rendras compte que la majeure partie de "tes citoyens" te laissera tomber comme un sac de fumier s'ils voient leur réputation entachée à cause de leur amitié pour toi. "
 "Que veux-tu dire guerrière?"  Il était sur la défensive.
 "Je dis que tes plans vont partir en miette tel un parchemin dans un feu de cheminée si Lesbos ne se plie pas aux lois d'Athènes... Vas-tu me dire le contraire?"
 Il se rapprocha de Xena.  "Je n'aime pas ce que tu insinues."
 "Et?"  Xena sourit en haussant les épaules.  "Tu n'as pas répondu à ma question."
 "Et quelle était-elle?"  il essayait apparemment de l'intimider.

 Xena le fixa droit dans les yeux.  "Crois-tu honnêtement que ta réputation ne sera pas bafouée en ignorant Athènes?"
 Waticles hésita en reculant.  "D'accord" accepta-t-il à contrecœur.  "Je sais que mon allégeance à Lesbos me nuira à long terme, peut-être. Mais c'est ce que mon peuple veut. C'est lui qui décide. Je dois faire ce qu'il me demande, et je le ferai... Même si cela signifie ne jamais réaliser mes objectifs... On peut dire ce qu'on veut de moi, mais je suis honnête. "
 "Personne ne dit que tu es malhonnête" objecta Gabrielle.

 Xena observa l'homme.  Il semblait dire la vérité, mais quelque chose clochait, et elle ne savait pas ce que c'était.  Du moins pas encore.  Mais elle était déterminée à le découvrir.
 Xena fit un signe de tête à Gabrielle.  "Ouais, exactement" répondit la guerrière d'un air détaché en se préparant à partir.  "Mais sache..." elle fit demi-tour.  "... que nous trouverons QUI se cache derrière  tout ça, et plus tu nous en diras, mieux ce sera... Viens Gabrielle."

 Xena s'apprêtait à sortir et Gabrielle à la suivre.  "Vraiment Waticles, Tout ce que tu entends nous sera utile. S’il te plaît fais-le nous savoir. Pour le bien de tous" ajouta Gabrielle en sortant.
 Elle courut un peu pour rattraper Xena.  "Alors, qu'en penses-tu?" Demanda-t-elle à son amante aux cheveux noirs.
 "Je n'ai pas réussi à le cerner" sourit Xena.
 "Je savais que tu allais dire ça" Ironisa-t-elle.

Chapitre 8

 "Entrez, entrez. Je vous en prie" répondit Barbideen en ouvrant sa porte en grand.  "Voulez-vous goûter un peu de mon vin? On dit qu'ils l'adorent à Athènes. Je viens moi-même de me servir un verre".
 "Je pense avoir déjà assez bu de vin pour tout mon séjour" répondit Gabrielle.  "Mais je te remercie quand même."

 Xena et Gabrielle s'installèrent sur le divan à plumes alors que Barbideen se posa dans un rocking-chair face à elles.  "Qu'est-ce qui vous amène ici?" 
 "Nous voudrions savoir si tu as entendu quelque chose à propos des meurtres?"  demanda simplement Xena.  "Tout ce que tu pourras nous dire sera utile."

 "Sappho en sait autant que moi. Nous recherchons les employés qui ont fait les cérémonies. Il semblerait que deux des trois couples tués récemment s'étaient mariés avant leur mort."
 "Qui a accès à ces informations?"  L'encouragea Xena.
 "Tout employé des services des enregistrements" répondit Barb.
 "Et le conseil?"  S'interposa Gabrielle.
 "Eh bien, oui, je suppose... Mais qui s'intéresse au conseil?"
 Elles laissèrent la question en suspens. Une peinture attira l'attention de Gabrielle.  "Qui est-ce? Elle est belle."

 Barb se retourna.  "C'était ma femme Rommy. Elle a eu la fièvre il y a deux ans. Inutile de dire qu'elle n'a pas guéri"
 "Je suis désolée" répondit sincèrement Gabrielle.

 Barb haussa les épaules.  "J'essaie de penser surtout au temps que j'ai passé avec elle plutôt que de m'attarder sur la date de sa disparition. Hadès nous prend quand il veut. Ca devait être son heure, tout simplement."
 "Tu n'as jamais rencontré quelqu'un d'autre?"  demanda Gabrielle.
 "Personne ne pourra jamais la remplacer. C'était l'amour de ma vie..."
 Gabrielle sourit.  Elle comprenait ce que voulait dire Barb, et elle réalisa alors qu'elle-même n'aurait jamais aucune autre amante.  Gabrielle aimait bien Perdicus mais Xena était l'amour de sa vie.  Elle se demandait si la guerrière pensait pareil.  Elle jeta un oeil vers elle et admira son regard bleu profond.  Oui. Oui, Xena ressentait la même chose.

 "L'amour est une drôle d'émotion."  Dit Barb interrompant le regard que se lançaient Xena et Gabrielle.  "Il apporte tant de sentiments différents - bonheur, tristesse, culpabilité, réconfort, colère et paix. Parfois, tous dans la même journée!"  Barb rit à cette remarque, et Xena fit de même avec son rire bien à elle.
 "Tu as raison" sourit-elle.
 Barb secoua la tête et s'approcha de la peinture.  "ah... Rommy fut la seule...l'unique."
 Gabrielle s'éclaircit la gorge.  "Barb, nous aimerions aider le peuple de Lesbos. Es-tu sûre que tu n'as rien à nous dire d'autre?"

 Barb fit demi-tour pour leur faire face.  "Non, à priori. Mais si j'entends quelque chose, je vous le ferai aussitôt savoir."
 Xena se leva et Gabrielle lui emboîta le pas.  "Nous te remercions d'avoir pris le temps de nous parler. Encore une fois, nous sommes chez Sappho si tu entends quelque chose, et, s’il te plaît, n'hésite pas."
 "Je le ferai guerrière" répondit-elle avec une poignée de main avant de les reconduire à la porte.

 Une fois dehors et loin de Barb, Gabrielle demanda à Xena: "Alors, qu'est-ce que tu penses de cette visite?"
 "Trois choses."  répondit rapidement Xena.  "Je pense d'abord qu'elle est hors de cause. Et de deux, je suis encore plus convaincue que c'est quelqu'un du conseil qui est coupable."
 "Et trois?"  
 "Et troisièmement... Je suis persuadée que tu es l'amour de ma vie... et personne d'autre."
 Le sourire affectueux de Gabrielle inonda une fois de plus l'âme de Xena.  "Le sentiment est réciproque, ma guerrière."
 Xena sourit à cette déclaration  "Ta guerrière, hein? J'aime ça."

Chapitre 9

 Xena se laissa tomber sur le lit, épuisée.
 Après avoir parlé avec le reste du conseil, elles allèrent dîner chez Sappho.  Après le dîner, elles s'excusèrent aussi rapidement et poliment que possible et retournèrent à la maison d'hôtes. Maintenant, elles étaient serrées dans les bras l'une de l'autre après leur quatrième orgasme.

 "Ca suffit" supplia Xena.  "Tu vas me tuer" Elle gloussa.  "Je dois admettre que c'est une merveilleuse façon de mourir."

 Lentement, et avec de délicats baisers, la barde progressa sur le corps de sa beauté aux cheveux noirs pour s'allonger auprès d'elle.  "Je croyais que tu avais de l'endurance…tu vas abandonner aussi facilement Xena?".  La barde se mit à genoux, enfonçant deux doigts dans son propre sexe.
 Xena était captivée par les mouvements de la jeune femme, s'activant sur son corps avec frénésie.  "Ne me fais pas ça Gabrielle" supplia la guerrière.

 "Mais je ne te fais rien" répondit pudiquement la barde, tout en poursuivant son activité. "Je me le fais à moi." 
Xena fut encore plus impuissante quand la voix de la barde se fit lascive, trouvant difficilement ses mots.  "Tu aimes regarder, hein?"  Xena dut tendre l'oreille pour entendre le murmure de la blonde.  "J'adore l'effet que ça te fait."

 Le désir et la force de Xena revinrent en voyant Gabrielle commencer à jouir.  "Oh non, ne fais pas ça" murmura-t-elle en s'agenouillant.  Elle attrapa la main de la barde et suça ses doigts couverts de moiteur.  Son goût était exceptionnel.  Xena avait eu plus d'un amant - hommes et femmes - mais aucun ne lui avait donné du plaisir comme Gabrielle.  "C'est mon affaire" répondit la guerrière après avoir léché la main de la barde.

 Xena bascula sur le dos et d'un roulement de hanches, s'allongea sous la barde.  En quelques battements de cœur, les lèvres et la langue de la guerrière trouvèrent le sexe de Gabrielle. Étonnamment, elle était tout aussi mouillée que quand elles avaient commencé cinq marques de chandelles plus tôt.

 Gabrielle bougeait contre le visage de Xena tout en pressant et pinçant ses mamelons.  Elle ouvrit les yeux et baissa la tête pour voir Xena se caresser pendant que sa langue continuait sa flagellation.  "Parfait" pensa Gabrielle.  "Simplement parfait".

 Mais la main de Xena fut repoussée et les seins de Gabrielle écrasés contre son bas-ventre.  La douleur dans son sexe augmenta en sentant la respiration de Gabrielle chatouiller l'intérieur de ses cuisses.  Avec ardeur, elle s'activa sur le corps de Gabrielle dans une frénésie érotique, plongeant sa langue dans et hors d'elle.

 Lorsque Gabrielle souffla légèrement sur le sexe de Xena, la guerrière n'en pouvait plus.  Elle souleva ses hanches pour plus de cet audacieux contact, le désirant violemment.
 "S’il te plaît" Gémit Xena. "Tes doigts. Ta langue. Ce que tu veux, mais touche-moi!"
 Ses lèvres étaient si près qu'elles vibrèrent sur la peau glissante de Gabrielle.  La barde dut s'exécuter.

 "Les deux à la fois?"  demanda Gabrielle d'un ton enjôleur.
 Deux secondes plus tard, ses doigts plongèrent profondément dans sa guerrière pendant que sa langue dansait sur le clitoris gonflé.  Gabrielle apprenait de plus en plus vite et de mieux en mieux. Les mouvements de Xena prirent le même rythme.

 C'était une étrange et merveilleuse expérience pour Gabrielle.  Elle avait l'impression de se toucher quand Xena la caressait.  Ses lèvres, ses doigts lui donnaient le plaisir qu'elle voulait.  Son esprit tourbillonnait,  oubliant où elle commençait et où Xena la prolongeait. Et pour la première fois depuis qu'elle avaient fait l'amour, Gabrielle se sentait vraiment en osmose avec la guerrière, de corps, d'esprit et d'âme.

 "Incroyable" chuchota Gabrielle.  Elle se sentait transformée, plus seulement amante mais une part entière de Xena, allongées là, emmêlées; tâtonnant, léchant, suçant, caressant.
 "Je ressens pareil" répondit Xena, l'excitation devenue épuisement.  "Nous ne faisons qu'une".
 "Oui" gémit Gabrielle.  Mais bientôt, ses gémissements prirent un autre sens:  "Oh oui... Xena?... Oui... Oui. Xena. Oui..."

 Les cascades de plaisir de Gabrielle extasiaient Xena.  "Oh Dieux... je t'en prie, n'arrête pas" suppliait Xena.  "Je suis tellement prèsss. S’il te plaît..."

 Gabrielle ferma les yeux quand l'orgasme envahit son corps et sa tête.  Elle s'appuya sur des réflexes simples pour respecter l'urgence de Xena.  Voir la barde tenter désespérément de poursuivre ses gestes emmena Xena au septième ciel.  Finalement, ce ne furent plus les lèvres ni les doigts ni les mots de Gabrielle qui firent jouir Xena, mais l'amour que la barde lui portait.  Et l'amour qu'elle avait pour Gabrielle qu'elle n'aurait jamais imaginer posséder.

 "Dieux, je t’aimeeeee..."  cria Xena quand le plaisir la submergea en de puissantes vagues.  Des larmes coulèrent de ses yeux.  Elle serra fort Gabrielle dans ses bras musclés, toute tremblante,  comme si sa vie en dépendait.  Les sanglots de Xena poussèrent Gabrielle à la serrer plus fort.

 "Ca va" lui murmura-t-elle en caressant ses cheveux.  "Laisse-toi aller. Je suis là. Je serai toujours là."
 Xena ne s'attendait pas à cette réponse.  Elle pensait que Gabrielle avait besoin de réconfort.  Elle était persuadée que la barde voulait la faire taire en lui disant que tout allait bien.  Mais tout n'allait pas bien.  Les murs autour du cœur de la guerrière s'étaient effondrés en un tas de sable.  Ses émotions étaient sens dessus-dessous.  Son amour immense… Et Gabrielle le savait.  Tout n'allait pas bien. Et pour la barde c'était "Ca va".  Elle voulait rassurer sa guerrière sans réserve.

 Cette idée la fit pleurer plus fort.  D'autres murs s'effondraient.  Mais... c'était toujours "ça va".  Gabrielle caressait Xena, la berçait doucement, l'apaisait de sa voix.

 "Je t'aime Xena. Je t'aime tellement... Je croyais que je savais ce qu'était l'amour... Je n'en avais aucune idée jusqu'à maintenant... Et quelque chose me dit... qu'il en est peut-être de même pour toi."
 Xena se redressa autant que possible et rencontra le regard amoureux de Gabrielle.  Elle voulait désespérément parler mais elle ne put que hocher la tête.  En se redressant encore, elle embrassa le visage de la barde et Gabrielle sentit l'humidité laissée par ses larmes.  Xena recula et ses yeux plongèrent dans les siens.

 "Je ne veux pas être séparée de toi. Jamais. Je veux toujours pouvoir me réveiller dans tes bras et toujours dormir à tes côtés. Si un jour tu veux t'installer- dans un petit village, une grande ville, chez les Amazones, n'importe où - tout ce que je demande, c'est de me laisser rester avec toi. Toutes nos joies, toutes nos peines - je veux que nous les partagions ensemble dans cette vie et les suivantes. Je passerai le reste de mes jours à t’aimer, te protéger... Es-tu d'accord? "

 Gabrielle sourit.  "Aussi longtemps que tu me laisseras t'aimer et te protéger aussi. Je sais que tu es la princesse guerrière et tout, mais je peux te protéger aussi... Si tu me laisses faire, si tu me fais assez confiance."
 Xena pleura encore et Gabrielle la serra davantage, les larmes dégoulinant sur son sein. 
"Je t'aime Gabrielle et je te fais confiance. Je n'ai jamais imaginé faire confiance à quiconque sur cette terre comme je te fais confiance" sanglotait la guerrière.  "Mais promets-moi de ne jamais me quitter pour quelqu'un d'autre. Je ne le supporterai pas" 

 Gabrielle sourit et souleva la tête de Xena pour voir ses yeux.  "Je peux faire mieux, ma guerrière."
"Hmmm?"  demanda Xena sans comprendre.
 "Xena d'Amphipolis, me ferais-tu l'honneur de devenir ma femme sur l'île de Lesbos ainsi que la consort de la reine Amazone? Ephiny m'a dit que c'est un statut que de nombreuses guerrière aimeraient remplir... Cependant, je n'en connais qu'une à la hauteur de cette fonction. "
 Xena ne répondit rien.  Son expression ne révélait rien.  Et un bref instant, Gabrielle en conclut qu'elle venait de commettre une terrible erreur.  Un minuscule sourire  fissura le visage de Xena. Un observateur extérieur n'aurait rien remarqué, mais Gabrielle n'était pas une étrangère.

 "Si tu veux du temps pour y réfléchir...
 "Oui" répondit rapidement Xena.
 "D’accord. C'est un grand pas. Je sais. Je ne veux pas que ce soit pris à la légère."
 Xena eut l'air troublé, jusqu'à ce qu'elle se concentre sur le contexte de leur échange.
 "Je veux dire oui! Oui, bien sûr je serai ta consort!"
 "Oui!"  s'exclama Gabrielle, encore un peu hésitante.
 Elle embrassa Gabrielle passionnément.  "Oui" murmura-t-elle doucement à son oreille.
 "Je t'aime de tout mon cœur." 

Xena se blottit plus près du cou de Gabrielle qui tira les draps, veillant à couvrir le dos de Xena.
 "Je t'aime aussi Xena. Et peu importe ce qui se passe, rien ne m'arrêtera jamais."
 Telles furent les dernières paroles que la guerrière entendit avant de sombrer dans les bras protecteurs et amoureux de sa barde.

                                                 ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

 Les yeux de Gabrielle s'ouvrirent brusquement.  Il faisait noir, très noir.  L'aube peut être, ou pas bien loin.  Par réflexe, elle poussa Xena hors du lit en criant.
 "Xena !!!!"

 La guerrière bondit sur ses pieds et aperçut une ombre tenant une épée.  Entièrement nue, la guerrière esquiva la lame qui allait la transpercer.  Elle fit un bond au-dessus de la silhouette pour attraper sa propre épée de l'autre côté du lit.  D'un rapide mouvement du pied sur le bout de la lame, l'épée fut dans sa main, puis dans la gorge de son adversaire.  Xena attrapa la robe de Gabrielle et la lui jeta.
 "Cours! Va prévenir Sappho. Vite!"

 Gabrielle se débattit avec le vêtement en courant hors de la maison. Xena traîna le corps à l'extérieur pour éviter que le sang ne se répande partout sur le plancher.  Une fois dans l'herbe, Xena souleva la capuche de la silhouette.  La femme lui rappelait quelqu'un.  En levant la tête, elle vit Gabrielle et Sappho courir vers elle, accompagnées du mari de celui-ci, Harrold, qui fermait la marche en gardant l'œil sur leurs arrières.  C'est alors seulement qu'elle s'aperçut qu'elle était toujours nue.  Aussi décontractée que possible, elle retourna dans la maison pour enfiler une robe pendant que tout le monde se rejoignait devant la porte.

 "Que s'est-il passé?"  demanda Sappho.
 "Quelqu'un a voulu nous tuer" répondit sèchement Xena en montrant le cadavre.
 "Vous connaissez cette femme?" 
 Sappho, qui n'était pas habituée à la vue du sang, enfouit sa tête dans la poitrine de son mari après avoir regardé.
 "Oui" répondit-il doucement.  "Elle s'appelle Arenia. C'est une assistante du Conseil."
 "Va savoir pourquoi!" Xena rejeta la capuche pour couvrir la plaie du cadavre.
 "J'imagine que ça prouve notre théorie" répondit Gabrielle.
 "Oui, mais ça ne résout pas les crimes" rétorqua Xena en regardant le cadavre.

En se retournant, elle vit Gabrielle, mains croisées sous sa poitrine. 
"Tu vas bien?"  Demanda-t-elle, inquiète.
 "Je me remets de ma petite course. La transpiration et l'air froid ne font pas bon ménage."
 "Allez".  annonça Harrold.  "Vous deux, vous venez à la maison cette nuit. Nous réglerons ça demain matin et préviendrons les gardes."
 Personne ne broncha et ils se dirigèrent vers la maison, Sappho et Harrold devant.
 "Merci" dit Xena.
 "Pourquoi?"  demanda Gabrielle.
 "De m'avoir protéger. Si tu n'avais pas réagi comme tu l'as fait en me poussant du lit, je serais sûrement étendue morte à sa place, là-bas dans l'herbe."

 Gabrielle tenta de sourire, mais la vérité de ces paroles la tourmentait.  Xena aurait pu mourir.  "J'ai promis" Elle prit sa main en marchant.  "Je garde toujours mes promesses."
Xena sourit à la jeune femme.  "Rappelle-moi de remercier tes parents la prochaine fois que nous les verrons. Ils t'ont très bien élevée."
 Gabrielle gifla doucement le bras de Xena et elles reprirent le chemin vers la maison de Sappho.

                                                          ^^^^^^^^^^^^^^^^^^^

 Xena était déjà habillée et prête, buvant une tasse de thé avec Sappho quand Gabrielle apparut à la porte, frottant ses yeux encore pleins de sommeil.
 "Je vois que tu n'es pas du matin" Sappho sourit chaleureusement.
 "Loin de là" marmonna Gabrielle en se dirigeant vers la théière.

 Xena apprécia cette vision de Gabrielle traversant la cuisine vêtue d'une chemise de nuit appartenant à Sappho.  Gabrielle était plus grande que leur hôte et le vêtement exposait ses jambes. Un minimum de tissu couvrait son dos, sauf quand elle marchait.  Sappho remarqua les yeux de Xena admirant le corps de la barde.

 "Tu as l'esprit mal tourné!"  Ironisa Sappho en giflant le bras de Xena.  Gabrielle se tourna vers elles.
 "Je n'y peux rien!"  rit Xena.  "Regarde-la. Elle est superbe."
 "Oh non!  Je ne la regarde plus. Ca me causerait des problèmes, tu te rappelles? J'aimerais que mon sang continue d'irriguer mon cerveau!"
 "Je ne couperai pas le flux de ton sang vers ton cerveau" fit remarquer Xena.  "Tu peux la regarder comme bon te semble... Il suffit de ne pas toucher."
 Gabrielle sourit en s'installant à table avec son thé.  "Whaouh! On dirait que je suis devenue une chose! Vas-tu me marquer au fer Xena?"
 La guerrière eut un petit sourire.  "Non, tu aimerais trop ça."

 Gabrielle frappa son bras.
 "Pourquoi est-ce que toutes les femmes se sentent obligées de me frapper aujourd'hui?" demanda Xena.
 "Il faut bien de temps en temps. Et nous sommes probablement les seules sur terre à pouvoir le faire" Dit Sappho. "Certaines plus que d'autres..." ajouta-t-elle en faisant un clin d'œil à Gabrielle.

 C'est alors qu'Harrold entra avec deux gardes de Lesbos.
 "Nous aimerions te poser quelques questions"  dit l'un d'eux à Xena.
 "Bien sûr" et elle les accompagna dehors.  Harrold prit la chaise de Xena.
 "Je ne savais pas qu'ils étaient là" dit Gabrielle.
 "Xena nous a dit de te laisser dormir" expliqua Sappho. "Tiens. Prends un œuf".
Elle lui tendit une assiette.

 Quelques minutes plus tard, Xena revint et les gardes les quittèrent.
 "Tout va bien?"  Gabrielle craignait qu'ils la tiennent responsable de la mort de la femme.
 "Oui. Ils vont emmener le corps... Apparemment cette femme avait une concubine... C'est pourquoi le garde voulait plus d'informations."
 "Qu'est-ce que tu leur as dit?"  demanda Harrold.
 "Il n'y a rien à dire. Je ne l'avais jamais vue. Mais je dois admettre que son visage m'est familier."

 Gabrielle se leva de table et courut dehors, poussant Xena de son chemin.  "Arrêtez!" cria-t-elle au chariot.
 Tous les trois la suivirent quand le chariot s'arrêta.
 "Qu'est-ce qu'il y a mademoiselle?" 
 "Puis-je voir le corps?" 
 Les gardes se regardèrent et haussèrent les épaules.  Gabrielle sauta à l'arrière et souleva le draps.  "C'est ça" murmura-t-elle.
 "Quoi? Tu l’as déjà vue" demanda Xena.
 "Non. Pas elle... Mais je suis sûre qu'elle a un lien de parenté avec quelqu'un que nous avons vu" ajouta la barde avec un sourire.  "Bien que ce ne soit pas un lien de sang."
 "Qui?"  Interrogea Sappho.  Gabrielle sourit et dit à Xena:
"Rommy."

Chapitre 11


"Rommy? Tu es sûre?"

 Elle jeta un oeil dans le chariot pour voir d'elle-même.
 "Assez ressemblant " pensa la guerrière.  "Mais qu'est-ce ça veut dire?"
 "Vous avez terminé mesdames?" demanda un des gardes, irrité.  "On a des horaires à respecter, vous savez"
 "Bien sûr" répondit poliment Gabrielle en descendant.  Xena suivit l'exemple et quelques secondes plus tard, le chariot repartait vers la ville.
 "Rommy?... N'est-ce pas le nom de la concubine de Barb?"  demanda  Sappho au duo.
 "Elle-même" répondit Xena.
 "Mais pourquoi..."
 "Bonne question" l'interrompit Xena.  "Nous allons devoir découvrir pourquoi... Dépêche-toi et finis ton petit-déjeuner Gabrielle. Une dure journée nous attend."

 La barde hocha la tête.  "Par où commençons-nous?"
 "La mairie. On va chercher un bout de papier. Ensuite, on s'y attellera."
 "Comme c'est romantique!" répondit sarcastiquement Gabrielle. 
 Xena tomba à genoux et prit les mains de Gabrielle.
 "Gabrielle s'il te plaiiiiit. Me ferais-tu l'immense honneur... de faire ce suprême sacrifice... devenir ma femme? Mon cœur se brisera si tu te refuses à moi..."
 "Lève-toi!"  Lui ordonna Gabrielle.  "Tu te donnes en spectacle."
 "Je croyais que c'était ce que tu voulais mon cœur, mon roudoudou, ma..."
 "Oh" Souffla Gabrielle.  "C'est tellement dégoûtant. Lève-toi s’il te plaît"
 "Tout pour mon sucre d'orge..."  Xena fit battre ses paupières.
 "Assez avec tes mots doux! Tu me donnes la nausée" répondit Gabrielle en rentrant.

 Sappho, pince-sans-rire: "Sucre d'orge?"  Xena gloussa et suivit son amante.  "Par pitié, dis-moi que tu ne l'as pas vraiment appelée mon sucre d'orge?"  ajouta Sappho alors qu'Harrold et elle les suivaient.

Chapitre 11

"Un parchemin pour un mariage s’il vous plaît" demanda poliment Xena.
"Certainement" répondit la femme derrière le comptoir avant de s'éloigner.
"Hé Xena!" s'exclama une voix derrière elles. Gabrielle se tourna et vit, impuissante, une étrange brune se jeter dans les bras de la guerrière. "Ca fait si longtemps. Comment vas-tu? Tu es plus magnifique que jamais."

La gêne de Xena se lisait sur son "magnifique" visage. Les paumes de Gabrielle se firent moites, la colère et la peur commençaient à monter et à l'enflammer. Était-ce de la jalousie? Elle n'avait jamais ressenti ça avant – surtout envers Xena.

"Comment vas-tu?" demanda Xena par pure diplomatie. "Tu travailles toujours dans l'auberge de ton père?"
"Oui, mais je trouve du temps pour travailler à mes parchemins."
Elle est écrivain? pensa Gabrielle. Cette idée n'arrangea pas son envie croissante de gifler cette femme qui enlaçait Xena - sa Xena. La guerrière recula et jeta un oeil à Gabrielle. A la tête de sa barde, Xena réalisa que les présentations étaient nécessaires avant que quelqu'un ne remue le passé.

"Je te présente Gabrielle" dit fièrement Xena.
"Salut" L'étrangère lui sourit chaleureusement. "Moi, c'est Annabelle."
Son attention se reporta aussitôt à Xena.

 "Qu'est-ce qui t'amène ici?"
"Nous allons nous marier" proclama Xena, prenant Gabrielle par la taille pour que leurs hanches se touchent. "Nous sommes là pour remplir les papiers."
"Vraiment? Je ne pensais pas qu'une femme parviendrait à t'apprivoiser" ricana-t-elle.
Gabrielle ne trouvait pas ça drôle et Xena avait l'impression de marcher sur des oeufs. Il lui fallait rester polie avec Annabelle tout en empêchant Gabrielle d'agresser cette belle femme, une tâche difficile.
"Rien n'est impossible" sourit Gabrielle, sarcastique. En fait, Xena savait que c'était sarcastique. Annabelle considéra qu'il s'agissait d'un commentaire neutre. Xena observa les deux femmes se mesurer l'une l'autre. Le silence grandissant du trio devenait déroutant.

"Grâce aux Dieux" se dit Xena quand la greffière revint.
"Eh bien, nous en avons fini. Prends soin de toi" dit Xena dans une vaine tentative pour chasser gentiment Annabelle.
"Toi aussi"
Gabrielle entendit un soupçon de séduction et elle serra plus fort ses armes. Après un rapide signe de tête à la barde, la chienne brune les laissa.
"Une autre "amie", je suppose?" demanda Gabrielle une fois l'intruse partie.

Xena soupira. Elle n'avait pas envie de discuter de son passé - pas aujourd'hui. "Ah huh" grommela-t-elle.
"Et une barde, qui plus est?" le bras gauche de Gabrielle quitta la taille de Xena et elle posa ses mains sur ses hanches.
"Serais-tu en train de faire des comparaisons?" Demanda Xena, sachant que cette conversation était inévitable.
"C'est juste une remarque." La phrase était inoffensive mais le venin indéniable.
"Donnez-nous une minute, s’il vous plaît" dit Xena à la femme derrière le comptoir. La greffière acquiesça et se retourna.

 "Ecoute Gabrielle. Oui je l'ai connue. Oui elle est écrivain... Une poétesse en fait... Mais crois-moi quand je dis qu'il n'y a aucune comparaison possible."
"Aucune comparaison, hein? Est-ce que c'est censé me rassurer?"
Xena était agacée. "Où est le problème? Que veux-tu veux que je te dise?"
Gabrielle fixa ses pieds et murmura: "Elle était bonne?".
Xena n'avait aucune envie d'avoir ce genre de discussion. Mais Gabrielle avait besoin de connaître l'importance qu'elle avait dans la vie de Xena, et elle prit la parole après une courte pause.
"Oui. Elle était bonne…"
Gabrielle ne la laissa pas terminer et se précipita dans le couloir. Xena baissa la tête et la secoua, penaude. "Ca doit être ses règles…" se dit-elle. "Gabrielle! Attends!"

Gabrielle arrivait à la porte quand Xena la rattrapa par le bras pour la retourner.
 "Enlève tes mains" murmura Gabrielle. "Si tu veux toucher quelqu'un, va donc retrouver Annabelle. J'ai entendu dire qu'elle était bonne."
Xena refusa de la lâcher et Gabrielle commença à se débattre. "Si tu m'aimes, tu m'écoutes" supplia Xena.

Les mots frappèrent Gabrielle et elle abandonna. Quand Xena la sentit s'apaiser, elle lâcha son bras.
"J'allais te dire qu'elle était bonne... mais que tu es bien meilleure. Personne ne m'a jamais rendue si heureuse -au lit ou dans mon cœur. Oh Gabrielle! Je n'ai jamais laisser personne entrer dans mon cœur comme toi. Crois-moi quand je dis qu'il n'y a aucune comparaison possible…que ce soit avec Annabelle ou n'importe qui d'autre d'ailleurs... Tu es incomparable, mon amour. "

Gabrielle baissa la tête, honteuse. Elle ne comprenait pas pourquoi cette femme l'avait fait douter de l'amour de Xena. Xena ne semblait pas être attirée par cette femme et elle réalisa que c'était plus un sentiment d'insécurité, et non par manque de dévotion de Xena, qui l'avait poussée à agir de la sorte. Elle se sentait ridicule et infantile; elle voulait se cacher du regard de Xena qui la dévisageait.

"Je suis désolée" murmura Gabrielle, toujours incapable de la regarder.
"C'est bon" répondit Xena en l'attirant pour l'embrasser.
"Ca me montre combien je compte pour toi. Mais à l'avenir, attends que je t'explique avant de te vexer. Les mots et les émotions ne font pas parties de mes nombreuses compétences. Tout ce que je te demande, c'est de faire preuve de patience pour que je m'améliore. D'accord? "
Gabrielle leva les yeux et vit Xena lui sourire. "D'accord. Et encore une fois, je suis désolée."
"Ne sois pas désolée" La taquina Xena en arquant un sourcil. "Allons nous marier."
Elle la poussa gentiment et elles marchèrent bras-dessus bras-dessous accomplir leur destin.

Chapitre 12

 Les modalités avec le registre des mariages emballées, elles se rendirent au bureau des gardes.  Leurs informations étaient inutiles et elles comprirent qu'elles devraient faire leur propre enquête.  Elles ne voulaient pas parler directement avec l'amante de la meurtrière et se dirigèrent donc vers la maison de Barb.
 Elle se trouvait dans ses vignes quand elles arrivèrent à cheval.  Barb les observa quand elles mirent pied à terre.

 "Salope!"  hurla Barb.  "Salope de meurtrière!"
 Gabrielle prit une position défensive en voyant Barb se précipiter à toutes jambes vers elles.
 "Non Gabrielle" murmura la guerrière.  "Laisse-la approcher."
 Gabrielle se détendit et Barb bondit, lançant ses pieds dans la poitrine de Xena.  La guerrière et la femme tombèrent par-terre.  Xena fut accueillie par une bordée d'injures et des coups maladroits.  Elle gênait plus que blessait Xena, mais la guerrière la laissa faire jusqu'à ce qu'elle ne soit plus qu'un amoncellement de larmes.

 "Comment as-tu pu?"  cria Barb.  "Comment as-tu pu? Elle était tout ce qui me restait.. Et maintenant... À cause de toi, elle n'est plus là."
 Elle est entrée dans notre chambre, pensa Gabrielle, elle nous a attaquées et c'est de notre faute? Gabrielle allait parler, mais Xena secoua la tête silencieusement avant qu'elle ne se lance.
 "Barb" murmura Xena.  "Ecoute-moi. Elle est entrée dans notre chambre cette nuit avec une épée... Et elle a essayé de nous tuer..."

 "C'est faux. Pourquoi aurait-elle fait une chose pareille? C'est la personne la plus sensible et gentille du monde... enfin, elle l'était...jusqu'à ce que tu viennes sur cette île... Jusqu'à ce que tu la tues. "
 La poitrine de Barb montait et descendait rapidement et elle recommença à vaciller.  Xena attrapa facilement ses bras.  "Ça suffit!"  Cria-t-elle.  "Je ne peux pas te dire pourquoi elle nous a attaquées, mais elle l'a fait... Et nous devons comprendre. S’il te plaît aide-nous."

 "Vous aider? La femme qui m'a volée ma nièce? As-tu perdu la tête?... Redescends sur terre. Vas-t'en!!... Et ne montre plus ta tête dans les parages!"
 Xena et Gabrielle la regardèrent partir, les mots de colère s'écoulant encore, même après avoir disparu derrière la colline.

 "Ca s'est bien passé" Ironisa Gabrielle.  "Encore une de tes bonnes idées, princesse guerrière?"
 Xena se dépoussiéra du mieux qu'elle put.  "J'y travaille" sourit-elle.  Une fois à cheval, Gabrielle grimpa sur la monture.  "Allons voir la veuve."
 "Xena, je t'ai bien entendu dire que nous allions voir la veuve?"
 "Hum hum" 
 "Excuse-moi, mais tes idées sont de pire en pire" répondit Gabrielle en s'accrochant à sa taille.
 "C'est ce que nous allons voir"
 Comme elles approchaient du petit chalet, Xena lui murmura: "Cette fois c'est toi qui parles."
 "Oh, super!" répondit Gabrielle en roulant des yeux.  "Et pourquoi moi? C'était ton idée de venir ici."
 "Parce que Gabrielle, tu…"
 "...aimes les discussions sensibles" dirent-elle à l'unisson.
  "Oui. Oui," poursuivit Gabrielle, "mais ça va te coûter cher."
 "Tout ce que tu veux" dit la guerrière avec un sourire langoureux.
 "Tout?"  la barde souleva un sourcil. 
Xena remarqua à quel point elle commençait à maîtriser ce geste.

 "Tout" répondit-elle lascivement, sa main descendant le long du dos de Gabrielle.
 "Je vais y réfléchir" répondit Gabrielle malicieusement en frappant à la porte.

 La porte s'entrouvrit lentement sur une jeune femme de l'âge de Gabrielle.  "Oui?" 
 Elle avait les yeux injectés de sang et Gabrielle fut émue.
  "Pouvons-nous entrer te poser quelques questions?"  Lui demanda-t-elle doucement.
 "Bien sûr. Vous faites partie de la garde?"
Elle les laissa entrer.

 Gabrielle hésita....  "Non, nous étions là quand Arenia a été tuée cette nuit. C'est un peu maladroit, mais nous espérerions que tu saurais pourquoi elle était chez nous. Nous avons essayé de parler à Barb mais elle ne nous aidera pas... Xena a tué Arenia  cette nuit pour nous défendre."
 La femme étudia un moment Xena.  "Tu l'as tuée?"

 "Non" répondit Xena.
Gabrielle entendit un tremblement dans sa voix qu'elle n'avait jamais entendu avant.  Elle se demanda comment elle avait pu ne jamais le remarquer jusqu'à maintenant; la guerrière s'en voulait d'avoir tué cette jeune femme.
 "Je ne voulais pas, mais...j'ai été obligée."

 "Prenez un siège" répondit doucement la jeune femme.
 Xena et Gabrielle s'installèrent, persuadées qu'elles seraient rejetées ou agressées, mais la femme était calme.  "En état de choc" pensa Xena.  "Elle ne doit pas encore bien se rendre compte qu'elle est morte".

 "Je suis Gabrielle. Et tu es Marie, c’est ça?
 Marie acquiesça.  "Je ne sais pas vraiment pourquoi tu es là Gabrielle"
 "Eh bien, nous voudrions savoir pourquoi elle était chez nous cette nuit. Je veux dire que nous n'avions jamais rencontré Arenia avant. A-t-elle dit quelque chose avant de partir?"
 Marie examina les deux femmes un long moment.  "Elle m'a dit qu'elle allait chez tante Barb et de ne pas l'attendre car elle ne savait pas quand elle reviendrait. C'est la dernière fois que je l'ai vue."

 "A-t-elle parlé de moi ou Xena  à un moment?"
 "Non"
 "Il faut lui tirer les vers du nez" se dit Xena. "Voire même les lui arracher".  Xena avait tué beaucoup de gens mais se trouver assise dans la même pièce que quelqu'un venant de perdre un être cher, à chercher des raisons, lui mettait les nerfs à vif.

 "Nous ne l'avions jamais vue avant cette nuit" répondit Gabrielle qui essayait de penser à une nouvelle façon de l'interroger.  "Allait-elle souvent voir Barb le soir?"
 "Pas souvent. Peut-être de temps en temps mais pas autant que Barb l'aurait souhaité, je pense... Après la mort de Rommy... C'était la sœur du père d'Arenia... Barb n'avait personne d'autre. Elle avait bien ses employés, mais personne de très proche. Barb et Rommy ont pratiquement élevé Arenia pendant son adolescence. Sa mère est morte quand elle a eu dix ans et son père a été appelé à la guerre, alors Barb et Rommy l'ont prise sous leur aile.. . Elles nous ont aidés à construire cette maison et nous avons travaillé dans la vigne six mois à titre de compensation pour les vivres."

 "Arenia était avec toi la nuit des autres meurtres?"  demanda doucement Gabrielle.
 "Ou est-ce que tu veux en venir? Tu crois qu'Arenia était une espèce de tueur en série?"
 "Non!"  s'exclama Gabrielle, tâchant de revenir en arrière.  "Je... Je me demandais si elle aurait pu avoir des informations sur qui était derrière tout ça."

 Marie sembla se calmer. "Elle a bien disparu une nuit. Je m'en souviens parce que le meurtre a eu lieu juste en bas de la route. Je lui ai alors dit que je n'avais pas envie qu'elle me laisse seule le soir trop longtemps. Elle est partie cette nuit parce que Barb avait besoin d'aide pour sa dernière livraison et que ça devait être terminé pour le matin. "

 "Je sais que c'est beaucoup demander, mais pourrais-tu parler à Barb et voir si tu ne pourrais pas la calmer. Nous avons vraiment besoin de discuter avec elle pour savoir pourquoi Arenia était chez nous. On ne comprend pas et on a besoin de réponses, comme toi j'imagine. "
 "Bien sûr" répondit Marie.  "Laissez-moi vous raccompagner."

 Elles se levèrent et se dirigèrent vers la porte.  "N'oublie pas de demander s’il te plaît. Nous sommes chez Sappho."
 Marie acquiesça alors qu'elles rejoignaient leur monture.
 "Je suis vraiment désolée pour Arenia" dit sincèrement Xena en montant à cheval.  Gabrielle se glissa derrière elle et s'accrocha à sa taille.  Marie acquiesça simplement de la tête et rentra chez elle.

Chapitre 13

 L'auberge avait été nettoyée et remise à neuf durant la journée.  Xena se fit une note mentale pour remercier Sappho le lendemain matin. 
Les quatre femmes sortirent dans une taverne alentours et passèrent la soirée à boire et danser.  Rires et s'amuser était agréable après une journée de mort et de chagrin.  Xena ressentait de vifs remords d'avoir tué la compagne de Marie.  Mais en regardant Sappho et Gabrielle rire au bar, elle sut qu'elle avait fait le bon choix ce soir-là et que s'il le fallait, elle referait exactement pareil.
 Mais à présent, elles étaient chez "elles" et Xena soupira.  Elle retira son armure et ses bracelets avant d’enlever ses bottes, puis se laissa tomber dans un fauteuil pour se masser la tempe du poing.

 "Tu es fatiguée ma guerrière" murmura Gabrielle en se glissant entre les jambes de Xena, la tête sur sa cuisse musclée.
 "Il en va de même pour toi" Elle caressa légèrement les cheveux de Gabrielle.  "Mon sucre d'orge" ajouta-t-elle avec un grand sourire.
 Gabrielle lui frappa la jambe.  "S’il te plaît ne m'appelle pas comme ça"
 "Bien, et comment dois-je t’appeler?" 
 "Tout mais pas ça"
 "D'accord, mon petit pain de miel" tenta Xena.  Mais Gabrielle secoua la tête.
 "D'accord... mon petit lapin?"  Un autre hochement de tête. "ma petite barde chérie?".  Un autre hochement.  "Eh bien, aide-moi!"  répondit Xena, amusée.  "J'en ai un... Que dirais-tu de Gabby? Ca t'excite tellement quand Joxer t'appelle comme ça!"
 "C'est ça!"  répondit Gabrielle, en lui serrant le mollet.  "Tu l'auras voulu!"

 Gabrielle chatouilla les doigts de pied de Xena d'une main légère - la seule partie du corps de la guerrière qui était sensible.  Xena savait que la seule façon d'arrêter ça était de se venger.  Elle se baissa et attrapa Gabrielle.  La barde se leva rapidement et tenta de s'enfuir. Il en fallait plus pour la guerrière qui tira Gabrielle et se mit au-dessus d'elle.  Elles roulèrent sur le sol en riant. Assez vite, les bras de Gabrielle furent coincés et Xena prit le dessus, prête à frapper encore.

 "Imagine ça, " dit Xena sournoisement "Une princesse guerrière frappe une reine amazone."
 "Jamais!"  Cria Gabrielle, prenant la guerrière au dépourvu.  Elle fit rouler Xena sur le dos et la coinça, l'attaquant à son tour.  "Je fais cela en l'honneur de mes sœurs amazones."

 "C’est ça" Grimaça Xena entre deux rires "Finie la gentille guerrière."
 Elle se positionna au-dessus de Gabrielle et embrassa la barde avec passion.  Gabrielle libéra une main et attrapa la nuque de la guerrière pour la rapprocher plus près. Quand enfin le baiser s'arrêta, elles tentèrent de reprendre leur souffle.  Xena examina attentivement les yeux de Gabrielle.
 "Belle" murmura la guerrière.  "C'est comme ça que je vais t’appeler... Parce que c'est ce que tu es... Absolument magnifique."

 Gabrielle lui caressa le visage tendrement, examinant chaque particularité de la belle Xena. Elle savait que la guerrière savourait ses caresses, laissant de côté ses autres sens, et fermant les paupières.  Ca avait toujours étonné Gabrielle que Xena la désire à ce point.  "Pourquoi?"  Murmura-t-elle à haute voix.
 "Pourquoi tu es belle?"  demanda Xena en embrassant son cou et mordillant sa peau.  "Par où commencer?" 
 "Non Xena"

Gabrielle lui prit le visage.  Sa voix était suppliante et sérieuse.  "Pourquoi est-ce que tu m'aimes, me désires? Je veux dire, je ne suis pas aussi créative que Sappho. Je ne suis pas aussi belle qu’Annibelle. Pourquoi moi?"
 Xena se déplaça pour s’asseoir et serrer Gabrielle contre elle.  "Qui ça?" Demanda-t-elle, irritée.
 "Dis moi" chuchota Gabrielle.
 Xena sourit.  "Je déteste dire ça, mais tu es une très mauvais juge... Attends une minute. Tu m’aimes beaucoup donc ça ne veut pas dire grand chose pour moi, n'est-ce pas?... Je ne suis pas sûre, mais je crois que c'est assez injurieux. "

 Gabrielle sourit et secoua la tête.  "J'essaie d'être sérieuse."
 "Non" répondit Xena, en lui embrassant le cou avant de se redresser pour la regarder dans les yeux.  "Tu rumines des choses qui n'ont aucun fondement... Tu es sacrément plus douée que Sappho. Tu es deux fois plus belle qu’Annibelle. Et en ce qui me concerne, il n'y a et n'y aura jamais personne d'autre…. Je suis tombée amoureuse pour la dernière fois de ma vie. "
 Gabrielle sourit.  "C’est drôle. Je suis tombée amoureuse pour la première fois de ma vie. Et tu n'as que cinq ans de plus que moi."

 "Mais et..."  Xena s'interrompit. Elle ne voulait pas parler du passé.
"Perdicus?"  Xena acquiesça.  "Je l'ai aimé Xena. oui... mais il n'y avait pas de passion, pas de désir, pas à ce point. Ce n'était pas aussi...aussi... intense. Quand tu me regardes, même juste un coup d'œil, mes genoux fléchissent. Et ce n'est pas du charabia poétique, mais une véritable réaction physique... C'est même sous-estimé parce que ce n'est pas seulement physique... Quand tu me regardes, mon âme se fait plus légère, mon cœur bat littéralement au rythme de mon excitation... Ce qui est réellement unique... Tous les poèmes, toutes les chansons sur l'amour que j'ai entendus ont maintenant un sens à mes yeux. "

 Xena sourit.  "Bien. J'espérais que ce n'était pas seulement moi... Parce que c'est ce que je ressens." 
Xena se leva et prit la main de Gabrielle.  "Viens ma belle, allons nous coucher."
 "Tu es déjà fatiguée?"  demanda Gabrielle en se relevant.
 "Non"
 Xena n’ajouta rien. Elle conduisit Gabrielle sur le lit en silence et, lentement, enleva les lacets de la barde.  Une boucle.  Puis une autre.  Puis encore une autre.  Finalement, la cordelette tomba sur les genoux de Gabrielle et la guerrière se pelotonna contre ses seins soyeux. Une pensée traversa Gabrielle quand ses doigts jouèrent avec la ficelle.

 "Xena" murmura-t-elle.
 "Hmmm. Oui, ma belle?"
 "Tu veux que je te rappelle ce que tu m'as dit?"
 Xena leva la tête et croisa le regard de Gabrielle, ses mains caressaient la reine amazone.  "Je me rappelle. Tu sais ce que tu veux?"
 Gabrielle acquiesça et chuchota à son oreille. La guerrière se recula avec une expression de surprise.  "Oh, vraiment?" 

 Tout à fait consciemment, la barde acquiesça, se disant qu'elle avait peut-être été trop loin ou en demandait beaucoup.  Ses doigts jouaient nerveusement avec la cordelette.  Xena sourit pour la rassurer et prit les poignets de la barde.  "Fais-le Gabrielle. Je te fais confiance."
 "Vraiment?.  Tu me fais confiance?"
 "De tout mon cœur, Gabrielle"

  Xena retira lentement ses cuirs et Gabrielle sentit son pouls s'accélérer comme elle en avait parlé plus tôt.  "De tout mon cœur" répéta-t-elle, lui offrant ses poignets.
Les mains tremblantes, Gabrielle attacha la corde autour des poignets de Xena avant de l'allonger sur le lit et de la relier autour de sa tête, ce qui limitait les mouvements de la guerrière. Xena souriait.
 "Tu m’as eue Gabrielle" murmura le guerrière d'une voix rauque. "Je suis toute à toi."

 Gabrielle avala avec excitation.  Lentement, elle fit descendre ses mains le long du corps halé de Xena – le long de ses joues, de ses épaules, de ses seins, jusqu'à ses chevilles.  La guerrière ferma les yeux, émettant un long et profond soupir alors que les mains de la barde se promenaient sur sa peau brûlante.  Au niveau du tibia, Gabrielle commença à dévorer la peau vers le haut.

 Xena sentit le désir monter et la moiteur s'infiltrer.  En s'approchant du sexe de la guerrière, Gabrielle découvrit le liquide brillant qui l'attendait.  Elle saliva au souvenir du délicieux arôme de sa guerrière.  Son parfum était incroyable – et attirait sa langue comme un aimant.
 Mais elle ne voulait pas le toucher, pas encore.

 Xena soupirait et tirait sur ses liens pendant que Gabrielle soufflait sur son sexe, le contournant, pour jouer avec son nombril.  La langue de la barde taquinait le petit trou, imitant les attentions que Xena aimait tant sur d'autres parties de son corps.  Xena était frustrée, mais elle adorait les moments comme celui-là.  Elle commença à tirer avec acharnement sur la corde.  Son besoin de toucher Gabrielle, de l’attirer vers elle et d'entendre son cœur battre était insupportables.  Gabrielle le sentit. Les soubresauts de la guerrière montraient son besoin d'être libérée.  "Calme-toi" roucoula la barde.  "Laisse-moi t'aimer."

La respiration de Xena se fit irrégulière.  "J'ai besoin de te toucher" dit-elle en aspirant une goulée d'air.  "T'embrasser."

 Gabrielle sourit, à cheval sur la poitrine de Xena, juste sous ses seins. Elle se pencha un peu plus, à quelques pouces de sa bouche.  Xena pouvait sentir sa respiration sur ses propres lèvres, mais elle était encore trop loin pour un véritable contact.  Elle grogna, ferma les yeux et reposa sa tête sur l'oreiller. Tout à coup, les lèvres de Gabrielle furent sur les siennes et elle profita de l'occasion.  Sa langue plongea dans la bouche de la barde.  Mais la barde se retira trop tôt et recula.  Les yeux de Xena la suppliaient de revenir.

 Gabrielle fit glisser son haut de ses épaules pour exposer ses magnifiques seins. Elle se pencha et ses lèvres mordirent le cou et le lobe d’oreille de la guerrière.

 "Tu veux me toucher?"  chuchota-telle doucement à son oreille, la chatouillant et l'excitant en même temps.
 "Ouiiiiii!"

 Sans un mot, Gabrielle se redressa et pressa légèrement ses seins entre ses mains.  Elle les offrit à la guerrière qui les engloutit avec avidité dans un profond gémissement.  Ses lèvres suçaient le mamelon tandis que sa langue tournoyait autour de la pointe.

 Gabrielle était de plus en plus excitée, au bord du délire.  Xena le voyait bien.  Son ventre était saturé du désir de la barde.  L'entendre gémir et la sentir si mouillée la rendait folle de désir.  Sans se séparer de la poitrine de la barde, elle recommença à tirer sur ses liens.

 Gabrielle se recula et secoua la tête en signe de désapprobation.  "Tu es ma prisonnière, guerrière. C'est moi qui mène le jeu et pour l'instant, tu ne bouges pas jusqu'à ce que je te le dise."
 Sans plus de discussion, Gabrielle se jeta sur la poitrine de Xena, fouettant et suçant le mamelon jusqu'à ce qu'il soit dur comme un roc.

 "Oh Dieux" s'exclama Xena alors que la barde faisait de même sur l'autre sein.  "S’il te plaît" Retenta la guerrière. "S’il te plaît, laisse-moi te toucher, laisse-moi t’aimer."
 Gabrielle lui jeta un rapide coup d'œil, avant de secouer la tête négativement et de reprendre son travail sur la chair de Xena dont la tête s'effondra dans l'oreiller, voletant de gauche à droite, les mains attachées au-dessus d’elle. En vain.  Elle était totalement impuissante, et se rendait compte à quel point elle adorait ça.  C'était une vraie torture, mais elle aimait être le jouet des caprices de Gabrielle. Elle savait comment lutter.

 Elle détendit ses bras et ferma les yeux, sa respiration se fit profonde et régulière.  La barde avait du mal à respirer normalement, même si elle avait appris à le faire quelques années auparavant; respirer de la sorte en faisant l'amour procurait un plus grand plaisir.

 "Oh oui" soupira Xena.  "Tu es si bonne Gabrielle... tes lèvres... tes mains... ta langue..."
 Gabrielle écoutait Xena en s'activant sur le bas de son corps. Cette voix, ces mots, captivaient Gabrielle. Elle voulait que Xena en demande plus. Bien qu'elle eut les mains liées, Gabrielle savait que c'était elle qui était enchaînée.  Elle se sentait maladroite à l'intérieur et douée à l'extérieur.

 "Où veux-tu mes lèvres... mes mains...ma langue?... Dis-moi Xena. Dis-moi…" Supplia la barde dans un souffle sensuel.
 "Tu sais," Xena sourit en écartant davantage les jambes. "Respire profondément Gabrielle. Respire mon désir pour toi... Goûte-le... Je sais que tu l'aimes. Je l'entends à tous ces bruits affamés et assoiffés que tu fais."

 Gabrielle inhala et ne put s'empêcher de gémir. Elle se demanda un instant comment les choses étaient devenues si tordues.  Elle était censée être la dominante cette nuit, et pourtant elle était prête à faire tout ce que la guerrière lui demandait.

 "Fais-le Gabrielle" lui ordonna Xena langoureusement.  "Tu sais que tu le veux... Alors prends-le. Prends-moi."
Gabrielle avait encore perdu toute volonté, jusqu'à ce que Xena pousse ses hanches vers son visage.  Gabrielle s'effondra alors.  Elle plongea vers le sexe de la guerrière tel un voyageur affamé, frottant et suçant; dévorant et savourant.

 Les gémissements qu'elle aimait tant la poussèrent plus près du bord et plus tôt que prévu.  Ses hanches prenaient le pas sur son cerveau.  Elles cherchaient le plaisir apporté par la bouche habile de la barde. Des vagues s'emparèrent de son corps.  Elle était plus déterminée que jamais – il lui fallait sentir le corps de Gabrielle, toucher la belle blonde.  Elle se raidit et ses bras tirèrent de toutes leur force, cassant net la corde. Alors même que les spasmes balayaient son corps, elle réussit à libérer ses mains.

 Gabrielle leva la tête pour voir Xena détachée, les yeux brûlants de désir.  Avant de pouvoir faire un geste, Xena la tira par les bras pour la mettre sur le dos.  "Tu es à moi maintenant" murmura-t-elle en mordant le cou de la barde.

 Gabrielle aimait la sensation des dents de Xena sur sa peau.  Son désir brûlait encore plus qu'avant, maintenant que Xena était libre et décidée à s'occuper d'elle. Elle se rendait bien compte qu'elle ne pourrait  pas arrêter Xena, même si elle essayait. Elle connaissait bien cette tête et ça lui faisait peur tout en l'enflammant.  Elle mit de côté la peur de l'inconnu, et laissa croître son désir.

 "Oui," marmonna-t-elle, trop occupée par les mains et la bouche de la guerrière pour parler normalement.  Elle vit Xena s'agenouiller entre ses jambes, jambes qui furent brusquement tirées sur les épaules de Xena, elles-mêmes enfouies dans le lit.
 "Ahhh" s'exclama la guerrière en sentant le parfum de sa barde.  "Parfait" ajouta-t-elle en regardant l'état de totale impuissance de Gabrielle. La barde ne pouvait plus bouger dans cette position, ouverte et totalement exposée. Et elle aima cette sensation.

 "Oh Dieux, Xena…Maintenant. S’il te plaît... Maintenant." 
Xena gémit en prenant  la barde.  Les hanches de Gabrielle se levèrent davantage, ce qui amena son sexe plus près du visage de la guerrière. Elle voyait parfaitement Xena l'aimer.  Et Xena sentait son regard. Elle s’arrêta momentanément pour la regarder.

 Le désir de Gabrielle monta en flèche en entendant Xena lui parler, son désir couvrant le visage de la guerrière.  "Tu te demandes, hein? Tu te demandes à quoi ça ressemble quand je te fais l'amour. Maintenant que tu sais... Qu’en penses-tu?"
 "Ne t’arrête pas" ordonna Gabrielle.
 "Je n'en ai pas l'intention. J’ai d’ailleurs la ferme intention de te faire hurler de plaisir."

 Sa langue et ses lèvres retournèrent à son sexe.  Mais cette fois Xena refusa de quitter la barde des yeux.  Un océan bleu fixant une prairie verte. Le désir s'inscrivait sur le visage de Gabrielle. Elle semblait proche de la douleur, la guerrière la faisant de plus en plus mouiller, son propre sexe palpitant alors que ses lèvres capturaient Gabrielle.
 "Oh Dieux," gémit Gabrielle d'une voix profonde et gutturale. Xena connaissait ce ton, Gabrielle était proche de l'explosion. Elle remplaça ses lèvres par ses doigts, s’enfonçant au plus profond de la barde, en rythme avec les mouvements des hanches de l'amazone.  Un sourire provoquant, que la barde aimait tant, se répartit sur le visage de la guerrière, la subjuguant.

 "A moi" grogna la guerrière, ses yeux ne quittant pas la jeune femme.  "Tu es toute à moi."
 Gabrielle succomba à l'assaut sensuel. La voix de Xena était tellement brutale et puissante.  Sans parler de ce que ses mains et ses doigts lui faisaient. Elle n’avait pas le choix. Le plaisir envahit son corps, le faisant trembler et onduler, au bord de l'étouffement.

 Xena entendit son nom crié longuement et profondément. C'était animal, pur et sauvage, faisant tressaillir son corps et déborder son cœur.  Dieux, comme elle aimait cette femme maintenant allongée près d'elle, satisfaite et à moitié endormie.  Elle était heureuse de savoir qu'elle pouvait donner tant de bonheur à Gabrielle…Gabrielle…sa Gabrielle… Qu'avait-elle fait de bien? Quel dieu était intervenu dans leur destin? … le destin…Pendant des années, Xena avait demandé richesse et pouvoir, mais dans les bras de cette petite femme forte, elle avait trouvé la satisfaction qu'elle recherchait.

 Etendue là, Gabrielle dans ses bras, César lui vint à l'esprit. Elle sourit. Non pas que penser à César était agréable. Non, pas du tout.  Mais elle se rappelait son discours sur le destin.  Il voulait tout et rien ne l'arrêtait.  Xena souriait car elle se rendait compte qu'il n'aurait jamais cela.  Il aurait pu tout avoir mais ça n'aurait jamais été assez pour lui. Tout ce que Xena avait à cet instant, c'était une jolie blonde dans ses bras.  Et ça lui donnait plus de satisfaction qu'elle n'aurait pu un jour l'imaginer.
 Xena continuait de sourire.  "Tu penses peut-être avoir le monde, César" Elle caressa la femme endormie.  "Mais c'est moi qui ai le monde là, dans mes bras".  Xena garda son sourire et rejoignit bientôt "son monde" dans le sommeil.

Chapitre 14

 Xena et Sappho étaient assises dans la cuisine de la poétesse quand Gabrielle apparut, les yeux mi-clos.
 "Bonjour " La barde bâilla.

 Sappho sourit et se tourna vers Xena.  "Bons dieux, tu ne laisses donc jamais se reposer cette femme... On dirait qu'elle est restée debout toute la nuit à faire Dieu sait quoi."
 "Ce n'est pas comme si je lui mettais un couteau sous la gorge" contra Xena.
 "Non" Gabrielle sourit.  "Je pourrais aimer ça, hein Xena?"
 Xena sourit en levant ses poignets.  "Oui.  Et j'ai la corde encore brûlante pour le prouver."
 Gabrielle vit la marque rouge et se précipita vers elle.  "Oh dieux, Xena. Je suis désolée."

 "C'est ma faute Gabrielle. Si je m’étais "calmée "comme tu l'as dit, ils ne seraient pas dans cet état. Je suis la seule responsable... Et je t'en remercie, ajouta-t-elle d’un ton séducteur.
 "D'accord! D'accord!"  dit Sappho en levant les mains pour changer de discussion.  "Je crois que j'en ai suffisamment entendu... Ce n'est pas parce que vous avez une vie sexuelle active et sauvage qu'il faut me la jeter au visage."

 "Tu sais" commenta Xena d'un air entendu,  "Si Harrold ne fait pas son "devoir conjugal", tu es la bienvenue dans notre maison d'hôte".  Xena fit un clin d'œil à Gabrielle, pour qu'elle sache qu'elle ne faisait que torturer Sappho. A cette idée, la barde entra dans le jeu.

 "Oui" elle repoussa les cheveux de Sappho pour dégager son cou et sa voix se fit chuchotement.  "En plus après toutes les poèmes que j'ai lu de toi, je suis sûre que tu serais... une source d'inspiration."
 Sappho ferma les yeux, un large sourire sur le visage. Elle acquiesça lentement.  "Bien... très bien... Amusez-vous. Mais je vous préviens...jouer avec le feu peut gravement brûler. "
 Au tour de Gabrielle de faire un clin d'œil.  "Ah oui?... Tu crois pouvoir me "brûler"?"
 "Seulement si tu demandes chérie" rétorqua Sappho d'un air aguicheur. Elles se trouvaient à quelques pouces l'une de l'autre, leurs seins se frôlant.

 Gabrielle ne résistait pas aux défis.  Cette fois n'était pas différente.  "D'accord... Et si je réponds que je te le demande?"
 Sappho se retourna pour regarder la guerrière. "Xena?" 
 Xena savait très bien ce que demandait la poétesse.  Elle demandait l'autorisation de remettre la barde à sa place… par n'importe quel moyen.  Elle haussa simplement les épaules.  Avec un sourire pervers, la poétesse se retourna vers Gabrielle.

 "Eh bien…" Elle caressa la joue de la barde.  "Puisque tu le demandes..."
 Ses lèvres caressèrent doucement celles de Gabrielle, les savourant avec le plus exquis des contacts. La barde ne sut pas exactement d'où ça venait, mais elle laissa échapper un gémissement. Sappho l’attira plus près, et approfondit le baiser.

 Xena ressentit deux choses – une colère montante et de l'excitation. Elle se demandait quoi faire avec la nuque de la poétesse,  le briser ou l’embrasser?  Elle commença par s'éclaircir la gorge, puis s'approcha de son oreille.
 Le son ramena Gabrielle à la réalité.  Le plaisir qu'elle commençait à ressentir fut remplacé par de la culpabilité et elle regarda vite fait la réaction de Xena. Elle était assise avec le même sourire, mais les bras repliés.
 "Elle sait sacrément bien embrasser, hein?"  demanda la guerrière.
 "Oui" répondirent à l'unisson les deux femmes avant de glousser.  Sappho ajouta: "Pour qui poses-tu la question? Moi ou Gabrielle?"

 Xena continuait de sourire et se leva pour se servir du thé.  "Les deux" répondit-elle dans un murmure.  Elle ouvrit la théière.  "On dirait que tout le monde a la gorge sèche."
 Gabrielle et Sappho sourirent et acquiescèrent d'un commun accord.

 "Quoi qu'il en soit" commença la guerrière, les bras croisés vers elles, "Gabrielle et moi avons nos documents de mariage. Tout ce dont nous avons besoin, c'est d’une cérémonie et d'une signature. Si tu es d'accord nous voudrions te faire cet honneur Sappho. "

 La poétesse sourit avec satisfaction.  "Vraiment?"
 "Bien sûr. Je veux dire tu as les qualifications n'est-ce pas? On dit que toute personne du conseil peut le faire. Nous aimerions que ce soit toi."
 "Je serais heureuse de vous rendre service" répondit la poétesse.  "Quand?"
 "Aujourd'hui, si possible" ajouta Gabrielle.  "Si ça te va. Nous comprendrions si tu as autre chose à faire."
 "Eh bien, effectivement, j'ai pas mal de choses à faire, mais rien qui ne puisse attendre demain... C'est merveilleux."
 "Bien" sourit la guerrière.  "Nous aimerions le faire dans le jardin des cyprès si tu es d'accord."
 "Bien sûr. Bien sûr. Ca vous va si j'invite quelques personnes? Je veux dire, comme Terry et Caiduse, de la taverne."

 Xena haussa les épaules.  "Demande à Gabrielle. Si ça lui va, ça me va."
 "Pas de problème. Ca sera bien d'avoir quelques invités" répondit la barde.
 "Eh bien parfait!"  la poétesse se frotta les mains.  "Je vais avoir des choses à préparer!"
 Xena arqua un sourcil.  "Juste quelques personnes, hein? J'aimerais que ça reste intime."
 "Mais oui, absolument," répondit Sappho.  "Viens Gabrielle. Xena va aller en ville trouver quelque chose de "convenable" à se mettre pour la cérémonie et je vais te montrer mes robes. Peut-être y aura-t-il quelque chose que tu aimeras... Sinon, tu pourras bien sûr acheter autre chose... Mais je pense que tu apprécieras ce que j'ai."

 Xena allait partir mais s'arrêta subitement pour faire demi-tour.  "Je peux vous faire confiance toutes les deux…seules…n'est-ce pas?"
 Sappho et Gabrielle rirent.  "Tu sais, elle a droit à un dernier essai" la taquina Sappho.
 Xena resta de marbre, sans aucune expression.

 "C'est une blague" dit Sappho.  "On peut bien rire."  Elle se tourna vers Gabrielle.  "Pourquoi elle ne rit pas? S’il te plaît, fais-la rire. Je sens déjà mon sang être coupé par son pinch."
 Gabrielle sourit et secoua la tête avant de se tourner vers son amante.  "Ca va. Allez."
 Sans rien ajouter, Xena se dirigea vers son cheval.  Sappho put enfin respirer, Xena galopant sur la route poussiéreuse.  "Viens" déclara Gabrielle en tirant les bras de la poétesse.  "Allons voir ces robes!"

Chapitre 15

 Xena marchait d'un pas léger dans le marché. Comment s'habiller pour se marier avec une princesse amazone?  "Reine", se corrigea rapidement Xena.  "C'est une reine maintenant".  Xena s'approcha de l'une des tentes.  "En blanc peut-être? Ha!  Je serai à mourir de rire dans le jardin".  En se retournant, un tissu turquoise attira son attention.  Le marchand, qui avait un œil sur la guerrière, remarqua son intérêt.

 "C'est de la soie égyptienne. C'est donné pour 30 dinars."
 "Mince!" maudit la guerrière en silence.  "J'aurais du emmener Gabrielle.  Elle a le troc dans le sang." Penser à elles deux comme une" famille " la fit sourire.
 "Je regarde juste" Et elle commença à s'éloigner.
 "D'accord! D'accord!"  poursuivit le marchand.  "25 dinars, mais pas moins."
 Xena était sur le point de le payer mais elle hésita.  N'était-ce pas ce que Gabrielle faisait?
 "Si on disait 15?" 
 Le marchand réfléchit.  "20 et c'est un cadeau."
 Xena sourit.  "Très bien, mais laisse-moi d'abord l'essayer."

 Le marchand acquiesça et tendit la robe à Xena pour qu'elle l'essaie. Elle se dit que Gabrielle l'aurait eue pour 15 dinars, voire moins, mais elle était tout de même fière d'elle.  Quand elle se regarda dans le miroir, le marchand soupira.

 "Tu es époustouflante!  En plus, ça fait ressortir tes yeux."
 "Je suis sûre que tu dis ça à toutes les filles" Railla Xena.
 "Tu as raison. Mais cette fois, je le pense vraiment. Que dis-tu de 20 dinars?"
 "Bien sûr" répondit-elle en regardant les bijoux.  "Pourquoi pas avec les colliers qui vont avec."
 Xena sourit largement.  Elle s'y attendait.  Le marchand ajouta:
"25 dinars pour les trois. C'est convenable?"
 Xena  réfléchit à l'offre.  Gabrielle accepterait-elle?  Sûrement pas.  Mais il était tard et ce marchandage commençait à l'ennuyer.
 "Bien" Accepta-t-elle.  "Peux-tu les envelopper?"
 "Avec plaisir" répondit le marchand. 

Xena alla se changer pendant que le commerçant les empaquetait.  Quand tout fut dit et fait, elle repartit avec le sentiment d'avoir assez bien réussi son coup.  Gabrielle serait heureuse qu'elle n'ait pas cédé comme à son habitude.

 Toutes ses pensées étaient dirigées vers Gabrielle en marchant dans les rues. Tant et si bien qu'elle n'entendit pas la personne armée derrière elle.  Elle sentit pourtant le petit coup sur ses épaules.  Lentement, mais furieuse, elle fit demi-tour pour affronter la silhouette.

 "Je peux t'aider?"  Demanda-t-elle irritée. L'inconnu fit voleter son épée de façon très artistique. Sans doute pour intimider la guerrière.
"On dirait que ça va être une mauvaise journée pour Gabrielle". Dit l'homme
"Je n'ai vraiment pas le temps pour ça" répondit-elle en reprenant sa route.
 Cette fois, les sens de la guerrière étaient en alerte et elle "sentit" le mouvement de l'épée.  Sans se retourner, elle leva la main et attrapa la lame avant qu'elle ne la touche.  Avec Précaution, elle la baissa.
 "Alors, tu veux te battre?" La guerrière secoua l'arme dans la main de son agresseur.  "Il fallait le dire tout de suite!"

 Elle fit tournoyer l'épée dans toutes les directions, lui tordant les doigts. L'homme était trop pris dans l'action pour se rendre compte que l'arme frôlait sa tête.  Xena le frappa brusquement et il se retrouva inconscient par-terre.  Après quelques secondes, il remua enfin.  Elle le débarrassa alors de sa capuche. Il fit alors un geste brusque, ce qui permit à Xena de lui faire un "pinch" officiel.

 Elle le regarda s'étrangler.  "Pour qui travailles-tu?" 
L'homme écarquilla les yeux.  "Ecoute, mon ami, tu n'as plus beaucoup de temps... environ trente secondes."  Les derniers mots s'immiscèrent dans l'oreille de l'homme et il comprit qu'elle disait la vérité.
 "D'accord" siffla-t-il.  "Arrête! Arrête!"
 Xena envoya deux coups rapides dans son cou et attendit que l'homme reprenne son souffle.
 "Je répète... pour qui travailles-tu?"
 "Quelqu'un de l'île" 
 "Qui?"
 "Je ne peux pas te le dire" répondit-il, effrayé.
 "Tu te rends bien compte que je peux te tuer...ce que je ferai sans hésiter...si tu refuses de me le dire."
 "Honnêtement, je ne sais pas qui c'est. Un ami m'a dit qu'il avait un travail pour moi et m'a demandé mon aide."
 "Eh bien" répondit Xena, en le prenant par la peau du cou.  "Allons voir cet ami."

 Chapitre 16

 "Sappho!"  s'exclama Gabrielle en regardant par la fenêtre.  "Tu avais dit quelques personnes! Le jardin est bondé!"
 "Que veux-tu? La rumeur  se propage vite sur cette île" la poétesse haussa les épaules.  "D'un autre coté, il semblerait que nous avons d'autres préoccupations pour le moment."
 "Tu veux dire qu'elle n'est toujours pas revenue?"
 "A mon avis, elle est en plein shopping. Tu sais combien Xena aime faire les magasins" mentit Sappho.
 "Tout à fait" répondit sarcastiquement Gabrielle tout en se maudissant silencieusement.  Elle aurait dû accompagner Xena, surtout après leur agression, l'autre soir.  "Où peut-elle bien être?" se demandait la barde à voix haute.

 "Je suis sûre que tout va bien" Sappho prit son bras dans un geste rassurant. "Xena sait se défendre."
 Harrold entra dans la chambre après un petit coup à la porte.
 "Pas de nouvelles?"  demanda Sappho.
 Harrold secoua la tête.  "J'ai envoyé Tellidis et Melloneada en ville pour faire quelques recherches."
 "Peut-être qu'elle a changé d'avis. Je veux dire après ce qui s'est passé dans la cuisine, ce matin, comment lui en vouloir?" considéra Gabrielle.
 "Ecoute, Xena t'aime. Je le vois. N'importe quel imbécile le verrait. L'incident de ce matin n'était rien - juste un jeu. Elle sait combien tu l'aimes. Crois-moi, elle le sait... Et je ne l'ai jamais vue si heureuse... Elle sera là – qu'il neige ou qu'il vente! "

 "Tu as raison."
 Gabrielle se tourna aussitôt vers la voix.
"Xena!"  La barde se précipita pour se jeter dans les bras de sa guerrière.  Elle se recula pour l'observer plus attentivement.  "Est-ce un œil au beurre noir que tu as là?"
 La guerrière fit un signe de tête.  "Quelques ennuis au marché."

 Gabrielle scruta la marque autour de l'œil du bout des doigts. Elle commençait déjà à devenir violette.  "Que s'est-il passé?" 
 "Je t'expliquerai sur la route quand nous irons voir les gardes."  Puis elle regarda par la fenêtre.  "Ca veut dire ça quelques personnes?" demanda-t-elle à Sappho.
 "Je te jure que je n'ai invité que dix personnes. Les cinquante autres se sont invités... La rumeur va vite dans cette ville."
 "Tu m'en diras tant" marmonna la guerrière.
 "Xena, nous ne pouvons pas aller voir les gardes. Nous devons nous marier" insista Gabrielle.  "Je veux dire, ça ne peut vraiment pas attendre?"
 "J'ai découvert qui se cache derrière tout cela"
 "Vraiment?"  Demandèrent-ils à l'unisson.
 "Oui. Alors, j'ai bien peur que le mariage ne doive attendre."

 Gabrielle ne put cacher sa peine, tout comme Xena. 
"Ecoute. Si cela signifie beaucoup pour toi, nous pouvons le faire maintenant, mais j'aimerais vraiment pouvoir en profiter... Je ne veux pas passer notre lune de miel à chasser l'ennemi... Je préfère te chasser toi"  Gabrielle dut sourire.  "D'accord. Je comprends... Quoique ce ne serait pas vraiment une chasse. Je suis absolument consentante."

 "Es-tu sûre de vouloir remettre ça à plus tard? Je veux dire, je sais que si nous attendons demain, je ne t'aimerai pas moins."
 Gabrielle souriait toujours.  "Encore un point... Quoi qu'il en soit, ce sera beaucoup plus intime demain avec toi, moi, Sappho et Harrold." Elle lança un coup d'oeil à Sappho.
 Sappho lui jeta un regard d'incompréhension.  "Ce n'est pas ma faute" insista-t-elle en pointant la foule parant la fenêtre.
 "Tu devrais te changer. Des habits plus pratiques, moins époustouflants" Xena fit un clin d'œil à Gabrielle. Elle regardèrent toutes les trois Harrold.
 "C'est mon tour de partir, c'est ça?"  Il sourit.  Les trois femmes firent un signe de tête amical avec de grands sourires.  "Mais pourquoi peut-elle rester, elle?" dit-il en montrant son épouse.  Sappho allait ouvrir la bouche quand Xena l'interrompit.
 "Oh, mais elle sort aussi"

La poétesse eut l'air déçu, et Xena prit mari et femme par les bras.  "Désolée", et elle referma la porte sur eux.
"Mince!"  murmura le couple à l'unisson.  Leur frustration s'entendit de l'autre côté de la porte.
 "J'ai entendu!" cria Xena pendant que la barde se changeait.  "Du balai!". 
Finalement, elle les entendit descendre les escaliers.

 "Ils forment un beau couple" sourit Gabrielle.
 "Oui, mais un couple de quoi? C'est là la question."
 Gabrielle sourit en enfilant sa tenue d'amazone.

Chapitre 17

 "Que fait-on là Xena?"

 La guerrière était accroupie derrière des arbustes avec Gabrielle et deux amazones.  "Tu vas voir" la guerrière sourit.  "Reste là" murmura-t-elle, avant de se diriger vers la maison.
 Prudemment, elle se glissa par la porte entrouverte, mais la maison était vide.  Elle demanda aux gardes d'aller vers l'escalier qu'elles montèrent aussi vite et silencieusement que possible.

 "Je croyais que tu avais dit savoir qui était à l'origine de tout cela" murmura Gabrielle.  "Que fait-on ici?"
 "Rappelle-toi l'homme avec qui j'ai parlé aujourd'hui. Il s'avère que c'est là que vit son employeur" murmura Xena.

 Lentement, la guerrière et la barde progressèrent vers la cuisine.

 Subitement, Xena entendit un déclic et fit un bond vers Gabrielle.  Une douleur lui traversa le biceps – là où aurait du se trouver  le cou de Gabrielle.  Sans réfléchir, Gabrielle cria et se jeta sur l'agresseur.
 "Gardes!"  Hurla-t-elle à plein poumons, effrayant l'assassin (et Xena par la même occasion).  Son arme balaya l'air à travers la pièce pour frapper l'arbalète. Le coup suivant frappa le cou et l'épaule de la menace.

 "Par les Dieux!"  murmura Gabrielle.  Elle n'en croyait pas ses yeux.  Le tueur était étendu sur le sol de la cuisine et la barde tentait d'en comprendre la raison.  Soudain, une autre pensée lui traversa l'esprit.  "Xena … Douce Artémis… Xena ".
 "Tu as eu de la chance"  Grogna la guerrière en brisant la flèche.  Elle lui sourit sans conviction. "Tu connais la procédure", et  elle montra son bras à la barde.

 Gabrielle tenait les bras de Xena quand les gardes entrèrent.  "Là-bas" elle hocha la tête.  Comme elles attachaient le meurtrier, Gabrielle se tourna vers Xena, très inquiète.

 "Vas-y" murmura la guerrière.
 "Bien" dit Gabrielle en essayant de retrouver sa confiance.  "À trois...un…Deux... Trois!" 
Gabrielle tira avec dextérité sur la flèche.

 La guerrière tenta de réprimer un cri, en vain.
 "Je suis désolée" dit Gabrielle.  "Je t'ai fait mal?"
 "Non" Xena respirait difficilement.  "Tu as fait exactement comme il fallait... ça va."
 Xena n'était pas la seule à gémir.  Le tueur se réveillait.  Gabrielle alla récupérer des chiffons propres dans une armoire.  Délicatement, elle les appliqua pour arrêter les saignements.  Xena les tint fermement et Gabrielle s'approcha du corps.

 "Pourquoi?"  Demanda-t-elle.
 "Pourquoi pas?" Le dégoût et l'angoisse transparaissaient dans ses mots.  Elles se fixaient en silence.
 "Pourquoi?"  redemanda la barde, ayant besoin d'une réponse.
 "Tout ce que j'ai, c'est ce vignoble" dit Barbideen.  "Si Athènes coupe tous liens commerciaux, je suis morte."
 "Alors tu as tué tous ces innocents. Tu as tué tous ces gens, tous ces couples, pour effrayer les habitants de l'île... Et tu l'as fait pour tout ce qu'il y a de plus trivial, l'argent. Par les dieux! Tu avais toi-même une femme!
 "Oui, j'avais une femme. Et je passerai le reste de ma vie seule... Je ne dois rien à personne! Il fallait bien que je m'occupe des miens. Je ne pouvais pas rester les bras croisés et laisser la famille qui me reste mourir de faim. "

 Gabrielle réfléchit à ce qu'elle venait de dire pour mettre en place les morceaux du puzzle. 
"Tu as envoyé Arenia chez Sappho cette nuit-là n'est-ce pas? Tu savais que nous étions là-bas et, pour te protéger – d'une certaine manière- tu l'as envoyée à la mort."
 La colère montait dans les yeux de Barb.  "Je ne l'ai pas tuée. C'est ta chienne de guerrière qui l'a tuée!"

 Gabrielle secoua la tête - pas en signe de désaccord mais d'incrédulité.  La conversation était maintenant close.  "Faites-la sortir" demanda Gabrielle aux gardes.
 "Ne crois pas que c'est fini!"  cria Barb comme ils la menaient dehors.  "Plus vite que vous ne le croyez, je reviendrai et je veillerai à ce que vous mouriez toutes les deux!"
 Xena haussa les épaules d'un "et alors?" à Gabrielle, suivi d'une grimace de douleur.

 "Là" Gabrielle aida la guerrière à se remettre debout. Gabrielle sourit en repensant aux menaces.  "Tu crois qu'elle sait que nous avons été poursuivie par des déesses à moitié folles et des assassins géants?"
 "Non" Xena sourit.
 "Ne devrions-nous pas lui dire que nous ne sommes pas vraiment concernées par ses menaces?" 
Gabrielle offrit son soutien à la guerrière alors qu'elles reprenaient la route.
 "Nan. Ca tomberait dans l'oreille d'un sourd. Mais il y a quelque chose que nous pouvons faire" ajouta sérieusement la guerrière.
 "Quoi donc?"
 "N'attendons pas jusqu'à demain - pour rien au monde! Je veux dire cette blessure n'est pas méchante - douloureuse oui, mais pas méchante... Et si demain n'arrivait jamais… je ne veux pas encore remettre nos projets à plus tard. "
 "Vivre l'instant présent?"
 "Exactement"
 "Tu as déjà dit ça avant" Gabrielle sourit.
 "Oui, mais je ne m'étais jamais rendue compte à quel point c'était vrai jusqu'à il y a quelques minutes... C'est exactement ça, Gabrielle. Et ça commence dès maintenant. En revenant de chez Sappho, on se marie, un point c'est tout. Pas de discussion."
 "Pas de discussion, ma guerrière."

 Xena savoura la sensation des mains de Gabrielle autour de sa tête. Elle savoura également les lèvres de Gabrielle qui la possédaient d'un lent et brûlant baiser. La guerrière sourit intérieurement.  Oui elle vivrait l'instant présent à partir de maintenant… et la nuit aussi.

 Chapitre 18

 La nuit commençait à tomber dans le jardin de cyprès. Les teintes jaunes et rouges soulignaient le feuillage sous les nuages roses.  C'était une belle soirée pour un mariage, Xena en était bien consciente.

 Sappho était déjà dehors.  Sa tunique blanche lui allait parfaitement, soulignant ses épaules.  Sappho n'était pas une "belle" femme, mais elle avait une jolie silhouette.  "Presque aussi belle que Gabrielle" pensa Xena.  "Presque, car les abdos de la barde étaient magnifiques".  Xena sourit à cette pensée.  Elle passa pas mal de temps à savourer les regards volés sur ces abdos qu'elle aimait caresser.  Et pas seulement aujourd'hui mais pour toujours.

 Xena regarda Gabrielle rejoindre Sappho dans le jardin.  Il était temps maintenant.  Lentement, elle monta l'escalier.  Xena était ravie que tous les invités aient disparu.  Elle n'aimait pas la foule.  Le fait qu'ils soient tous partis l'avait mise à l'aise.  Elle avait les nerfs à fleur de peau devant tous ces visages .  . Non  C'était son jour…le jour de Gabrielle… et il n'y aurait plus aucune perturbation.

 Deux mâchoires tombèrent lorsque les yeux bleus croisèrent les yeux verts.  Les deux femmes étaient sans voix devant la beauté de l'autre.  Elles se demandaient toutes les deux comment elles avaient pu avoir le privilège de rester ensemble, prêtes à faire le plus grand des engagements que deux personnes puissent faire.  Gabrielle se rendait compte qu'elle avait finalement trouvé l'autre moitié de son âme.  Et Xena savait qu'elle passerait ses journées à servir cette reine Amazone avant toute autre chose.  Xena comprenait que si Gabrielle était fatiguée de la route, des aventures, elle se contenterait alors d'avoir une ferme ou de s'occuper d'une auberge.  Tout, pourvu que ce soit avec Gabrielle.

 Sappho parla doucement, tirant les deux femmes de leurs pensées.  "Et maintenant, pour le plus grand plaisir des mes amies, je vais chanter une chanson sur leur histoire"

 "O belle, ô gracieuse.
 (…)
 L'amour a secoué mon cœur comme le vent qui tombe sur les chênes des montagnes.
 Tu es venue, et je suis faite pour toi.
 Ton souffle a refroidi mon cœur qui brûlait de désir.
 S’il te plaît, ma déesse, Aphrodite couronnée, laisse tout cela m'envahir. "

 Sappho se tourna vers Harrold qui lui remit le collier que Xena avait acheté plus tôt dans la journée.
 "Xena offre ce collier à porter autour du cou, près du cœur. Gabrielle l'acceptes-tu comme preuve d'amour et de dévouement?"
"Oui"

Doucement, Sappho passa le collier au-dessus de la tête de Gabrielle, puis se tourna vers Xena.
 "Gabrielle a accepté ce symbole. Souhaites-tu achever cette cérémonie en l'acceptant, avec amour et dévouement?"
 "Oui" dit fièrement la guerrière en s'inclinant pour que Sappho passe le collier.
 "Eh bien... Par les pouvoirs qui me sont conférés par l'île de Lesbos, vous êtes officiellement mariées aussi longtemps que vous vivrez. Félicitations!"
 "Ça y est? C'est aussi simple que ça?"  demanda Xena.
 "Se marier est facile. Rester mariées, c'est du boulot... Mais vous êtes toutes les deux des bosseuses" Sappho leur fit un clin d'œil.

 Xena et Gabrielle se tournèrent l'une vers l'autre.  Gabrielle n'avait jamais vu Xena si contente.  Et Xena n'avait jamais vu Gabrielle si heureuse.  Elles savaient qu'elles avaient fait le bon choix, qu'elles ne chemineraient plus seules.

 Gabrielle embrassa longuement et passionnément Xena.  Comme elles s'écartaient, Xena offrit sa main à Sappho. La poétesse la prit aussitôt avec fermeté.
 "Merci Sappho," dit la guerrière avec sincérité.  "Tu ne sais pas à quel point j'apprécie."
 "Je n'en suis pas trop sûre" sourit Sappho.  "Je peux te dire que tu as enfin trouvé la paix... Je te remercie de me laisser en faire partie."

 La guerrière sourit quand Gabrielle exprima elle aussi ses remerciements. Sappho posa ses bras autour des deux femmes, et les ramena chez elle.  "Que diriez-vous d'un peu de gâteau et de vin? Porter un toast au nouveau couple fait partie du rituel ."
 "C'est parti"
Gabrielle posa sa tête sur l'épaule de Sappho.  La poétesse regarda la guerrière avec un sourire.
 "Tu as tellement de chance de l'avoir, tu sais?"  Murmura-t-elle.
 "Oui" Xena regarda Gabrielle.  "Oui je sais."

Chapitre 19

 "Ca va?"
 Xena entendit la voix à moitié endormie sur son épaule.  Quelques instants plus tard, elle sentit les mains de la barde se poser sur elle.
 "Il pleut" dit Xena.

 Gabrielle écoutait les minuscules gouttes frapper la fenêtre avant de parler.  "Est-ce la raison pour laquelle tu es réveillée en pleine nuit?"  Puisque Xena ne répondait pas, elle continua.  "Quelque chose en tête?"
 "Juste toi" la guerrière sourit chaleureusement.

 Gabrielle dut sourire à son tour, le sourire de la guerrière était contagieux.
 "Quoi moi?" 
 "Ca. Ta capacité à rester au-dessus de la surface de façon...comment dire... rassurante. Une des nombreuses compétences que j'admire chez toi."

 Elle enveloppa son bras autour de la taille de la barde et renifla les cheveux blonds posés tranquillement sur sa bonne épaule.
 "hmm," soupira tendrement la barde.  "Dis-m'en plus."
 "Sur tes compétences?"
 Une mèche caressa doucement la peau nue de la guerrière quand la barde hocha la tête.  Elle prit un moment pour réfléchir, ne sachant par où commencer.
 "Voyons voir. Le fait que tu fasses confiance aux gens et que tu vois le bien chez tout le monde".

 Gabrielle se raidit.  "Ce n'est pas un talent, c'est une tare."
 Xena se tourna et attira Gabrielle plus près.  "Qu'est-ce qui te fait dire ça?" 
 Gabrielle était mal à l'aise.  "Aurais-tu oublié le Dayhock?"
 "Pas du tout", dit sobrement Xena, serrant davantage la barde.  "Mais tu ne peux pas renier tes talents à cause d'un incident. Personne n'est parfait Gabrielle... D'ailleurs, si tu ne voyais pas le bien chez les gens, nous ne serions pas ensemble à l'heure actuelle. Plus d'une fois, cette capacité nous a sauvé la vie. "

 Gabrielle se recula de l'étreinte de Xena tout en évitant son regard.  "Tu dois admettre que c'était tout de même un sacré incident"
"Gabrielle…" La guerrière prononça son nom avec force, pensant ainsi faire revenir la barde dans ses bras. Mais ça ne marcha pas, et Gabrielle se redressa dans le lit.

 Elle hésita un instant, mais finit par faire de même, choisissant de s'asseoir plutôt que ramper sous les couvertures comme son épouse.  "C'est fini maintenant. Oublie tout ça"
 "Ca ne sera jamais vraiment fini pour moi Xena" murmura la barde.

 Xena entendit le sanglot dans sa voix et voulut éloigner cette tristesse. C’était un moment difficile.  Difficile pour toutes les deux.  La détresse de Gabrielle peinait terriblement Xena et savoir qu'il n'y avait rien qu'elle puisse faire pour amoindrir son chagrin empirait les choses.  Mais finalement, d'une certaine façon, avec l'aide d'Ephiny, elles avaient survécu.  Elle se promit de ne pas oublier de remercier la régente lors de leur prochaine réunion.

 "Gabrielle. Je ne peux pas dire que je comprends ce que tu ressens, ce serait faux.  Je m'en suis voulue la première fois que j'ai tué, mais la colère s'est alors emparée de moi et ne m'a plus lâchée pendant dix ans…Crois-moi quand je te dis que l'incident du Dayhock et les mois qui ont suivi n'ont pas été totalement mauvais - je le dis parce que je suis persuadée que ça nous a rendues plus fortes. "
 "Peut-être. Mais il y a des manières plus simples de consolider une relation. Le meurtre, le mensonge, la tromperie... Ca ne paraît pas très positif dans une relation."
 "Ecoute" insista Xena, fatiguée par le débat.  "J'ai dit que je t'aimais et c'est ce que je ressens vraiment."

 Xena ne pouvait faire disparaître son sourire béat en évoquant ses pensées.  "Bien sûr, tu ne t'en es jamais aperçu jusqu'à ce que nous débarquions sur cette île..."
 Gabrielle sourit en croisant les yeux de la guerrière.  "En fait je crois que je l'ai toujours su, ou j'ai espéré que tu ressentais pareil- bref, je savais qu'il y avait quelque chose."

 La barde s'assit sur ses genoux.  Lentement, elle posa un baiser sur les lèvres de la guerrière – avec une douceur reflétant sa passion.
 "Je croyais que tu voulais parler" dit Xena.
 "Nous avons assez parlé pour cette nuit"
 "Tu es sûre?"  demanda Xena en reculant pour étudier sa femme.
 Gabrielle acquiesça.  "J'ai décidé que tu avais raison. Toutes les expériences que nous vivons, tout ce que nous faisons, devient une partie de nous. Et si traverser tout ça nous a permis de nous rapprocher, je l'accepte. Comme je te l'ai dit, je prends le bon et le mauvais en toi - je suppose qu'il me faut simplement l'accepter."

 Xena caressa légèrement la joue de la barde.  "Tu seras toujours la plus belle chose qui me soit arrivée - ne l'oublie pas."
 "J'ai l'impression que tu ne me laisseras pas l'oublier" répondit Gabrielle amusée, avant d'attraper le lobe de la guerrière avec ses lèvres.  Xena soupira profondément. 
Ce fut un long chemin.  Très long.  Xena repensait à l'innocente et naïve Gabrielle au début de leur voyage - une jeune fermière à la recherche d'aventures.  Xena se sentait si vide à l'époque.  Elle n'avait rien à offrir à la barde mais la barde ne pouvait s'empêcher de rester auprès d'elle.

 Elle se rappelait aussi avoir regardé les yeux de Gabrielle quand elle était allongée dans le sarcophage - comment Gabrielle et Ephiny l'avaient tendrement aidée à se relever. Gabrielle n'avait jamais parue si femme.  Ce n'était pas tant ses vêtements de reine (même si cela aidait. Xena ne pouvait détacher ses yeux de la tunique entrouverte de la barde, sans parler des plumes…Bon Dieux!).  Non, c'était plus.  Son regard peut-être? la façon qu'elle avait de tenir sa tête plus droite?  D'une manière ou d'une autre Gabrielle avait changé. Et Xena adorait. Elle adorait tellement qu'elle sentit un véritable partage de leurs sentiments ce soir-là.  Mais ce n'était pas le cas.

 Ce n'était pas le cas parce qu'elle ne pensait pas mériter quelqu'un comme Gabrielle. Dire que le passé de Xena avait été ténébreux serait bien en dessous de la vérité.  Les cauchemars sur ce qu'elle avait fait la hantaient. Des choses qu'elle n'avait jamais partagé avec la barde, et qui n'arriverait sans doute jamais. Si elle connaissait tous ces actes répugnants, comment une si belle créature pourrait jamais l'aimer?  Et si elle l'aimait vraiment, pourquoi devrait-elle continuer à vivre de façon heureuse alors qu'elle avait tué tant de gens? Avoir Gabrielle comme amante n'était pas juste avec tout ce qu'elle avait fait. Elle avait donc ignoré son désir et ignoré également la barde (quand elle avait pu).
 Puis il y eut César, Britannia et Dayhock.  Xena savait que ce n'était pas simplement à cause de sa vengeance sur César qui avait laissé Gabrielle se rendre seule au temple en ce jour fatidique.  C'était aussi son besoin de s'éloigner de la barde.  Elle s'était maudite de ne pas avoir écouté Ares, de ne pas avoir su regardé plus loin et voir la sincérité du dieu.  Si elle avait accepté son offre cette fois, tant de choses auraient été différentes - pour la barde, et pour elle. Peut-être que les choses ne seraient pas devenues si incontrôlables.

 Mais une fois un sentiment de normalité revenu, Xena s'était engagée à prendre soin de Gabrielle à tout prix.  Même contre leur amitié s'il le fallait.  Xena s'était rendue compte que Hope menaçait Gabrielle, voire l'humanité toute entière. Pourquoi Gabrielle ne l'avait-elle pas laissé gérer le "problème"?  Avec le recul, Xena comprenait que ça n'était pas la façon de faire de Gabrielle. Il y avait du bon en toute chose.  Même épuisée, le cœur brisé, l'ex-seigneur de guerre avait du bon en elle.  Oui, en regardant en arrière, Xena savait que Gabrielle avait eu un choix difficile à faire. Et Xena savait aussi qu'elle avait fait souffrir la barde plus qu'elle ne l'aurait cru imaginable – tout ça parce qu'elle croyait la protéger.

 Xena n'avait pas eu le temps de s'attarder sur le sujet.  Le dragon vert devait être réduit à néant.  Elle pensait que partager son passé avec Gabrielle permettrait à la barde de comprendre la raison pour laquelle ce voyage était si important et pourquoi cette tâche devait être accomplie.  Quand elle avait tiré les couvertures dans la chambre royale et vu Gabrielle - sa Gabrielle - vêtue d'une robe chinoise, l'émotion l'avait submergée, choquée et trahie.  Puis, plus tard dans le donjon, était venue la colère.  Même plus tard, pendant sa discussion avec le dragon vert, la gifle de Gabrielle ne l'avait pas touchée. La seule douleur qu'elle avait ressentit fut celle de son cœur brisé en mille morceaux. Xena avait été trahie, humiliée et blessée par bon nombre de gens et de dieux… mais jamais par Gabrielle.  Elle était censée être différente.

 Xena ne découvrit la vérité qu'une fois seule avec Gabrielle dans le donjon.  Gabrielle était vraiment différente.  Le remords dans ses yeux, la fêlure dans sa voix, demandaient le pardon.  Xena savait que Gabrielle était différente.
 Elle voulait vraiment voir de quoi était faite Gabrielle quand, peu de temps après, Callisto était revenue. La guerrière vit également à quel point Ephiny était devenue une merveilleuse amie –pour elle et la barde.

 Oui la route fut longue, mais elles avaient survécu et survivaient toujours.  "Assez bien d'ailleurs" se dit la guerrière en sentant les lèvres de Gabrielle réclamer son cou et ses épaules.  Xena repoussa son voyage dans le temps, décidée à se concentrer sur le présent - où une magnifique reine Amazone devenait de plus en plus chaude et humide. Et sur le futur - où une magnifique reine Amazone deviendrait de plus en plus belle au fur et à mesure des années.

 "Je t'aime" murmura la guerrière, revenue dans le présent.  "j'aime tout ce que tu es."
 "J'aime aussi tout de toi" Un petit sourire passa sur les lèvres de Gabrielle.  "Maintenant, embrasse-moi avant que je ne le fasse de force."
 "Oh, j’aime cette façon de parler. Je ne devrais pourtant pas" 
 Le sourire de Gabrielle se transforma en un profond éclat de désir.  La passion la décorait et Xena reconnut cet air qu'elle aimait tant. La guerrière ne pouvait lui résister. Elle embrassa la barde de tout son être.

 Gabrielle lui répondit de façon naturelle, sa langue chercha celle de la guerrière et la malmena avec force.  Leur tête tournait et s'inclinait, leurs lèvres s'accrochaient et se dénouaient – uniquement pour revendiquer celles de l'autre. Chacune luttait pour respirer entre deux excitantes pauses.  Le désir de Gabrielle s'enflamma et elle attrapa la guerrière par les bras pour la faire tomber avec elle sur le lit. Le violent gémissement de la guerrière n'était pas prévu et la barde réalisa son erreur.

 "Oh Dieux, Xena!" murmura-t-elle en la libérant. "J'ai oublié ton bras blessé."
 Le guerrière porta peu d'attention à ses excuses.  "Ne t’inquiète pas... et embrasse-moi."
Gabrielle obéit aussitôt. Le poids de Xena reposait sur ses genoux et sur un coude.
Bien que la barde détestait voir Xena souffrir, là, elle en profitait. La blessure contraignait la guerrière à une nouvelle position qui convenait parfaitement à Gabrielle.  Sentir la nudité de la guerrière si près de la sienne était divinement sensuel. Gabrielle savoura la sensation car elles s'ajustaient parfaitement. Pendant que La bouche et la langue de Xena léchaient son corps, Gabrielle réalisa quelque chose: elle avait enfin trouvé son autre moitié et elles formaient un tout.

 Alors que les lèvres de Xena lui administraient la plus douce des caresses, l'esprit de Gabrielle vagabonda sur son innocence passée.  Elle savait qu'il y avait quelque chose de spécial chez Xena.  Elle le savait quand elle l'avait rencontrée la première fois. Elle le savait quand elles étaient allées chercher l'âme de Xena.  Elle le savait quand Xena racontait ses récits sur Mia. Elle le savait aujourd'hui dans le jardin des cyprès… Et elle savait qu'elle le verrait jusqu'au jour de leur mort.

 Elle pensa à la conversation qu'elle avait eu avec Ephiny sur la princesse guerrière.  Ephiny lui avait dit, tard dans la nuit, pendant une fête après l'incident avec Callisto, "A propos de Xena, tu ne dois jamais croire qu'elle est davantage dirigée par son cœur que par sa tête.  Gabrielle se souvint du clin d'œil de la régente avant qu'elle n'ajoute: "en particulier quand il s'agit de toi".

 Gabrielle comprenait maintenant ce que sa régente avait essayé de lui dire - en particulier en cet instant. Les lèvres de Xena trouvèrent son sexe et Gabrielle ferma les yeux. La guerrière, du bout des doigts, caressait tendrement l'intérieur des cuisses de la barde qui se sentit sur le point d'exploser. Elle regarda plus bas et rencontra l'azur des yeux qui la fixait.  Tout le désir, l'envie, l'amour de Xena dansaient dans ses yeux couleur mer. Et cela suffit à envoyer la barde au point de non-retour.

 Les tremblements secouèrent le corps de la barde et elle tenta de se ressaisir autant que possible (Plus tôt dans la soirée, quand Gabrielle avait joui, elle avait serré accidentellement le mauvais bras de Xena – et s'était sentie coupable. Xena l'avait rassurée - "Qui ne tente rien n'a rien"- Et la barde s'était sentie beaucoup mieux).

 Lorsque le dernier spasme s'évanouit, Xena se glissa lentement près de la barde à moitié endormie. Elle se blottit contre elle, laissant son bras blessé recouvrir le ventre de Gabrielle- sa tête reposant dans le creux de son épaule.  La guerrière pouvait dire que la reine des amazones s'était à peine battue contre le sommeil et avait d'ailleurs perdu. Pourtant, la barde voulait désespérément rendre la pareille à Xena.
 "Chut" chuchota Xena dans un sourire.  "Repose-toi maintenant... Ton plaisir fait mon bonheur. Dors Gabrielle."

 Xena écouta sa respiration s'approfondir dans un rythme soutenu.  Et bientôt Xena, princesse guerrière, rejoignit sa femme Gabrielle, reine des Amazones, au pays des rêves.  Mais avant de sombrer, elle eut une dernière pensée: cette nuit était la première nuit où Gabrielle dormait dans ses bras pour le reste de leur vie. Xena ferma alors les yeux et attendit avec impatience le lendemain matin, pour se réveiller avec la barde dans ses bras.
 Et, pour la première fois depuis des années, depuis son enfance, Xena dormit sans qu'aucun cauchemar ne vienne perturbé son sommeil. Elle était finalement "revenue à la maison".  Elle avait enfin trouvé la paix.

FIN
 

Commentaires  

 
#4 Cox 2011-01-02 09:08 Pantipon, désolée pour le délai de réponse, un petit problème d'administration de site… Pour te répondre, c'est moi qui ai fait la traduction. Je devrais d'ailleurs la reprendre car c'était ma première et elle n'est pas au top! Citer
 
 
#3 Pantipon 2010-12-19 21:27 Hello,
Merci pour ce site. J'aime toujours trouver de nouvelles ff sur X&G.
Je ne suis malheureusemnt pas fan des conqueror, mais y'a toujoursl es alt+

A propos de celle-ci, le traducteur n'est pas indiqué. Comme j'archive les ff sur le disque dur, j'aimerais bien avoir son pseudo si c'est possible.

Merci d'avance
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#2 Administrator 2009-11-21 22:34 Eh bien Japlou, désolée de te décevoir mais celle-ci est terminée… Citer
 
 
#1 JAPLOU 2008-11-27 14:57 Bonjour
j'aime bien cette fanfic est j'aimerais savoir quand nous aurons la suite.
et je veux de dire bravot pour ton site il est génial et merci pour tes traduction. A bienôt
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