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Par Warriorjudge

PROPRIETE DE RESPONSABILITE: Les personnages de Xena et Gabrielle (et les autres) appartiennent dans leur intégralité à Universal / MCA, Renaissance Pictures, et tous les pouvoirs gnagnagna gna.... Pas de violation du droit d'auteur ici. J'ai écrit cette histoire à la demande de ma muse, elle ne doit pas être utilisé à but lucratif.

J'ai utilisé des paroles de chanson de Tori Amos, donc bien sûr, ils lui appartiennent. Aucun copyright ici.

VIOLENCE: Eh bien, aucun doute, on parle de Xena ici - alors oui, il y a de la violence.

AVERTISSEMENT: Cette histoire implique de l'amour et du sexe entre deux femmes consentantes. Si vous ne savez pas ce qu'est un vinyle (en d'autres termes, si vous avez moins de 18 ans) ou si ce genre d'histoire est illégal dans l'état ou le pays dans lequel vous vivez, ne la lisez pas s'il vous plaît. Si de telles représentations vous dérangent, vous feriez mieux de lire autre chose ou d'OUVRIR VOTRE ESPRIT.

Avertissement/ Rapports sexuels non consensuels/ Violents: J'ai tellement peur. Dans mon histoire, Xena a perdu la mémoire de toutes ses années avec Gabrielle, elle croit être un seigneur de guerre.  J'ai pensé qu'il était temps de confronter Gabrielle au côté le plus sombre de Xena. Oui, c'est graphique.

LANGAGE: Pas aussi intense que dans "Pulp Fiction", mais quand même...

Remerciements: A mes lecteurs BETA, mentors et guides:

1. CJ Wells (Tu es la meilleure) - Une barde brillant, à mon humble avis. Lisez ses épisodes: FREEDOM et THE EMBRACE. Ils sont géniaux et ont été une formidable source d'inspiration pour moi. Merci, très chère, d'avoir pris le temps et fait l'effort.

2. Noa (je suis fière d'être ton amie) - D'être là pour moi, d'avoir fait abstraction de mes gémissements, pour ton aide.

3. CB - Merci pour ton travail acharné... Tu mènes!

Commentaires: S'il vous plaît! gardez à l'esprit qu'il s'agit de ma première tentative. Soyez sympa avec moi...

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PARTIE 1


 And through life force and there goes a friend
...And through the portal they can’t make amends
  - Tori Amos

 Parchemin de Gabrielle

 Je dois l’arrêter, me disais-je. Je le sais... malgré mon amour... Je dois l'arrêter, peu importe le prix à payer. Et je le payerai ... forcément. C'est un fait. Un fait indubitable quand on va à l'encontre de Xena.
Je pris mon cheval, enfonçai mes talons sur ses flancs et partis au galop à travers bois.
Je rejoignais la terre des Amazones, ma tribu, afin de récupérer mon trône et les lois de leur monarque. J'avais besoin d'elles pour arrêter Xena, incapable d'y parvenir seule. Je n'étais pas assez forte. Je ne faisais pas le poids devant sa puissance, ses compétences guerrières, sa brutalité et son goût du sang.
 Je galopais, le vent fouettait mon visage, et je me remémorais les derniers événements.

                                                                              *******

 Eli nous avait ressuscitées, Xena et moi. Dès l'instant où Xena ouvrit les yeux je compris que quelque chose clochait.  Quand elle me regarda, je vis l'acier froid de ses yeux bleus. Tout son amour pour moi avait disparu. Elle me regardait comme si elle ne me connaissait pas. Elle se redressa brusquement.

 "Qui es-tu Blondinette?" 
 "Que se passe t-il Xena?" 
Je me mis debout aussi.
"C'est moi, Gabrielle" J'étais inquiète. 
Je levai la main pour toucher son visage: elle avait peut-être de la fièvre ou autre chose, mais avant qu'elle n'atteigne son but, elle m'attrapa le poignet avec une force incroyable et me tordit le bras dans le dos.

 "Essaie encore de me toucher et je te brise comme une brindille. Et je le ferai"

 J'étais terrifiée. Mon coeur manqua un battement et ma respiration se fit difficile.  Elle me jeta par-terre, sauta sur Argo et s’éloigna au galop. J'étais stupéfaite, pouvant à peine bouger. Je ne comprenais pas ce qui venait de se produire. Pourquoi Xena me laissait-elle?  Pourquoi m'avait-elle demandé qui j'étais?  Pourquoi m’avait-elle fait mal?  J’éclatai en sanglots. Je n'y pouvais rien.  Un millier de pensées me traversaient la tête. Avais-je dit ou fait quoique ce soit pour la mettre en colère?  Je rejetai aussitôt cette idée. Je savais que même si Xena était en colère contre moi, elle ne se comporterait jamais comme ça. Je me levai et me mis en route. Je ne savais pas où aller en premier. Finalement, je choisis de me rendre à Amphipolis pour aller voir la mère de Xena, Cyrène. Elle devait être malade d'inquiétude pour sa fille et moi.

Après tout, vue la réputation de Xena, je savais que la rumeur disant que César l'avait exécutée l'avait probablement atteinte. Je voulais la rassurer sur le fait que nous étions vivantes, et lui dire que quelque chose n'allait pas chez Xena. Une fois chez Cyrène, j'enverrais une lettre à ma famille pour qu'ils sachent que j'étais en vie et allais bien.  Ma mère et mon père n'apprécieraient pas de savoir que Xena était également vivante. Ils étaient rancuniers...  Xena leur avait enlevés leur petite fille innocente.

 En chemin, je tombai sur un lac. Je regardai le ciel au-dessus de moi, l'obscurité commençait à tomber. J'avais faim, j'étais complètement épuisée et inquiète pour Xena. Où était-elle? Comment allait-elle? Allait-elle me revenir? Qu'est-ce qui n'allait pas?  Etait-ce les Furies qui avaient encore frappé?  S'agissait-il d'Ares? Je ne pensais pas.

 J'attrapai un poisson dans le lac, remerciant les dieux que Xena m'ait appris à pêcher. Elle me manquait tellement. La douleur me déchirait le cœur, les larmes me montaient aux yeux. Je n'avais pas faim, mais je devais manger pour me fortifier, plusieurs jours de marche m'attendant jusqu'à Amphipolis. Je me préparai donc un feu pour cuire mon poisson après l'avoir vidé comme Xena me l'avait montré, et mangeai.

 Je m'allongeai, essayant de dormir un peu... mais j'étais si épuisée physiquement et mentalement que je ne pus m'endormir de suite, Je pensais à Xena. Je me demandais si elle aussi regardait les étoiles. Se sentait-elle bien?  Etait-elle en train de faire route vers moi?  Enfin, Morphée m'emporta et je m'endormis.

                                                               *********

 And when my hand touches myself
I can finally rest my head ...getting off, getting off
- Tori Amos

 Le lendemain matin, je me baignais dans le lac avant de reprendre la route pour Amphipolis. Je voyageais trois lunes durant avant d'y arriver. Une vision d'horreur me sauta aux yeux: des huttes brûlées, un village entier carbonisé par l'incendie qui l'avait consumé. Je n'en revenais pas, tout Amphipolis avait brûlé. Je reconnus immédiatement le travail de Xena et courus vers la taverne de Cyrène. En entrant dans le village, je vis des cadavres traîner partout. J'entendais Xena rugir dans ma tête "tuez les tous!" et cette pensée me fit froid dans le dos.

 Je fis irruption dans la taverne, seul refuge toujours debout. Cyrène était assise sur un tabouret, la tête dans les mains, elle sanglotait. Elle ne m'entendit pas, jusqu'à ce que je pose une main sur son épaule.

 "Cyrène?"
 Elle leva la tête et me regarda, le yeux injectés de sang.  De profondes rides marquaient son visage.
 "C'est l'oeuvre de Xena?" lui demandai-je comme si je ne le savais pas. Elle acquiesça.
 "Quand est-elle venue ici?" 
 "La nuit dernière. C'était horrible."
 "Que s'est-il passé?"  Je pris un tabouret pour m'asseoir en face d'elle.
 "Elle est arrivée. J'étais surprise de la voir. J'avais entendu dire que César vous avait crucifiées toutes les deux. J'ai couru vers elle pour la serrer dans mes bras mais elle m'a retenue. Je lui ai dit j'étais heureuse de la voir, mais elle est restée silencieuse. Je lui ai demandé où tu étais, et elle m'a poussée avant de me dire: "Qui est cette fichue Gabrielle?" Cyrène me regardait pour voir mes réactions mais je gardais une expression figée. Je dis simplement: "Continue Cyrène."

 "Je ne savais pas quoi lui dire, alors je lui ai demandé: Pourquoi? C'est ta meilleure amie, chérie. Xena a répondu qu'elle n'avait pas d'amis et a appelé Borias".
Une violente douleur me transperça. Cyrène voulait se taire, ne voulant pas me faire de mal, mais je devais savoir, et elle ajouta:  "Alors ça m'a frappé: elle avait perdu la mémoire. J'ai compris que dans sa tête, elle était revenue dix ans en arrière, au temps où elle était chef de guerre, avant qu'elle ne vous rencontre, Hercule et toi" Cyrène se remit à pleurer. Je la pris dans mes bras. Tout se mettait en place.

 "Que s'est-il passé ensuite?" 
 "Malgré la noirceur de son âme, elle m’a épargnée ainsi que ma taverne. Mais elle avait besoin de dinars alors elle a pillé le village et l'a brûlé... tu aurais vu son visage, Gabrielle, mon sang s’est figé en voyant sa tête ... une expression hideuse... "
 J'étais stupéfaite. Les paroles de Cyrène se répercutaient dans ma tête.
 "Je dois l'arrêter"
 "Tu ne peux pas partir maintenant. Il fera bientôt nuit. Tu as besoin de manger et de te reposer pour la rattraper demain"
 "Bien" laissai-je tomber. J'avais mieux à faire que de débattre avec la mère de Xena. Après tout, elle avait hérité de l'entêtement de Cyrène.

 Elle alla dans la cuisine où je la suivis et se mit à découper des légumes.
 "Comment as-tu l'intention de l'arrêter, Gabrielle?" elle ne me regardait pas.
 "Je ne sais pas encore. Mais si je ne l'arrête pas, elle tuera des innocents et brûlera leurs villages. Je ne peux pas la laisser faire. Elle est devenue bien trop dangereuse pour s'arrêter là. J'ai vu la mort dans ses yeux" Je tremblais.

 "Vas-tu la tuer?" murmura presque Cyrène, comme si elle craignait ma réponse.
 "J'espère ne pas en arriver là" Je me rendais compte que je n'y avais pas encore réfléchi.
 Nous nous sommes assises pour manger, sans parler de tout le dîner.

 Une fois terminé, Cyrène me conduisit dans l'ancienne chambre de Xena. Nous y avions dormi ensemble sept lunes auparavant, juste avant que toute cette histoire avec César ne commençât. Je m'assis sur son lit. Je pouvais encore sentir son doux parfum sur les draps. Je fermai les yeux, entourée par l'obscurité. Je fantasmai sur Xena en reniflant son odeur, revoyant son superbe corps nu et musclé, ses seins tout en rondeur, les mamelons dressés.  Son parfum sur les draps me rendait folle. Tout ce qui venait d'elle me brûlait de désir, sa façon de marcher, de se mouvoir, telle une lionne, à la fois sensuelle et grâcieuse, sa façon de parler, de soulever un sourcil. Je l'avais désirée dès la première seconde où j'avais posé mes yeux sur elle, bien avant de savoir que je l'aimais vraiment. Je ne compris d'abord pas ce qui m'arrivait, mais je n'arrêtais pas de penser à elle. Elle m'obsédait. Je ne pensais qu'à ma tête entre ses jambes et mes mains sur ses seins. Jamais je n'avais ressenti ça avant. Lorsque j'avais épousé Perdicus, je savais que je me leurrais. Mes sentiments pour lui ne ressemblaient en rien à l'amour et à la passion que je ressentais pour Xena.

 Cette nuit-là, dans son lit, je l'imaginais en train de me faire l'amour, suçant mes mamelons tout en caressant mon sexe de ses longs doigts vigoureux. Mon sexe brûlait entre mes jambes, il souffrait d'un contact et dégoulinait de désir sur les draps. J'avais un désespérant besoin. j'utilisai donc ma main pour me stimuler jusqu'à l'orgasme. Ca ne prit pas longtemps. Ca n'arrivait jamais quand je fantasmais sur Xena. Alors, je pus enfin m'endormir.

 parchemin De Horkenus


 Nous savions tous qu'elle se dirigeait vers notre village, mais que pouvions-nous y faire?  Absolument rien.  Nous savions que rien ne pouvait l'arrêter. Nous avions entendu qu'elle se trouvait près du village, tuant chaque être vivants et brûlant les huttes. C'était une question de temps avant qu'elle ne prenne le nôtre, ce qu'elle fit. Je la vis galoper frénétiquement sur son cheval, hurlant son cri de guerre, du sang sur la figure et,dans ses yeux bleus froids, la mort.

 J'écris ces derniers mots, car Xena m'a pris ma raison de vivre. Elle a décapité ma femme et mes trois enfants juste devant moi, sans autre raison autre que le plaisir qu'elle en éprouvait. Ensuite, elle a brûlé notre maison et abattu les animaux, même notre chien. Jamais de ma vie je n'ai vu un monstre aussi cruel et sans âme sous forme humaine.

Rien n'est plus important maintenant, de toute façon ... Dans quelques instants je me suiciderai et serai libre, libre de rejoindre ma famille aux champs Elysées.
 Quant à Xena, puissent les dieux lui donner des remords...

 Parchemin de l'Amazone  (Écrit par la Reine Gabrielle)

 Je suis arrivée au village des Amazones à la tombée de la nuit, après deux jours de voyage à cheval.  Xena n'a pas laissé un seul cheval vivant à Amphipolis excepté celui de sa mère. Cyrène me l'a donné.
Arrivée en terre amazone, j'ai imité le cri d'un oiseau et deux éclaireurs ont sauté des arbres pour s'agenouiller à mes pieds et se prosterner.

 "Relevez-vous" leur ordonnais-je. Elles se redressèrent.
 "Ma reine, tu es vivante!"  s’exclama Messelina.
 "Oui. Xena et moi avons été ressuscitées par Eli."
 "Je suis si heureuse ma reine, et honorée par ta présence"
 "Merci Messelina. C'est un plaisir d'être ici. Comment vas-tu?" 
 "Je vais bien, ma reine. Je suis sûre que ton voyage s'est bien passé ... d'ailleurs, ma reine, où est Xena?"
 "C'est une longue histoire et je n'ai pas le temps. Xena n'est pas avec moi. Amène-moi à Chilapa, la remplaçante" dis-je sévèrement.  Elle m’obéit aussitôt. Je montai sur son cheval et elle grimpa derrière une autre Amazone avant de partir au galop vers le village.

 A notre arrivée, toutes les Amazones présentes s'agenouillèrent et baissèrent la tête comme Messelina, je me rendis dans la hutte de la reine. Chilapa était debout, surprise de me voir, me croyant morte. Le choc surmonté, elle s'agenouilla à mes pieds et inclina la tête.

 "C’est si bon de te voir, ma reine"
 "Je suis très heureuse de te voir aussi, Chilapa. Toutefois, j'ai de très urgentes questions à débattre avec toi, alors assez avec les formalités, asseyons-nous et parlons".

Je savais que j'avais l'air autoritaire mais je n'avais pas le choix, il fallait faire vite car Xena était rapide.
 Nous tirâmes deux chaises pour nous asseoir face à face.

 "Maintenant, écoute très attentivement, Chilapa. Eli nous a ressuscitées Xena et moi après que César nous a exécutées. Quand on s'est réveillées, Eli avait déjà disparu. J'ai remarqué que quelque chose n'allait pas chez Xena. Elle n'avait pas l'air de me reconnaître, elle m’a abandonnée et est partie avec Argo. Je suis allée à Amphipolis tout raconter à la mère de Xena et j'ai découvert qu'elle m'avait devancée et tout brûlé. Cyrène est la seule survivante. Elle m'a dit avoir découvert que Xena n’avait plus de mémoire, elle ne sait pas qui je suis et croit être un chef de guerre" 

 "Oh Dieux" fut tout ce que Chilapa put prononcer.
 "Je suis revenue parce que Xena doit être arrêtée. Et j'ai l'intention de le faire ou de mourir en essayant."
 A ces derniers mots, deux éclaireuses entrèrent dans la hutte et s'agenouillèrent devant moi. A l'expression de leur visage, je compris qu’elles avaient de mauvaises nouvelles.
 "Parlez" ordonnai-je.
 "Ma reine, nous avons appris que Xena était vivante et qu'elle se dirigeait vers Britannia. Elle a déjà rassemblé une armée d'assassins. Elle anéantit chaque village qui se trouve sur son chemin, tuant tout le monde, sans exception." 
 "Je te remercie, laisse-nous maintenant"
 " Je prends le commandement, Chilapa. Je suis la reine."
 "Oui ma reine"
Avant de quitter la hutte de la Reine, Chilapa fit demi-tour et me regarda. "Ai-je l'autorisation de parler librement ma reine ?"
 "Permission accordée"

 "Tu vas bien Gabrielle?" Elle me parlait doucement, me fixant de ses chaleureux yeux bruns.
 "Non, Chilapa. J'ai l'impression d'avoir tout perdu. Je me sens vide. Tout est allé si vite que je n'ai pas eu le temps de vraiment comprendre ce qui se passait. Je me sens perdue. Je me sens morte ". 
Je ne pus retenir mes larmes plus longtemps et, silencieusement, elles coulèrent sur mes joues. Chilapa s'agenouilla devant moi et me serra dans ses bras.
 "Je sais combien elle comptait pour toi. Je sais que tu l’aimais. Je suis vraiment désolée Gabrielle. Je ne sais pas quoi dire"

 "Arrête!" criai-je en desserrant son étreinte.  "Arrête de parler d’elle au passé. Elle représente tout pour moi et je l'aime toujours de tout mon coeur et de toute mon âme."
 "Je suis désolée Gabrielle" Elle baissa la tête en évitant mon regard.
 "Je suis aussi désolée de t'avoir parlé de la sorte Chilapa. Il s'est passé tant de choses, si vite, je ne me rends pas encore vraiment compte. Elle me manque terriblement. Je n’arrête pas de penser à elle, de m’inquiéter pour elle. Mon cœur est au bord d'exploser "

Je fixais le sol. Je ne voulais pas pleurer, mais c’était plus fort que moi.  Chilapa m'attira dans ses bras et caressa mes cheveux de façon apaisante, tout en chuchotant.

 "Je sais, Gabrielle, je sais."
 "Ces derniers jours... sais-tu quand je me suis sentie heureuse, et quand mon cœur s'est arrêté de battre?" 
 "Quand?"
 "Tu sais, quand on se réveille le matin un peu endormie, qu’on ne se rappelle plus quel jour on est ni où on se trouve?"
 "Oui"
 "Quand je ne suis pas complètement réveillée, je suis heureuse un bref instant parce que je ne me souviens plus que j’ai perdu Xena." 
 Chilapa prit mon visage dans ses mains et essuya les larmes de mes joues.
 "Tout ira bien, tu verras", m'assura-t-elle.
 Après un moment, je me remis debout.  Mes larmes se tarirent.
 "A propos de demain ..."  Commençai-je.
 "Avant tout, Gabrielle, je t’encourage à manger quelque chose et à prendre un bain"
 "Je sens mauvais?"  lui demandai-je avec malice.
 "Non Gabrielle ... je pense juste que tu te sentiras mieux"
 "Ca va juste me faire penser que j'aimerais que Xena soit là avec moi, dans la baignoire"

Je souris brièvement en me remémorant nos fréquentes bagarres dans l'eau; puis un air tourmenté prit la relève.
 Après avoir mangé et m’être lavée, Chilapa retourna dans la hutte royale et me demanda mes plans pour le lendemain.

 "Xena se dirige vers Britannia, elle va détruire tous les villages sur son chemin, ce qui paradoxalement est bon pour nous, car ça nous fera gagner du temps. Je veux arriver à Britannia avant elle pour prévenir la Reine Bodesea et étudier la forteresse. Si elle perd son combat contre Xena, ce qui arrivera certainement, je tuerai Xena une fois qu'elle sera installée dans le palais de la Reine. "
 "Comment sais-tu qu’elle va s'installer dans la forteresse de la Reine Bodesea?"  demanda Chilapa.
 "Je la connais, c'est un truc de pouvoir et de contrôle chez elle. Elle ne se privera pas du plaisir de conquérir"
 "La reine va perdre. Xena gagne en force après chaque village vaincu. Son armée va s'agrandir et se renforcer avec le temps en arrivant en Britannie".
 "Je suis d'accord. De quoi as-tu besoin, ma reine?"
 "Je vais avoir besoin de sais et d'une bouteille de "nuit d'Espagne", c'est un poison ...."  
Chilapa m'interrompit: "Mortel".

 Après un silence, elle me demanda: "Alors, tu vas ... vraiment la tuer?"

 Je sentis tout l'air de mes poumons abandonner mon corps et mon sang battre dans mes oreilles.
 "Je vais d’abord parler au guérisseur, voir s'il existe un moyen fiable de lui rendre la mémoire, je vais essayer... sinon, je devrai l'arrêter même si ... cela signifie la tuer... je ne peux pas la laisser prendre plus de vies." 

Mes jambes tremblaient et je dus m’asseoir sur le bord du lit un instant avant de remarquer Chilapa toujours debout dans la pièce.
 "Il y a autre chose. Je ne peux pas le faire seule, je vais avoir besoin d'aide."
 " L'armée Amazone est à ta disposition, dit immédiatement Chilapa.
 "Non, je ne veux pas que mes Amazones meurent ... si elles essayent d'arrêter Xena et son armée, elles mourront. On doit faire simple, et avec discrétion. On doit l'empoisonner, d'une manière ou d'une autre. C'est la seule manière. Mais comme je viens de te le dire, je ne peux pas le faire seule, j’ai besoin de l'aide des deux meilleures guerrieres. "
 "Je vois."
 "Je sais que c'est beaucoup demander Chilapa, mais j'ai besoin de ton aide et de celle de Messelina"
 "Comme tu veux, ma reine"
 "Merci."  Je me levai et allai à la fenêtre regarder la nuit tomber sur le village.
 "Une dernière chose, Chilapa."  Elle se retourna vers moi.
 "J'ai peur de dormir seule ce soir. Serais-tu assez gentille pour rester avec moi dans la hutte royale cette nuit... tu n'es pas obligée si ..."
 "Ce serait un honneur."
 "Oh, et cesse de m'appeler "reine", du moins lorsque nous sommes entre nous, tu es mon amie."
 "Comme tu veux Gabrielle" répliqua-t-elle avec un sourire.

 Avant d'aller me coucher, j'allais voir la guérisseuse Amazone. Elle avait de mauvaises nouvelles pour moi, qui me déchirèrent le coeur en mille morceaux. Elle m'expliqua que, vu le temps écoulé depuis que Xena et moi avions ressuscité, si Xena n'avait pas récupéré sa mémoire, les chances pour qu'elle se souvienne de ces années perdues étaient plus qu'infimes.

 De retour dans la hutte royale, Chilapa et moi nous préparâmes à aller nous coucher. Elle prit deux couvertures, en étala une sur le sol et l'autre pour se couvrir et s'endormit immédiatement. De mon côté, je me tournai et me retournai une partie de la nuit. Je me rendais compte des risques que j'avais de tuer Xena.
                                                                                     ********

 Aux premières lueurs du jour, nous nous réveillâmes. Chilapa sortit pour trouver deux sais ainsi que mon petit déjeuner. Je me lavai le visage à l'eau froide et m'habillai: un soutien-gorge d’amazone en cuir brun, une jupe brune et des bottes en cuir de la même couleur. Chilapa revint avec un peu de nourriture et mes sais. Messelina, Chilapa et moi nous asseyâmes et mangeâmes.

 "D'après nos éclaireuses, Xena est à Molonius. Ce qui signifie qu'il lui faudra environ trois jours pour se rendre à Britannia plus deux jours pour la conquérir, surtout si elle continue d'attaquer les villages sur sa route."
 Messelina acquiesça et mit un autre morceau de pain dans sa bouche.

 "Nous devons y aller et prévenir la Reine Bodesea avant qu'elle n’arrive" dis-je.
 "Si nous partons maintenant, nous arriverons à Britannia dans quatre jours et demi."  estima Chilapa.
 "Ce n'est pas assez rapide. Nous devons y arriver dans les trois jours! Je ne vois pas d'autre choix que de nous rendre à Britannia par la mer."  Je devins nauséeuse rien qu'en m'entendant prononcer ces mots.  Je savais que ce ne serait pas facile mais ça devait être supportable puisque Xena m'avait appris les points de pression.

 "C’est réglé. Nous irons à cheval au port et trouverons un bateau qui nous emmenera à Britannia."  conclut Chilapa en buvant la dernière goutte de lait de chèvres de son gobelet.

 Nous arrivâmes au port à midi et prîmes un bateau en direction de Britannia.

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 Bells and footfalls and soldiers and dolls...
Brothers and lovers she and I were..."
Tori Amos

Parchemin de Gabrielle

 Une fois à bord, j'eus envie de vomir. Alors, je fis les points de pression sur mon poignet, là où Xena m'avait montrée, et les nausées disparurent. Je descendis sur le pont et entrai dans ma cabine. C'était juste avant la tombée de la nuit. Je posai ma tête sur le matelas et fermai les yeux. L'odeur de l'océan, le bruit des vagues, le tangage du navire, même les craquements des parois en bois du bateau, tout me ramenait dans le passé, au temps où Xena et moi nous trouvions sur le navire d’Ulysse, en route vers Ithaque. Je me revoyais en face de Xena dans sa cabine, lui expliquant que j'allais retourner chez les Amazones après avoir sauvé Ulysse. Je l'avais entendue lui parler, lui murmurer des mots d'amour qui auraient dû m'être destinés. La douleur me fit souffrir au-delà des mots. Je savais alors qu'elle ne m'appartiendrait jamais comme je le désirais, et que je devais donc la quitter. Rester avec elle était devenu insupportablement douloureux.

Puis Xena, sans dire un mot, m'embrassa. Je ne comprenait pas sa réaction. Au début, j'ai cru que c'était peut-être sa façon de me dire au revoir. Quand elle se recula, je vis des larmes dans le coin de ses magnifiques yeux bleus et un merveilleux sourire.

 "Je le sentais sans être vraiment sûre, jusqu'à maintenant".  Elle était surexcitée mais tentait de respirer normalement, sans grand succès.
 "De quoi tu parles Xena? ...je t'ai dit que je te quittais. Tu n'as pas entendu?" 

J'étais bouleversée. J'étais là à lui dire que je la quittais et tout ce qu'elle trouvait à faire, c'était m'embrasser?
 "Tu es amoureuse de moi, n'est-ce pas Gabrielle?"  demanda-t-elle d’une voix rauque.  "Je le sais, ne nie pas. Tu es jalouse d'Ulysse, hein? Donc, mon petit plan a marché ... " Rit-elle.
 "Qu'est-ce que tu veux dire par ton "petit plan? "Je perdais mon sang-froid, défaite et en colère. J'avais décidé d'être forte et de ne rien dire de mon amour jusqu'à ce qu'elle en parle la première.
 "Je savais que tu ne dormais pas quand j’ai dit ces mots d'amour à Ulysse. Je savais, à ta respiration, que tu étais réveillée. C'est pourquoi je les ai dits. Si tu réagissais, ça voulait dire que tu étais jalouse, donc que tu es amoureuse de moi ... "  elle me serra de nouveau dans ses bras.

 "Pourquoi as-tu fait ça Xena? Pourquoi est-ce si important pour toi de savoir si je suis amoureuse de toi?" Je croyais être plus maligne qu'elle, je ne pensais pas que ça allait marcher.
 "Parce que je suis amoureuse de toi Gabrielle." Chuchota-t-elle à mon oreille. Je ne pus garder les yeux ouverts. Mes jambes ne me tenaient plus et je m’entendis pleurer. Je n'en croyais pas mes oreilles.
 "Dis-le encore." lui demandai-je entre deux sanglots.
 "Je t'aime, Gabrielle."  Et elle m’embrassa le cou de ses lèvres ... si douces, si chaudes. Je dus jeter mes bras autour d'elle pour ne pas m'effondrer.

 "Encore." La suppliai-je. Elle obéit et recula. Ses yeux bleus océan me fixèrent et elle répéta: "Je t'aime, Gabrielle."  Puis elle se pencha et caressa légèrement mes lèvres. Mon désir augmenta.  J'avais besoin qu'elle me donne plus, alors je me mis sur la pointe des pieds, pris sa nuque et l'attirai plus près de moi. Je l'embrassai profondément et passionnément. Ma langue exigea d'entrer, léchant désespérément ses lèvres. Elle ouvrit la bouche pour laisser à ma langue la liberté d'entrer plus loin. Elle prit mon visage en coupe entre ses mains, m'attirant plus près encore.  Ma bouche était grande ouverte, tout comme la sienne. Nos langues se battaient pour prendre le dessus et garder le contact. Mes poumons manquaient d'air, et j'arrêtais la première pour respirer. Tout en essayant de récupérer, je suppliai Xena de me le répéter. Inutile de dire qu'elle s'exécuta aussitôt, désireuse de me convaincre.

 Xena se desserra de mon étreinte. Elle pleurait. Elle alla verrouiller la porte et j'enlevai rapidement mes vêtements avant de m'allonger sur le lit.  Mon dos se cala sur les oreillers dans une position semie-assise. Je levai mes genoux et écartai mes jambes.  Mon désir ne connaissait aucune honte.
 Quand elle se retourna, elle vit mon corps nu et prit son temps pour le regarder, l'étudier. Je décidais de ne pas me jeter sur elle alors même que je désirais violemment sentir son corps nu sur le mien.  Après quelques instants, elle leva ses yeux de ma nudité pour répondre à mon regard. Dans mes yeux verts, elle lut le désir brut, sauvage et inimaginable que je ressentais pour elle. J’écartais les bras pour l'inviter en disant d'une voix basse et rauque:  "Entre en moi, ma championne".

 Elle ne sourit pas mais me jeta un regard que je ne lui avais jamais vu avant. Son désir m'excitait et faisait bouillir mon sang.  Elle se débattit avec ses cuirs et son armure, mais les enleva en un rien de temps. Elle se retrouva debout, nue, devant moi. Mon cœur battait la chamade et une chaude moiteur s'écoula de mon sexe.

 Plus elle s'approchait, plus elle frissonnait. Elle se trouva enfin juste devant moi et se positionna au-dessus. Je l'accueillis par une étreinte. Nous gémîmes à l'unisson au contact et restâmes ainsi un moment. Mais bientôt la passion nous dépassa. Ses lèvres se réunirent aux miennes. D’abord délicat, le baiser se fit plus profond, rude, presque violent. Nous sucions, léchions et mordions nos lèvres, nos langues tentaient désespérément de s’entre-dévorer. Nous nous battions pour avoir le dessus, pour le droit de nous donner du plaisir et de l'amour. Finalement, elle gagna la bataille et se retrouva allongée sur moi. J'aimais la sensation de son poids.  Elle se détacha et se pencha, son visage souillé de larmes et je vis dans ses yeux un immense amour et toute la passion qu'elle ressentait pour moi.
 "Dis-le encore."  la suppliai-je.

 "Je t'aime, Gabrielle, Je t'aime plus que la vie. Mon cœur me fait mal de t’aimer. Je t’aime depuis si longtemps. Je ne pensais pas que tu aurais compris si je te l'avais dit. Je ne pouvais pas te perdre. J'ai rêvé de te faire l'amour d'innombrables fois, prendre ton corps par tous les moyens imaginables, te faire crier mon nom de bonheur. Mon amour et mon désir pour toi n’ont pas de limites. Je t’aimerai toujours " dit-elle doucement, avec sincérité. Ma belle championne, soupirai-je.

 "Je t'aime aussi Xena, mais je n’en peux plus. Montre-moi. Montre-moi à quel point tu m'aimes." 
Ma voix faisait transparaître mon impatience. Toutes les cellules de mon corps se languissaient de son désir et de son bon-vouloir.  Mes mamelons étaient déjà durs et mon sexe mouillé et palpitant.  "Montre-moi " je criais presque. "Fais-moi crier ton nom."

Et elle me montra.

Xena se rendait bien compte qu'elle ne pouvait pas me priver plus longtemps. Sans caresses ni titillements, elle remplit sa bouche de mon sein gauche, suça mon mamelon et fit tourner sa langue autour.  Mes mamelons se dressèrent. J’étais de plus en plus mouillée et je commençais à frotter mon sexe contre sa cuissse.  J'avais besoin d’être soulagée autant que de respirer. C’était devenu une nécessité. Xena était à l'écoute de mon corps et elle plongea trois longs doigts dans mon sexe trempé. Je hurlais de plaisir pendant qu'elle s'activait en moi. Puis je sentis ses lèvres abandonner mes seins et descendre le long de mon corps, embrassant avec impatience mon ventre et mes hanches. Je savais où elle voulait aller. J'attrapai ses cheveux noirs et forçai sa tête sur mon clitoris gonflé et glissant, écartant encore plus les jambes pour lui donner un meilleur accès. Alors que sa main droite était en moi, la gauche écarta mes replis pour lui fournir un meilleur accès. Je criai en sentant ses lèvres et sa langue sur moi. Je me cambrai, mes hanches se soulevant pour plus de pression.  Elle le suça et le lécha fort et vite.  Je commençais à trouver un bon rythme.

 "Donne-moi tout, Xena ... Ne t’arrête pas ... Donne-moi tout ... comme ça ..." 
 Elle but tout le jus que je lui offrais avec avidité et impatience. Voir sa tête entre mes jambes me rendait folle.  Elle me possèdait, me consommait, mes lèvres me brûlaient, sa langue humide et chaude se perdait dans mes replis et ses dents mordaient mon clitoris. Puis ça s'accéléra, des vagues de plaisir enveloppaient mon sexe et je fermai les yeux à mesure que j'approchais des sommets. Xena le sentit et suça mon clitoris plus fort, c’est tout ce qu'il me fallut pour atteindre l'orgasme, le plus fort jamais eu. En jouissant, je criais son nom de toute mes forces.  Xena surfa sur la vague avec moi.  Mon corps devint mou et mes jambes ne me répondèrent plus, le coeur battant à tout rompre, je suffoquais.  Mon orifice aspirait maintenant ses doigts. Je gardais les yeux bien ouverts, voulant la regarder.

 Xena se mit à genoux. Tout comme moi, elle était trempée de sueur. J'adorais son apparence: cheveux mouillés, corps humide, une expression de contentement sur la figure.  Elle ne jouit pas en même temps que moi cette fois. Elle me désirait encore. Malgré mes protestations, elle se retira et se pénétra elle-même de ses doigts luisants.  Elle croyait sûrement que je n'avais plus la force de lui donner du plaisir. Mais, comme si je n'avais pas joui quelques instants plus tôt, je sentis de nouvelles gouttes d'excitation s'échapper de mon sexe et une foudroyante énergie me traverser. La voir se donner du plaisir, se frotter contre ses doigts ... fut la chose la plus érotique que j'avais jamais vue. Je me mis à genoux devant elle.

 D'un rapide mouvement, je lui attrapais le poignet et éloignais ses doigts.  "A partir de maintenant, je suis la seule à te satisfaire ... tu n'es plus autorisée à te donner du plaisir:" lui sifflais-je. J'approchais ses doigts luisants de ma bouche. Son parfum me rendait folle de passion. D'un geste très lent, mes yeux brûlants de fièvre dans les siens, je mis ses doigts dans ma bouche. Un goût doux et sensuel. Je léchais et suçais ses doigts. Elle gémissait de plaisir, et je grognais de désir.

 Mes doigts s'installèrent rapidement sur le merveilleux clitoris de Xena. Je n'en revenais pas qu'elle soit si mouillée. Il  gonflait sous mes caresses. Je pris son mamelon dans ma bouche pour le pétrir, et il durcit dans ma bouche affamée. Je le léchais et le tétais. Je la sentais fondre dans mes bras, et en profitais  pour caresser le bas de son dos de mon autre main, massant la chair tendre alorqs qu'elle s’accrochait à mes épaules. Elle me souffla à l'oreille "N'arrête pas de me toucher, mon amour. J'ai besoin que tu me fasses l'amour."  Sa voix, ses mots, me faisaient tressaillir.

 Je chevauchais sa cuisse et me frottais à elle. J'avais besoin de jouir encore mais pas avant d'avoir satisfait ma Xena. J'avais besoin de la sentir et de la goûter.
Cette fois, avec son sexe, pour lui donner du plaisir et voir son orgasme. Ses hanches bougeaient contre mes doigts. Elle frémissait légèrement et je compris qu'elle était au bord, mais je ne voulais pas qu’elle vienne. Pas encore.

 Cruellement, je retirais mes doigts de son clitoris, et avant qu’elle puisse protester, je mis ma tête entre ses cuisses.  Son odeur est la plus excitante chose que j'ai jamais connue. Son goût est plus doux que celui du miel. Un aphrodisiaque. Je léchais son clitoris dressé et levais les yeux vers elle. Ses paupières étaient lourdes de désir et elle gémissait désespérément, comme un animal ...  elle me mettait le feu.

 "Donne-toi à ma bouche, Xena" la suppliai-je, et elle s’appuya très fort contre ma bouche et ma langue. Ses gémissements et ses cris me ravissaient.  "Plus." Exigeait-t-elle. "Plus."

 Je lui donnais plus, et son clitoris se frotta contre ma langue affamée, son nectar gouttant sur mon menton et dans ma bouche.  Quand elle fut au bord de l’orgasme, je la pénétrai de trois doigts et pompai fort, caressant sa chair à l'intérieur pour lui donner le plus de frottement possible.
 Elle attrapa la colonne du lit et se mit à cheval sur mon visage. Je la sentis se raidir et je compris qu'elle venait. Quand elle jouit, elle cria mon nom, une douce musique à mes oreilles.  Elle s'effondra sur moi et son corps trembla un moment. Nous roulâmes ensemble sur le lit et je me retrouvai au-dessus d'elle. Je parcourus son corps de ma bouche et atteignis de nouveau son sexe.

 Après l'avoir entièrement léchée, ne voulant pas perdre une goutte de son plaisir, mes doigts se retirèrent, mais elle attrapa mon poignet.
 "Reste en moi, j’adore te sentir en moi." murmura-t-elle. J’étais aux anges et j'obéis.
Couchée sur le côté, elle me faisait face. Sans dire un mot, je me blottis contre elle et elle caressa doucement mon visage en sueur, mes doigts toujours en elle.
 "Redis-le moi, Xena, encore une fois, s’il te plaît." 
 "Je t'aime, mon ange." dit-elle en souriant.  Je me positionnai au-dessus d'elle, ses seins contre les miens.
 "J’ai encore envie" lui chuchotais-je à l'oreille avant de la lécher.
 "Moi aussi". 
 Aussitôt dit, aussitôt fait. Je me retrouvais sur le dos, Xena au-dessus de moi, ses jambes entre les miennes.

 Nous fîmes l'amour pendant cinq longues marques de bougie. La passion ne retomba jamais jusqu'à ce que nos corps retombent, épuisés. Xena me berça dans ses bras comme un enfant.  Elle caressait doucement mon visage de sa main libre. Nous nous murmurions des mots d'amour, nous jurions de  ne jamais nous quitter. C'était le plus beau jour de ma vie.

 Je revois la tête d’Ulysse quand Xena déverrouilla la porte de la cabine.  Xena et moi étions décentes, mais les draps du lit, l'odeur de nos sexes, de notre passion, de notre sueur, et l'expression sur nos figures, ne laissaient aucune place à l'imagination ...  il comprit que nous avions fait l'amour mais ne dit pas un mot.

 Depuis cette nuit-là, Xena et moi fûmes amantes. Nous n'avions pas peur de nous dire ce que nous ressentions.  L'amour que nous avions l'une pour l'autre était intense, quant à la passion ... eh bien ... de tous les jours qui suivirent notre première nuit d’amour, pas un ne passa sans que nous ne fassions l'amour au moins une fois. Parfois, nous avions tellement envie l'une de l'autre que nous ne pouvions attendre la nuit. Nous trouvions un endroit isolé dans les bois et nous nous donnions du plaisir, parfois même sans nous déshabiller.

 Généralement, nous faisions l'amour lentement, tout en douceur, mais parfois nous le faisions vite, avec force et brutalité. Nous faisions l'amour de toutes les façons possibles. Peu importe comment nous le faisions, chaque fois, je lui disais les mots que je lui avais dit la première fois, les mots qui l'invitaient dans mon corps et mon âme: "Entre en moi, ma Championne."  Et elle le faisait toujours.
 Chaque nuit, après de longues marques de bougies de passion et d'amour, elle me faisait des calins, mon corps enveloppé par la chaleur de son amour.

                                                                      ********

 Un coup à la porte me ramena à la réalité.  "Entrez"
 La porte s'ouvrit sur Chilapa.

 "Le capitaine dit que la mer est calme et qu'aucune tempête n'est prévue. Nous arriverons donc à Britannia dans deux jours à partir d'aujourd'hui" 
 "Merci Chilapa," elle semblait agitée et je vis que quelque chose la turlupinait.
 "Qu'est-ce qui ne va pas?" 
 "Oh, ce n'est rien, vraiment" dit-elle d’un ton peu convaincant.
 "As-tu peur que Xena réussisse à nous capturer?" 
 "Eh bien ... oui" Je n'étais pas sûre de moi mais décidai de laisser passer. Elle viendrait à moi quand elle serait prête.
 Cette nuit-là, Chilapa passa la nuit dans ma cabine.

 Le lendemain, dans l'après-midi, Chilapa entra dans ma cabine. Je m’assis sur une chaise.
 "Ecoute" commençai-je.  "J'ai peur, moi aussi, que Xena nous attrape, mais nous n’avons pas le choix"
 "Je sais"
 "Eh bien, y a t-il autre chose?" insistai-je.
 "Oui, Gabrielle, il y a ... mais je doute fort que ce soit le bon moment pour en parler."
 "Laisse-moi en être juge."
 Elle fixa ses bottes.
 "Eh bien" finit-elle par dire.  "C’est au sujet de mes sentiments"
 "Et alors? Quels sentiments?"
 "Mes sentiments envers toi, Gabrielle." continua-t-elle en fixant toujours ses bottes.
 "Quels sentiments envers moi Chilapa? De quoi parles-tu?"  Ca ne m’avait pas encore frappée.
 "Eh bien, j'imagine que je dois te le dire. Je suis amoureuse de toi Gabrielle. Ca fait longtemps maintenant. Tu es une femme incroyable. Je n'ai jamais rien dit parce qu’avant, toi et Xena étiez amantes."  Elle se tut.
 J'étais stupéfaite devant cet aveu. Vraiment, je n'en avais aucune idée. Je savais maintenant où elle voulait en venir, mais je devais en être sûre.
 "Continue"
 "La guérisseuse dit il n'y a pratiquement aucune chance pour que Xena retrouve la mémoire."  Elle se tut de nouveau, vérifiant que je la suivais bien.
 "Et tu penses que, puisque Xena est hors circuit, toi et moi pourrions peut-être devenir amantes?"  Dis-je en me levant, fixant mes yeux dans les siens.

 "Ce n'est pas ce que je voulais dire. Je sais qu'il te faudra du temps pour m'aimer. Je sais que tu as mal en ce moment et qu’elle te manque. Mais je suis là pour te réconforter, faire en sorte que cette perte soit plus facile à gérer. Et peut-être qu’avec le temps, tu m'aimeras. "

  J'aperçus son amour pour moi dans ses yeux. Elle me suppliait presque de lui ouvrir mon coeur et de la laisser entrer. Xena me manquait affreusement.  Parfois, j'avais l'impression de perdre la tête. C'était comme si je n'avais plus envie de vivre, attendant chaque jour qu'Hadès m'arrache à ma souffrance. Xena avait laissé un vide abyssal en moi. Je ne comprenais rien, et personne ne pouvait combler ce vide. Personne ne pourrait... personne. Je ne pouvais donc pas induire Chilapa en erreur. Je ne devais pas lui laisser croire qu'il y avait une chance.

 "Je suis vraiment désolée Chilapa, mais je ne peux pas être avec toi. Je n'ai rien à t’offrir. Tout ce que j'aurais à donner ne m'appartient pas, c'est à elle... Ca l'a toujours été et le sera toujours .. . tu vois? "
 "Non, je ne vois pas Gabrielle."  A la peur que j'entendis dans sa voix, et aux larmes que je vis dans ses yeux, je sus qu'elle avait compris. Mais j'avais besoin d'être plus claire. Je savais que je lui faisais mal mal et ça me déchirait, mais pour son bien, je lui dis:  "Mon esprit, mon cœur et mon âme appartiennent à Xena." 

Des larmes coulaient sur ses joues.
 "Et ton corps?" Je l'entendis à peine. J'avais mal pour elle. J'ouvris mes bras et la serrai fort.
 "Tu n'en voudrais pas, je t’assure, lui répondis-je, le cœur en miette.
 "Je prendrai tout ce que tu es prête à donner ... Xena peut nous tuer très bientôt ... je ne veux pas mourir sans t'avoir sentie."  Chilapa pleurait.

 "Chilapa, mon désir, mon feu et ma passion sont aussi pour elle. Si nous couchons ensemble, tu sais que le résultat ne viendra pas de toi, mais d'elle. C'est elle que j’aurai en tête, son corps à qui je me donnerai et son nom que je crierai - pas le tien ... De toute façon, je ne veux personne d'autre qu'elle ... tu vois, mon corps lui appartient".

Chilapa s’arracha de mon étreinte et s’enfuit de ma cabine en pleurant. Je m'en voulais de ce foutoir. Peut-être n'aurais-je pas dû lui demander de dormir dans la même pièce que moi. Mais je n'avais rien pressenti.

 Le lendemain, Chilapa fut très solennelle avec moi. Elle m'appela de nouveau "ma reine" et j'en fus attristée.  Je savais qu'elle ferait tout ce que je lui demanderais parce que j'étais sa reine et non plus son amie. J’avais perdu mon amie.
 Durant le petit déjeuner, Chilapa, Messelina et moi, nous assîmes et mangeâmes ensemble.
 "Dans à peu près trois marques de bougie, nous serons à Britannia, ma reine."  dit Messelina.
 "Une fois arrivées, nous irons voir la Reine Bodesea pour la prévenir, et nous lui demanderons la permission de rester auprès d'elle. Cela nous donnera l'occasion d'étudier sa forteresse de manière approfondie. Mieux nous la connaitrons, plus facile sera l'assassinat." Dis-je.

Blood roses, blood roses...
I wanna suck you deep,
Sometimes you’re nothing but meat -
Tori Amos

Journal de la reine de Britannia (Écrit par la reine Xena)

 J’écris ce journal parce que je veux que le monde entier connaisse mon nom.  Je veux qu'il craigne et redoute mon nom. Je vais faire l'histoire et je l'écrirai. En plus, je me suis aperçue que je souffre de trous de mémoire. Près de dix ans effacés de ma mémoire. Je ne trouve personne pour me raconter ce qui m'est arrivé au cours de ces dix dernières années. Donc, pour que cela ne se reproduise pas, j'ai décidé, à partir de maintenant, d'écrire tout ce qui m’arrive.

 Je suis arrivée à Britannia deux jours plus tôt que prévu. J'ai décidé de ne pas piller les petits villages sur le chemin.  C’est une perte de temps. Les villages sont petits et pauvres et me craignent déjà. Alors, j'ai pensé que me rendre directement à Britannia serait plus sage, stratégiquement parlant. Deux espions envoyés là-bas quatre jours plus tôt, m'ont informée que l'armée de Bodesea était ridicule et avait le moral à zéro. Ils m'ont donné tous les détails dont j'avais besoin, le nombre, les positions, la carte des armes. J'ai emmené un quart de mon armée seulement pour bouger plus rapidement. Je savais que ce serait assez pour vaincre l'armée de Bodesea, et j'avais raison. J'ai ordonné à mon armée d’attendre trois marques de bougie avant d'attaquer Britannia.

Il ne me fallut que trois marques de bougie pour atteindre la forteresse de Bodesea. Je voulais y aller pour la tuer. Je savais l'affection qu'avait son armée pour elle, j'avais donc besoin de quelque chose pour briser leur esprit de compétition, casser leur moral. Je savais aussi qu'un corps ne fonctionne pas sans tête.  Après avoir tué les gardes sur mon chemin, je fis irruption dans la pièce principale de la forteresse où se trouvait Bodesea. Je fus surprise de la voir discuter avec cette Gabrielle. Je dégainai mon épée et  Bodesea fit de même. Nos lames se croisèrent avec tant de vigueur qu'on pouvait voir jaillir des étincelles. Toutefois, elle était bien trop faible et le duel se termina peu après avoir commencé.

 Après avoir retiré mon épée du corps de Bodesea, je regardai Gabrielle. Elle tomba à genoux, baissa la tête et leva les mains comme pour me proposer de les attacher. J'appréciais de la voir à genoux devant moi, car c’était une Amazone (je le voyais à ses vêtements) et elles capitulaient rarement. Je dois admettre que cela me parut suspect.

 "Gabrielle, n'est-ce pas?"  Dis-je d'un ton suffisant.
 "Oui, Altesse." 
 "Alors ... Une Amazone, rien que ça... Donne-moi une bonne raison pour ne pas te tuer tout de suite".
 "Pas seulement une Amazone, mais la reine des Amazones, Altesse. Je peux t’être précieuse. Les Amazones feront tout pour sauver leur reine." 

J'hésitais encore, la tuer ou l’enfermer dans un des donjons?  Elle comprit mon hésitation et ajouta:  "Je te connais également depuis quatre ans et personne ne peut te parler de ces années dont tu n'as aucun souvenir, sauf moi".
 "Lève la tête."  Elle obéit. Je me mis à la scruter. Elle avait de beaux yeux émeraudes et de beaux traits. Un corps musclé, ferme et jeune ... De ravissants seins tout en rondeur -elle ne portait qu'un soutien-gorge d’Amazone en cuir sur sa peau blanche. Ce devait être une amante très douée et expérimentée...être reine des Amazones, elle avait probablement couché avec bon nombre d’entre elles... mmm ... jolie poulette, me suis-je dit.  Je me serais bien vue la baiser là maintenant. Hélas, j'avais toutes ces affaires de guerre à régler et Britannia à conquérir, et je devais rester concentrée.

 "Comment me connais-tu?"  Voulus-je savoir.
 "Nous voyagions ensemble."  
 "Je ne te crois pas. Qu'est-ce que je ferais à voyager avec une reine Amazone?" lui criai-je.
 "C'est vrai, nous étions amies."  Répondit-elle à voix basse, presque dans un murmure.
 "Tu mens, chienne, je sais que tu mens ... Je n'ai pas d'amis ... ... aachh ! rien que ce mot "ami"  me rend malade." 

D’un mouvement rapide, je me mis sur un genou en face d'elle, mon nez touchait presque le sien. J'attrapai son menton de deux doigts et appuyai si fort que je faillis lui briser la mâchoire. 

"Mens-moi et je te tue ... et attention, Gabrielle, car je le saurai, je sens les menteurs." sifflais-je en reniflant.
 "Je te jure que je ne mens pas, Altesse." 
Je n'arrivais pas à me décider sur le fait de la coire ou non, mais je savais avec certitude que je ne la tuerais pas ... pas avant d'en avoir fini avec elle, pas avant de lui avoir extirpé tous les plaisirs qu'elle pouvait me donner.

 "Dis-moi, Gabrielle, où sont les guerrières Amazones qui t'accompagnent?" Lui demandai-je en la lâchant pour me relever.
 "Il n'y en a pas, Altesse..."  Avant qu’elle ait terminé, je la giflai, fissurant la peau de ses lèvres. Le sang coula sur son menton et le long de son cou.
 "OU SONT-ELLES?"  Criais-je.
 "Nous sommes là." 

Deux Amazones entrèrent par une porte dérobée dans un mur tout ce qu'il y avait de normal. Elles ne virent absolument rien venir, mais je décapitais la blonde d'un rapide coup d'épée, Messelina, comme je l'appris plus tard. C'est fou les éclaboussures de sang que rejette un corps décapité. Son sang aspergea ma figure et mes vêtements. Je me léchais les lèvres pour goûter son sang. Rien ne vaut le goût de sang chaud, excepté la moiteur d'une femme. J'aimais bien tuer, et tuer une Amazone était de loin le meilleur assassinat. Je vis l'horreur dans les yeux de Gabrielle. Elle était tellement terrifiée qu'elle mouilla sa jupe, et forma une flaque d'urine à ses pieds. Je ne pus retenir un rire. 

La sombre Amazone, Chilapa, tenta d'attraper Gabrielle en courant, pensant que j'étais distraite  par la petite flaque. Quelle folle! Je pris mon fouet et lui encerclai les chevilles. Elle tomba en criant de douleur.
 À ce moment-là, un de mes hommes entra dans la pièce pour m'informer qu'on avait besoin de moi sur le champ de bataille. J'attrapai mes prisonnières Amazones et trouvai facilement le chemin des donjons. En descendant, les murs se firent plus sombres et plus humides… L'air était plus frais et moisi. Une faible lumière venait des torches accrochées aux murs, le feu dansait, moulant mon ombre sur les murs. Gabrielle pleurait comme un enfant. Je n'en revenais pas qu'elle fût la reine des Amazones.

 Quand nous arrivâmes finalement aux cellules du donjon, je jetai Gabrielle dans l'une d'elle et Chilapa dans une autre. Entre les deux, une porte aux barreaux de fer. Je décidai de les laisser se voir l'une l'autre et de pouvoir se parler afin de recueillir le plus d'informations possibles.  Dans la cellule de Gabrielle, il y avait un lit en forme d'autel, en pierre, avec des fers et des chaînes pour attacher les mains et les jambes. Je fis s'allonger Gabrielle et l'attachai. Une fois fait, je me penchai sur elle et lui chuchotai à l'oreille, "Chérie, s’il te plaît, attends-moi." 

Je vis la terreur emplir ses yeux et la chair de poule hérisser sa peau. Elle avait l'air pathétique, comme un enfant effrayé. J'éclatais de rire et quittais la cellule.

 De retour dans la salle principale, je pris mon épée et décapitai le corps de Bodesea. j’empalai sa tête sur une lance et la coinçai sur la porte de la forteresse. En quelques marques de bougie, mon armée, moi en tête, massacrâ la pauvre armée de Bodesea. Le trône m'appartenait.

 À minuit, je retournais à la forteresse, couverte de sang, de bouts de peau et de cervelle. Je demandais à la femme de chambre de me préparer un bain. Après quelques instants, un bain chaud fut prêt pour moi.  J’entrais, trempant mes douleurs musculaires dans l'eau savonneuse. Je lavais toutes les saletés de la guerre. Une fois terminé, j'appelais ma femme de chambre pour qu'elle m'aide à m'habiller.
 L'adrénaline coulant toujours dans mes veines, je décidais d'aller rendre visite à ma petite prisonnière blonde. Je demandais à ma servante de m'accompagner et de lui apporter un bac d'eau fraîche, du pain et du fromage.

 Nous descendîmes un escalier interminable avant d'enfin accéder enfin à la cellule.
 "Laisse la clé sur la porte et va-t-en." lui intimai-je. Elle obéit immédiatement et sortit.
Gabrielle dormait. J'étais à la fois déçue et heureuse. Déçue, parce que j'espérais qu'elle m’attendrait, et heureuse parce que maintenant, j'avais une bonne raison de la frapper.  Je levais la main et la giflais de toutes mes forces.

 "Debout, jolie poulette, debout!" criais-je en riant. Je la surplombais. Le coup sur sa tête fut violent, je fus même étonnée qu'elle ne se détache pas de ses épaules. Ses yeux s'ouvrirent en grand et elle me regarda avec terreur.
 "Tu dormais bien à ce que je vois..."  Je levais de nouveau mon bras et la giflais sur l'autre joue.
 "Réponds-moi quand je te parle." Grognais-je.  Son visage prit une couleur rougeâtre.
 "Eh bien, j’espère que tu apprécies ton séjour dans mon humble forteresse, Gabrielle, j'ai bien l'intention d'en profiter."  Elle se mit à pleurer.
 "Arrête de pleurer, jeune fille. Garde tes larmes pour quelqu'un qui aura pitié de toi, ou pour quelqu'un qui a un cœur."  lui dis-je en la regardant lutter contre ses larmes. Je libérais ses mains et ses jambes des chaînes et la poussais à s'asseoir.
 "Ta nourriture t’attend par-terre. Prends-la."
 "Merci, Altesse."  Murmura-t-elle avant de se diriger vers la porte de la cellule.
 "Tu es prévenue cependant, si tu tentes de t'enfuir, sois bien sûre que je te poursuivrai et te tuerai. Et en plus, je te promets de tuer ta petite amie dans l’autre cellule."


Mes paroles furent accompagnées d'un mouvement de main sous ma gorge. Chilapa se réveilla et Gabrielle la regarda.
 "Puis-je lui apporter un peu de nourriture, Altesse?" demanda-t-elle d’une voix tremblante.
 "Vas-y. Je ne suis pas un monstre, tu sais."
Gabrielle, après avoir ramassé l'assiette par-terre, se dirigea vers l'autre porte aux barreaux de fer qui séparait leurs cellules et fit passer de l'eau, du pain et du fromage à Chilapa. Elle se jeta sur la nourriture et s'en mit plein la bouche. Gabrielle retourna s'asseoir sur le lit de pierre et mangea.

 "Alors, nous voyagions ensemble ... hein?"  
 "Oui, Altesse, nous avons voyagé ensemble quatre ans."  
Je voyais bien qu’elle ne mentait pas. Après tout, ma mère m'avait parlé d'elle, ça voulait donc dire que je la connaissais.
 "Où et comment nous sommes-nous connues?"
 "Je t’ai rencontrée pour la première fois dans mon village, à Poteidaia. Tu as sauvé les villageois d'un chef de guerre nommé Draco"
 "Tu veux dire que j'ai sauvé ce village, sans le piller ni tuer tout le monde?"  Je devins sceptique.
 "Non. Quand je t'ai rencontrée ce jour-là, tu étais déjà une bonne personne, Altesse ... Tu avais trouvé la lumière dans ton coeur ... Hercule et moi t’avons montré ..."
Pour la première fois depuis que j’étais entrée dans sa cellule, elle me regarda.
 "Je ne te crois pas..."  Je lui fis avec un regard de tueuse.
 "Je te le jure, Altesse."
 "Je ne te crois pas ... Je n'ai pas de coeur, pas d'âme ... Il n'y a pas de lumière en moi, seulement des ténèbres"

J'étais tellement énervée que je me sentais capable de lui arracher le coeur. Je l'attrapais et l'enchaînais.
 "Assez de mensonges, jeune fille, assez parler. Je veux de l'action et tu vas m'en donner!" criais-je.  Elle ne se doutait pas de ce que je m'apprêtais à faire.  Mais une fois arraché son soutien-gorge en cuir, exposant ses magnifiques seins, elle comprit.
 "Ou, devrais-je dire, tu vas te donner à moi"

Je ris et pris le fouet qui pendait à un crochet sur le mur. Je levais la main et la fouettais violemment.  Elle hurla à plein poumon. La chair blanche se fissura sous l'impact et le sang jaillit. J'étais grisée.  Mon coeur battait à tout rompre et un large sourire s'étendait d'une oreille à l'autre. Je levais de nouveau la main et frappais encore... Le son du fouet claquant sur sa chair me rendait folle de joie et ses cris de douleur me ravissaient. Je levais la main et la fouettais encore. Aucun cri ne lui échappa cette fois car elle se mordit profondément  la lèvre, déchirant la chair, le sang dégoulinant de sa lèvre sur son menton. Je me penchais sur elle pour lécher d'un long coup de langue le sang sur son menton et ses lèvres.

 "Arrête ... espèce de folle ... arrête ... ne la touche pas..."  criait Chilapa, hystérique, secouant les barreaux des deux mains comme pour les arracher. A sa tête, je compris qu'elle avait le béguin pour sa reine ... Ca allait être plus excitant que prévu. D'un geste rapide, j'enroulais le fouet autour du cou de Chilapa avec les barreaux pour qu'elle soit obligée de voir tout ce qui allait se passer dans la cellule de Gabrielle.
 Je retournais vers Gabrielle, et arrachais à la fois sa jupe et sa culotte. La vue de ses boucles blondes et de son merveilleux coeur rose m'enflamma.

 "Tu es belle. Je veux que tu me baises, Gabrielle" dis-je lascivement.
 "S’il te plaît, Majesté, non."  me supplia-t-elle entre deux sanglots. J'otai mon manteau bleu foncé et ma robe de velours, puis mes sous-vêtements et, enfin mes bottes pour me retrouver debout, aussi nue qu'elle. Je m'approchai, tel un tigre vers sa proie, montai sur le lit de pierre et me mis cheval sur son visage. Sa tête entre mes cuisses m'excitait au plus haut point. J’étais trempée.

 Elle tenta de se débattre, je lui devais bien ça, essayant bêtement de bouger sa tête de gauche à droite, mais je la tenais fermement entre mes cuisses.  Elle tenta désespérément de bouger ses mains et ses jambes, de se libérer de ses chaînes, en vain.

 "Sors ta langue, jeune fille."  Lui ordonnai-je. 
Ne sentant rien venir, je lui hurlai: "SORS TA LANGUE, J'AI DIT ... OU JE VOUS TUE TOUTES LES DEUX!"
 Mon désir n'étant pas satisfait, et la rage me submergeant de ne pas être obéie, je crus devenir folle. Je perdais la tête.  Elle sortit sa langue et lécha mon clitoris.
 "Plus fort… plus fort, jeune fille ... montre-moi ce que tu sais faire."  Je haletais. Je voulais tellement jouir sur sa figure que je commençais à me balancer contre sa douce langue, ruant violemment sur son visage.  "Suce-moi, jeune fille, suce mon nectar!"
C’était si bon et si sensuel que je ne voulais pas que ça s’arrête.  "Bois tout ce que je te donne ... avale mon foutre, jeune fille ..."
 Derrière les cris de Chilapa, j'entendais la petite voix larmoyante de Gabrielle, et ses supplications désespérées:  "Non .. S’il te plaît, je t'en supplie, ne fais pas ça, s’il te plaît, aie pitié de mon âme ... je t'en prie ... arrête".  
Ses larmes ruisselaient sur mes cuisses.
 "Non non non, tu n’as le droit de parler que quand je t'y autorise, jeune fille." Dis-je en ondulant sur sa langue chaude et mouillée.  "Dis que j’ai bon goût."  Lui ordonnai-je.
 "Tu ...as ..."  Elle bafouillait.
 "Quoi? Je n’entends pas, jeune fille."  
 "Tu as bon goût, majesté."  Brailla-t-elle comme un animal blessé avant de retourner me donner du plaisir.

 Je me penchais sur elle, voulant voir son visage me baiser. Mes yeux croisèrent les siens et alors, un étrange sentiment me submergea. Je ne sais pas ce qui me prenait, mais je n’arrivais plus à la regarder dans les yeux ... Ca n'était pas agréable... un sentiment inconnu ... que je n'avais jamais ressenti. Son regard...il n'y avait plus de lumière dans ses yeux.  Pourtant, j'avais désespérément besoin de me libérer, alors je quittai son visage et la détachai- tout cela sans la regarder. Je la retournai sur le ventre, et l'attachai de nouveau. Sa tête se tourna sur la droite. Je m'allongeais sur elle, mon sexe contre ses fesses, mes seins contre son dos. Je posais ma tête sur la sienne, oreille contre oreille, la tête sur la gauche car je ne supportais pas de voir ses yeux. J'étais en face de Chilapa, et ça me ravit. La douleur et la tristesse quand elle me regarda baiser sa reine, la femme qu'elle aimait, m’enflammait.

 Je bâillonnais la bouche de Gabrielle de ma main pour ne pas l'entendre pleurer ni supplier. Mon autre main se faufila vers son sexe; je plongeais quatre doigts en elle et pompais dans un fort va-et-vient. Je ne voulais pas spécialement qu'elle jouisse ou quoi, en fait, je m'en fichais, c'est juste qu'elle m’avait résistée et je voulais qu'elle bande ses muscles. J'avais raison, son corps était tendu et ses fesses serrées, fermes et dures.  C’était important pour moi, car maintenant j'avais tous les frottements désirés. Je commençais à faire onduler mes hanches contre ses fesses, frottant mon clitoris dessus, étalant mon nectar sur ses fesses dures –un pur bonheur. Je gémissais et grognais, poussant de plus en plus vite. J'étais au bord de l’orgasme.


 "Dis-moi Chilapa, tu n'as jamais pris... ta Reine? Par derrière? Tu ne l’as jamais baisée comme moi maintenant?"
 Chilapa pleurait bruyamment, les yeux pleins de larmes, mais je m'en réjouissais, et mes yeux ne quittaient pas les siens, la transperçant.
 "Je te remercie de la partager avec moi, elle est vraiment bonne."
J'avais le sentiment qu'elles étaient amantes. Un sourire vicieux s'étala sur mes lèvres.
 "Je sais que tu aimes ça, que je te baise ... Je sais que tu le veux, que tu aimes ça ... je le vois bien ... jeune fille ..."  Et à ces mots, un immense orgasme me frappa et je mordis l'épaule de Gabrielle, avec force.  Je la chevauchai aussi longtemps que possible, à m'en faire exploser la cervelle. Après mon délicieux et copieux orgasme, je remarquai le silence. Chilapa me fixait. Quant à Gabrielle, pendant un instant, je crus l’avoir accidentellement étouffée, mais je la sentis respirer sous moi. Sitôt descendue de son corps, Gabrielle vomit ses tripes. C’était hilarant.

 "Tu es à moi maintenant, Gabrielle, toute à moi." marmonnai-je. Je saisis mon poignard et lentement gravais le mot "XENA" sur son dos; une fois terminé, je nettoyai le sang sur ma main en la léchant. Puis je grimpai sur son lit, debout au-dessus de ma prisonnière blonde, un pied de chaque côté de sa tête. Je tordis un peu mes hanches et fléchis mes jambes pour uriner sur le dos de Gabrielle. Je savais que le liquide lui donnerait l'impression que son dos était en feu. Je savais que ça piqûait. Elle hurla de douleur, tel un chiot blessé. Ceci fait, je sautai du lit en pierre et me rhabillai.

 Je me penchai sur l'oreille de Gabrielle et lui chuchotai: "Je savais bien que les Amazones ne t'avaient pas donner le droit de caste pour rien, ma douce... tu as été très bonne."  Je souris et lui tapotais légèrement les fesses de satisfaction.

 "Bonne nuit, les filles. Faites de beaux rêves !." Gloussai-je en sortant de la cellule.

 Je remontai l'interminable escalier, entrai dans la salle principale, puis me retirai dans ma nouvelle chambre, passant devant les deux hommes qui gardaient la porte. Enfin, j'étais seule. Je retirais mes vêtements et m'allongeais sur le lit. Je n'avais pas dormi depuis trois jours et j'étais morte de fatigue. Quoi qu'il en soit, en fermant les yeux, je revis les yeux de Gabrielle, ce regard qu'elle avait pendant que je la baisais... Ca me mettait mal à l'aise... je n'arrivais pas à me débarrasser de ses yeux ni de mes sensations. Je ne savais pas quoi en faire. Ce n'était pas des remords, ni de la culpabilité ou de la honte ... peut-être de la compassion?  Je secouais la tête à cette idée... Je ne suis pas une femme de compassion. Il me fallut le temps, mais je finis pas m’endormir.

"These things go through your head
when there’s a man on your back
but I haven’t seen Barbados
so I must get out of this..."
  - Tori Amos

Parchemin De Gabrielle

 Elle m’a eue. Elle m'a eue quand nous avons essayé de prévenir Bodesea. Qu'est-ce que je croyais? J'aurais dû le savoir. C'est ce qui faisait qu'elle était une grande guerrière, au-delà de ses connaissances, de ses talents de guerrière et de sa prévoyance, il y a sa capacité à être imprévisible. Pour je ne sais quelle stupide raison, j'ai vraiment cru pouvoir la tuer, et, à causeà ma stupidité, Messelina est morte et Chilapa a perdu la tête. Quant à moi ... je ne peux même pas décrire ce que j'ai perdu, ce qu'elle m'a pris. Je me sens comme une coquille vide, sans plus rien en moi. Je ne suis que l'ombre de moi-même. Peu importe les passages à tabac et les coups de fouet, c'est vrai, ce fut une torture, mais rien comparé à ce qu'elle m'a fait, rien. Les bleus et la douleur disparaîtront, mais les cicatrices qu'elle a laissées dans mon âme resteront à jamais.

Je ne crois pas que je lui pardonnerai jamais ce qu'elle m’a fait.

Je me souviens l’avoir vue dans ma cellule, toute en velours bleu, avec des colliers en or. Elle était à couper le souffle. Mon visage me faisait mal à cause de ses satanées gifles mais je ne pensais qu'à combien elle était belle, avec sa robe de velours bleu, de la couleur de ses yeux.
Je me souviens avoir vu sa main se lever et m'avoir flagellée sans pitié. La douleur était indicible. J'ai cru mourir.
Le plus drôle, c'est que même après m'avoir arrachée ma jupe et ma culotte, je ne pensais pas qu'elle me ferait…ça, pas la femme que j'aimais. Mais très vite j'ai compris ce qu'elle voulait. J'ai essayé de la supplier, mais ça n'a servi à rien. Quelque part au fond de moi, je me répétais: Ne t’inquiète pas, Gabrielle, elle ne te fera rien de mal, ce n'est pas vraiment un monstre, tu la connais ... Quand elle s'est déshabillée, une nouvelle idée m'a traversée l'esprit ... Elle allait me le faire.

Je regardais son corps nu, combien il me manquait ce magnifique corps divin, sachant tant donner de plaisir et d'amour. Je voulais tellement qu’elle me touche, m'embrasse et me serre dans ses bras, malgré le fait que je sache pertinemment que ce n'était pas la femme que je connaissais et que j'aimais. Au début, je me suis dit que même si elle n'était pas cette femme-là, je pouvais toujours faire semblant d'y croire. Hélas, un point très important s'éclaira dans ma tête: elle n'allait pas me donner, mais me prendre.

Je me souviens d’elle à cheval sur mon visage, je me souviens de son parfum ... Cette odeur familière dont je ne pouvais me passer. La guerre était en route. La bataille la plus difficile jamais eue, de loin la pire. J'ai essayé de lui résister, mais je n'étais pas assez forte. Je voulais qu'elle me prenne et qu'elle me laisse tranquille, je voulais lui donner du plaisir et lui faire mal. Je voulais la sucer et qu'elle s'en aille. Je voulais ... Je ne sais pas ce que je voulais.

Je me souviens de ses cris sur moi. Elle me criait des choses horribles et dégoûtantes. J'ai essayé de me chanter une chanson pour ne plus l'entendre, mais ça échoua lamentablement. Je me souviens de son goût et qu'elle me chevauchait le visage. Je voulais mourir. Je m'imaginais ailleurs, loin de Britannia, à Poteidia, loin d'elle. Mon esprit voulait qu'elle arrête, mon coeur et mon âme voulaient l’arrêter, mais mon corps la suppliait de continuer.

Je me souviens qu'elle s'est arrêtée subitement, juste après que nos yeux se sont croisés. Je ne sais pas ce qui s'est passé. elle était pourtant au bord de l'orgasme, . Je lui avais fait l'amour d’innombrables fois dans le passé, je connaissais son corps comme le mien.
Elle s'est détournée, m'a enchainée, m'a fait rouler sur le ventre. La sensation de son corps sur le mien était incroyable. Sa tête écrasait la mienne. Elle était si près de moi... Juste au moment où j'avais besoin d'être pénétrée, elle a plongé ses doigts en moi. J'avais peur ... peur qu’elle se rende compte à quel point je mouillais... combien mon corps la voulait, la désirait. Ma lutte intérieure se fit plus forte. Je crus devenir folle, je craignais sérieusement que mon âme ne survive pas à cette bataille. Mon esprit était faible et mon corps prêt. Puis je la sentis cogner contre mes fesses, pousser violemment. Elle était sur le point de jouir, à sa façon de bouger et aux bruits qu'elle faisait.

Grâce aux dieux, elle m'avait bâillonné la bouche, sinon elle aurait entendu mes gémissements et mes cris de jouissance. Grâce aux dieux, elle était tellement dans son plaisir qu'elle ne s'aperçut pas du mien. Après avoir joui, mon âme quitta mon corps comme si elle ne supportait plus ce corps sauvage, lubrique et misérable. Je me détestais d'avoir joui. J'étais tellement dégoûtée et honteuse que je vomis dès qu'elle se retira.

Quand elle grava son nom sur mon corps, je ne résistai pas, ni ne criai, je pleurai. Pas à cause de la douleur ni parce qu'elle m'infligeait cette scarification, mais à cause de mon âme tourmentée et impuissante. Elle ne s'en doutait pas mais elle punissait mon corps d'en avoir profité. Il était puni comme il devait l'être. Si elle ne l'avait pas fait, je l'aurais fait moi-même de mes propres mains. Merci également aux Dieux pour la marque douloureuse qui ronge mon épaule gauche.

Il n'y a pas de mots pour décrire à quel point je fus humiliée quand elle m’urina dessus. Mais je le méritais pour avoir profiter de son contact. Une chose humiliante mais bien méritée pour ce misérable corps.
Quand elle est enfin partie, j'ai cherché Chilapa du regard. La pauvre fille marmonnait comme une folle. Je ne compris pas tout de suite ce qu'elle disait: "Il est venu pour nos âmes, Il nous veut, il va nous prendre, il a gagné."
Par "il", elle voulait dire "elle". Les yeux de Chilapa allaient dans tous les sens, sauf vers moi. C'était au-dessus de mes forces de l'aider à ce moment-là, je n'étais alors plus tout à fait moi-même.

J'essaie difficilement de ne pas la détester, de me convaincre que ce n'est pas la femme dont je suis tombée amoureuse et qui m'aimait, qu'elle a de la bonté en elle. Je ne sais pas qui a gagné, la haine ou l’amour, tout ce que je sais, c"est que durant mon récit, je n'ai jamais pu écrire son nom ... pas une fois.

Journal de la reine de Britannia (par la reine Xena)


Je me réveillais au milieu de la nuit. J'avais l'envie irrépressible de descendre les escaliers vers ma prisonnière blonde. Je voulais la voir. Je ne sais pas pourquoi pas, mais elle me rendait bizarre. Je sortis de mon grand lit sans prendre la peine de m'habiller et descendis en chemise. Arrivée là-bas, je libérais la tête de Chilapa des barreaux. Je n'avais pas envie qu'elle se rompe le cou en s'endormant car elle m’était encore utile. Je pouvais la menacer, et Gabrielle, reine des Amazones, ferait alors tout ce que je voudrais. Chilapa se réfugia dans le coin de sa cellule et s'endormit. Je le savais parce qu'elle s'était enfin tu.
Puis j'allais vers Gabrielle. Lorsque j'ouvris la porte de sa cellule, les odeur d'urine, de vomi, de sexe et de sueur, m’attaquèrent les narines. J’avais envie de vomir. Curieusement, elle était réveillée. J’enlevai ses chaînes et la fis rouler sur le dos. Elle ne me regardait pas.

"Tu as besoin de points de suture" marmonnai-je en la prenant dans mes bras pour l'emporter dans ma chambre. Je n'avais pas envie qu'elle meurt d'une infection parce que je ne l'avais pas soignée. Dans ma chambre je la posai sur une chaise et appelai ma domestique.
"Prépare-moi un bain chaud." lui ordonnai-je. Elle obéit et remplit la baignoire d'eau chaude vaporeuse.
"Enlève ses bottes." Ma femme de chambre s'éxécuta, agenouillée devant Gabrielle, elle retira ses bottes.
"Maintenant laisse-moi seule."
Après avoir entendu la porte se refermer, je me tournai vers Gabrielle.
"Va dans la baignoire."
Elle se leva lentement et marcha à petit pas vers la baignoire. Ses jambes tremblaient si fort que la moindre oscillation pouvait la faire tomber. On aurait dit un oisillon, avec ce petit corps battu et sa tête blonde. Elle avait l'air si fragile.
Devant la baignoire, elle s’arrêta net.
"Que se passe-t-il?"
"Je ne peux pas le faire moi-même, j'ai besoin d'aide." Dit-elle en s’excusant.
Je m'approchai et lui offris mon bras pour la soutenir. Elle le saisit et entra lentement dans la baignoire où elle s'assit, avant de fermer les yeux dans un petit gémissement. Après quelques minutes elle rouvrit les yeux, attrapa le savon et commença à retirer toutes la saleté collée à son corps.

Je rappelai ma domestique et lui ordonnai de me ramener quelques herbes guérisseuses. Elle me les apporta et prit congé. Je fixais Gabrielle, sans qu'elle me rende mon regard. Elle était si belle et si gracieuse. La façon dont elle se touchait, ses petites mains sur son corps ... C'était sensuel et érotique et je m'enflammai de passion.
Je voulais la prendre encore. Avant même que je fasse un pas vers elle, elle me fixa dans les yeux, et la passion qui montait dans mes reins s'envola aussitôt. Quel Tartare se passait-t-il en moi? J'étais tellement frustrée que j’eus envie de tuer. Je réalisai que je ne pourrais jamais la reprendre comme je l'avais fait. Cette idée me bouleversa et m'ennuya. Ce tourbillon de sentiments me destabilisait, je devais les combattre.

"Alors, tu m'as dit que nous voyagions ensemble ..." Je l'encourageais à me parler, à me raconter tout ce dont je n'avais aucun souvenir.
"Exact, Altesse, je voulais quitter Poteidia et tu as bien voulu me prendre avec toi, pour me montrer le monde."
 dit-elle en se savonnant.
"Nous voyagions et faisions quoi?"
"Je crains de te le dire, Altesse, tu ne me croiras pas et je serai punie." Murmura-t-elle.
"Dis-moi!" lui ordonnai-je, commençant à perdre le peu de patience qui me restait.
"Nous parcourions la campagne, faisant de bonnes actions comme aider les gens." Son corps tremblait, attendant les coups.
"Qu'est-il arrivé à Borias?"
"Il a été tué par Dagnin et ta femme de chambre, Setrina, l'a aidé."
Je n'en croyais pas mes oreilles. Je n'étais pas étonnée qu'elle connaisse Borias et Dagnin, après tout, c'étaient de célèbres seigneurs de guerre, mais ma domestique Setrina, comment pouvait-elle la connaître?
"Comment connais-tu Setrina?"
"Nous l’avons rencontrée, tu ne te souviens pas... elle avait une armée ... elle a empoisonné la nourriture ... Tu m'en as parlé ..." Elle ciblait ses mots comme pour me faire retrouver la mémoire.
"Tu m'as raconté qu'elle avait libéré ton fils, Solan." J'étais stupéfaite.
"Solan." ma voix partait à la dérive.
"Tu m'as parlé de lui aussi, nous sommes d'ailleurs allées sur la terre des Centaures."

Elle m'étonnait. Personne d'autre que moi ne savait à propos de Solan. À ce moment-là je sus qu'elle ne mentait pas. Je me rendais compte que nous devions être très proches pour qu'elle sache. Ca voulait dure que je lui faisais confiance. Toutes ces révélations me rendirent muette de stupéfaction. Je ne comprenais pas comment j'avais pu faire autant confiance à quelqu'un. J'étais déboussolée. J'avais besoin de me retrouver seule pour tirer ça au clair.

"As-tu fini?" 
"Oui, Altesse." me répondit-elle en se levant. L'eau dégoulinait sur son corps nu. Je lui tendis le bras pour la soutenir et elle sortit de la baignoire.
"Tu dois nettoyer tes plaies avec ces herbes." Je lui donnai les instructions et les lui donnai. Elle les prit et les frotta sur les endroits douloureux.
"Assieds-toi. Je vais te recoudre. Ça va faire mal."
Elle acquiesça et je pris l'aiguille et me mis au travail. Elle ne fit pas un bruit bien que son visage montrait sa douleur.
"Tu es une grande fille courageuse maintenant, n'est-ce pas?" la taquinai-je. Elle baissa la tête et fixa ses pieds. C'était si facile. Quel genre de reine Amazone était-elle donc?

"J'ai fini."
Je lui donnai un soutien-gorge propre et une jupe. Elle s'habilla et enfila ses bottes. Je donnai l'ordre à un de mes gardes d'aller dans la cellule de Gabrielle pour nettoyer le chantier.
"Je te ramène dans ta cellule dans un instant." 
"Puis-je te demander..." Sa phrase à peine commencée, je lui lançai mon poing dans la mâchoire et la chaise où elle était assise partit à la renverse.
"Parle seulement lorsque tu y seras autorisée." lui rappelai-je, en insistant sur chaque mot: "Alors, y a-t-il quelque chose que tu veux me demander?"
"Pourquoi te soucies-tu de moi? Pourquoi m’as-tu lavée et recousue?" demanda-t-elle en se frottant la mâchoire.
"Tu rêves, jeune fille, je ne me soucie pas de toi; mais je veux que tu restes en vie. Tu vois, un de mes espions m'a avertie que l'armée des Amazones sera demain à Britannia pour essayer de te délivrer. A ton avis, pourquoi donc crois-tu que je m'intéresse à toi?"
À ce moment-là mon garde entra dans ma chambre pour me prévenir que la cellule était propre. Je mis ma main sur le cou de Gabrielle et pressai un peu plus fort pour descendre les escaliers.

"These precious things
Let them break, let them wash away"
Tori Amos

Parchemin De Gabrielle

Après avoir été de nouveau enchaînée à mon lit et après le départ de Xena, je pus enfin analyser ce qui s'était passé dans la chambre.

J'étais surprise et terrifiée quand elle revint dans ma cellule. Je craignais son retour. Quand elle enleva mes chaînes, j'eus peur de ce qu'elle allait encore me faire. Lorsque je sentis son emprise sous mes genoux et mon dos, et mon corps se soulever, je me dis qu'elle allait peut-être me tuer, emportée par des anges de l'autre côté. Je ne dis pas un mot. Dans ses bras, je lui jetai brièvement un coup d'œil pour qu'elle ne remarque pas que je la regardais. Son visage était glacial, le regard fixe. Enfin nous arrivâmes dans sa chambre et elle ordonna qu'on me prépare un bain chaud.

J'avais le corps brisé et l'esprit tourmenté. D'un côté, je voulais laver mon corps des événements de la journée, et de l'autre je ne voulais pas me séparer de l'odeur de Xena. J'étais tout près de la baignoire et ne parvenais pas à me décider. Devais-je ou non laver son odeur? Debout, je n'oubliais pas que souvent, après que Xena et moi avions fait l'amour, je ne me lavais pas les mains de la journée pour pouvoir sentir sa passion. Je passai mes doigts sous mon nez et inspirai. Sa voix dure me ramena à la réalité.

D'un geste, elle m'aida à grimper dans la baignoire. Je me lavai, avec plus ou moins de réticence. Puis je vis cet air que je connaissais si bien, l'air qu'elle avait quand elle me désirait. Ce regard qu'elle me lançait parfois, plein de cruauté. Ce n'était pas juste de la passion mais aussi quelque chose d'abominable. Sans réfléchir, par réflexe, je la regardai droit dans les yeux et, quelque part, je savais que ça la tiendrait loin de moi, et ça marcha.

Elle commença à me poser des questions. Lorsque je mentionnai le nom de Solan, je savais que ça la destabiliserait un peu, et elle fut surprise d'apprendre que je le connaissais. Je n'osais pourtant pas lui dire ce qui lui était arrivé. Comment réagirait-elle si elle apprenait que ma fille avait tué son fils?
Puis elle me fit quelques points de suture. J'oubliais toujours qu'elle n'était pas la femme que je connaissais et que j'aimais, et, bêtement, lui demandais pourquoi elle prenait soin de moi. Je crois bien que ça lui a donné un bon coup de fouet...

Elle m'expliqua que son espion avait repéré mon armée près de Britannia. Je ne savais pas quoi faire mais je devais leur sauver la vie. Personne sur terre ne peut être un digne adversaire pour Xena, pas même mes Amazones. Je devais trouver un moyen de les sauver.

Je devais trouver un moyen de ranimer sa mémoire. Rien d'autre ne comptait. Je sais maintenant qu’elle n'était pas la femme dont j'étais tombée amoureuse mais une bête, un monstre qui devait être tué ou apprivoisé. Comment peut-on apprivoiser une bête meurtrière? Comment lui enseigner l'amour? Je devais lui dire que nous étions ensemble. Mais pas maintenant, car il y avait certaines choses que je ne devais pas lui avouer, ce genre de choses qui nécessitent de la confiance, et elle ne faisait pas confiance à n'importe qui.

Pour une fois, je ne devais rien lui dire de personnel sur moi ou mes sentiments. Sinon, elle pourrait lire dans mes pensées et je n'avais pas besoin d'elle dans ma tête. Elle est intelligente ...trop intelligente. Mais je suis plus à l'aise avec les mots qu'elle, je suis barde après tout, et je peux la manipuler pour l’apprivoiser. Je connais aussi des choses sur elle, des choses qui lui sont arrivées dont elle ne se souvient pas, j'ai donc un petit avantage. Je dois l'utiliser à bon escient.
De plus, je ne peux pas lui dire que nous étions amoureuses. Elle s'en servirait pour me détruire. Ce serait un vrai régal pour elle, et je sais qu'elle le ferait.

Ca ne sera pas facile car elle ne se souvient ni de moi ni d’Hercules. Personne n'a pu l'adoucir un tant soit peu avant moi, du moins personne dont elle se souvient. Je suis seule face à mon impitoyable prédateur. Je dois garder à l'esprit qu'elle ne comprend que des mots comme pouvoir, contrôle et peur. C'est la langue qu'elle parle et comprend, je dois donc lui parler dans cette langue. Je ne montrerai aucune pitié. Je dois être forte et la battre à son propre jeu, je ne dois pas la craindre.
Je dois la faire tomber amoureuse de moi encore et toujours, depuis le début.

Journal de la reine de Britannia (par la reine Xena)


À l'aube, les Amazones commencèrent leur attaque de Britannia, mon domaine. Je devais le garder sous la main, Elles allaient le saccager. J'étais sur le champ de bataille à tuer de jeunes et puissantes Amazones avec mon épée et mon chakram avec une seule pensée en tête. Quel gâchis, les tuer comme ça au lieu de les baiser. À un moment, elles se sont retirées pour se rassembler. J'ai laissé mon armée préparer le camp et se reposer. C'est alors qu'une Amazone s'est approché de mon camp. Elle avait les mains en l'air et elle annonça n'avoir aucune arme sur elle. Je me dirigeai droit sur elle et lui fis face. Elle me dit être la reine remplaçante, qu'elle venait à Britannia pour libérer sa Reine, Gabrielle, et qu'elle était prête à offrir la moitié de ses terres.

À la lumière de son offre je déclarais une trêve temporaire et invitais la reine dans ma forteresse pour en discuter. Je pourrais m'en servir en Grèce, en particulier sur la terre des amazones, me dis-je, toutefois, Gabrielle m'était aussi précieuse, car c'était la seule personne qui pouvait me parler de mes dix dernières années.
Nous entrâmes dans ma forteresse, dans la pièce principale. J'envoyais deux gardes chercher Gabrielle. Ils obéirent immédiatement quelques minutes plus tard, Gabrielle fut dans la pièce principale.

Elle avait l'air terrorisée.
"Gabrielle, tu connais sûrement Manille, reine de substitution de ta tribu?"
"Oui, Majesté." 
"Manille a une proposition, Gabrielle. Elle veut t'échanger contre la moitié des terres Amazones ... Qu'en penses-tu, jeune fille, en vaux-tu la peine?"
 je savais qu'il n'y avait rien de plus humiliant pour un dirigeant que d'être ridiculisé devant ses sujets.
"En fait, Altesse, je suis toujours la reine des Amazones. Manille n'est pas autorisée à négocier de tels accords. Je ne laisserai pas la moitié des terres Amazones en échange de ma vie. Ces terres sont vitales pour les Amazones. En ce qui concerne l’armée, je t’ordonne de te retirer de nos terres, laissez Britannia! " ordonna-t-elle à Manille. Sa voix autoritaire et son regard déterminé me prirent par surprise.
"Mais, ma reine, je ne peux pas te laisser ...." commença Manille. Mais devant l'air décidé de Gabrielle, elle inclina la tête et se soumit: "Oui, ma reine."

Plusieurs marques de bougie plus tard, les Amazones quittèrent ma terre et à la tombée de la nuit je fus de retour dans mon palais. Après m'être lavée, je commandai de la nourriture et que Gabrielle soit amenée dans ma chambre. J'étais déjà assise à table et mangeais quand mes gardes entrèrent avec elle.
"Assieds-toi, Gabrielle." lui dis-je sans la regarder, coupant la viande crue dans mon assiette. Gabrielle s'assit face à moi.
"Raconte-moi ce qui s'est passé après notre départ de Potedaia." Lui demandai-je en suçant le sang de la viande qui coulait de ma bouche.

Parchemin De Gabrielle

Ces deux dernières lunes, je ne peux pas dire exactement depuis quand car c'est difficile de compter les jours dans un donjon, Xena me fit venir dans sa chambre chaque soir à l'heure du dîner pour m'entendre raconter des histoires sur nos voyages ensemble. Nous parlions presque jusqu'à minuit.
Elle me laissait parler librement et ne posait aucune question pendant mes récits. Elle s’asseyait juste en face de moi et m'écoutait.

Je lui racontais tout ce que nous avions fait ensemble, les gens que nous avions rencontrés, les amis, les démons que nous avions combattus et ainsi de suite ... Enfin, pas tout ... Je ne dis rien sur Solan, ni sur mon mariage avec Perdicus, ni même ma jalousie envers Lao-Ma et ma trahison. J'essayais du mieux possible de ne pas donner l'impression qu'elle et moi étions amoureuses. C'était très difficile, voire impossible, car tout ce que nous avions fait, nous l'avions fait l'une pour l'autre. L'amour et la dévotion était évidents dans le plus petit de nos gestes.

Je lui racontais notre voyage en Inde et Eli, ce qui s'était passé à Rome, César et la crucifixion. Je lui dis ce qui s'était passé au paradis et en enfer après notre mort. En revanche, je ne lui dis rien non plus sur ce que nous avait dit Naima, le fait que nous étions des âmes sœurs destinées à rester ensemble pour l'éternité. Je ne dis rien sur ce qu'elle m'avait raconté quand elle était un démon, sur notre amour plus fort que le paradis ou l'enfer, bien ou mal.

Quand je ne lui parlais pas de nos aventures, j'essayais d'aider Chilapa dans la journée. Elle était dans un état affreux, vivant dans son monde, complètement détachée de la réalité. Elle avait besoin d'un guérisseur, mais Xena s'en fichait. J'essayai de demander à Xena de lui amener son guérisseur, mais tout ce que je reçus de sa part fut un coup brutal dans le dos. J'appris alors à ne jamais prononcer le nom de "Chilapa" devant elle.

Journal de Dana (femme de chambre de Sa majesté)


Devenir la nouvelle femme de chambre de la reine de Britannia fut la tâche la plus difficile que j'eus jamais à faire. Mon ancienne maîtresse, la reine Bodesea, était douce et gentille, aimée de ses sujets. Mais la reine Xena... eh bien, dire que c'est tout l'opposé est sous-estimé. Son premier jour comme dirigeante, elle mit en place un impôt: chaque famille de Britannia devait donner les trois quarts de sa production hebdomadaire. La plupart des familles ne pouvait se permettre de lui donner un quart sans tomber dans la pauvreté. Voir des enfants affamés, en larmes, abandonnés dans les villages ne pénétrait pas le mur de fer qui entourait son coeur, à supposé qu'elle en ait eu un. Tout ce qui la préoccupait, c'était d'avoir le plus de dinars possible, pour acheter davantage d'armes et d'hommes pour son armée.

Les gens essayaient de cacher leur production de ses soldats de façons plus qu'ingénieuses, pourrais-je dire. Mais Sa Majesté n'est pas folle, loin de là. Elle avait des espions parmi les villageois. Chaque fois qu'elle en attrapait un qui cachait sa production, elle l'exécutait, ainsi que toute sa famille, dans la rue pour que tout le monde le voit.
 
Au début, je ne comprenais pas pourquoi elle tuait toute une famille pour le tort d'un seul homme. Mais après quelques jours, j'ai compris. Les membres de certaines familles commencèrent à envahir la forteresse, prêts à balancer leur propre chair qui lui cachait sa production. Elle les récompensait avec de la nourriture et exécutait ceux qui lui désobéissaient. Ce fut la pire des époques. Les familles de Britannia ne se faisaient plus confiance. Les femmes balançaient leur mari, les frères balançaient leur sœur et ainsi de suite.

Mais ce ne fut pas le pire. Des Innocents commencèrent à disparaître pendant la nuit. Ceux qui avaient essayé de se rebeller contre elle et sa tyrannie. Les villageois retrouvaient leurs proches massacrés. A tel point qu'on avait du mal à identifier leurs corps, le cœur et le foie dispersés autour. Une vision d'horreur. Parfois, les enfants découvraient ces épouvantables restes. Beaucoup d'entre eux, pauvres enfants, ont perdu la parole et sont devenus muets –apaisant ainsi leur peur.
Je savais que c'était le travail de Sa Majesté, personne n'aurait été capable d'une telle monstruosité.

Au début, je ne comprenais pas quand et comment elle agissait. Chaque nuit, vers minuit, je jetais un oeil à ma porte et voyais deux gardes escorter la prisonnière blonde à sa cellule. Je restais éveillée toute la nuit, espionnant sa porte. Je ne la voyais pas sortir, pas même un instant. Je connais bien sa chambre c'était celle de mon ancienne maîtresse. Je sais qu'il y a un passage secret dans son placard qui mène à la chambre d'à côté. Je l'ai cherché et trouvé, mais je ne l'ai jamais vue sortir par là.

Une nuit, alors que je me torturais les méninges, je me dis qu'elle sortait peut-être de sa chambre par la fenêtre. Je sais que ça peut paraître fou car elle est très haute, et la nuit, quand il fait si sombre et brumeux, personne sain d'esprit n'oserait sauter de cette fenêtre. Mais là encore, sa majesté était loin d'être saine d'esprit, et cette nuit-là, je jetais un coup d'œil par ma fenêtre, à côté de la sienne. Mon cœur battait à tout rompre, et mes paumes trempées de sueur. Je n'ose imaginer ce qu'il me serait arrivée si elle m'avait attrapée. Je vis sa tête passer par la fenêtre. Je n'en croyais pas mes yeux. Elle l'a escaladée, tête la première, comme un lézard géant rampant sur un mur. Je me suis frotté les yeux, incrédule, alors qu'elle descendait le mur, la tête plus près du sol que ses jambes. Son incroyable force physique est source de légendes. Elle a ralenti et a adroitement disparu dans la brume de la nuit.

Je me souviens du jour où elle a capturé sa prisonnière blonde, Gabrielle. Je la vis pour la première fois après que sa majesté l'ai transportée dans sa chambre. A son air et à son odeur, je compris aussitôt que la reine l'avait agressée sexuellement. C'était terrible à voir. Gabrielle était brisée et inerte. Ne pouvant faire disparaître cette vision d'horreur, je racontais ce que je venais de voir au cuisinier.
Elle contrôlait les gens par la peur. Tant et si bien que si des enfants ne se tenaient pas bien, leurs parents les menaçaient en leur disant que Xena allait venir les chercher. Ca marchait à merveille, à chaque fois.

Très peu de gens l'avaient vue en vrai. La plupart la connaissait juste de réputation. Ca, plus sa façon de diriger, était parfait pour enchaîner les rumeurs. Certains pensent qu'elle mange le cœur et le foie de ses victimes, d'autres que c'est une Bacchante, d'autres croient que c'est un démon échappé de l'enfer, ou bien que c'est la fille de Medusa. Une rumeur dit qu'elle a enlevé un jeune garçon d'un village et le laisse mourir de faim, et que quand elle a envie d'un plat particulier, elle le laisse le goûter pour vérifier qu'il n'est pas empoisonné. Je sais que c'est vrai, en fait.
J'imagine que la rumeur selon laquelle sa majesté aurait violé sa prisonnière fut l'une des plus rapides. Cette infime vérité a fait naître tant de rumeurs sur sa Majesté… durant ses escapades nocturnes, ses supposés viols de jeunes filles. Eh bien, je ne peux ni confirmer ni infirmer.
La vérité, c'est que je connais cette femme. Je suis en contact avec elle chaque jour. J'ai vu les tortures infligées à sa pauvre prisonnière blonde, et pourtant je ne peux rien dire.

Journal de la reine de Britannia (la reine Xena)

Contrairement à la veille où j'avais fait venir ma prisonnière dans ma chambre, cette nuit-là, je suis descendue la voir dans sa cellule. En entrant, je la vis à genoux à côté de la porte de la cellule de Chilapa, elle-même appuyée contre les barreaux et Gabrielle lui tenant le visage entre ses mains, la caressant doucement, l'apaisant de mots chaleureux avec un beau sourire.
"Qu'est-ce que ce je vois?" criais-je en attrapant Gabrielle et en la jetant dans sa cellule.
"Je savais que c'était une erreur de te laisser hors du lit, j'aurais du t'y laisser attachée."

Je n'en avais pas fini avec elle, pas si vite. Je me précipitai vers elle et la soulevai du sol et la jetai contre le mur. Je pris le fouet enroulé sur un crochet au mur et la fouettai de toute ma force, mais cela ne suffisait pas. Je voulais sentir sa chair s'arracher sous mes doigts. Je lui lançai mon poing dans les côtes et j'entendis ses os se fissurer. Chilapa, dans sa cellule, se mit à hurler comme un singe hystérique, sautant de haut en bas et se jetant sur les barreaux. Mais Gabrielle n'émit pas fait un son.
"J'aurais du savoir qu'il ne fallait pas laisser deux chattes Amazones ensemble." Sifflai-je.
Je ne sais pas exactement pourquoi ça me mit dans un tel état de voir Gabrielle caresser le visage de Chilapa, mais mon sang ne fit qu'un tour. Je suppose que je considérais Gabrielle comme ma propriété et donc ne supportais pas l’idée que qui que ce soit d'autre pose ses mains sur mon bien.

Gabrielle s'effondra sur le sol en tenant son ventre à deux mains. Apparemment, elle avait atrocement mal. Je la soulevai et attachai ses mains à une chaîne accrochée au mur, dans une position de crucifixion. J’arrachai son soutien-gorge en cuir et pris un sein en coupe d'une main pendant que l'autre lui couvrait les yeux.

"Sale lâche!" me cria-t-elle. "REGARDE-MOI DANS LES YEUX QUAND TU ME VIOLES!" Je n'en croyais pas mes oreilles. J'enlevai aussitôt ma main de ses yeux verts et la regardai avec étonnement. Il me fallut un moment pour me ressaisir et comprendre ce qui venait d'arriver.

"Que se passe-t-il Xena, tu es impuissante? Tu ne peux pas me baiser en me regardant dans les yeux? Tu as beau être une guerrière, tu laisses une petite femme comme moi contrôler tes désirs. Tu es pathétique, tu es une pauvre femme seule effrayée et pathétique, et tu me rends malade." Je voyais le pouvoir et le dégoût dans son regard, je voyais à quel point elle me méprisait.
"Je n'en reviens pas que tu sois si petite, trouillarde, FAIBLE!". Sa voix ne tremblait pas.
"Tu parles d'une guerrière. Je n'en reviens pas tes soldats et tes sujets te craignent. Si seulement ils avaient vu ce que j'ai vu ... ne pas réussir à baiser une femme sans se cacher d'elle!". Elle crachait ses mots affreux à ma face et je la giflai violemment, si violemment que sa tête vrilla. Quand elle revint à elle, ce fut pour me cracher au visage et faire un large sourire.
"Tu es une putain d'impuissante... tu ne peux pas me regarder dans les yeux ..." elle éclata de rire une fois de plus.
"Je vois que tu as perdu la tête, tout comme ta petite amie." J'essayai désespérément de me venger de ses insultes. La frapper ne servait apparemment à rien.
"Mon esprit est plus clair que jamais, Xena, il n'est pas aussi sombre et tordu que le tien"
Je n'en revenais pas qu'elle osât me défier et me répondre. Personne n'avait jamais osé. Je donnais des coups de pied dans les jambes, à la limite de les briser.
"Dis-moi Xena, qu'est-ce qui t'e rendu si chienne?"
"Ta gueule!"

Je pilonnai frénétiquement sa tête de coups de poing, comme possédée. Elle commença à saigner et perdit connaissance. Son corps devint mou, pendu à ses poignets. Elle semblait morte, le sang couvrant sa figure. Je ne voulais pas la frapper si violemment. Je libérai ses mains des chaînes et l'emmenai dans ma chambre où je la lavai avec un linge humide. J'espérais ne pas lui avoir causé de blessures irrémédiables. Je recousus ses plaies et couvrit son corps de différents produits afin de prévenir les infections et atténuer la douleur. Elle dormit toute la nuit dans mon lit. Je m'installai sur une chaise à côté d'elle et la regardais.

Je ne comprenais pas mon comportement. Pourquoi m'occupais-je d'elle? Je me rendais compte que je me m'inquiétais pour elle. Je ne convoitais pas seulement son corps, je voulais plus. Je ressentais plus. Qu'est-ce que je raconte? Qu'y a–t-il de plus que la convoitise?

A midi, elle ouvrit enfin les yeux. Elle avait un affreux mal de tête. Je lui offris de l’eau, ce qui fit gonfler ses lèvres. Elle pouvait à peine avaler.
"Veux-tu manger quelque chose?" lui demandai-je aussi doucement que possible.
"Non merci, Xena, je ne pense pas être capable de manger pour le moment. J’ai trop mal."
"Tu n'es pas autorisée à t'adresser à moi par mon prénom, prisonnière. Suis-je claire?" Je crachais en me penchant sur elle de mon regard effrayant.

"Comme du cristal Xena, mais je me fiche de savoir comment tu veux que je t'appelle. Je m'adresserai à toi à ma façon. Je ne peux pas te dire "Votre Grandeur" quand je vois cette misérable créature que tu es. Je n'ai pas peur de toi. Le pire que tu puisses me faire, ne l'as-tu pas déjà fait? Me tuer? j'aimerais beaucoup. Tuer Chilapa? La pauvre âme sera probablement mieux morte. Me violer ? Tu l’as déjà fait et j'ai survécu. D'ailleurs, je ne pense pas que tu puisses ... "

Comment arrivait-elle donc à me parler de la sorte? J'étais perplexe.
"Très bien alors, nous ferons à ta guise, tu es libre de me parler comme tu le souhaites et je suis libre de t'oter la vie de la façon qui me plaira".
"D'accord."
Elle tenta de se redresser sur les oreillers et je lui donnai un coup de main.
"Tu verras que c'est plus agréable de me parler plutôt que de me frapper." Elle sourit. Ce sourire sur son visage illumina la chambre plus fort que le soleil.
 
"Très bien. D'après tes histoires, toi et moi étions des amies très proches..." 
"Et?" elle essayait de me soutirer la question.
"Je me demande pourquoi tu risquais ta vie pour moi? Pourquoi acceptais-tu de m'aider avec tout ce que je te faisais supporter" 
"Parce que je tenais à toi et c'est ce que font les amis." Dit-elle simplement.
"Tu réalises que l'amie que tu as vue en moi est perdue à jamais. N'essaye pas de la rechercher en moi, tu ne la trouveras pas." l'assurais-je avec conviction.
"Je sais." Soupira-t-elle.
Après un silence, je lui demandais: "Qui était ..."
"Oh non, Xena, maintenant c'est mon tour." Dit-elle avec malice avant de sourire. Que se passe-t-il? Je commence à adorer chacun des sourires qu’elle me donne ... mince alors! "Avant de pouvoir aller jusqu'au bout de ma réflexion, elle me posa une question qui me laissa sans voix.
"Quel plaisir éprouves-tu à faire souffrir les gens? Quel besoin satisfais-tu en tuant? Il te faut quoi? Du sang? De la terreur dans les yeux de tes victimes? Avoir l'ascendant? Regarder un être humain souffrir?"
"Tout ce qui précède." Je souris, me sentant très fière de moi, jusqu'à ce que je croise son regard.
"De quoi es-tu si fière? N’importe quel imbécile peut terroriser les gens. Je dois admettre que tu y parviens très bien mais pratiquement tout le monde peut le faire." Mon sourire s'évapora.

"Qui était ton amante?" voulus-je savoir. Je pressentais que c'était cette chienne de Chilapa.
"Je n'ai jamais eu d'amante."
Je fis de mon mieux pour trouver quelque signe de mensonge: avaler sa salive, transpirer, avoir une voix chevrotante. Je n'étais pas complètement sûre...
"Tu mens. Tu ne comprends pas qu'il y a un moyen très simple de vérifier si tu es vierge ou pas?" Mon visage se rapprocha du sien.
"Je ne mens pas." Insista-t-elle, aucunement intimidée par ma menace.
"J'en jugerai. Tu es la reine des Amazones et tu n’as jamais eu d’amante? Ai-je l’air d’une imbécile ?" Je ressentis une nouvelle vague de colère prête à s'abattre sur Gabrielle.
"Je ne mens pas." Dit-elle sans l'ombre d’une crainte.
"Chilapa n'est pas ton amante? On dirait un chiot quand elle te regarde ... enfin ... te regardait... malheureusement elle n'est plus avec nous." Je ne pus contenir un sourire cruel.
"Je crois qu'elle est amoureuse, pas moi." Elle me regarda dans les yeux en disant cela et à sa voix posée, j'y lus de la sincérité. Mon soulagement me déstabilisa un peu.
"Tu veux dire que tu es vierge?" Ca me semblait tellement difficile à croire qu'une femme comme elle n'ait jamais eu d'amant, même pas une fois.
"Pourquoi est-ce si important pour toi?"
"C'est bon de savoir que j'ai été ta première." Dis-je avec un large sourire, sachant qu'elle n'oublierait jamais la nuit où je l'avais violée. Elle frissonna et regarda ailleurs, et je regrettai aussitôt mes paroles.
"Écoute, je suis prête à te mettre dans une chambre au lieu de ta cellule du donjon." Dis-je sans savoir d'où me venait cet élan de générosité.
"Merci Xena, mais je préfère rester dans ma cellule. Je ne peux pas laisser Chilapa toute seule là-bas." Elle refusait poliment mon offre.
"Mais bien sûr! Restes-y donc!" Je me levai et appelai mes gardes pour l'escorter à sa cellule.

Le lendemain, je me réveillai avec l'envie d'aller revoir Gabrielle. Elle m'impressionnait. Elle avait osé se dresser contre moi. Elle avait du courage. C'était de loin une des personnes les plus courageuses que j'avais jamais vues. C'était ma prisonnière, elle ne pouvait m'échapper. Elle était à ma merci et je pouvais facilement la briser en deux. Cependant, elle avait osé me parler de cette façon la nuit dernière, sans l'ombre d'une crainte. Elle m'intriguait.

En descendant les escaliers, j'entendis deux voix au loin, un homme et une jeune femme. En m'approchant plus près, il me parut évident qu'il s'agissait de mon garde Midaicus et de Gabrielle. Je restai là à écouter leur conversation. Apparemment Midaicus et sa femme s'étaient disputés.
Gabrielle faisait de son mieux pour comprendre le pourquoi de leur dispute. Il lui expliqua qu'il avait trompé sa femme, qu'elle avait découvert sa petite aventure et l'avait menacé. Je me fichais pas mal des problèmes de Midaicus, mais j'étais curieuse d'entendre les conseils de Gabrielle, d'autant qu'elle n'avait pas d'expérience dans ce domaine. Gabrielle lui expliqua que son épouse ne pouvait probablement plus lui faire confiance, que ça demandait beaucoup de travail et qu'il devait lui prouver qu'il était digne de sa confiance.
Elle lui dit aussi qu'il faudrait un certain temps pour que ça revienne. Midaicus demanda à Gabrielle d'où elle tenait cette sagesse, vu son jeune âge. Mes oreilles étaient grandes ouvertes curieuse de connaître sa réponse. Je fus étonnée par celle-ci. Elle lui répondit qu'elle avait eu quelqu'un une fois qu'elle avait aimé plus que tout. Bien qu'ils n'aient jamais été infidèles, ils s'étaient trahis différemment et menti. Je l'entendis lui dire qu'il lui avait fallu beaucoup de temps, de mots et de sacrifices pour que chacun regagne la confiance de l'autre.

Je n'écoutais plus ce qu'elle lui racontait. Une seule pensée cohérente me traversa l'esprit. Gabrielle m’avait menti ... elle avait osé me mentir... elle m'avait dit ne jamais avoir eu d'amant et il s'avérait que c'était faux ... je l'avais entendu de sa propre bouche. Je sentis mon sang battre dans mes oreilles et mon poing se serrer. Elle aller le payer. Je le lui ferais payer. J'allais la faire souffrir comme jamais auparavant, comme aucun homme n'avait jamais souffert. J'en avais presque de la peine pour elle. J'entrai dans sa cellule.

"Sors." Ordonnai-je à Midaicus. Il se précipita dehors comme si Hadès lui courait derrière. Je la regardai. Elle était figée sur place sans respirer, son visage plus blanc que neige.
"Je suis vraiment désolée ..." commença-t-elle, mais je ne la laissai pas terminer. Je lui donnai un immense coup dans le ventre. Elle se recroquevilla de douleur et tomba à genoux.
"Oh ... tu n'as pas idée ..." Lui sifflai-je en l'attrapant par le bras et la traînant par-terre jusqu'au mur. Je lui enchaînai les mains et les jambes, écartelée conter le mur. Je lançai mon chakram et il frôla son oreille gauche.
"Qui c’était?"
"Je ne te dirai jamais comment elle s'appelait!"
"Elle ...c’était donc une de tes salopes d'Amazones, j'imagine."
 Je levai le bras qui tenait le chakram et le lançai de nouveau, cette fois, il frôla son oreille droite dans une gerbe d'étincelle.
"Je te le redemande, comment s'appelait-elle?!" hurlai-je.
"Vas-y, tue-moi, je ne te dirai jamais son nom!" Elle criait, le corps penché en avant.
"Te tuer? Oh non ma douce, tu me supplieras de te tuer avant que j'en ai fini avec toi. Mais je ne te donnerai pas ce plaisir, tu as ma parole." Je tournais ma tête d'un côté à l'autre, mon corps en effervescence.
"Je ne te supplierai jamais" souffla-t-elle sévèrement. Je m'approchai et lui mis mon chakram sous le menton.
"Le temps nous le dira, jeune fille, seul le temps nous le dira" ricanai-je en me retournant vers Chilapa. Je saisis mon poignard et le collai sur la gorge de Chilapa.
"Soit tu me dis qui c'est ou cette folle de Chilapa en pâtira. Ne mens pas jeune fille car je le saurai –comme toujours- d'une manière ou d'une autre. Si j’apprends que tu m’as menti, Je técorche vive et verserai de la cire chaude sur ta peau. " Elle sembla hésiter.
"Alors, jeune fille?" Je criai en appuyant mon poignard plus fort sur le cou de Chilapa.
"Jamais." Dit-elle enfin.
"Très bien alors, adieu Chilapa, espérons que tu apprécieras le voyage."
Je hurlais ces derniers mots à son oreille et lui tranchais la gorge.
Gabrielle se mit à pleurer. Je sortis de la cellule de Chilapa et revint vers Gabrielle. Je pris un mouchoir pour essuyer ses larmes.
"Là, là." lui dis-je, caressant ses courts cheveux blonds. "J'ai son sang sur les mains. Je l'aurais tuée de toute façon. Elle était beaucoup trop bruyante."

Elle me jeta un regard brûlant de haine et je sentis qu'elle recommençait à me craindre Je lui secouais plusieurs fois la tête, m'assurant qu'elle n'était pas évanouie; je voulais qu'elle voit ma rage. D'un rapide mouvement, j’arrachai son soutien-gorge, exposant ses magnifiques seins.

Je reculai de quelques pas pour attraper mon fouet et flagellai ses mamelons. Ses cris étaient assourdissants. La douleur que j'infligeai à ses mamelons était grande, sans pourtant la fouetter de toutes mes forces. Je ne voulais pas qu'elle perde un sein, ni la défigurer.
Elle pleurait, mais je ne m'arrêtai pas pour autant de la frapper, jusqu'à faire saigner ses seins. Juste au moment où elle était à deux doigts de s'évanouir, je m'arrêtai. Mais elle n’avait pas assez souffert. Elle leva lentement la tête et me regarda, des larmes dans les yeux.

Je m'approchai et m'agenouillai devant elle. J’arrachai sa jupe et la jetai derrière mon épaule, exposant ses boucles blondes. Je ne la regardais pas mais elle savait où se dirigeait ma tête. Son corps se raidit et elle s'appuya fortement contre le mur derrière elle, aussi loin de moi que possible. Mais elle ne pouvait fuir ma bouche.
J’écartais ses plis légèrement humides et orientais ma langue sur son clitoris.
"Je vais faire le faire durcir au maximum pour que nous en profitions toutes les deux, jeune fille." Je dis cruellement.

Je lui donnai un long coup de langue. Son corps trembla et s'appuya plus fort contre le mur.
"J'espère que tu en profites autant que moi." lui dis-je en léchant sa fente, puis j’enfonçai ma langue au plus profond de son cœur chaud.
"Tu vas te donner à moi finalement. Pourquoi lutter alors que tu ne peux pas gagner, Gabrielle? Aucun homme ou femme n’a jamais résisté à mes attentions. J'ai beaucoup de talents, tu sais."
Je continuais à la lécher, goûtant le nectar sucré sur le petit nerf. Je le sentis gonfler contre ma langue affamée.

"Peu de gens peuvent s'enorgueillir d'avoir eu la Destructrice des Nations à leurs pieds." Grognais-je d'un ton espiègle en continuant à manipuler son sexe, avalant le liquide chaud qui coulait de son orifice. J'entendis un petit gémissement s’échapper de ses lèvres.
"Oh ... continue ... je veux te boire... Je sais que je te donne du plaisir ... Je sais que tu me veux." Dis-je d'une voix rauque. A ce moment-là, elle se donnait à moi. Son clitoris était dur comme la pierre et son sexe trempé. Elle se cambrait en poussant vers ma bouche aussi fort qu'elle pouvait, ses jambes s'écartant davantage. Son corps montrait une passion sauvage et cette idée m'envoya des spasmes dans l'entrejambe. Je sentais mon excitation couler sur mes cuisses sous ma robe noire.

Je saisis ses fesses à deux mains, le griffant avec mes ongles, poussant son bassin sur mon visage et la pénétrant avec ma langue.
"Dis-moi jeune fille, ton amante était-elle aussi bonne que moi?" lui demandai-je sans lever la tête et sans croiser son regard. Elle ne répondit pas. Pour la punir, j'arrêtai mon assaut.
"Est-ce que ton amante était aussi bonne que moi?" Je demandai plus fort et de façon plus insistante.
"Non, Altesse, tu me baises beaucoup mieux". Cria-t-elle.
 Je fermais les yeux à cette douce musique, même si elle semblait si désespérée.
"Je vais te baiser fort... je vais te baiser comme ça... jusqu'à la fin ... Je te le promets ... tu vas exploser sur mon visage ... "
Je repris mon massage sur son cœur brûlant de désir de plus en plus vite.
"Tu es si près de jouir, je le sens" Je suçais son clitoris, l'entendant grogner et gémir. Elle était au bord ... si près du bord ... c'était une question de secondes avant qu’elle ne vienne. Son corps se raidit et trembla, le sexe contracté, et, juste avant qu'elle n'atteigne l'orgasme, je me reculai, retirant cruellement ma langue de sa chatte. Je ne la laissais pas jouir.
Je la regardai. Son corps se tordait violemment, les yeux grands ouverts, incrédules. Elle se débattait inutilement pour libérer ses mains des chaînes afin de se masturber. Alors, je regardai dans ses yeux verts fiévreux et y lus du désir et de la frustration.
"Donne-moi ... s’il te plaît ... Je t’en supplie." elle était au bord des larmes.
"Pas question, jeune fille, tu vois, c'est ta punition pour m’avoir menti." Je jubilais. Puis je me remis debout.
"Mais tu m'avais promis de me baiser jusqu'à la fin."
"Eh bien, j'ai menti." Je ris et me retournai pour sortir de sa cellule.

PARTIE 2

Parchemin  de Gabrielle


 J'ai fait ce que je m'étais promis.  Me tenir devant elle, céder à mon instinct de survie et à ma peur.  Elle entra dans la cellule et me vit enlacer et réconforter la pauvre Chilapa. Cette vision la rendit folle de rage. Je pense qu'elle me considérait comme sa propriété, et de ce fait, toute mes attentions devaient lui revenir. Je crois qu'elle aimait aussi l'idée que Chilapa n'ait plus toute sa tête et elle voulait s'assurer qu'elle aller rester comme ça.  Elle avait peur que mon contact ramène Chilapa dans un état normal.

 Les yeux de Xena lançait des flammes et sa bouche du poison.  Elle se mit à me frapper violemment, avec ses poings et son fouet, puis elle arracha mon soutien-gorge et libéra mes seins. Je savais qu'elle pouvait me violer, je ne me faisais pas l'illusion cette fois.

 Je ne sais pas d'où me vint la force et le courage de lui hurler dessus qu'elle osait me violer, la traîtant de lâche et me moquant d'elle de ne pas être capable de me prendre sans me regarder dans les yeux. Je n'arrive toujours pas à croire que je l'ai traitée d'impuissante.  S'il y avait quelque chose dont Xena était très fière, c’était son endurance sexuelle.

 J'avais besoin de l'insulter. Non pour le plaisir de la blesser, mais pour lui donner un avant-goût de ses propres punitions, lui donner une idée de ce que ça faisait d'être maltraitée. Je savais que je ne pouvais pas avoir le dessus.  Elle était beaucoup plus forte que moi. Mais je pouvais essayer de la blesser moralement, la briser et la faire réagir.  Il fallait qu'elle se souvienne de ce qu'était un être humain plutôt que la bête qu'elle était maintenant. Je voulais qu'elle soit à ma merci, qu'elle me supplie d'arrêter comme je la suppliais moi-même.

 Je sentis alors quelque chose fondre en elle, se fissurer, mais juste un bref instant.  Elle bafouilla quelques mots en pour riposter, mais elle échoua lamentablement.  Je me forçais à ne pas me sentir désolée pour elle. Je ne pouvais pas me le permettre.

 Je me souviens de lui avoir demandé ce qui l'avait rendu si chienne et en réponse, son poing cogna ma tête si fort qu'il faillit me briser le crâne. J'imagine que je suis allée trop loin.
Je ne me souviens plus comment je suis arrivée dans sa chambre, mais j'étais allongée sur son lit.  J'avais affreusement mal à la tête. C'était comme un lundi matin dans le Tartare.  Elle était assise sur une chaise à côté de moi et me proposa un verre d'eau avec lequel je m'étouffai à moitié. Elle me demanda si je voulais manger mais je refusai. J’avais trop mal pour avaler quoique ce soit.
 Pendant une minute, je crus vraiment parvenir à fissurer le mur de pierre autour de son coeur. Mais elle m'aboya de ne jamais m''adresser à elle par son prénom, ce qui me fit cruellement déchantée.  Je savais que nous étions encore sur un champ de bataille. Quant à la guerre ...  Je lui rétorquai que je la qualifierais de toutes les façons qui me plairaient car je ne la craignais plus.

Elle fut alors prête à discuter. Je lui demandai pourquoi elle s'amusait tant à brutaliser et tuer les gens.  Elle me répondit qu'elle aimait tout simplement ça, sans plus d'explication. J'essayais de l'éduquer, de lui expliquer que n'importe quel imbécile pouvait terroriser les gens. Je finis par l'insulter. Mon instruction n'avait aucun succès. Je me rendais compte que c'était vain. Elle avait besoin d'être apprivoisée. On éduque une personne, mais on apprivoise une bête sauvage.

 Bizarrement, elle me demanda si j'avais un amant. Je jurerais avoir entendu se fissurer une très mince couche de la glace que j'essayais de briser depuis un moment. Il fallait que je lui mente, je n'avais pas le choix, et j'espérais qu'elle ne s'en rendrait pas compte. Au début, elle  ne me crut pas, elle me demanda même si Chilapa n'en faisait pas partie. Je n'avais jamais imaginé à quel point lui cacher un mensonge pouvait être si dur. Heureusement pour moi, elle ne le remarqua pas.

 Elle me proposa de dormir dans une chambre près de la sienne. Autant je voulais vraiment dire oui, je ne pouvais tout simplement pas laisser la pauvre Chilapa là-bas, toute seule.
 Xena ne venait jamais me voir dans ma cellule en pleine journée, mais pour une raison quelconque, ce matin-là, elle me rendit visite. Elle m'entendit parler avec l'un de ses gardes, Midaicus. Lui et son épouse étaient disputés, car il l'avait trompée. J'essayais seulement de l'aider. Je lui parlais de Xena et moi, sans la nommer car il était sous ses ordres et avait besoin de la craindre et de la respecter. Je savais que si je lui disais qui était mon amante, il aurait cessé de la voir comme sa reine mais comme une femme et qu'il aurait fini par perdre tout respect et admiration pour elle. Et ça pouvait lui coûter la vie.
 Je n'étais pas certaine qu'elle me laisserait vivre cette fois. J'étais convaincue qu'elle m'enverrait directement chez Hadès de la façon la plus atroce possible.  Elle exigea de savoir qui était mon amant. Je préférais mourir plutôt que de le lui dire. Je ne m'attendais pas à ce que Chilapa meurt. Je fis mon deuil, sans autre choix. Si j'avais dit à Xena que c'était elle-même mon amante, je n'aurais jamais pu la briser ni l'apprivoiser. Elle se serait servi de mon amour pour elle contre moi et m'aurait écrasée comme un vulgaire insecte. Je ne pouvais pas me le permettre. Le monde connu ne pouvait pas se le permettre. 

Après avoir tué Chilapa, elle revint dans ma cellule et essuya mes larmes. Un instant, je crus qu'elle avait pitié de moi et qu'elle me réconfortait. J'aurait dû me douter.
 Elle me dépouilla de mon soutien-gorge et l'air froid me pinça les mamelons.  Elle les fouetta si fort que je crus qu'elle me les arrachait. Je sentis l'odeur métallique du sang de mes blessures. Elle s'agenouilla devant moi et je sus ce qu'elle allait faire, me prendre avec sa langue. Il n'y avait plus aucun doute, pas cette fois. Elle arracha ma jupe et la jeta derrière elle. J'avais envie d’elle, je mourais de désir Pour elle. La nostalgie que j'éprouvais pour son amour et sa peau me submergeaient. Je ne pouvais pas m'en empêcher, j'étais trop faible et brûlante et elle était trop belle et cruelle. Je capitulais, après une légère et pathétique lutte, pourrais-je ajouter honteusement.

 Elle lécha mon sexe avec frénésie en agrippant mes fesses, me pressant fort contre sa bouche.  C’était un pur bonheur.  Elle m'encouragea de quelques mots, ce qui m'excita davantage. Elle me demanda alors si  mon amante était aussi bonne qu'elle. Je la désirais si fort que je ne relevai pas le défi, mais, d'une certaine façon, je trahissais l'amour que nous partagions avant. Je lui dis ce qu'elle voulait entendre pour qu'elle n'arrête pas le plaisir qu'elle me donnait.  J'avais tellement envie d'elle...
 Elle me promit de tout me donner jusqu'à ce que je vienne. J'étais tellement près de l’orgasme. Je le sentais monter en moi.  Mais, tout comme je lui avais menti, elle fit de même. Elle m'abandonna... Je compris que je ne venais pas seulement de perdre le plaisir de sa langue, je perdais aussi le peu de confiance qu'elle avait en moi.  Maintenant qu'elle m'avait prise en flagrant délit de mensonge, je savais qu'elle ne s'autoriserait plus à me faire confiance.

 Après un moment, la servante de Xena entra dans la chambre. J'avais honte de ma nudité, mais elle ne me regarda pas  dans les yeux, ne voulant probablement pas me gêner plus que je ne l’étais déjà. Elle me libéra de mes entraves et me donna un soutien-gorge et une jupe pour me couvrir. Elle m'aida à m'habiller sans dire un mot.

 "Bonjour, je m'appelle Gabrielle."  me présentai-je en lui tendant la main. Elle garda le silence. Xena lui avait probablement  ordonné de ne pas me parler. A moins qu'elle ne fût muette.
 "Et je suis de Poteidaia." Je l'encourageais à prendre la parole.
 "La fille aînée d'Herodotos et Hécube?" Ses yeux s'écarquillèrent et elle me regarda pour la première fois depuis qu'elle  était entrée.
 "Oui. Est-ce que tu les connais, et ma sœur Lila?" 
 "Oui ma pauvre enfant. Mon mari et moi venons d'un village voisin. Au fait, mon nom est Dana."  dit-elle en me serrant la main.  "Six lunes par an, je travaille comme servante pour la reine et les six autres je travaille avec mon mari dans notre ferme.  L'année dernière, une grosse tempête l'a endommagée. Ton père et ta mère nous ont aidés  à la retaper. Sans eux, nous serions sûrement morts de faim. Nous sommes devenus de bons amis. Ton père nous a parlé de toi une fois. Il nous a dit qu'une guerrière t'avait emmenée et que tu voyageais avec elle. " Je n'en croyais pas mes oreilles.

 "Comment vont-ils?" 
 "Il y a longtemps que je ne leur ai pas rendu visite, mais la dernière fois que je les ai vus, ils allaient bien." 
J'étais  soulagée.
 "La guerrière dont mon père a fait allusion était Xena." 
 "Ma chère enfant, que t'a-t-il donc pris de voyager avec ce démon?"  s'exclama-t-elle.
 "C'était une personne douce et gentille quand je l'ai rencontrée, elle luttait toujours contre son côté obscur, mais sa lumière prédominait. C'était ma meilleure amie. "
 "C’est difficile à croire" elle marmonna.
 "Je sais"
 "Donc, c’était ta meilleure amie ... Alors comment en est-elle venue à te traiter de la sorte?"  Elle posa sa main  sur mon épaule. 
"Je sais qu'elle t'a fait des choses." dit Dana avec hésitation en chuchotant le mot "choses".
 "C'est une longue histoire, mais elle a perdu la mémoire, elle ne se souvient pas de moi. Elle ne se souvient de rien de ce qui est arrivé ces dix dernières années." J'essayais désespérément d'éviter sa remarque sur le viol, en vain. 
 "S'il y a quelque chose dont tu as besoin, dis-le moi et je le ferai. Si tu veux parler, je serai là, même si elle nous interdit de nous voir. Je suis redevable à tes parents, Gabrielle, je t'aiderai toujours du mieux que je pourrai. " 
 "Elle me garde isolée; je voudrais que tu me racontes comment elle dirige Britannia." 

 Dana me raconta que tout ce que faisait Xena, ses lois, ses meurtres, les gens qui disparaissaient la nuit, comment ils étaient retrouvés le lendemain, tout. Je ne parviens pas à décrire avec des mots la douleur et l'horreur que je ressentis quand la servante de la reine me raconta.
 "A-t-elle fait à d'autres femmes ce qu'elle m’a fait?" demandai-je en regardant ailleurs. Je savais qu'elle avait entendu ma question.
 "Je ne sais pas si c'est vrai mais les gens parlent"

 Mon coeur se serra. Elle avait osé fouiller d'autres corps de femme, sans m'être fidèle.  Elle prenait ce qu'elle voulait d'elles de force et les violait. Je me sentais blessée, en colère, dégoûtée, et voulais la tuer.
 "Oh dieux!" Rétorquai-je sourdement.
 "Je dois monter dans sa chambre, mon enfant, j'essayerai de venir te voir aussi souvent que possible"
Et elle monta à l'étage. Deux gardes verrouillèrent la porte de ma cellule avant d'entrer dans celle de Chilapa pour traîner son corps à l'extérieur. Ils nettoyèrent la cellule de son sang avant de partir.Je priais pour qu'elle ait une sépulture convenable.

 Ce fut une longue journée. J'étais trop fatiguée pour penser à tout ce que j'avais appris sur Xena.  J'avais besoin de  dormir et décidais de réfléchir à un nouveau plan le lendemain.
 Au milieu de la nuit, alors que que je dormais, je la sentis. Je sentis sa présence dans ma cellule. Je me réveillais en ouvrant brusquement les yeux. Mon coeur battait à tout rompre et j'essayais de me détendre et de respirer profondément, mais je vis deux points bleus brillants illuminés l'obscurité.  Je haletai et eus l'impression que mon cerveau était expulsé de mon corps. Je me mis à hurler de façon incontrôlée.  Xena était assise dans le noir, m'observant. Je me calmais progressivement et arrêtais de crier. Pourvu qu'elle n'ait pas entendu ma conversation avec sa servante. J'espérais qu'elle venait finir ce qu'elle avait commençé plus tôt.
 "Bonjour."  Dit-elle d’une voix froide.  Je ne répondis pas, décidée à attendre pour savoir exactement ce qu'elle voulait de moi.

 "Alors, tu ne me parles pas..."  Elle était amusée. 
 "Toujours en colère contre moi à cause de mon petit numéro… ne pas t'avoir laissée ...exploser."  Elle souriait, disant le mot "exploser" d'une voix rauque.  Je ne prononçais pas un mot.
 "Eh bien, je voulais juste te faire savoir que demain, à l'aube, je vais prendre la Grèce. Je vais la conquérir. Il me faudra une lune à priori. Ne prends pas cet air ravi, Reine des Amazones, car je ne te laisse pas là, tu m'accompagnes en Grèce. Tu ne te débarrasseras pas de moi aussi facilement" Elle parlait d'une voix froide.
Elle se leva, alluma une torche et s'approcha du lit de pierres sur lequel j'étais couchée.
 "Je laisse mon commandant en second comme consultant en Britannia, il la dirigera en mon nom. "
Elle se courba vers moi. " Je vais devenir la Conquérante du  monde, la Destructrice des Nations, la dirigeante de la Terre."
Elle resta près de mon visage un long moment comme si elle observait mes réactions. Sa déclaration ne me surprenait pas, je savais que c'était une question de temps avant qu'elle ne commence à conquérir le monde connu.  S'il y avait quelqu'un capable de le faire, c'était bien Xena d'Amphipolis. 
Elle se leva et quitta ma cellule.
                                                                      ********

 A l'aube, tout comme elle l'avait dit, deux de ses gardes m'escortèrent dans la salle principale de sa forteresse. Je vis une cage de fer au milieu, entourée de dix soldats. Je savais que c'était pour moi.  Puis, j'entendis ses orateurs annoncer son arrivée. Xena, reine de Britannia, du moins pour le moment, pénétra dans la grande salle.  Ses soldats la saluèrent.  Elle était vêtue d'une robe noire avec une longue cape. Au-dessus de sa robe, elle portait une armure d'or brillante. Son épée était suspendue au-dessus de sa cuisse gauche et son chakram à droite.  C'était la plus belle chose que j'avais jamais vue de ma vie.  Elle était magnifique, à couper le souffle. Je  ne pouvais m'empêcher de la fixer et un excédent de salive me montant aux lèvres, je déglutis difficilement plusieurs fois.

 "Mets la prisonnière dans la cage. Dix gardes autour tout le temps. Que rien ne lui arrive. Si je découvre un cheveux en moins, ou si elle est abîmée, les gardes et leurs familles seront exécutés de mes propres mains." Elle pointa son index sur moi, ses yeux bleus me transperçant.

 "L'autre cage est-elle prête, commandant?"  Demanda-t-elle au géant qui se tenait à sa droite.
 "Comme tu l'as ordonné, Majesté." Il inclina la tête.
 "Très bien, allons-y"

 Elle se dirigea vers les portes de la forteresse, ses hauts commandants derrière elle.
 Je fus placée dans la cage et dix gardes me transportèrent. Les portes de la forteresse s'ouvrirent et la lumière du soleil m'éblouit. Je me cachai les yeux avec mes paumes, ayant l'impression d'être aveugle.  Mes yeux n'avaient pas vu les rayons du soleil depuis près de trois lunes. Cela me prit un certain temps pour m'adapter, mais j'y parvins.

 Quand je pus enfin regarder normalement, je vis des dizaines de milliers de soldats et de chevaux répartis sur le terrain, de ce que je pouvais en voir. Je fus surprise et la voix ma manquait. Quand ils virent Xena, ils rugirent son nom:  "Xena la Conquérante " Elle sortit son épée et la brandit au-dessus de sa tête comme pour les exciter.

 Son immense armée se mit en marche, commençant son voyage en Grèce.  Ma cage fut installée sur un chariot et, moi aussi je partis pour la Grèce.  Après plusieurs heures, son armée fit une halte à son commandement. Elle est tellement impressionnante, me suis-je dit. A côté de la charrette qui transportait ma cage, s'arrêta un autre chariot avec une petite cage dans laquelle se trouvait un petit garçon, pas plus vieux que dix étés. J'étais dégouttée à l'idée qu'elle prenait comme prisonniers de jeunes enfants.
 "Salut." lui chuchotais-je.  "Comment tu t'appelles?" Je m'étais avancée au plus près de sa cage. Je lui souris pour lui montrer qu'il pouvait avoir confiance en moi.  Il ne répondit pas.
 "Mon nom est Gabrielle, et je suis de Poteidaia" je lui dis en souriant toujours.
 "Je m'appelle Millus, madame."  Dit-il enfin.
 "Bonjour Millus, c'est un plaisir de te rencontrer, j'espère que tu me laisseras être ton amie."  Je lui dis en essayant d'attraper sa main malgré les barreaux de fer, sans y parvenir.
 "Pourquoi est-ce que sa majesté t'a mis en prison?" 
 "Elle m'a surpris en train de voler dans une de ses granges. J'avais faim." 
 "Où sont tes parents?"
 "La reine les a tués, madame."  Dit-il tristement et doucement.
 "Je suis désolée, mais tu n'es pas seul Millus, je suis ton amie ... tu le sais, je suis barde, je peux te raconter des histoires si tu veux."
J'essayais de le rassurer et de lui donner un peu d'espoir.

 "Merci, madame, vous êtes gentille."  Et il sourit.
 "Merci aussi... et c'est Gabrielle, pas madame."  Je le corrigeai doucement.
 "Gabrielle".  Il dit et me sourit de nouveau.  Son visage et ses vêtements étaient sales.  Ses bottes avaient plus de trous que je n'aurais pu en compter. Je me sentais tellement triste pour Millus, mais je ne savais pas encore tout.
 "Je ne me souviens pas t'avoir entendu dans les donjons, où sa majesté te garde-t-elle?"
 "Sa Majesté me met en cage dans la cuisine, tu vois, je suis son goûteur".  Il m'expliqua: "Sais-tu ce qu'est un goûteur, Gabrielle? "Il répondit à sa propre question avant que je puisse ouvrir la bouche." Sa Majesté m'a expliqué que mon  travail consistait à être son goûteur, ce qui signifie que je dois vérifier que sa nourriture n'est pas empoisonnée.  Elle dit ne pas s'inquiéter, pourtant je suis son goûteur et je suis connu dans tout le royaume."

Il me regarda et ajouta:
"Sais-tu  pourquoi? Parce que depuis que tout le monde sait qu'un enfant goûte ses plats, personne n'osera empoisonner sa nourriture et causer la mort d'un petit garçon."
 "Je suis vraiment désolée" murmurai-je.
 "Ce n'est pas si affreux, Gabrielle, au moins je peux manger trois fois par jour." 
 Je ne savais pas combien encore de ses actes monstrueux j'allais pouvoir supporter.
 "La voilà."  Murmura-t-il avant d'aussitôt incliner la tête.
 Elle s'approcha de nos cages, Dana à ses côtés, qui portait trois assiettes de viande et de pommes de terre.  Elle s'arrêta devant la cage de Millus, prit une assiette de la main de sa servante, ouvrit la cage de Millus et poussa l'assiette sous son menton.
 "goûte".  lui ordonna-t-elle

 Il obéit. La Reine attendit quelques instants pour vérifier les signes d'intoxication, et, n'en trouvant pas, Mangea tranquillement. Après avoir nettoyé le plat, elle prit une autre assiette de sa servante et la poussé de nouveau sous le visage de Millus.
 "Goûte aussi la nourriture de Gabrielle." 
 "Non!" m'exclamai-je.  "Si quelqu'un empoisonne ma nourriture, qu'il en soit ainsi. Je préfère mourir que de regarder ce petit garçon mourir, son sang sur mes mains. " dis-je en attrapant les barreaux.
 "D'abord, ce n'est pas ta décision. Deuxièmement, qui voudrait t'empoisonner de toute façon? Troisièmement, ce n'est pas la première fois que le petit Millus goûte ta nourriture, et quatrièmement, je dois te dire que je suis touchée par ta compassion." Et elle s'esclaffa d'un rire ignoble.
 Après que Millus ait goûté ma nourriture, sa servante me remit une des deux assiettes et donna la troisième à Millus.  Elle accompagnait ses gestes de regards.
 "Dans quatre jours, nous serons sur le sol grec." Me dit alors la reine avant de faire demi-tour et de s'éloigner.
 Après la pause déjeuner, Xena remonta à cheval et galopa à la tête de son armée.

                                                                        *********

 L'obscurité nous avait envahis et la reine posta des gardes et envoya des éclaireurs et des espions. J'aimais la façon dont elle donnait des ordres à ses officiers et ses soldats.  C'était étonnant de la voir diriger des milliers d'hommes.  Elle était si forte, si intimidante, et si incroyable. Sa façon de se tenir avec autorité, pouvoir et grâce. J'étais  abasourdie et hypnotisée.  Je l'admirais en secret, à peine capable de lever les yeux de son ravissant décolleté.  J'avais tellement peur qu'un de ses soldats me voit la regarder comme ça.
 Trois de ses soldats préparaient sa tente. Elle ordonna que ma cage soit installée à côté du feu de camp.  Elle posta deux gardes pour surveiller ma cage.  Assise devant le feu, les flammes dansaient sur son visage de façon irréelle.

 "Alors, comment était ta journée Gabrielle?" Je ne savais pas quoi en penser.  Etait-elle sarcastique ou posait-elle vraiment la question?
 "Ca s'est très bien passé, Majesté."
 "Je t'ai vue me regarder, jeune fille." 
Elle ne dit pas cela de façon cruelle ou méchante, mais plutôt avec amusement.
 "J'étais très impressionnée par la façon dont Sa Majesté mène ses hommes."  dis-je avec étonnement. Je savais que je Stimulais sans vergogne son ego.
 "Je te l’ai dit, Gabrielle, la meilleure façon de diriger le peuple, c'est de lui faire peur."  Dit-elle avec conviction.
 "Sans vouloir t'offenser, Majesté, tu peux diriger autrement qu'avec la peur. D'ailleurs, la peur est une émotion très peu fiable. Elle pousse les gens à faire des choses inattendues.  La peur a fait perdre la tête à Chilapa".
 "Ca marche avec la plupart des gens, je garde un oeil sur les autres." marmonna-t-elle.
 "A ton avis, quel est-ce le meilleur moyen de dominer un peuple? "
 "Eh bien, je ne pense pas qu'il faille le dominer. Cependant, si tu prends soin d'eux, es gentille avec eux, ils te remercierons et te suivrons de leur plein gré. Sois bonne, et ils t'admirerons " lui proposais-je, la regardant à travers les barreaux. Elle se mit à rire.
 "Tu es naïve, Reine des Amazones. Cela ne marche que dans tes rêves, pas dans la réalité. Les soldats ne me suivent pas dans les guerres juste parce que je suis gentille."

Elle était tellement amusée qu'elle en devenait presque adorable. Nous nous assîmes un moment. Elle prit son épée et commença à l'aiguiser avec une pierre.  Ce bruit familier me ramena dans le passé.  S'il n'y avait pas eu les barreaux, j'aurais pu me sentir comme au bon vieux temps.  Je visualisais presque Xena étalant notre couverture sur le sol avant de se déshabiller. Allongée, elle m'invite à la rejoindre. Je m'imagine la rejoindre, nue également.  Elle me prend dans ses bras et je lui murmure doucement: "Entre en moi, ma Championne." Comme je le faisais toujours avant que nous fassions l'amour.

 Xena se leva et entra dans sa tente. Je m'allongeai sur le sol et mis mes mains derrière ma tête. Après un moment, je vis Xena sortir de la tente, vêtue d'une tunique blanche,une épaisse couverture en laine dans les mains. Elle s'approcha de ma cage et l'ouvrit.
 "Couvre-toi avec ça."  Elle me jeta la couverture "La nuit va être très froide".  Elle se tourna et allait rentrer dans sa tente.
 "Puis-je demander à Sa Majesté de donner cette couverture à son testeur? C'est un enfant, j'ai peur qu'il attrape froid" Elle hésita un instant et me fit face.
 "Très bien, il aura une couverture. Tu gardes celle-là"
 "Je te remercie, Majesté." Mais elle ne répondit pas.
 Je lui souhaitais une bonne nuit.

                                                                     *******

 Le lendemain, un des gardes me réveilla pour me dire que nous allions partir.  Les gardes chargèrent ma cage sur la charrue, et bientôt je sentis les cliquetis sur le sol. La cage de Millus était nettement plus loin derrière, et je ne pouvais plus discuter avec lui.

 Le garde qui m'avait réveillée, remarquant probablement à quel point j'étais embêtée par ces quelques heures de route sans quiconque à qui parler, commença à discuter.  C'était un très bel homme, grand, musclé, les cheveux et les yeux de la même couleur que les miens. Il se présenta à moi sous le nom de Derron et me raconta diverses choses sur lui, ses parents, être un soldat dans l'armée de Sa Majesté et bien d'autres choses.  Il était charmant et amusant et m'aida vraiment à faire passer le temps plus vite et plus agréablement.  Nous étions tellement pris par notre conversation que nous ne nous aperçûmes pas que l'armée s'était arrêtée pour se reposer un peu et manger. 

Malheureusement, nous ne vîmes pas non plus approcher la conquérante. Il était en train de me caresser la main pour me réconforter d'être la prisonnière de la Conquérante. C'est alors qu'elle se montra. Sans avertissement, elle attrapa le pauvre Derron par les cheveux et le mit à genoux.

 "Lève-toi et jette tes armes." lui cria-t-elle.  Son armée s'arrêta au son de sa voix enragée.
Il obéit.
 "Quel est ton nom, soldat?" cria-t-elle en le regardant.
 "Derron, Majesté."  sa voix tremblait.
 "Tu vas être puni, petit enfoiré!"  Gronda-t-elle "Sais-tu pourquoi?"
 "Non, Majesté"
 "Pour tenter de séduire ma prisonnière, soldat."  Elle était penchée et lui criait dans l'oreille.
 Elle fit voler son épée et lui coupa les bras. Ses cris de douleur déchiraient mes oreilles. Je commençais à sentir mon cœur s'épaissir à force d'assister à ses actes inhumains.  Je savais qu'il ne cherchait pas à me plaire, mais je savais qu'il n'y avait aucun moyen de la raisonner.
 Elle ramassa les bras, prit une corde et les attacha aux barreaux de ma cage, comme un rappel à ses soldats de ne même pas songer à me regarder.

 "Vous avez une marque de bougie pour manger et vous reposer. Bougez-vous. Le spectacle est terminé."  Ordonna-t-elle à son armée. Ils obéirent.  Puis elle se tourna vers moi.
 "Quant à toi jeune fille, ne crois pas que je t'ai oubliée. J'ai prévu un traitement spécial, cruel et douloureux, juste pour toi." Grogna-t-elle avant de s'éloigner.

                                                                        ********

 Xena et son armée parvinrent en Grèce en quatre jours, tout comme elle l'avait prévu. Elle avait conquis chaque village, chaque domaine, chaque province, tout.  Elle avait conquis l'immense et magnifique palais d'Agripa, tuant tous ceux qui lui résistaient. Inutile de dire qu'elle tua Agripa. C'était un homme méchant qui exploitait ses villageois. Aucun doute ne me traversa l'esprit, quoique… ces villageois avaient un avant-goût de leur nouvelle Conquérante, Xena, ils allaient bientôt regretter l'époque où Agripa les dirigeait.

En deux semaines, Xena conquit plus de la moitié de la Grèce. Même si elle avait le palais d'Agripa, elle ne m'y installa pas.  Elle me traînait avec elle d'un champ de bataille à un autre, me forçant à la regarder tuer des centaines, non,  des milliers de personnes. Je dois admettre que la regarder combattre était passionnant, sa façon de bouger, ses muscles fléchis, son expression, et sa passion. C'était comme si elle dansait une danse mortelle au son des tambours de guerre.
 Au vingt-deuxième jour de guerre, nous arrivâmes à Poteidaia.

 Parchemin d'Hécube

 C'était un jour tranquille à Poteidaia. Paisible jusqu'à ce que Xena entre dans notre village, et dans notre maison.

 Son armée était gigantesque. Nous fûmes assez intelligents pour nous rendre sans résistance, évitant toute effusion de sang.  Nous savions qu'elle allait arriver. La rumeur de ses conquêtes voyageait tel le feu à travers un champ d'épines.  Mon mari et moi ne savions pas ce qui était arrivé à Xena. Nous savions que quelque chose clochait avec elle. Du moins, c'est ce que je suspectais. Mon mari disait que Xena dévoilait enfin sa monstruosité, son vrai visage. Il maintenait que Xena était le mal, qu'elle portait un masque pour cacher sa vraie personnalité, sa véritable nature. Il m'avait prévenue qu'elle faisait cela parce qu'elle courait après notre fille, Gabrielle.

 Je ne le croyais pas à l'époque, et je ne le crois toujours pas maintenant. Je voyais bien l'amour dans ses yeux quand elle regardait ma fille aînée. Je sais que c'était sincère, personne ne pouvait dire le contraire. Quelque chose de terrible lui était arrivé.

 Elle attaqua Poteidaia à l'aube. Après plusieurs heures, sa conquête fut complète.
 Il était midi. Mon mari, Lila (mon autre fille) et moi-même, étions assis à table pour le déjeuner. Xena fit irruption chez nous.  Mon mari bondit sur ses pieds et attrapa son épée appuyée contre le mur. Avant qu'il ne touche Xena, elle lui avait mis son épée sous le menton.

 "Allez, le vieux, tu sais faire mieux que ça ..." déclara-t-elle avec conviction. Lila se serra contre moi.
 "J'ai eu beaucoup de mal à vous trouver. Personne dans Poteidaia ne voulait me dire où se trouvait la maison d'Herodote et Hécube"
Ses mots n'avaient aucun sens, elle était venue chez nous pas mal de fois dans le passé. Elle était censée savoir où nous habitions. Pourquoi donc avait-elle demandé?

 "Où est Gabrielle?"  exigea mon mari. Xena recula et fit un signe de la main à un soldat qui se trouvait dehors.  Son soldat nous amena notre Gabrielle, attachée à une laisse reliée à un collier autour de son cou. Xena attrapa la laisse et tira Gabrielle plus près d'elle.
 "Tu as l'air plutôt sympathique, Hécube."  Elle se tourna pour me parler:  "Je vais donc rendre les choses sympathiques et simples pour toi." 
Elle se rapprocha de moi et enveloppa son bras autour de mes épaules comme si nous étions amies depuis de longues années.  "Une femme de ma stature a, dirons-nous, toutes sortes de "besoins" -tu me suis, Hécube? " Mon coeur manqua un battement. Je ne voulais pas croire qu'elle disait ce que je pensais qu'elle disait.

 "Je ne suis pas sûre de comprendre." Dis-je.
 "Très bien, puisque tu insistes, je vais être directe. Je cherche une esclave de corps, une prostituée - maintenant tu comprends mieux?"  Elle se moquait et souriait, cherchant la réaction de mon mari.
 "Par les dieux!"  S'exclama Lila.  Xena se retourna aussitôt et fixa Lila dans les yeux.
 "Lila, je présume."  Elle marcha vers elle et glissa la pointe de son épée sous la robe de Lila pour la soulever et exposer ses jambes et sa taille.

 "Laisse-la tranquille!"  Cria Gabrielle. Lila était figée de peur et d'humiliation. Xena tira la laisse, ce qui Lui tordit la tête.  "Silence!"  Glapit-elle.
 Xena s'approcha de moi.
 "Je dois te la prendre, Hécube, bonnes filles que tu as élevées là" Elle hocha la tête.  "Et comme je vous aime bien, toi et ta petite famille, je serai généreuse avec toi, je te laisse choisir. "
 "choisir quoi?"  Demandai-je.
 "choisir laquelle de tes belles filles sera ma putain."  Elle explosa d'un rire diabolique.
 "Choisis-moi mère, je pars avec elle."  Dit Gabrielle en se tournant vers moi. Elle n'hésita pas une seconde.

 "Non, choisis-moi maman."  Rétorqua Lila peu de temps après.
 "Les filles, les filles, il y a beaucoup de moi pour tout le monde, vraiment, il y en aura pour toutes les deux. Pas besoin de vous battre. " La conquérante sourit. Elle était tellement contente d'elle.
 "Je ne peux pas choisir." 
 "Tu n'as pas le choix. Soit tu choisis, soit je réduis en esclavage les deux, mais je tue aussi ton mari." 
 Je pleurais. Lila pleurait et mon mari se tenait droit.  Gabrielle me regarda et dit:
 "Choisis-moi, mère, tu sais que j'irai bien. Je ne te blâmerai jamais pour ça, tu n'as pas le choix et tu le sais." 
Je serrai très fort ma Gabrielle jusqu'à ce que la Conquérante nous arrache l'une de l'autre.
 "J'ai changé d'avis." Dit-elle tout à coup.  "Je ne veux pas de Gabrielle, elle n'est pas drôle, pas docile et pas assez obéissante. Lila, par contre ..." Sa voix se fit traînante.
 "S’il te plaît, Conquérante, prends-moi. Je ferai tout ce que tu voudras. Je le jure. Je ferai tout ce que tu souhaites." 

Gabrielle se jeta aux pieds de la Conquérante, la voix brisée.  "Je t'en supplie, je te donnerai tout ce que tu désireras. Je n'aurai pas besoin de beaucoup de formation.  J'ai de l'expérience pour donner du plaisir charnel à une femme, Lila n'y connaît rien et je serai beaucoup  mieux qu'elle. "

Elle baissa la tête jusqu'à ce que son front touche les pieds de la Conquérante. Voyant ma Gabrielle comme ça, prononcer ces mots, me donna l'impression que quelque chose mourait en moi ce jour-là.
 "Très bien, je te prends, Gabrielle, et épargne ainsi l'innocence de ta soeur ... je te punis juste toi et ta famille pour avoir flirté avec mon soldat. " Elle regarda Gabrielle.

"Debout, esclave! "  lui cria-t-elle en tirant sur sa laisse, étouffant légèrement ma si belle fille. Gabrielle attrapa son collier autour de son cou et se leva.
 "Maman" la Conquérante s'adressait à moi "Je pense que nous avons une gagnante."  Elle éclata de rire.  Avant de se tourner pour sortir de la maison, elle ajouta:
 "Ne t’inquiète pas pour elle, je la traiterai comme une rougissante épouse."  Elle attrapa la poitrine de ma fille, moula ses mamelons à travers le tissu, avec une expression de maîtresse du Tartare. 
"Vous pouvez reprendre votre déjeuner maintenant. " Elle sortit enfin, ma fille traînant derrière elle comme une chienne.

 "Look, I’m standing naked before you,
Don’t you want more than my sex?
I can scream as loud as your last one,
But I can claim innocence. "
Tori Amos

Parchemin de Gabrielle


 Notre visite à mes parents fut l'expérience la plus dégradante de ma vie.  Sa manière de nous regarder, ma soeur  Lila et moi, comme si nous étions des marchandises sur un marché. La position où elle mit ma mère - choisir laquelle de ses filles seraient réduites à l'esclavage sexuel par un animal dans le corps d'une femme.  Et la tête de mon père… il avait l'air tellement démuni.  Le voir ainsi me brisa le coeur. Je ne pouvais même pas imaginer à quoi ils pensaient et ce qu'ils ressentaient pour leur fille devenue la putain de cette femme. Je me souciais profondément de leur culpabilité.  J'espérais que ma mère m'avait crue quand je lui avais dit que je ne lui en voulais pas. Je n'ai jamais su avec certitude si ma mère était au courant de la véritable nature de la relation entre Xena et moi. Nous étions amoureuses, et pas seulement les meilleures amies du monde.  Quand je l'avais assurée que tout irait bien pour moi et quand je lui avais dit avoir de l'expérience dans l'intimité avec une femme, j'espérais  elle comprendrait mon allusion, que le fait d'être sexuellement intime avec Xena n'était pas nouveau pour moi. Je ne pouvais pas être plus directe qu'avec cet indice. J'avais peur que Xena s'en prenne à elle.

 Après avoir vu mes parents à Poteidaia, la Conquérante m'installa dans son beau et immense palais, appartenant auparavant  à Agripa. Elle m'installa dans une chambre près de la sienne et me prévint de ne pas sortir du palais sous peine de retourner chez mes parents et de les tuer.  Elle me força à lui donner ma parole, ce que je fis.  Je n'avais pas l'intentions de m'enfuir, indépendamment de mes parents. Je n'avais pas encore atteint mon objectif, la faire tomber amoureuse de moi.  Elle me dit que son travail n'était pas encore terminé, qu'elle devait partir avec son armée pour mettre la Grèce à genoux.  Elle ajouta qu'elle serait absente une demi-lune ou plus, et sortit.

Pendant son absence, je parcourai librement son magnifique palais, faisant connaissance avec les cuisiniers, les femmes de chambre,  les jardiniers, les gardes et tout son personnel ainsi que leur famille. Tout ses domestiques étaient très gentils avec moi. Je pense que c'était en partie parce qu'ils connaissaient mon rôle auprès de la Conquérante et qu'ils avaient pitié de moi. Ce n'était pas très dur à comprendre vu qu'ils vivaient dans le quartier des serviteurs, où j'étais moi-même installée, dans la chambre à côté de la sienne.

 Devenir amis avec les enfants du palais fut bien plus facile que de se lier d'amitié avec leurs parents.  Une fois, après  avoir tous dîné dans la salle à manger des serviteurs, je réunis tous les enfants, y compris mon jeune ami, Millus, et sortis dans les jardins.  Les enfants s'assirent dans l'herbe, au soleil, en cercle autour de moi, et je le leur racontai  mes aventures avec la princesse guerrière.  Ils aimaient beaucoup mes histoires.  Je jouais avec eux et leur racontais des histoires. Je commençais même à leur apprendre à lire et à écrire, jusqu'au dîner.

 Le matin, les enfants étaient affairés à leurs tâches, tout comme leurs parents. J'écrivais parfois sur mon parchemin dans ma chambre, ou bien aidais les jeunes ou leurs parents dans leur travail.
Chaque jour, nous recevions au palais des nouvelles de la Conquérante sur ses conquêtes et ses succès à la guerre. On apprit que la Conquérante allait rentrer dans une lune et non une demi-lune comme je le croyais.

 Je sais que je ne le devait pas, mais j'étais tellement fière d'elle.  Elle était si courageuse, puissante et charismatique.  Je devais régulièrement me ressaisir , me répéter qu'elle se battait pour le pouvoir et le contrôle, et non pour la paix, qu'elle tuait des innocents.  Je ne voulais même pas Imaginer ce qu'elle faisait aux femmes.
 Elle me manquait terriblement, ne l'ayant pas vue depuis près d'une lune. Mais je savais ce qui allait se passer à son  retour.  Elle allait me prendre de toutes les manières possibles jusqu'à ce que j'ai l'impression que le Tartare avait explosé.  Elle aurait soif de désir et aurait besoin de se décharger, se libérer.

 La veille du retour de la Conquérante, Dana et moi étions assises sur le balcon de ma chambre et discutions.  Elle m'expliqua ses craintes sur le fait que j'étais devenue son esclave de corps. Je lui répondis que je m'en doutais.
 "Ca doit être terrible pour toi." 
 "Ca a du être terrible pour mes parents. Encore maintenant." 
Je lui racontais ce qui s'était passé chez eux.  Elle était navrée pour ma famille et moi, et malade d'inquiétude pour son mari.  Elle avait peur qu'il soit tué à la guerre.  Elle priait les dieux pour que la Conquérante le ramène au palais  Sain et sauf.  Elle soupira très fort et me dit que les chances que cela se produise étaient minces. Je lui répondis qu'elle ne devait pas perdre espoir.
 "Cher enfant."  Elle me caressa le visage de ses doigts froids.
 "Tu ne devrais pas t'inquiéter pour moi, Dana. Je crois pouvoir survivre à la Conquérante le corps de l'esclave."
 "Tu ne te rends pas compte de ce que tu dis, Gabrielle."  
 "J'ai survécu à son viol" 
Après un silence, elle se tourna vers moi.
 "As-tu jamais été avec un homme, Gabrielle?" 
 "Je dois t'avouer. Avant de continuer, tu dois me jurer que tu ne répéteras à personne ce que je vais te dire.  Ca me coûterait la vie. "
 "Je le jure."  Dit-elle, la main droite sur le cœur.  Je me penchai vers elle et lui murmurai à l'oreille:
 "J'ai été mariée une fois. Il s'appelait Perdicus. Il a été assassiné après notre nuit de noces par une femme appelée Callisto.  Xena a tué Callisto pour moi et m'a réconfortée."
 "Je suis vraiment désolée."  dit Dana sincèrement.
 "L'eau est passée sous les ponts. Ne dis à personne que j'ai été mariée avec lui. Si la Conquérante l'apprend elle tuera sa famille.  Pour une étrange raison, elle est très possessive avec moi" Je conclus en me levant.  Elle fit de même et me regarda.
 "Tu as une belle âme, Gabrielle." 
 "Tu es très gentille Dana." 

Elle me souhaita une bonne nuit et retourna dans ses quartiers.

                                                                           *********

 La Conquérante revint au palais peu après la tombée de la nuit.  Dès son arrivée, Dana lui prépara un bain, remplit la grande baignoire que la Conquérante avait dans sa chambre; un bain chaud, vaporeux, avec une concoction à base d'herbes et de lila. Elle l'aida à enlever ses vêtements ensanglantés. La Conquérante me convoqua dans sa chambre.

 "Gabrielle, la Conquérante est de retour dans son palais après avoir conquis la Grèce."  dit Dana en entrant dans ma  chambre.
 "Elle est là?" lui demandais-je en me levant de la table où j'écrivais.
 "Oui, ma brave enfant, elle te demande." dit-elle avec une expression sérieuse. "je prierai  pour toi ce soir." Murmura-t-elle avant de quitter la chambre.

 Par les dieux, elle est de retour, de retour après une lune et demi de guerre.  Elle va avoir faim ce soir, elle va être brutale ce soir. Je me rappelais très bien les nuits où nous faisions l'amour lorsque nous étions ensemble, en particulier les nuits après que Xena avait combattu et tué les malfrats ou autre seigneur de guerre. Elle se lavait du sang et de la sueur dans un lac à proximité et venait me voir. Je savais à son expression et à son regard qu'elle Avait besoin de se libérer. Ces nuits-là, elle n'était pas douce, elle me déshabillait de ses mains vigoureuses, m'embrassait durement et vite, sa langue plongeant avec dureté dans ma bouche. 

Elle s'allongeait sur moi, m'attrapait les poignets, tirait mes mains au-dessus de ma tête. Elle me malmenait, me faisait un peu mal, laissait de petits bleus sur ma peau à force de me sucer et de me mordre. J'aimais sa dureté et son puissant amour, une sensation de plaisir et de douleur, une douleur agréable. Elle ne m'avait jamais battue ni fouettée, n'avait jamais été cruelle ou sans pitié. Je sentais bien qu'elle voulait être brutale mais qu'elle se retenait, essayant désespérément de se contrôler, d'éloigner sa soif de désir de peur de me blesser.  J'essayais de l'en dissuader plusieurs fois, de se laisser aller, d’être elle-même, de donner. Je l'enjoignais à me prendre comme elle le voulait, comme elle en avait besoin, la convaincre que j'étais assez forte et pas aussi fragile qu'elle le supposait. Je lui disais que c'était aussi ce que je voulais, mais elle refusait et finissait par me dire que je ne savais pas à quoi je m'exposais. Avec le temps, j'avais abandonné et cessé de quémander.

 Je savais tout cela quand elle revint de la guerre, qu'elle n'essaierait pas de se contrôler. Je savais qu'elle ne se priverait pas à cause de moi. Elle allait expulser sa soif de sang sur mon corps, sans y réfléchir à deux fois.
 
                                                                                    *******
 "Tu es là pour obéir à tous mes ordres, j'attends de toi que tu sois soumise et obéissante, je demande un abandon total, Parle seulement quand on te le demande. Rappelle-toi, tu es là pour me servir, pour mon seul plaisir - donc, tu n'es pas autorisée à jouir pendant le service. En aucun cas tu ne dois me toucher, excepté mon sexe,  avec tes mains.  Quand tu es allongée sur le lit, tu dois prendre la position de l'"aigle", jambes et bras écartés. Prendre un bain avant de t'exécuter. Tu dois être à ma disposition tout le temps, et me regarder pendant ton service est interdit. "

 Ce furent les instructions qu'elle me jeta au visage en entrant dans sa chambre.
 Quand je suis entrée dans son immense chambre, elle ne s'y trouvait pas. Je me suis levée pour l'attendre. Après une marque de bougie, elle fit irruption et me jeta ses instructions au rythme des tambours de guerre. Après cela, elle me demanda:
 "Est-ce clair?"
 "Oui, Conquérante."
 "Tu as besoin d'éclaircissements?"
 "Non, Conquérante."
 "Désobéis-moi et tu seras sévèrement punie."
 "Bien sûr, Conquérante."
 "Maintenant, va et prépare-toi. Reviens dans une marque de bougie. Va!"  Elle leva la main et pointa son index sur la porte.

 Je quittais sa chambre en hâte, pris un bain avec du jasmin pour lui faire plaisir et la rendre peut-être plus douce.  J'espérais qu'elle me trouve à son goût. J'étais excitée et effrayée. Je ne l'avais pas vue depuis une lune et je me languissais d'elle.
 Quand je l'avais vue dans sa chambre, elle était couverte de sang.  Elle avait l'air de sortir d'un abattoir sans avoir porté de tablier. Je me lavais soigneusement et après une marque de bougie, retournai dans sa chambre. Elle était déjà là, sur son immense lit.  Elle portait un léger pantalon de cuir noir et un soutien-gorge, sa longue chevelure noire mouillée. Elle avait évidemment pris aussi un bain. Elle était incroyablement excitante.

 "Viens ici." Ordonna-t-elle calmement. J'obéis, les yeux fixés au sol.
 "Assieds-toi sur le lit."
 Je m'assis et elle se mit devant moi, son entrejambe devant mes yeux.
 "Déboutonne mon pantalon lentement avec tes deux mains." ce faisant, je remarquai un renflement sous le cuir, entre ses cuisses.
 "Baisse mon pantalon."  Dit-elle d’une voix glaciale. En le baissant, je vis un appareil qui ressemblait à un sexe d'homme, un phallus de cuir.
 "Maintenant, ouvre grand la bouche, jeune fille, et met la queue dans ta bouche jusqu'à ta gorge."
 Je pris le phallus attaché à sa taille et le mis dans ma bouche.
 "Plus profond, jeune fille."
 J'ouvris ma bouche plus grand et sentis le phallus glisser dans ma gorge.
 "Maintenant, suce."
Elle avait un sourire radieux. Sa main plongea dans mes cheveux, pendant que l'autre Attrapait ma nuque. Elle commença à faire onduler ses hanches d'avant en arrière. Je sentais son regard sur moi. Lorsque nous faisions l'amour, avant, elle n'utilisait jamais de phallus. Nos corps suffisaient à nous satisfaire l'une l’autre.

 Le phallus était relativement grand et très difficile à enfoncer. Je crus étouffer. Je  suçais et léchais et elle poursuivait ses coups de hanches. Au bout d'un moment je sentis sa poussée croître plus rapidement. Elle bloqua ma tête contre son sexe. Du coin de l'œil, j’aperçus un énorme miroir sur le mur derrière elle.  Je vis les muscles de ses fesses  se serrer et se détendre. Je vis son dos musclé, ses longues jambes et l'arrière de sa tête inclinée. Elle bougeait si sensuellement que je me mis à mouiller. Je sentais aussi la forte odeur de son excitation.

 "Enlève les sangles." dit-elle d’une voix très excitée. Je déliai les sangles et le phallus tomba.
 "Maintenant, baise ma chatte, putain."
Je léchai son sexe fiévreusement, ramassant son nectar de la langue à ma bouche.  Elle m'excitait comme une folle.  Elle plongea encore ses mains dans mes cheveux et appuya mon visage entre ses cuisses. Son clitoris était si gonflé qu'elle jouit en quelques instants.  Elle n'eut pas à me forcer pour avaler le chaud nectar qui accompagna son orgasme. Je le voulais tellement, mais avec son obsession de toujours tout contrôler, elle me força quand même. Puis elle me tira par les cheveux et me jeta par-terre comme on lancerait une culotte sale.

 "Lève-toi, penche-toi sur la table et attends-moi." m'ordonna-t-elle sans me regarder. J'obéis. En me penchant sur la table, les mamelons appuyés contre le bois, je me dis que jusque là, tout n'était pas si mauvais.  Elle n'était pas brutale ou quoi que ce soit.  Au contraire, elle m'enflammait et j'avais moi-même soif de libération. Malheureusement, je n'y étais pas autorisée. Il me fallait attendre l'intimité de ma chambre...

 Elle prit son fouet et sans avertissement, me frappa les fesses avec tant de force qu'au deuxième coup, le sang coula sur mon dos et mes cuisses. Je ne pus retenir un cri. Elle se rapprocha de moi, me tira pas les cheveux et claqua ma tête contre la table. Le sang macula mon front.
 "Tout doux, ma bonne à rien de putain!"  Cria-t-elle en me fouettant les fesses et le dos. La douleur était insupportable. Je me mordis la lèvre supérieure pour m'empêcher de laisser un son s'échapper de ma bouche. Puis je la vis remettre son phallus, le sanglant à sa taille.

 "Ecarte-les, jeune fille, je veux entrer!" rugit-elle.
Je pouvais à peine bouger les jambes. Quand elle me trouva assez accessible, elle me pénétra avec son phallus. Ca me fit tellement mal que je ne sus quoi faire. Je ne pensais pas sortir de la chambre vivante. Elle poussa plus fort et plus profond. Elle me baisait violemment, perçant et  poignardant mon coeur de son membre. Les larmes me montèrent aux yeux. Son phallus creusait plus profond encore en moi, atteignant mon bas-ventre.
 "Je sais que tu aimes ça, chienne ... Je veux t’entendre aboyer, garce." rugit-elle.
Après un moment, elle m'attrapa les cheveux, leva ma tête de la table et me hurla: "je t'ai dit d'aboyer, garce!" 

J'obéis et me mis à aboyer comme un chien. Elle me cogna de nouveau la tête contre la table puis m'attrapa l'épaule et me tira vers elle. Elle me pénétra plus profondément, son autre bras enroulé autour de ma taille, continuant à  me pomper brutalement, jusqu'à ce que je sente le sang à l'intérieur. Elle m'avait transpercée. À ce moment-là, je m'évanouis.

 Journal de la Conquérante (Ecrit par Xena)

 Je suis partie conquérir la Grèce. Une lune et demi. J'ai mis la Grèce à genoux, enlevé la vie à ceux qui osaient s'opposer à moi. Au cours de ma campagne, j'ai marché sur Poteidaia.  J'ai obligé la mère de Gabrielle à sacrifier une de ses filles pour être ma courtisane. Je voulais Gabrielle, évidemment. Je voulais punir Gabrielle d'avoir flirté avec un de mes soldats. Et elle est ainsi devenue mon esclave de corps. Je Voulais m'en repaître en face de ses parents et de sa soeur. La seule chose qui m'arrêta fut que j'étais en pleine bataille et j'avais besoin de rester concentrée.

J'ai conquis le magnifique palais d'Agripa. Ce fut très facile puisque je l'ai pris par surprise. J'ai installé Gabrielle et le reste de mes domestiques dans le palais, et suis repartie me battre.
 Il m'a fallu une lune et demi pour conquérir la Grèce. La plupart des villages se sont rendus sans se battre. Les  villes plus grandes et leurs dirigeants n'ont pas lutté, mais je les ai tous tués...

De retour à mon palais, je n'en pouvais plus. Compte tenu du fait que c'était une longue guerre et que je n'avais pas "expulsé" mes besoins, je voulais prendre Gabrielle le plus vite possible. Juste après mon arrivée, je dis à ma femme de chambre d'aller chercher Gabrielle et de me l'envoyer. Les instructions sur la façon de me servir et de me contenter furent mes premiers mots. Je lui donnai une marque de bougie pour se préparer. Ce qu'elle fit.

 Pendant la guerre, j'avais pris la liberté d'aller voir un artisan du cuir pour lui ordonner de me préparer un objet sous forme d'un membre masculin, je voulais prendre ma concubine avec. Apparemment, plus je plongeais profondément en elle, plus je la contrôlais.
 Ainsi, au cours de la première nuit, je la pris ainsi, avec mon phallus. Je lui ordonnai d'abord de le lécher avant de me lécher moi. L'orgasme me frappa en rien de temps. Depuis, mon appétit sexuel est immense, et mon endurance illimitée, peu de temps après mon premier orgasme, j'en avais besoin d'un nouveau.

 Je n'ai pas réalisé tout de suite qu'elle s'était évanouie. Je continuais à la besogner avec force jusqu'à ce que je jouisse de nouveau alors que je la prenais par derrière. Mon orgasme calmé, je remarquai que ses yeux étaient fermés et qu'elle ne bougeait pas. Au début, j'ai cru qu'elle avait simplement capitulé. Mais au bout d'un moment, remarquant l'absence de réaction, je l'appelai par son nom. Je pensais qu'elle s'était peut-être endormie, ne pouvant admettre qu'elle s'était évanouie à cause de moi. Non, ce n'était pas possible. D'un mouvement rapide, je me retirai de son sexe, regardai le phallus et fus surprise de le voir couvert de sang. J'examinai son sexe et vis du sang couler de l'orifice.
 Je hurlai le nom de ma femme de chambre. Elle se précipita et me fixa. Dans ses yeux, je vis de la stupéfaction. Je ne pouvais pas vraiment le lui reprocher, me voyant ainsi avec un phallus dégoulinant de sang, attaché à ma taille.

 "Emmène-la!" Exigeai-je  "Et lave-la, elle saigne comme un putain d'animal blessé."  Elle appela aussitôt d'autres serviteurs pour emporter Gabrielle dans sa chambre.
 Je restai dans la mienne et me nettoyai du sang de mon esclave. Baiser Gabrielle est tellement agréable, pensai-je en enfilant ma chemise. Puis j'allai m'étendre sur mon lit. Alors que j'attendais que Morphée me réclame, la Porte de ma chambre s'ouvrit à la volée et ma servante entra.

 "Tu as eu bonne excuse au moins, Dana."  M'exclamai-je.
 "Majesté, c'est ta servante de corps, elle a des saignements mortels. Nous l'avons mise à l'infirmerie. La guérisseuse dit qu'elle peut y passer... s’il te plaît, Altesse ... " Elle parlait vite et semblait véritablement soucieuse.
 "Je descends dans une minute. Maintenant, ferme la porte en ressortant." 
Une fois sortie, je sautais de mon lit et enfilais une chemise avant de descendre à l'infirmerie.
 "Conquérante".  Ma guérisseuse me salua en s'inclinant.
 "Qu'est-ce qui ne va pas?"  Demandais-je d'un ton égal.
 "Elle souffre d'une hémorragie interne, majesté." 
 "Es-tu sûr que ce n'est pas juste son cycle, ou quelque chose?"  Je m'approchai du lit et l'observai, son visage était aussi blanc que le draps.
 "Oui, Conquérante. Je l'ai examinée, il semblerait qu'elle ait… une blessure interne…dans son vagin suite à... hmmm .... "

Il se mit à bégayer et je vis des petites gouttes de sueur perler sur son  front.  Il était nerveux. Je baissai moi-même les yeux devant elle. J'enfonçai mes doigts sur son ventre pour lui faire un point de pression permettant de couper le flux de sang et d'arrêter le saignement.

 "Tout le monde dehors." ordonnai-je. "Toi", je pointais la guérisseuse. "Reste devant la porte, je pourrais avoir besoin de ton aide" dis-je d'une voix forte. Ils sortirent tous, me laissant seule avec elle.
 Elle était si pâle. Je lui touchais le front du bout des doigts, elle était froide et semblait si petite et démunie, si paisible, si pure.  Elle me faisait penser à un ange brisé.

 Je m'assis sur le lit, à côté d'elle, espérant qu'elle se réveillerait. Ce qu'elle finit par faire. En me voyant, elle  eut le souffle coupé et couvrit ses yeux du dos de la main. Elle se mit à s'excuser d'avoir gacher sa performance.
 Une vague d"étranges sentiments déferla sur moi. Je voulais lui demander pardon, lui dire que j'étais vraiment désolée d'avoir été si brutale. Je voulais la tenir dans mes bras et lui promettre de ne plus jamais lui faire de mal mais je n'y arrivais pas. Je ne pus que murmurer: "J'y suis allée trop fort" en lui donnant une petite tape sur la tête.

 "Ai-je l'autorisation de prendre la parole Conquérante?." Ses yeux fuyaient toujours les miens.
 "Autorisation accordée." 
 "Que m'est-il arrivé?"  
 "Tu t'es évanouie pendant ton service." Je lui touchai doucement le menton. Je voulais la regarder en face.
 "Tu souffres d'une hémorragie interne. J'ai utilisé les points de pression pour arrêter le sang. Tu seras guérie dans quelques jours. Tu resteras dans ta chambre pour te reposer. Tu resteras couchée jusqu'à ce que je t'ordonne d'en sortir. "

 "Qui te servira à ma place, pendant ma convalescence?" demanda-t-elle d'une petite voix.
 "Ca ne te concerne pas. Mais rassure-toi, ce ne sera pas ta soeur." 

Ce n'est pas ce que je voulais, mais ma réponse fut cinglante. Je savais pertinemment que je ne prendrais pas d'autre esclave pour la remplacer. C'était elle que je voulais, et elle seulement. Reconnaitre qu'elle m'était indispensable m'embêtait. Je soulevai la couverture et vis son corps nu. Je pris la bougie sur la table et éclairai ses hanches. Je fus consternée par tant d'atrocités. Ses cuisses étaient couvertes de marques noires et violacées. Elle avait les mêmes marques sur son sexe. Dieux, j'avais vu beaucoup de choses révoltantes durant les guerres, mais son corps meurtri me dégoûta de mes actes.

 "J’ai tellement mal, Majesté, peux-tu me donner un sédatif?"  me pria-t-elle, et, pour la première fois depuis mon arrivée, elle me regarda dans les yeux. Le fait qu'elle ne m'avait pas demandé l'autorisation de parler ne m'échappa nullement. Mais elle souffrait tellement que je ne voulais pas en rajouter. Je me levai et entrai dans la pièce des soins pour prendre une petite bouteille. Je versai un peu de son contenu dans une cuillère et m'assis sur le lit, à côté d'elle.
 "Bois".  Elle ouvrit la bouche et avala.

 "Repose-toi maintenant." Avant qu'elle ne ferme les yeux, je pris sa main que j'approchai de mes yeux avant de la toucher de mes doigts, pour l'examiner.
 "N'aide plus jamais mes domestiques dans leurs tâches, tu finiras par avoir les mêmes mains qu'eux. Ton corps est à moi, esclave, tu dois les garder douces pour de ne pas saboter le plaisir que j'en reçois. Est-ce compris? "
 "Oui, Conquérante."  Répondit-elle humblement. Je me levai et quittai l'infirmerie. Je demandai à deux gardes de la ramener dans sa chambre à son réveil. Je retournai dans ma chambre et m'endormis.

Parchemin de Gabrielle

 Il me fallut près de dix jours pour récupérer des blessures infligées par Xena.
 Au cours de ces dix jours, elle me rendait visite de temps en temps, et prenait de mes nouvelles. A part elle, bon nombre de ses serviteurs vinrent s'enquérir de mon état de santé. Mais ce qui me mit du baume au coeur, ce fut la visite des enfants, dont Millus. Un jour, ils vinrent me voir alors que la Conquérante se trouvait dans ma chambre.  Ils  Restèrent figés devant la porte avant de s'incliner devant elle. J'ai levé mes yeux vers la Conquérante, lui posant une question muette.  Elle acquiesça de la tête.

 "Entrez" leur criai-je. Avec de petits pas hésitants, ils pénétrèrent dans la chambre.
 "Bonjour, mes amis. Comment allez-vous?" Ils étaient tous debout à gauche de mon lit, la conquérante à ma droite.  "Nous allons bien, Gabrielle. Comment te sens-tu?"  demanda Millus.
 "Mieux, Millus, beaucoup mieux. As-tu fait les devoirs que je t'avais demandé?"
 "Nous les avons tous fait" Dit Likus.
 "Très bien" je lui caressai affectueusement les cheveux.  "Ca, ce sont mes enfants."
 "Qu'est-ce que j'entends, quels "devoirs"? "  me demanda la Conquérante.
 "Je leur apprends à lire et à écrire, Majesté, si tu n'y vois pas d'inconvénient ..." répondis-je en essayant de ne pas avoir l'air d'avoir peur, afin de ne pas effrayer les enfants déjà craintifs.
 "Oui, je pense que c'est bien." répondit-elle.
 "Je te remercie, Majesté."
 "Quand seras-tu guérie, Gabrielle?"  demanda Millus.
 "Bientôt, très bientôt."  L'assurai-je.
 "Comment as-tu été blessée, Gabrielle?"  Demanda-t-il. Je regardai Xena, qui me regarda, attendant ma réponse.
 "Hmmm ... Je suis tombée dans l'escalier."  J'avais tellement honte de parler comme une femme battue.
 "Eh bien, je te laisse avec tes petits invités, j'ai un royaume à gérer." 

La Conquérante sortit et les enfants s'inclinèrent. Après son départ, Millus se tourna vers moi pour me demander:
 "Quelle est ta fonction envers la Conquérante? Je veux dire, le père de Likus est son forgeron, et sa mère est une femme de ménage. Comment la sers-tu?  Pourquoi ne dors-tu pas dans le quartier des domestiques comme nous?" Questionna Millus. Les enfants posent toujours des questions difficiles. Je ne savais pas quoi répondre. Je ne pouvais les laisser savoir que j'étais la courtisane de l'Impératrice. De jeunes âmes innocentes ne devaient apprendre ce genre de chose.

 "Je suis barde. Elle me garde comme conteuse. Chaque soir, elle me convoque dans sa chambre pour que je lui raconte des histoires jusqu'à ce qu'elle s'endorme " mentis-je. Je détestais cela. J'avais beaucoup menti ces derniers temps, même à la femme que j'aimais. Mais je n'avais pas le choix.
 "J'envie la Conquérante, elle écoute tes histoires tous les soirs"
 "Ne dis pas cela. N'ose pas dire ça. C'est loin d'être une personne enviable."
 "Ouais Millus, elle est le Mal" dit Likus.
 "Non... Elle est…dure. Elle est passé par beaucoup d'épreuves dans sa vie. Elle a un côté sombre ... personne ne lui a montré une autre façon d'être. C'est juste qu'elle ne connait rien de mieux. Ne sois pas si prompt à juger. Elle a fait  des choses terribles, inexcusables, mais personne ne lui a révélé sa lumière ... " A ces mots, le silence tomba dans ma  chambre.

 "Peut-être que tu lui révéleras sa lumière, Gabrielle. Après tout, elle t'aime bien."  dit Millus.
 "Qu'est-ce que tu dis?"  J'étais stupéfaite.
 "Elle t'aime bien, Gabrielle. Elle n'a jamais rendu visite à ses domestiques malades. Il y a deux nuits, je suis entré dans ta  chambre à cause d'un cauchemar. J'ai vu la Conquérante à ton chevet, caresser tes cheveux. "

J'étais abasourdie, incapable de réagir.  Les enfants ont l'étonnante capacité à ressentir les sentiments des gens, ils  sont plus intelligents que les adultes. Bien que souvent ils ne parviennent pas à mettre les mots sur ce qu'ils ressentent, ils ont généralement raison. Nous avons tous cette capacité étant jeunes, mais nous le perdons tous en vieillissant.
 "Allez, tout le monde, Gabrielle doit se reposer."  dit Millus aux autres, e, les incitant à partir.
 "Je te remercie, Millus." 

Dix jours après cette misérable première nuit de service, j'étais debout et j'allais mieux. Rapidement, je pris connaissance de la nouvelle loi de la Conquérante sur la taxe qu'elle imposait aussi à Britannia. Je sais que la Grèce n'est pas sa dernière conquête. Elle ne s'arrêtera que lorsque elle aura conquis l'ensemble du monde.

 Il pleuvait beaucoup ce soir-là et le tonnerre déchirait le ciel. Alors que la nuit tombait, la Conquérante  me convoqua dans sa chambre. J'avais une assez bonne idée de ce qu'elle me voulait. J'avais tellement peur de ce qu'elle pouvait me faire… J'ouvris la porte et restai sur le seuil. La Conquérante était allongée nue dans son lit, les bougies illuminant son glorieux corps. Je me régalai de cette vision, luttant pour m'en empêcher. Je la scrutais des pieds à la tête, entre ses cuisses, les boucles noires de sa féminité, son ventre musclé, ses seins laiteux, ses épaules puissantes. Mon regard affamé s'arrêta avant d'arriver à son visage. Je ne l'avais pas vu nue depuis très longtemps.
 "Entre" Et, un bref instant, je vis qu'elle souriait. J'entrai alors comme elle me l'avait ordonné.
 "Enlève tes vêtements, jeune fille."

 Je me déshabillai.
 "Maintenant, viens t'allonger près de moi" Sa voix était rauque et langoureuse. Quand nous étions amantes, un jour, Xena me fit jouir juste en me parlant, en me décrivant dans les moindres détails ce qu'elle allait me faire de sa voix érotique.
 "Viens, je ne mords pas ..." dit-elle d'un ton espiègle, tapotant sur la place vide du lit.
 Je m'approchai du lit et m'allongeai à ses côtés.  Elle leva la main et la planta dans mon cou, derrière mes oreilles. Je la sentis se déplacer lentement vers mon épaule, puis capturer un sein, massant le mamelon avec dureté. Elle devait faire cela pour s'exciter. Un gémissement faillit s'échapper de ma bouche, mais je réussis à le retenir. Je me souvenais des instructions de ma maîtresse, j'étais là pour son plaisir, et non l’inverse.

 Elle n'embrassa pas du tout mon corps. Elle s'allongea juste sur moi, poussant ses hanches contre les miennes. Son sexe  frottait ma cuisse droite pendant que sa cuisse gauche frottait mon sexe. Son corps nu contre le mien, la douceur de ses seins contre ma poitrine, sa cuisse contre mon sexe, sa moiteur sur ma cuisse, tout cela m'enflamma. Je voulais la toucher de mes mains et de mes lèvres, caresser ses seins, les malmener à coup de langue, sentir ses mamelons durcir dans ma bouche. Mais je n'y étais pas autorisée. Je sentis une main baladeuse atterrir sur mon  Sexe, ses doigts sur ma fente. Quand elle tenta de me pénétrer, je ressentis une forte douleur que mon visage laissa apparaître.
 "Tu as encore mal?" 
 "Oui, maîtresse, c’est encore un peu douloureux, je suis désolée ..." Ma voix n''était qu'un chuchotement.

 Je sentis ses doigts se retirer. Je n'en revenais pas qu'elle soit si attentionnée, mais bientôt toute pensée cohérente s'envola, quand elle me posséda. Comme je n'avais pas le droit de la regarder pendant  mon service, je tournai la tête sur la gauche. Et là, sur le mur, je vis une grande peinture de la conquérante. Je continuai de la regarder, m'imaginant que c'était presque aussi bon que de regarder directement le visage de la conquérante.

 La sensation du métal froid contre mes doigts me ramena du paradis dans lequel je me trouvais. Je compris qu'il s'agissait d'un poignard qu'elle cachait sous son oreiller. Mes yeux se plissèrent et un étrange sentiment de peur m'enveloppa. Au rythme accéléré de la Conquérante, je savais qu'elle était au bord de l'orgasme et donc vulnérable; j'avais l'occasion de la tuer, n'étant de toute évidence plus sur ses gardes. Je me saisis du poignard, levai la main et le plaçai au-dessus de son dos. Tout ce que j'avais à faire, c'était la poignarder violemment dans le dos jusqu'au coeur. Je devais agir vite pour qu'elle ne s'en rende pas compte. Je savais que si je la tuais, je débarrassais l'humanité de son plus grand ennemi et sauverais sans doute beaucoup de vies. Mais je l'aimais bien plus que tout, et il fallait que Zeus me vienne en aide, je n'arrivais pas à la tuer de moi-même, alors, égoïstement, ignorant "le Bien", j’épargnai la vie de la Conquérante sans même qu'elle s'en doute. Je remis le poignard à sa place sous l'oreiller.

 Elle s'activait toujours, de plus en plus vite. Je luttais pour m'empêcher de jouir. Elle jouit finalement et, juste après,  elle tomba sur le côté.
 "Va-t-en, jeune fille."  Fut tout ce qu'elle déclara. Mais je lui fus reconnaissante de ne pas avoir insisté pour que je reste car je voulais retrouver l'intimité de ma chambre. Pour me décharger de la tension sexuelle qui m'avait envahie durant mon service.

 Je me souviens qu'il pleuvait toujours quand je suis sortie de sa chambre. J'ai pratiquement couru jusqu'à la mienne, tant mon besoin était pressant, d'autant plus pressant que mon sexe battait au point de me faire mal. Je me jetai sur dans mon lit, la tête à la place des pieds et vice versa, et écartai les jambes. J'essuyai la moiteur de Xena sur ma cuisse et la frottai contre mon cœur enflé, le regard fixé sur la fenêtre au-dessus de mon lit. Comme il faisait très sombre à l'extérieur, et ma chambre éclairée par des bougies, je ne pouvais pas voir dehors. Je ne voyais que le reflet de ma propre chambre sur les vitres. Je stimulai mon clitoris de la main droite et pinçai mes mamelons de la gauche.  Sur mon corps, je sentais encore la trace du feu qu'elle avait laissé avec ses mains. J'étais au bord de l'orgasme. J'appuyai plus fort sur mon clitoris, et accélérai le mouvement de mes doigts. L'orgasme m'envahit violemment.

Je voulais crier le nom de Xena, mais elle dormait dans la chambre à côté et, avec son excellente ouïe, elle risquait de m'entendre.  J'aurais du me douter que je me trompais car, pendant mon orgasme, allongée sur mon  lit, me donnant du plaisir, un grand éclair illumina la nuit. Un autre éclair plus lumineux éclaira ma chambre, me permettant d'apercevoir la Conquérante. Elle était assise sur le bord extérieur de ma fenêtre, et me regarda pendant que je jouissais.

Allongée dans mon lit, reprenant mon souffle, les choses que Dana m'avait raconté sur la Conquérante avec les autres femmes, Me revinrent en mémoire. Lorsque nous étions amantes, Xena ne m'avait jamais donner une raison de ne pas lui faire confiance, en ce qui concernait l'infidélité. Je me rappelais ma jalousie quand elle était allée en Chine tuer le dragon vert, le fils de Lao Ma. J'avais failli la faire tuer alors qu'elle voulait payer la dette qu'elle devait à feue son ancienne amante.  Elle m’avait pardonnée.

 Partout où nous allions, les gens -hommes et femmes- jetaient un œil sur ma Xena et lui faisaient des avances. Ca m’agaçait au plus haut point. Le pire de tous fut cette jeune Amazone de ma tribu qui convoitait  la champion de sa Reine et courtisait Xena. Bien sûr, Xena la rejeta plusieurs fois, mais la situation semblait l'amusée. Je me souviens que nous nous étions violemment disputées. Le comportement de Xena, par rapport à celui de l'Amazone, était sans faille.  Pourtant, je lui fis passer un mauvais moment sans aucune raison. Elle n'était pas en colère contre moi, et trouvait ma jalousie plutôt attachante et mignonne. Elle me serra dans ses bras et me dit qu'elle n'aimerait jamais personne à part moi.

 Après notre rupture, suite à la mort de Solan par Hope, nous nous sommes séparées un certain temps. Nous étions ensemble mais dans ces circonstances, nous ne pouvions pas être amantes, il y avait trop de souffrance et de méfiance. Ce n'était pas facile pour nous. Puis elle rencontra Raif, que j'ai détesté au premier regard. Xena flirta avec lui sans vergogne devant moi. J'étais furieuse, mais je savais qu'elle faisait ça pour me blesser et me punir de tout ce qui s'était passé. J'avais donc décidé de ne pas entrer dans son jeu, et restais calme. Plus tard, elle me demanda si ça me dérangeait. Je lui répondis que je savais depuis le début qu'elle faisait ça uniquement pour voir ma réaction. Et qu'étant une femme, elle ne pouvait pas jouer ce petit jeu avec moi, que j'y voyais clair.
 Je savais au fond de moi que la Conquérante n'avait pas été infidèle, mais l’imaginer avec une autre femme me transperçait le coeur.

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 Le lendemain matin, je descendis à la cuisine pour le petit déjeuner, j'avais faim. Dana et moi nous nous saluâmes d'un "bonjour". Sans rien me demander, Dana me prépara deux oeufs pochés. Elle m'offrit également du fromage, du pain et des légumes. Je m'installai à table. Elle posa une assiette en face de moi, et s'assis à ma gauche.

 "Comment était ta nuit de service, Gabrielle?"  Elle posa une main maternelle sur mon bras.
 "Ca s'est bien passé, je crois." 
 "A-t-elle été douce avec toi, mon enfant?" insista-t-elle.
 "Aussi étonnant que cela paraisse, oui, elle a été douce." Mes dents s'enfoncèrent dans le pain.
 "Je suis soulagée, j'étais malade d'inquiétude pour toi"  Dit-elle en se levant. Elle apporta une bouteille de lait qu'elle versa dans un pot. 
 "J'ai quelque chose à te dire, Dana, mais tu dois me promettre de ne le répéter à personne".
 "Je le promets." dit-elle simplement en me tendant le pot. Je me penchai vers elle pour qu'elle entende mon chuchotement.
 "La nuit dernière, pendant mon service, j'ai trouvé un poignard sous l'oreiller de la Conquérante. À ce moment-là, elle était tout à ce qu'elle…faisait, et elle n'a pas remarqué que je le tenais au-dessus de son dos, prête à la poignarder."
 "Mais, j'ai vu la Conquérante ce matin, bien en vie, je suppose donc que tu ne l'as pas tuée..." déclara-t-elle, déçue.
 "Non, Dana, je ne l'ai pas tuée." 
 "Par les dieux, mon enfant, pourquoi?" demanda-t-elle un peu trop fort, à mon avis.
 "Shhhh ... je n'ai pas pu." murmurai-je en regardant autour de nous. Il n'y avait personne dans la cuisine, sauf nous.
 "Pourquoi non, bon sang? Tu sais que c'est un monstre violent. L'amie que tu as cru voir en elle a disparu, Gabrielle, tu le sais  mieux que quiconque. "
 "Je sais, Dana, mais je n'ai pas pu...Je n'ai aucune excuse, pardonne-moi."
 "Tu as une excuse, je crois que pour quelque raison tordue, tu t'intéresses à elle. Gabrielle tu sais, ce n'est pas parce qu'elle te grimpe dessus tous les soirs que..."
Elle me fit un regard accusateur.
 "Tu as raison, je le sais et oui, je m'intéresse à elle."  dis-je avec colère en frappant mon poing sur la table.
 "Mais pourquoi? Après toutes les choses méprisables qu'elle t'a faites, pourquoi?"
 "Je ne sais pas."  Répondis-je, agacée. Je ne pouvais pas dire à Dana que j'étais amoureuse de la monstrueuse Conquérante et que nous étions amantes avant. J'avais peur qu'elle ne m'apprécie plus, et que la Conquérante parvienne à lui soutirer cette information.
 "As-tu des nouvelles de ton mari?" lui demandai-je en reprenant une voix normale.
 "Non" Elle était triste.
 "Je suis désolée. Mais tu dois garder espoir, il doit être vivant. On ne sait jamais."
 "Je sais."  Je voyais bien qu'elle ne me croyait pas.
 Avant de partir, elle ajouta: "Et Gabrielle, je ne t'en veux pas ne pas l'avoir tuée… Je n'aurais sûrement pas eu le courage non plus... il n'y a rien à pardonner. "
 "Merci, Dana."
Après mon petit-déjeuner, l'assiette vide et propre, je retournai dans ma chambre pour écrire.

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 Parchemin de la  Conquérante (Ecrit par Xena la Conquérante)


 Au dîner, j'ordonnais que mon plat soit apporté dans ma chambre, contrairement à la plupart du temps quand je dînais dans ma salle à manger.  Après quelques minutes, ma servante et mon goûteur frappèrent à ma porte. J'étais en train d'écrire dans ce journal. Je Ne les ai même pas regarder entrer. Ma servante laissa le tout sur la table et sortit.  Le garçon, lui, resta. Il connaissait l'exercice. Je devais lui montrer les aliments à goûter. Je levai ma tête du rouleau et le regardai.

 "Vas-y, je te regarde." Il goûta avec ma fourchette. Vaux mieux prévenir que guérir, on ne fait pas assez attention à ce genre de choses. J'attendis pour voir si il n'y avait aucune trace d'empoisonnement. Quand je fus sûre qu'il n'y en avait pas, j'ordonnai à mon goûteur de s'asseoir à ma table, en face de moi.  Il fut surpris car je ne l'avais jamais autorisé à rester après avoir fait son travail.
 "On dirait que tu es l'ami de ma concu… Gabrielle." 
 "C'est exact, Majesté."  Je le sentais nerveux.
 "Que penses-tu d'elle?" lui demandai-je en coupant ma viande crue.
 "C'est une femme très bonne et très gentille."  
 "Sais-tu en quoi consiste son travail, mon garçon?" 
 "Oui, Conquérante." 
 "Eh bien, alors?"  Je l'encourageai.
 "Elle est l'esclave de corps de Sa Majesté."  Il me répondit innocemment en me regardant. J'étais étonnée. Je m'attendais à tout sauf à cela. Je ne pensais pas que Gabrielle lui en avait parlé, elle n'aurait pas aimé lui montrer sa honte.
 "Sais-tu à quoi sert un esclave de corps?" 

Je pensais qu'il avait peut-être entendu les mots sans comprendre leur sens.  Je le regardai et il baissa les yeux, apparemment honteux et gêné. J'ai tout de suite su qu'il en avait une assez bonne idée, qu'il savait très bien les fonctions d'un esclave de corps.
 "Comment as-tu entendu parler des... fonctions de Gabrielle? Est-ce elle qui te l'a dit, ou quelqu'un d'autre du palais? "
 "J'ai entendu Dana parler à Lydia, la cuisinière. Au début, je n'ai pas compris ce qu'était un esclave de corps. J'ai demandé à Dana, mais elle n'a pas voulu m'expliquer. Puis, Gabrielle a été blessée.  Elle nous a  dit qu'elle était tombée dans les escaliers mais j'ai trouvé que ce n'était pas très logique vu qu'elle n'avait aucune marque sur le haut du corps, ni sur les jambes. Et je l'ai entendue dire à Lydia qu'elle s'était blessée pendant son service, qu'elle avait eu une hémorragie interne. Et j'ai compris. "
 "Mais tu es un garçon intelligent?"  J'étais impressionnée.

 Je reposai mon couteau et ma fourchette pour poser mon index sur mon menton.  "Dis-moi, petit, sais-tu, par hasard, ce que pense Gabrielle de moi? " lui demandai-je innocemment.
 "Non"  .
 "N'essaye pas de me mentir!"  Je claquais mes mains sur la table et me penchai plus près de son visage. Il haleta, et devint tout pâle. Il avait l'ait terrifié.
 "Je te connais, garnement. Je sais que tu es au courant de la plupart des choses qui se passent dans mon palais. Je sais que tu écoutes  les conversations des adultes. Mieux vaut tout me dire de ce que tu sais... ou autre chose ... " J'eus un rictus et l'attrapai par la chemise pour le soulever de sa chaise.
 "Je dirai à Sa Majesté tout ce que je sais, à une condition."  Je n'en revenais pas. Ce garçon de dix ans osait négocier  avec la Destructrice des Nations, poser des conditions ... quelle audace ...
 "Oh ... et quoi donc?" 
 "Que Sa Majesté ne tue pas Gabrielle, Dana ou moi. Puis-je avoir la parole de Sa Majesté?"  Après quelques instants d'hésitation, je lui déclarai:
 "Très bien, tu as ma parole."  Je le lâchai et me rassis. "As-tu confiance en moi?"  
 "Tout le monde connait la valeur de la parole de sa Majesté."  Je repoussai mon assiette et lui intimai l'ordre de continuer.
 "Je crois que Gabrielle s'intéresse à sa Majesté."  Mes yeux s'écarquillèrent puis se rétrécirent
 "Qu'est-ce qui te fait dire ça?" 
 "Eh bien, j'ai entendu Gabrielle et Dana parler ce matin, dans la cuisine. Elles ne savaient pas que j'étais assis sous la table. Apparemment Gabrielle a trouvé le poignard de sa Majesté sous son oreiller la nuit dernière, pendant son service.  Sa Majesté était distraite ... et Gabrielle a eu l'occasion de la tuer mais a choisi de ne pas le faire, et lui a épargné la vie".

 "Je n'y crois pas." J'étais stupéfaite et mes mots sortirent étouffés.
 "C'est vrai, l'esclave de corps de sa Majesté a eu l'opportunité de la tuer mais a décidé de l'épargner." 
Je ne pus m'empêcher d'être déstabilisée par le fait qu'une esclave ait épargné ma vie. Que ce soit la reine des Amazones, pour quelque raison que ce soit, ne faisait pas beaucoup de différence.  Il me faudrait enlever plus tard ce poignard de sous mon oreiller. J'ai tendance à ne pas faire deux fois la même erreur. Après tout, elle pouvait changer d'avis et faire une deuxième tentative.
 "Mais pourquoi? Après tout ce que je lui ai fait subir, pourquoi?" lui demandai-je. Pendant un instant, j'oubliais que je parlais à un garçon de dix ans...

 "Dana a suggéré à Gabrielle qu'elle s'intéressait à sa Majesté, et Gabrielle lui a répondu qu'elle s'occuper de ça. 
Ce jour-là, dans sa chambre, après avoir été blessée, elle nous a dit que Sa Majesté était une femme dure, qu'elle avait fait des choses terribles parce que sa Majesté ne connaissait rien de mieux. Elle nous a dit que la lumière de sa Majesté côtoyait son côté obscur".
 "Tout cela est absurde. Elle ne m'a pas tuée parce qu'elle a sûrement bien trop peur pour ça!" Je criai.  "Va, sors d'ici, garçon." 

 Cette conversation m'apprit autre chose. Que mes domestiques mettaient leur nez dans mes affaires. À la lumière de cette découverte, j'instaurai un couvre-feu dans mon  palais, deux marques de bougie après le coucher du soleil jusqu'au lever du jour, personne ne pouvait quitter ses quartiers.
 Je terminai mon repas et convoquai Gabrielle pour son service. La veille, j'avais été très douce et attentionnée avec  elle. Je savais cependant que cette nuit serait différente, je voulais la prendre de force. Pourtant, pas comme sa première nuit de service. Je savais pas vraiment pourquoi c'est ce que je voulais maintenant. Ca avait peut-être un lien avec cette perturbante idée qu'elle pouvait s'intéresser à moi. Je n'arrivais pas à y croire, j'étais persuadée que ça ne pouvait pas être vrai. C'était tellement incroyable que ça en devenait absurde. Même si c’était vrai, je devais en faire un mensonge, car à choisir entre être aimée ou être crainte…il valait mieux être crainte.

 Mon plus vif souvenir -qui me rendait folle- sur la veille, n'était pas ce qui s'était passé durant son service, mais plutôt ce qui s'était passé après.
 Je savais que j'avais excité Gabrielle. Je l'avais surprise plusieurs fois, à me regarder. La veille, j'avais bien senti sa moiteur sur ma cuisse. J'avais aussi remarqué qu'elle se mordait la lèvre. Ce n'était pas à cause de ma volonté à lui faire du mal, mais plutôt de l'avoir empêchée d'atteindre l'orgasme. Je ne l’autorisais pas à jouir pendant son service. Je ne voulais pas lui faire oublier qui la contrôlait, était sa propriétaire, son maître.

 Du coup, après son service, je l'excusai et elle s'enfuit pour s'enfermer dans sa chambre. J'ai escaladé ma fenêtre jusqu'à la sienne. Je savais qu'elle ne pouvait pas me voir, mais moi je la voyais.... Sa tête était sur le bord du lit où devaient normalement se trouver ses pieds, et vice-versa. Elle était allongée les jambes écartées. Cette position me permit de voir clairement son sexe comme je ne l'avais jamais vu auparavant, totalement exposé.  Je la vis, sauvage et passionnée, se caresser les seins, titiller ses mamelons.  Son désir était si évident ... on aurait dit une bête sauvage affamée. Je ne l'avais jamais vue comme ça avant et mon clitoris se durcit. Elle récupéra la moiteur que j'avais laissé sur son corps et caressa son clitoris rose enflé. Je voyais bien que son orgasme était violent; quand il la frappa, elle leva les jambes et se cambra. C'est alors qu'un éclair illumina le ciel et, une fraction de seconde, nos yeux se croisèrent. Elle m'avait vue la regarder.

 Elle prit son service, comme je le lui avais demandé. Je la fouettai, et lui ordonnai de me faire plaisir avec sa langue.  Mon orgasme calmé, une vague de désir me submergea à l'idée de la voir jouir aussi.  Je ne capitulais pas encore et stimulais son clitoris avec mes doigts.  Juste un peu, pour qu'elle jouisse, et Immédiatement, la rejetais. Je la vis courir jusqu'à sa chambre. Je sortis de mon lit pour escalader la fenêtre et l'espionner. Elle bougeait avec un tel érotisme, tout en se donnant du plaisir, se touchant....  Elle savait probablement que je la regardais, comme la veille. Néanmoins, elle caressa son clitoris et n'eut pas honte de jouir devant moi.

Parchemin de Gabrielle


Pendant environ trois lunes, la Conquérante agrandit son armée, y ajoutant près de mille hommes.  Elle avait aussi besoin d'armes et de chevaux. Son objectif était Rome et César.  Elle s'occupa elle-même de la formation de ses soldats et mit en place une stratégie pour conquérir Rome.  Elle savait que César n'était pas fou. Ce n'était pas un seigneur de guerre ni un Petit Gouverneur qui capitulerait facilement sans se battre.

 Au cours de ces trois lunes, ma vie comme esclave de corps de la Conquérante se fit routinière. Je passais la plupart du temps dans ma chambre, à écrire.  Quand le soleil arrivait au milieu du ciel, je retrouvais les enfants des domestiques et leur apprenais à lire et écrire, ainsi que quelques base de mathématiques et de géométrie. Ils m'accompagnaient tous gentiment de leur lecture.

 Pourtant, mon élève le plus doué et mon préféré sans aucun doute, était Millus, le goûteur de la Conquérante.  Il était comme un fils  pour moi. Chaque soir avant d'aller dormir, je priais les dieux de me ramener ma Xena, et que personne ne tentât d'empoisonner sa nourriture. Beaucoup de choses lui était arrivé dans sa courte vie, dont la perte de ses deux parents et Se retrouver goûteur de la Conquérante; il était très mature pour son âge. J'ai découvert que je pouvais lui parler de presque tout, et à en juger par ses réponses, il comprenait de quoi je parlais. Un jour, alors que nous étions assis dans les jardins de la Conquérante, il m'avoua qu'il connaissait mes vraies fonctions auprès de la Conquérante et me promit de ne pas le dire aux autres.

La nuit, la Conquérante me convoquait dans sa chambre.  Ca ne faisait que quelques nuits qu'elle n'était plus aussi violente avec moi. La plupart du temps, elle était brutale et marquait mon corps. Certains jours, je ne pouvais même pas m'asseoir, résultat de ses coups de phallus sur mes fesses. Les enfants pensaient sûrement que j'étais la femme la plus maladroite du monde, car je leur disais être tombée ou m'être cognée. Millus savait et peu importait ce que je lui racontais, je ne supportais pas de voir du chagrin dans ses yeux.

 Les tourments physiques, cependant, n'étaient rien comparée à l'humiliation à laquelle elle me soumettait. Ca me traversa l'esprit ce soir-là quand elle fit apporter le dîner dans sa salle à manger. Elle envoya un garde me chercher. Naturellement, je restai perplexe lorsque, au lieu de sa chambre, je fus conduite dans la salle à manger.  En entrant dans l'immense salle, quatre serviteurs s'occupaient d'elle, à l'affût du moindre désir. En dehors d'eux, six gardes se trouvaient là,  deux à chaque porte. Elle m'ordonna de prendre une "position de chienne" et je me mis A quatre pattes. Elle m'ordonna de lui donner du plaisir avec ma langue, sous la table, pendant qu'elle mangeait. Toutes les autres personnes présentes dans la salle à manger évitaient de me regarder pour ne pas me gêner mais la Conquérante leur donna l'ordre contraire, ce qu'ils firent.

 Après trois lunes de fastidieux préparatifs, la Conquérante revint de sa conquête de Rome, comme prévu.
 J'étais malade d'inquiétude pour elle. Je savais qui était César, il avait réussi à tuer ma Xena une fois, et j'étais terrifiée à l'idée qu'il Y parvienne une seconde fois. Inutile de dire qu’elle me manquait comme une folle. Pas une nuit sans que je rêve de ma princesse guerrière.

                                                                                   *******

 Je n'avais pas eu de nouvelle d'elle depuis près de trois lunes. Je préfèrais subir sa brutalité pendant le service que ne pas avoir de nouvelle. Puis une lettre arriva enfin. Elle annonçait qu'elle était désormais aussi la Conquérante de Rome et qu'elle serait de retour dans les deux jours. Sa lettre était accompagnée de la tête de César qu'elle ordonnait d'empaler sur une lance devant les portes de son palais.

 La veille de son retour, les enfants m'implorèrent de leur raconter un conte effrayant et de jouer "à cache-cache" dans le palais. J'essayai de leur expliquer que nous n'avions pas le droit d'être dehors à cause du couvre-feu, mais iIs tentèrent de me raisonner en m'expliquant que la Conquérante ne serait pas là avant le lendemain et qu'aucun garde ne "tirerait la sonnette d'alarme" puisqu'ils étaient tous mes amis et prenaient soin de moi. Ils étaient tellement mignons que je ne pus leur résister.
 Vers minuit, j'étais assise dans un couloir, entourée de mes enfants. Je tenais une bougie près de mon visage et leur racontait une histoire effrayante de mon répertoire. 

Nous étions tous dedans et ne vîmes pas la Conquérante debout, nous espionner à l'autre bout du couloir. J'aperçus quelque chose bouger du coin de l'œil, et je tournai ma tête pour la voir approcher. Elle dégaina son épée et combla le fossé entre nous.  La manière dont elle se mouvait ... c'était surréaliste ... on aurait dit qu'elle volait au-dessus du sol, sans même le toucher. Les enfants regardèrent dans la même direction et restèrent cloués au sol, sans bouger. La Conquérante lança un terrible cri de guerre qui me glaça le sang.

 "Courez! ... Courez vite!" Je hurlai à plein poumon en me levant. Les enfants se mirent à crier et pleurer et s'enfuirent, terrifiés, dans le couloir, vers leurs chambres. J'étais agenouillée quand elle m'atteignit. Elle leva son épée,  prête à me décapiter, mais Millus s'interposa. Il me serra, couvrant mon corps du sien.  Je vis la lame s'approcher de nous, prête à nous décapiter. Tout se passa très vite, je me figeais et ne repoussais même pas mon cher Millus. Nous levâmes tous les deux les yeux vers notre bourreau.  Je fixais ses yeux bleus.

 Son épée s'arrêta en plein vol, à mi-chemin de nos corps. Elle eut l'air un peu gênée et destabilisée.
 "Millus, éloigne-toi d'elle." dit-elle d'une voix étonnamment calme.
 "Tu devras nous tuer tous les deux."  Il la défiait de son courage.
 "Je ne la tuerai pas, tu as ma parole."  déclara-t-elle sur le même ton en baissant sa lame, pour lui prouver ses intentions.
 "Allez, Millus, c'est bon" Je le serrai très fort et le relâchai. Il me regarda, cherchant une Confirmation. J'acquiesçai de la tête, et il partit. Il tournait régulièrement la tête vers nous, vérifiant que j'étais toujours vivante.

Can’t stop loving you.
Can’t stop what’s coming,
Can’t stop what is on its way.
And I see it coming, and it’s on its way.
Tori Amos

Journal de la Conquérante (Ecrit par Xena)
 J'ai conquis Rome en trois lunes mais César fut un digne adversaire. J'ai perdu un quart de mon armée.  En combattant pour atteindre le palais de César, j'eus l'impression de nager dans un océan de sang.  Une fois César trouvé, et après une marque de bougie de combat à l'épée, je lui tranchai la tête que j'expédiai à mon royaume, annonçant ma victoire et mon retour imminent.
 Je me souviens tout particulièrement d'une nuit dans ma tente, alors que la guerre faisait rage.  Mon commandant en second m'amena une paysanne de 15 ans, une espèce de cadeau, ou mieux encore, une offrande.

 "J'ai remarqué que tu n'as pas eu de femme depuis deux lunes, depuis le début de la guerre. Je pensais que tu serais heureuse de pouvoir... disons ... décharger tes besoins.  Je sais qu'elle n'est pas aussi belle que ton irritante esclave blonde, mais ses parents m'ont assuré qu'elle était chaste. " Il sourit de façon très suggestive et sortit.

 "Déshabille-toi." Lui dis-je sans enthousiasme. Elle avait tout ce que je désirais d'une femme, jeune, innocente, effrayée et vierge. Elle obéit et se déshabilla.
 "Va sur la couverture et écarte les jambes."  dis-je sur le même ton en délaçant mon armure. Je l'ai regardé et suis descendue sur son corps dénudé et vierge. Je me suis approchée plus près pour la toucher. J'étais assez proche pour sentir la chaleur de son corps en émoi.  Mais quelque chose m'arrêta. Tout à coup, Gabrielle m'apparut.
 Je compris que c'était elle que je voulais, et elle seule.  J'étais incapable de prendre qui que ce soit d'autre.
 "Lève-toi, habille-toi et rentre chez tes parents."  lui dis-je en me relevant. "Deux de mes soldats vont te raccompagner chez toi"  Je lui tournai le dos.
 "Je te remercie, puissante Conquérante."

Je ne l'ai même pas regardée se rhabiller et sortir. À ce moment-là, je ne me suis pas rendu compte, mais maintenant je sais que je ne voulais pas admettre que mon esclave de corps, Gabrielle, me manquait.

 La nuit où je suis revenue dans mon palais en Grèce, j'ai conquis bien plus que dans mes rêves les plus fous: j'ai conquis le  monde. Mais je m'avance...
 À mon retour, ma femme de chambre m'accueillit. Je lui dis de me préparer un bain, de m'envoyer Gabrielle pour qu'elle l'aide à préparer Son service.  La femme de chambre me prépara un bain et alla chercher Gabrielle.  Je m'immergeai dans l'eau chaude, purifiant mon corps des saletés de la guerre.  Après un moment, ma domestique revint dans ma chambre et m'informa que Gabrielle n’était nulle part.

 J'étais furieuse et excitée par la guerre. Après tout, j'avais été très claire sur mes instructions. Elle devait toujours être à ma disposition. Mais j'étais revenue un jour plus tôt que prévu. J'avais pourtant mis en place un couvre-feu, donc, la nuit, mes domestiques devaient rester dans leur quartier. Et Gabrielle n'était pas dans le sien. Je partis donc à sa recherche dans le palais, imaginant la peine que j'allais lui infliger. Elle ne devait pas être loin car elle avait peur que je tue sa famille en représailles.
 Je fus étonnée de la voir assise par-terre au bout d'un couloir, entourée des enfants de mes domestiques.  Elle leur racontait une quelconque histoire et ils la regardaient, fascinés, captivés. Le regard des enfants, ainsi que celui de Gabrielle me frappa: c'était de l'amour. Ils l'aimaient et elle les aimait. Une violente douleur me transperça, au point d'exploser dans ma poitrine, une étrange sensation que je n'avais jamais ressentie avant.

 Puis, un moment de clarté éclaira mon esprit et étouffa mes démons, comme la dernière pièce d'un puzzle se mettant en place. Le puzzle, c'était les sentiments et les émotions que cette femme, mon esclave de corps, me provoquaient. Debout là, j'avais une immense envie d'être amie avec elle, détendue, comme ces enfants l'étaient. Je voulais qu'elle se sente libre avec moi et me dise tout ce qu'elle avait sur le coeur.  Je voulais partager ses pensées  et ses sentiments, pas seulement mon lit.  Je voulais qu'elle me raconte des histoires, toutes sortes d'histoires, qui me feraient rire et pleurer.  Je voulais qu'elle me tienne dans ses bras et m’embrasse.  Dieux, je voulais qu’elle m’aime, car j’étais totalement, indéniablement et désespérément amoureuse d'elle.

 Cette révélation, la folle jalousie qui me submergeait à cause de ces enfants, me mit hors de moi.  Je voulais les tuer tous,  y compris ma bien-aimée Gabrielle.  Car je savais que, après tout ce que je lui avais fait, il n'y avait aucune chance au Tartare, pour qu'elle m'aime en retour.  Je savais qu'elle me désirait, mais je ne confonds pas désir et amour.  Ce qui me frustrait le plus, c'était de savoir Qu'elle n'était pas à blâmer. C'était ma faute et seulement la mienne. Les paroles du jeune Millus me hantaient  "Elle prend soin de sa Majesté".  Tout ce que je savais, c'était que j'avais vu parfois la peur, la douleur et parfois, du désir pour moi dans ses yeux émeraude. Mais je n'y avais jamais vu d'amour. C'était cela qui me pdonnait envie de les tuer.

 Je dégainais mon épée et me précipitais sur eux. Je vis sa dernière heure passée sur le visage de ma bien-aimée. Elle poussa les enfants à s'enfuir et s'agenouilla. Quand je l'atteignis, je levai mon épée pour un coup mortel.  Ensuite, il se passa une chose des plus étonnantes: mon goûteur se jeta sur Gabrielle, la protégeant de son petit corps, de sa  propre vie. Je compris alors ce que Gabrielle avait essayé de m'expliquer, être gentil et bon envers les gens et en être récompensé. Il était prêt à risquer sa vie pour elle parce qu'elle l'aimait et qu'il l'aimait.

Aucun de mes soldats n'aurait fait ça pour moi, dans ce genre de situation. Bien sûr, ils risquaient leur vie au combat pour moi mais le danger d'être tué à la guerre n'était pas aussi certain que lorsque Xena la Conquérante tenait son épée contre leur gorge.  Et puis je les habillais, les nourrissais, et les payais bien en échange. Pourtant, si César avait son épée contre ma gorge, aucun d'eux ne couvrirait mon corps du sien.

 Mon épée descendit sur les corps de mon goûteur et de la femme que j'aimais, sans les atteindre. Elle fut arrêtée par ses yeux.  Son regard me disait que j'allais commettre la plus grosse erreur de ma vie. Après avoir donné ma parole au garçon que je ne la tuerai pas, il partit.  Je me tournai vers  Gabrielle.
 "Va dans ma chambre et attends-moi, Gabrielle."  Elle se leva et partit.
Je sortis de mon palais. J'avais l'impression d'étouffer et il me fallait de l'air. J'avais besoin d'être seule avant de me confronter à elle. ELLE. Régler le problème, réfléchir, donner un sens à cette folie. A l'instant même où je mis le pied dehors, je fis quelque chose je ne me rappelle pas avoir fait depuis très longtemps.

Je pleurais.

Les larmes coulèrent de façon incontrôlée comme une rivière. Les démons qui possédaient mon âme me ramenaient à toutes les fois où je l'avais prise de force, sans pitié, sans son consentement, à cette époque où je lui avais causé tant de souffrance et de douleur. Mon corps lui-même n'en aurait pas autant enduré. Je ne comprenais pas pourquoi elle ne s'est pas tuée. Après tout, elle serait probablement allée aux champs Elysées, ce qui était certainement mieux que de vivre le Tartare avec moi. Ils me montraient toutes les cicatrices que j'avais infligé à son délicieux corps. Une en particulier - le mot "XENA" cruellement gravé sur son dos la nuit où je l'avais violée comme seul en est capable un animal sauvage. Puis les larmes se calmèrent et je retournai dans ma chambre. L'air que j'avais l'habitude de chanter aux bûchers funéraires sifflota dans ma tête.

J'ouvris la porte de ma chambre, les jambes en coton, et le cœur douloureux. Gabrielle était assise sur mon lit, nue, apparemment perdue dans ses pensées, car elle ne m'entendis pas. Elle était simplement assise là, exposée, fixant ses pieds.

Je m'agenouillais devant elle, entre ses jambes et la serra dans mes bras en penchant ma tête contre ses seins doux et chauds. Je n'avais rien calculé en entrant dans ma chambre, jusqu'à ce que je m'agenouille devant elle, je ne savais pas ce que j'allais faire. J'étais si peu sûre de ne pas l'avoir tuée.

"Serre-moi". Ma voix était brisée, douloureuse, et suppliante. Elle m'embrassa, une main appuyant ma tête contre ses seins et l'autre pressant mes épaules tombantes. J'essayais désespérément d'étouffer mes larmes. Toute la misère du monde ne pouvait atteindre le niveau de tristesse que je ressentais cette nuit-là dans ses bras. Je voulais mourir.

"Chhh..." Elle me berçait pour m'apaiser. "Ca va aller. Ne pleure pas"

Je ne sais combien de temps passa avant que je me rende compte qu'elle pleurait aussi, ses larmes goutant sur mon front. Si j'avais à mon commandant que j'avais pleuré dans les bras de mon esclave de corps, il ne m'aurait pas crue, même avec un poignard sous la gorge. Puis elle pencha la tête plus près de mon oreille et me murmura cinq mots que je n'oublierai jamais aussi longtemps que je vivrai.

"Entre en moi, ma championne"
Je fermai les yeux. Je me reculai comme si une Bacchante m'avait frappée.
"Par les dieux ... C'était moi. C'était moi ton amante?"
Mes yeux étaient écarquillés. Elle n'avait pas prononcé ces mots sans raison, ils signifiaient quelque chose pour elle, et elle les avait déjà dits.

"Oui, c'était toi." Dit-elle simplement.
"Qu'est-ce que je t'ai fait..." Je répétais ces mots, encore et encore, comme possédée. J'enfouis ma tête dans mes mains ... quelle horreur ... Il n'y avait pas de châtiment digne des péchés que j'avais commis contre cette merveilleuse femme. J'aurais voulu tuer et mourir pour elle pour qu'elle me pardonne mais je n'en étais même pas digne.

"Viens et entre en moi, ma Championne." Sa voix douce m'interrompit. Elle s'allongea sur le lit, se pencha vers moi et me fit un sourire éclatant, un sourire qui illumina le ciel nocturne. Je me redressai et m'approchai pour m'asseoir à ses côtés. Ses beaux yeux ne me quittaient pas. A aucun moment.

"Tu es… la lumière, Gabrielle, la lumière de toutes les lumières." Je pleurai comme la pathétique créature que j'étais.
"Chut ..." Elle me fit taire d'un doigt sur mes lèvres. "Ce soir, je veux célébrer ton retour, guerrière."
Sa main quitta mes lèvres et passa derrière ma tête, la penchant vers elle, et elle m'embrassa doucement, presque avec hésitation. Je m'étais toujours considérée comme la meilleure amante du monde, mais à sa manière de m'embrasser, j'eus l'impression d'être une adolescente. Je réalisais que je savais comment coucher avec les gens, mais pas leur faire l'amour. Mes lèvres tremblèrent, et cédèrent aux siennes. Son baiser était le plus doux, le plus tendre que j'avais jamais eu. La chaleur qui irradiait de ses lèvres décongela mon âme.

"Je ne peux pas faire ça." Murmurai-je en tournant la tête pour cacher ma honte. Elle prit mes joues en coupe entre ses mains et me força à la regarder.
"Je ne sais pas comment te servir." Articulais-je en silence.
"Je ne veux pas que tu me serves. Tu n'es pas ma servante. Tu es mon amante. Mon amante"
Je n'en croyais pas mes oreilles. Je sentis mon coeur cesser de battre.
"Ton amante?" J'avais besoin d'être sûre d'avoir bien entendu.
"Oui," souffla-t-elle.
"Alors, montre-moi comment. Apprends-moi."
"Touche moi comme tu le souhaites, c'est tout ce qu'il y a à faire." Elle rit en s'asseyant et me désarma de mon épée et de mon chakram, les laissant tomber sur le sol. Elle me débarrassa ensuite habilement de mes cuirs. Nous étions nues toutes les deux. Elle s'allongea sur les oreillers.

"tu m’as tellement manquée, ma Championne. Tu n'imagines pas combien je te désire."
Elle était sur le point de pleurer. Elle écarta les bras en signe d'invitation.
"Je t'en supplie, entre moi ma championne, je ne supporte plus ton absence."
Je ne pus résister à ses larmes, ses souvenirs, son désir désespéré pour moi, quand bien même je l'aurais voulu. Je m'allongeais sur elle, me permettant, pour la première fois (enfin du moins la première fois dont je me souviens) de m'abandonner à son corps brûlant et doux, humer son parfum, son être, qui m'enveloppait et me consumait.

Nous nous embrassâmes encore, nous explorant. Je ne l’embrassais jamais quand elle était à mon service. Je croyais qu'embrasser, c'était pour les faibles et les idiots, pas pour la Conquérante. Maintenant, je savais que j'avais peur de perdre le contrôle. Je sentais sa langue caresser mes lèvres, exigeant d'entrer. J'écartais volontiers mes lèvres, ce qui permit à sa langue de conquérir ma bouche. Je voulais m'en remettre complètement à elle et roulais de l'autre côté du lit, sans me détacher d'elle, mes lèvres toujours pressées contre les siennes. A présent, elle était au-dessus de moi, pour la première fois. Elle m'éblouissait. Nous nous tenions l'une l'autre, nous embrassant comme s'il n'y aurait pas de lendemain. Nos langues tourbillonnaient, se cherchaient, s'offraient à l'autre. Lèvres et langues s'attrapaient et se caressaient. Je n'avais jamais ressenti une telle urgence, une telle exaltation, pas même lorsque j'avais conquis Rome.

Je pris son sein dans ma main et m'activait autour de l'aréole. Son mamelon durcit sans même que je le touche. Gabrielle fit traîner ses précieuses lèvres sur mon cou, électrisant mon corps. Elle pétrissait et embrassait le lobe de mon oreille et son souffle brûlant m'envoya un frisson dans le dos.

"Dis-moi, guerrière, as-tu pris d'autres femmes de force, comme avec moi?" Elle leva la tête et me fixa droit dans les yeux. Je ne m'attendais pas à cela, cette question me prenait par surprise. "La rumeur dit que tu as pris des femmes pendant les batailles et tes escapades nocturnes."

"Non, Gabrielle, je le jure. Depuis que nous avons ressuscité, je n'ai touché aucune autre femme que toi, de force ou autre. Je ne pouvais pas."

Elle soupira de soulagement, comme si tout le poids du monde se soulevait de ses épaules. Nous nous embrassâmes encore, nos langues se retrouvant lentement. Le baiser se fit plus passionné. Même si je l'embrassais jusqu'à mon dernier jour, je ne parviendrais jamais à satisfaire ma soif d'elle. Je pris ses mains dans les miennes, les dirigeant vers mon visage, frôlant mes joues et mon cou, sans rompre le contact avec ses yeux. Je baissais ses mains vers mes seins pour qu'elles les caressent. Mon insatiable désir et mon amour me poussaient à sentir le plus d'elle possible. Je crois qu'elle lut dans ma tête car elle me donna exactement ce dont j'avais besoin. Ses mains caressèrent mes seins, et ses doigts pincèrent mes mamelons. Je fermais involontairement les yeux et m'abandonnais au plaisir, laissant échapper de petits gémissements.

"Tu veux bien me faire la même chose?" demanda-t-elle simplement en souriant. Je lui souris de la même façon.
"Bien sûr"
Je lui devais bien ça après tout ce que je lui avais refusé.

J'étais au-dessus d'elle à présent, ravissant son corps, embrassant, suçant et léchant son cou, ses seins et son ventre. Je me baissais tout en pinçant mon mamelon pour le dresser. Quand il fut dur, je le frottais sur son clitoris saturé, ce qui la fit gémir.

Je voulais l'entendre dire mon nom, mais elle ne le fit pas. Je descendis sur son corps, toujours à genoux, et lui demandai de mes mains de replier ses jambes vers ses seins. Lorsque ses genoux les touchèrent presque, je les écartais aussi largement que son corps le permit. Puis, je mis mes hanches contre les siennes, mon sexe touchant son sexe. J'écartais mon sexe et les replis du sien de sorte que nos clitoris se touchent. Puis je commençais à frotter mon sexe palpitant et trempé contre le sien. Nous gémissions toutes les deux à haute voix, nous cherchant des yeux. Je ne lui aurais jamais permis de me regarder pendant son service avant. Je ne voulais pas qu'elle me voit dans un état de  vulnérabilité. Mais à présent, je n'aspirais qu'à sentir son regard sur moi.

Je continuais à pousser mon sexe enflé contre le sien dans une folle lenteur, ne voulant pas que l'incroyable sensation de son sexe termpé contre le mien s'arrête. J'avais l'impression que nous ne formions qu'une personne. Trop tôt, je ressentis les vagues de plaisir s'emparer de moi. Je la vis atteindre son propre orgasme. Je la sentis gigoter et se convulser sous moi. Nous avons joui en même temps, et ca dura un long moment. Elle hurla mon nom.
Ce fut un pur bonheur.

Sentir son corps bouger et trembler de plaisir sous moi m'excitait au plus haut point. Des milliers de nuits passées à la fenêtre de sa chambre n'étaient rien en comparaison. C'était la première fois que je lui donnais du plaisir jusqu'à l'orgasme. Lui donner du plaisir était aussi bon que d'en recevoir.

Je m'effondrais sur son corps en sueur, la tête posée sur ses seins. Sa petite main caressa mes cheveux humides. Nous restâmes allongées comme ça un long moment, reprenant notre souffle et calmant nos pulsations cardiaques. Nous ne nous dîmes pas un mot.
Au bout d'un moment, elle se déplaça et me mit sur le dos. Gabrielle était maintenant au-dessus de moi. Elle fit entrer ses doigts en elle, récupérant le liquide de son sexe mouillé et l'étala sur mes seins avant de les lécher. En la voyant faire, mon désir décupla. Mon sexe commença à palpiter de nouveau et je mouillai. Gabrielle embrassait le chemin vers le bas de mon corps jusqu'à mon sexe ouvert qu'elle se mit à lécher en me maintenant les hanches de ses mains chaudes. J'avais une envie folle de lui faire la même chose.

"Donne-toi à moi." Je réussis à dire d'une voix rauque. Elle comprit immédiatement, et fit ce que je demandais. Elle s'installa au-dessus de ma figure et reprit ses mouvements sur mon clitoris pendant que je lui faisais pareil. Nous étions comme deux lionnes, se dévorant l’une l’autre avec une passion inimaginable, rugissant et gémissant, sans que plus rien au monde ne puisse nous arrêter. Au doux parfum de son excitation et à sa saveur, mon érection durcit davantage. Nous jouîmes bientôt encore ensemble.

Nous nous reposâmes dans les bras l'une de l'autre. Je voulais lui dire que je l'aimais mais pour je ne sais quelle raison, je n'y arrivais pas. Je réalisais qu'elle ne me l'avait pas dit non plus. Elle devait m'avoir aimée dans le passé. Tous ces sacrifices qu'elle m'avait dit avoir fait pour moi n'étaient pas pour rien et certainement pas pour le plaisir de l'amitié. Je ne pouvais pas lui en vouloir de ne pas être amoureuse de moi. Je l'avais violée, frappée, et humiliée devant sa famille. Ce qui venait de se passer dans ma chambre, du moins à mes yeux, était de l'amour.

J'étais terrifiée à l'idée que, pour elle, ce n'était que du sexe, que, comme un bon esclave de corps, elle avait parfaitement pallier mes besoins, par simple obligation.

Cette pensée m'attrista. Je me levais du lit et regardais par la fenêtre, le royaume que j'avais conquis pour moi. L'air que j'avais l'habitude de chantonner devant les bûchers me harcelait. Plus fort que d'habitude, brouillant toute pensée rationnelle.

"Va-t-en, petite, j'en ai fini pour ce soir." lui dis-je avec dureté sans même lui jeter un regard. Elle attrapa ses vêtements et courut hors de ma chambre.

Je soufflai les bougies, m'installai dans mon confortable fauteuil, et me versai un verre de bière. Je n'avais pas la force de penser à quoi que ce soit, je me sentais encore l'esprit clair, plus qu'il ne l'avait jamais été. Je vidai mon gobelet et m'en versai un autre. Ce soir-là, je voulais revivre l'amour que j'avais fait à Gabrielle, chérir chaque toucher, cultiver chaque baiser, savourer chaque caresse. Tout était si calme et sombre, seule la pâle lumière de la lune osait envahir ma chambre. Dix de ces coupes et je serais ivre. Toute ma tristesse et ma frustration disparaitront. C'est ce que je pensais. J'étais presque trop heureuse de plonger bientôt dans l'abîme de l'oubli, mais à peine avais-je commencé que la porte de ma chambre s'ouvrit. Je me dis que, comme seul et unique acte de gentillesse et de bonne volonté de ma part, je pardonnerais cet évident fils de bacchantes suicidaire qui osait faire irruption dans ma chambre sans frapper.

"Conquérante". C'était la voix familière de Gabrielle.
"Entre, jeune fille, accepterais-tu de te joindre à moi pour un dernier verre?"
"Je te remercie, Conquérante, mais je ne préfère pas. Sa Majesté m'autorise-t-elle à lui parler?"
"Je t'écoute."
"D'abord et avant tout, je ne te laisserai pas t''enivrer, tu m'entends?" déclara-t-elle avec colère.
"Pourquoi t'en soucier, jeune fille. Qu'est-ce que ça peut te faire?" Je marmonnai amèrement, essayant d'ignorer son insolence.

"Je me soucie de toi, Conquérante." Elle s’approcha, s'agenouilla devant moi, et leva ces magnifiques yeux sur moi, posant ses mains sur mes genoux. Le silence règna dans la chambre.

"Que penses-tu qu'il s'est passé ici ce soir, Conquérante?"
"Oh, là-dessus ... brillante performance, jeune fille, ça a été, incontestablement, la meilleure baise que j'ai jamais eue." Dis-je en applaudissant.

"Ce n'était pas une performance, Conquérante, je faisais l'amour à la femme que j'aime plus que tout" Elle tremblait. Elle prit mon visage humide dans ses mains, et des larmes silencieuses coulèrent le long de mes joues. Oh! ces mots divins auxquels je pensais.
L'envie folle de lui dire je l'aimais aussi surgit en moi pour la deuxième fois de la soirée, mais pour quelque stupide raison, je n'y arrivais pas. De la peur, de la fierté ou dieu sait quoi.
"Ressens-tu vraiment de l'amour pour moi, Gabrielle?" lui demandai-je avant de lui sourire.

"Absolument, Conquérante, absolument." Elle sourit aussi et essuya les larmes de mon visage. C’était le plus beau jour de ma vie. "Et je vais te dire autre chose, Conquérante, je ne veux rien de plus que retourner au lit, et te montrer combien Je t'aime en te faisant passionnément l'amour." Dit-elle d'une façon si taquine que je ne pus contenir mon rire. Elle me prit la main et nous retournâmes au lit, ensemble.

Nous fîmes l'amour intensément et passionnément jusqu'à bien après le lever du soleil. Gabrielle m'emmena dans des hauteurs je n'imaginais pas possibles, avec des baisers, des mots, des gestes. Nous nous sommes finalement endormies, épuisées, elle avant moi. Juste avant que le sommeil ne m'emporte, j'embrassai ses lèvres chaudes une fois encore en murmurant: "Je t'aime, Gabrielle."

Don’t stop now what you’re doing,
What you’re doing, my ugly one.
It won’t be fair if I hate her,
If I hate her.
Tori Amos

Parchemin de Gabrielle

En cette nuit fatidique, je suis entrée dans la chambre de la Conquérante. Je ne sais pas ce qui m'a pris, j'avais l'impression que quelque chose arrivait à la Conquérante. J'étais étonnée qu'elle n'ait pas tué le jeune Millus ni moi. Mais j'étais encore plus étonnée quand elle m'appelait par mon nom pour que je l'attende dans sa chambre. Chaque fois que nous couchions ensemble, elle m'appelait "jeune fille", jamais jamaispar mon nom. J'ai fini par détester ces deux mots.

Je suis entrée dans sa chambre, ai enlevé mes vêtements et l'ai attendue. Une marque de bougie s'écoula avant qu'elle n'apparaisse. J'étais tellement dans mes pensées que je ne l'ai pas entendue entrer et quand je la vis, j'ai cru qu'elle allait me frapper pour lui avoir désobéie.

Dire que je ne m'y attendais pas serait une litote. Mais c'était la grande conquérante, plus belle que jamais, à genoux devant moi. Elle me serra dans ses bras, m'étouffant presque, et posa sa tête contre mes seins. Il n'y avait rien de sexuel. Elle me demanda de la serrer. J'avais peur. Peur que cela soit encore un jeu tordu, comme un chat jouant avec une souris avant de la tuer. Je voyais cela comme une punition pour ne pas être à sa disposition, en particulier après ses batailles. J'obéis, les mains tremblantes. Quand elle se mit à pleurer, je sus qu'il ne s'agissait pas d'une punition.

J'essayais de la calmer, mais elle continuait de pleurer. Je ne supportais pas de la voir comme ça. Je n'ai jamais pu. Ca m'a toujours brisé le coeur, et cette fois n'était pas différente des autres.

Je pleurais aussi. Pour son chagrin et sa tristesse. Je voulais alléger ses souffrances. La voir si brisée, faible et en larmes... Ca doit être pour ça que je lui dis ces quatre mots, ces quatre mots que je lui disais toujours avant de faire l'amour, quand nous étions amantes. Sinon, je ne vois pas d'autre raison de lui dire: "Entre en moi, ma Championne."

Ma Xena est intelligente, et quand elle entendit ces mots, elle réalisa immédiatement ce que je cachais depuis si longtemps. Elle me demanda si c’était elle mon amante. Je lui dis la vérité, inutile de lui mentir davantage.

Quand elle a commença à dire "Qu'est-ce que je t'ai fait?" encore et encore, je sus qu'elle était revenue, ma merveilleuse femme était revenue. Je n'ai rien dit, je lui ai pardonné les atrocités qu'elle m'avait infligée. Il me faudrait du temps pour guérir les cicatrices de mon corps et de mon âme. Il faudrait que nous en parlions, mais ce n'était pas le bon moment. Tout ce que je voulais, c'était me repaître de ma déesse pour la deuxième fois de ma vie.

Elle m'avait manquée, me languissant de son contact amoureux. Je voulais célébrer nos retrouvailles. Et je l'exhortais donc à me pénétrer encore, souriant de la voir espérer que cela ferait disparaître les ténèbres. J'étais allongée dans son lit et elle vint s'asseoir à mes côtés. Je lui dis vouloir célébrer son retour, de toutes les façons possibles. Elle me répondit que j'étais la lumière des lumières, et je fondis à ces mots.

Dans le passé, pendant le service, je ne faisais jamais le premier pas. Elle exigeait ma soumission totale et était totalement maîtresse de son plaisir et de moi-même. Malgré tout, je mis ma main sur sa nuque et la tirai vers mes lèvres. Je plantai de doux baisers sur ses lèvres sucrées.

Une peur terrible me serra le cœur: mon corps allait me lâcher, vu ce qu'elle m'avait fait, il allait la rejeter. Peur d'être dégouttée au moindre contact, terrifiée à l'idée de la détester. Mais dès qu'elle me retourna mon baiser, dès que je sentis les lèvres chaudes de ma bien-aimée, mes craintes s'envolèrent.

Elle se dégagea brusquement et cruellement de mes lèvres. Xena me fit comprendre qu'elle ne pouvait pas faire ça, ne savait pas comment me servir. A ce mot, je me rendis compte que sa conception du monde et sa mentalité étaient toujours ceux de la Conquérante. Ca m'agaça et je lui expliquai, presque en colère, qu'elle n'était pas ma servante mais mon amante. Elle était aussi excitée qu'un enfant quand elle m'entendit l'appeler "mon amante".

Quand elle me demanda de lui apprendre à me faire l'amour, j'éclatai de rire. Elle, si excessivement sûre d'elle, l'amante la plus fière du monde, me demandait de lui apprendre à me faire l'amour. J'avais eu deux amants dans ma vie, Perdicus et Xena. J'étais donc mal placée pour conclure que Xena était la meilleure amante du monde, mais quand elle me faisait l'amour avant, elle m'offrait le plus exquis, le plus inconcevable, le plus inimaginable plaisir. Elle adorait sentir mon corps contre le sien, et ça ne pouvait pas être meilleur.

Je la déshabillai. La voyant nue et plus que désireuse de me faire l'amour, je pleurai encore et la suppliai de me pénétrer. Elle s'allongea au-dessus de moi. Elle semblait avoir peur de me blesser ou de me briser. Nous nous embrassâmes encore. Je devenait audacieuse et lui demandai d'entrer dans sa bouche avec ma langue. Elle accepta. Je ne l'avais pas embrassée depuis des siècles, apparemment. Mon désir ne pouvait être pleinement satisfait. Elle bascula sur le côté, me mettant au-dessus d'elle. Elle attrapa mes seins et les caressa tendrement. Elle ne m'avait pas touché comme ça depuis longtemps, et ses caresses m'excitaient tellement que mon mamelon durcit tout seul.

J'étais prise dans un tourbillon de passion et d'amour, mais la jalousie et la terreur me ramenèrent violemment à la réalité. Juste au moment où mon désir dépassait le Mont Olympe, la rumeur de Dana selon laquelle la Conquérante violait des femmes, reparut. Si elle avait effectivement commis ces actes horribles, je ne pouvais pas faire l'amour avec elle. J'imagine que je ne voulais pas m'en souvenir jusqu'à maintenant, ou bien je pensais pouvoir gérer cela le moment venu.

Je lui demandai si elle avait fait ces choses. Elle parut offensée et me jura qu'elle n'avait pas touché personne d'autre que moi depuis notre résurrection. J'étais soulagée. Rien ne pourrait plus s'interposer entre nous.
Nous nous embrassâmes passionnément, comme la première fois, sur le bateau d'Ulysse. Puis, je réalisai que c'était nouveau pour Xena, puisqu'elle n'avait aucun souvenir de notre amour. Je me promis de tout lui raconter sur notre première nuit d'amour. C'est drôle, pour elle, c'était notre première fois, et pour moi, c'était la deuxième première fois.

Quand elle prit mes mains pour les porter à son visage, son cou et ses seins, cela mit un terme à toute pensée cohérente. Je caressais ses seins fermes, prenant tout le plaisir possible. Je voulais qu'elle me touche aussi, et j'osai lui demander de m'aimer... pas avec autant de mots, même si ça me tentait. Elle s'exécuta,  et me positionna sur le dos. Xena s'allongea sur moi et embrassa mes paupières avec une douceur surprenante. Puis elle frôla mon nez et mes joues de ses lèvres, avant de descendre vers mon cou qu'elle lécha de sa langue humide et chaude, embrassant et caressant ma peau. Je sentais son souffle sur ma peau, la faisant tressaillir et picoter. Je me dis qu'elle laissais des traînées brûlantes sur mon corps.

J'avais besoin d'elle plus bas, et juste au moment où j'eus l'impression de ne pas tenir beaucoup plus, ses lèvres atteignirent mes seins, me faisant grogner de plaisir. Elle les lécha, les mouilla de sa salive, et je me cambrai pour en avoir plus. Elle suçait, doucement dans un premier temps, mais je connaissais ma femme. Plus elle les suçait, plus elle en redemandait. Elle me suça de plus en plus fort, jusqu'à ce que mes mamelons soient assez dressés.

Puis elle les pinça, et ils prirent une teinte rouge. Je savais ce se passait, elle ne le faisait pas pour son plaisir mais pour le mien. Depuis que nous sommes amantes, je connais la plupart de ses méthodes pour donner du plaisir. Mais je supposais qu'elle avait beaucoup plus de savoir-faire qu'elle ne m'en montrait alors. Quand son mamelon fut assez dur, elle se baissa et le frotta contre mon sexe palpitant, me donnant tous les frottements dont j'avais besoin. Mon désir de libération était doux et douloureux, mais elle ne me laissait pas venir. Juste quand elle sentit que je devenais trop excitée, elle s'éloigna.

J'avais peur qu'elle joue encore avec moi, et qu'elle ne me laisse pas jouir. Mais elle replia mes genoux, les poussa vers mes seins et les écarta. Ses doigts écartèrent les replis de mon sexe et elle pressa son cœur gonflé contre le mien. C'était notre position préférée. Ainsi, Xena et moi avions décidé de le garder pour les grandes occasions, comme les anniversaires et les fêtes, afin de ne pas nous en lasser, ou réduire l'intensité de cet incroyable contact.

Je suppose que c'était une occasion spéciale. Elle commença lentement à bouger son clitoris sur le mien. Sentir sa moiteur chaude contre la mienne m'enflamma, me consumant de désir et d'amour. Nos corps fusionnaient. J'entendais nos gémissements et je vis ses yeux sur moi, me transperçant, comme toutes les fois où elle m'avait regardé me donner du plaisir.

J'étais de plus en plus près de la jouissance et mon explosion de plaisir au-delà de tout ce que j'avais connu dans ma vie. Je ne lui avais pas demandé l'autorisation, car elle ne m'aurait pas laissée jouir. Du coup, quand il vint, je laissai tomber et m'en félicitait, et criai "XENA!" aussi fort que possible. Prononcer le nom de la Conquérante était un blasphème, mais je savais, au fond de mon coeur, qu'elle ne me tuerait pas, pas maintenant.

Elle eut un orgasme en même temps que moi et je ne me régalai de la voir jouir. Alors que je criais son nom en plein orgasme, je regardai aussi le sien. Notre orgasme sembla ne jamais vouloir s'arrêter. Elle était magnifique, déchaînée et trempée, le corps en sueur secoué de spasmes, elle s'effondra sur moi. Oui, mon amante est bien revenue, pensais-je.

Après un moment de détente, le désir revint au creux de mes reins. J'enfourchai Xena, à cheval sur sa taille et plongeai deux doigts dans mon sexe trempé avant de les retirer pour enduire ses seins. Elle adorait quand je lui faisais ça à l'époque. Je ne fus donc pas surprise de la voir si enthousiaste, léchant ses seins laiteux de mon propre musc.

Je vis du désir dans ses yeux. Je commençai à descendre avec ma bouche vers son clitoris gorgé. Langoureusement, je mordillai et léchai son ventre, ses hanches, son nombril, l’intérieur de ses cuisses, la faisant se cambrer comme un chaton et rugir comme un tigre. Enfin, j'arrivai à son sexe ruisselant que je pénétrai avec ma langue, me gorgeant de sa moiteur et l'étalant sur son nerfs gonflé. Je léchai et suçai son sexe comme une folle. Je voulais qu'elle jouisse sur mon visage.

Quand je l'entendis soupirer entre deux halètements "Donne-toi à moi." Je compris tout de suite. Elle voulait aussi me boire. Je me déplaçai, à cheval sur son visage, mon sexe sur sa bouche. Je léchai son doux et aromatique clitoris pendant qu'elle léchait et suçait le mien. Je voulais qu'elle jouisse et me donne plus de son liquide chaud et sensuel. Je poussai ma langue plus fort et plus vite sur son sexe, alors qu'elle faisait de même. Notre orgasme nous frappa en même temps, et frappa durement. Nous nous reposâmes alors dans les bras l'une de l'autre.

Au bout d'un moment, elle se leva et sortit du lit pour aller à la fenêtre, et elle prononça ces mots terribles:"Va-t-en, jeune fille, j'en ai fini pour ce soir."
 Ils me poignardèrent le coeur. Toutes les souffrances physiques qu'elle m’avait infligée ces dernières lunes n'étaient rien en comparaison de la souffrance de mon coeur. Mon âme s'échappa de mon corps et je me sentis mourir.

J'attrapai mes vêtements et m'enfuis, nue, de sa chambre. Elle venait de commettre la plus grande trahison envers notre amour.

Non seulement je souffrais, mais j'étais furieuse. Je n'avais plus rien à perdre, je lui avais déjà tout donné, mon corps - j'étais son esclave de corps- ma dignité -elle m'avait violée- mon cœur - je l'aimais- et mon âme –c'était mon âme-sœur. Ainsi, une fois pleuré toutes les larmes de mon corps dans ma chambre, je me précipitai dans la sienne, complètement indifférente à l'idée qu'elle me tue.

Là, dans sa chambre, à ses pieds, tremblant comme une feuille pendant une tempête, je lui dis que je l'aimais. L'alcool transparaissait dans ses yeux injectés de sang, quand j'essuyai ses larmes. Je lui souris quand elle me demanda si je l'aimais vraiment et la rassurai. Puis je lui dis que je voulais retourner au lit et lui faire l'amour pour lui montrer combien je l'aimais. Son rire était une musique à mes oreilles.

Nous marchâmes main dans la main jusqu'au lit et fîmes l'amour pendant des marques de bougie.

Elle ne m'a pas dit qu'elle m'aimait cette nuit-là, mais je le savais, de toute façon.

Journal de la Conquérante de bord  (Ecrit par Xena)


 Une merveilleuse journée ensoleillée suivit la matinée où Gabrielle et moi fîmes l'amour. Nous dormions encore alors que le soleil était déjà haut dans le ciel. Assez miraculeusement, Gabrielle se réveilla avant moi, et quand j'ouvris les yeux, elle me regardait, un sourire aux lèvres.

 "Qu'est-ce qui te fait sourire? " lui demandai-je, amusée, en levant un sourcil.  Elle était si belle ce matin-là, assise les jambes croisées sur le lit, face à moi.
 "Rien, vraiment ... je profite juste de te regarder te réveiller. Ca me rappelle quand nous avions été amantes, avant que tu ne perdes la mémoire, j'essayais toujours de me réveiller avant toi. Après une nuit comme hier, je t'ai regardé dormir avec cet air si paisible. .. si innocent. "  Elle se pencha vers moi et m'embrassa doucement.
 "Mmmm ... Attention, je pourrais m'y habituer."  Je pouffai avant de me relever pour m'asseoir à ses côtés.
 "Je ne vais nulle part, Xena, alors va droit au but ..." m'assura Gabrielle.
 "Eh bien, puisque tu as commencé comme ça, penses-tu que je pourrais avoir un autre de ces exquis baisers?"  J'étais tellement joyeuse, je ne savais pas ce qui m’arrivait ... En fait, si: l'Amour. L'amour me possédait. J'avais l'impression d'être la reine du monde. J'étais ravie.

 "Tu peux en avoir plus, si tu veux."  Se moqua-t-elle en agitant ses seins de façon suggestive.  Au moment où j'allais m'occuper d'elle, la porte de ma chambre s'ouvrit. Je tournais rapidement la tête pour voir ma servante, Dana, raide comme une bûche sur le pas de la porte, ébahie. J'étais furieuse. Elle savait mieux que quiconque qu'on ne devait pas entrer dans ma chambre sans frapper et demander l'autorisation. A quoi pensait-elle donc en se précipitant comme ça dans ma chambre, me dérangeant alors que j'étais sur le point de m'occuper de Gabrielle. Elle devait payer son effronterie. Je me dis que je pourrais en faire un exemple, apprendre à mes domestiques à respecter ma vie privée. Je bondis hors du lit, attrapai mon chakram et visai son cou. Soudain, je sentis une petite main attraper mon bras, me retenant de lancer mon chakram.

 "S’il te plaît, ne la tue pas, Conquérante. C'est une simple erreur. Elle ne s'attendait pas à te trouver au lit si tard dans la journée."  plaida Gabrielle.  Cela me prit un moment pour retrouver mes sens et reprendre mes esprits.  Lentement, je baissai mon arme et soupirai.
 "Laisse-nous"
Dana obéit et quitta la chambre les jambes molles. Gabrielle soupira profondément. Je décidais de laisser tomber, ne voulant pas m'attarder là-dessus et compromettre la merveilleuse matinée que Gabrielle et moi venions de passer. Je me rendais compte que Gabrielle avait un grand respect pour la vie. Mais j'avais un Empire à gérer, et la subordination et l'obéissance étaient indispensables.
 Gabrielle me tira dans le lit. Je voyais bien qu'elle était encore sous le coup de l'incident avec ma servante. Je voulais qu'elle l'oublie, j'avais besoin de toute son attention.

 "Alors, Gabrielle, qu'est-ce que tu veux faire aujourd'hui?"  lui demandai-je en l'enlaçant. Elle répondit à merveille à mon contact et posa sa tête contre ma poitrine.
 "J'espérais faire l'amour, puis descendre à la salle à manger pour un petit déjeuner, suivi d'une longue promenade dans les jardins impériaux. Qu'en penses-tu?" Apparemment, elle avait déjà oublié l'incident car elle était détendue et d'humeur taquine.

 "Laisse-moi voir ..."  Je réfléchis haute voix, l'index sur mon menton.  "Déjeuner me parait une bonne idée, une promenade dans le jardin serait fantastique, surtout par ce temps incroyable ... faire l'amour ... Je crois que je peux m'arranger" Je souris malicieusement et elle fit de même. J'étais au-delà de l'ivresse. La Conquérante de Britannia, de la Grèce et de Rome, était dans son lit, avec la femme qu'elle aimait dans ses bras. La vie ne valait pas mieux que cela, me dis-je. Je pouvais à peine contenir mon bonheur. J'étais à deux doigts de sauter à pieds joints, de me précipiter hors de ma chambre nue comme un ver, et de traverser mon palais en dansant. Je voulais crier mon amour au monde. Bien sûr, l'idée même d'un tel comportement débridé venant d'une conquérante de ma stature était impensable.

 Personne dans mon Empire ne connaissait la vraie nature de ma relation avec Gabrielle. Premièrement, je ne tenais pas à devenir une cible pour mes ennemis. Deuxièmement, c'était un peu plus complexe. Je suis la célèbre conquérante, l'intimidante dirigeante, l'abominable souveraine - Je ne peux pas perdre cette image en laissant mes sujets savoir que je suis amoureuse de mon esclave.  S'ils découvraient que j'étais capable de tels sentiments, aimer, ils perdraient tout respect et ne me craindraient plus.  Le fait que Gabrielle m'appelait "Conquérante" en présence de ma servante montrait clairement qu'elle avait très bien compris la situation. Sa sagesse et sa perspicacité m'impressionnaient.

 Je commençai lui embrasser le cou légèrement. Son corps répondit immédiatement en me montrant comment et où le toucher, se balançant et se cambrant sensuellement contre moi. Sa peau était encore délicieusement chaude de sommeil.  Elle se posa au-dessus de mon corps affamé.  Elle réclama avec passion mes lèvres. Elle me désirait goûlument. Ses petites mains étaient partout sur mon corps, ma taille, mon visage, mes seins. Je pouvais entendre sa respiration râpeuse et sentir la sueur perler sur son corps.  Sa bouche frôla mes lèvres et descendit vers mon cou jusqu'à mes seins. Elle suça mes mamelons avec avidité, déclenchant de furieux grognements.  Mes mains attrapèrent sa tête pour la presser conter mon corps. Elle chevaucha ma cuisse, son sexe frottant contre moi. Je soulevai mes hanches vers elle, pour enfoncer mon sexe palpitant sur sa cuisse.

Elle prit un rythme régulier, à la fois sauvage et érotique, et je fis de même. Sous nos cris de plaisir, me parvinrent les bruits de nos corps se frottant l'un contre l'autre. Tout en ondulant, elle gémit doucement qu'elle m'aimait. Je ne pouvais que gémir son nom, encore et encore.  Quand je sentis l'orgasme m'envahir, je fis mon possible pour l'empêcher d'exploser. Je voulais son plaisir d'abord. Je devais la dédommager pour mes mauvais traitements passés. Le fait de me retenir créa une petite douleur dans mon clitoris enflé qui me tordit de désir. Quand son orgasme arriva, je m'abandonnai, et nos corps s'entrechoquèrent,se secouèrent et furent pris de spasmes en jouissant ensemble.  Nos bouches emmêlées étouffèrent nos cris. Puis son corps se ramolli et elle s'affaissa sur moi, la tête sur mes seins. Je souris au souvenir de son visage quand elle avait joui... assurément la chose la plus excitante au monde.

Nos respirations haletantes diminuèrent quand nous nous serrâmes l'une contre l'autre.
 "Tu es incroyable, Gabrielle" chuchotai-je à son oreille avant de l'embrasser tendrement.  Elle évita mon regard, délicieusement timide, comme si elle était trop modeste pour le compliment.  Elle reposa sa tête sur ma poitrine et reprit sereinement ses forces.

 Après un peu moment, nous sommes sorties du lit, nous sommes habillé et nous sommes dirigé d'un pas énergique vers la salle à manger. Comme d'habitude, à l'instant même où je posai le pied dans la pièce, un domestique se précipita pour tirer ma chaise. Puis d'autres serviteurs approchèrent la longue table en bois et posèrent devant moi des plats remplis de toutes sortes de délices. À côté de ces serviteurs, mon goûteur. Quand je lui fis signe qu'il pouvait goûter ma nourriture, je sentis le regard de Gabrielle me transpercer, mais elle n'émit aucun son.  Leur échange de regards ne m'échappa pas. Il lui fit un rapide sourire à peine perceptible et elle le remercia. Il semblait heureux de constater qu'elle avait survécu à ma colère de cette nuit. Je savais qu'il avait confiance en la parole que je lui avait donné, mais la voir toujours en vie était plus rassurant. Mon goûteur fit son travail et nous laissa.
Quatre autres serviteurs restèrent avec nous dans la salle à manger au cas où un de mes besoins nécessitait d'être exaucé. Je remarquais qu'ils n'avaient pas poser d'assiette en face de Gabrielle. Je claquais des doigts et un serviteur s'approcha de moi, attendant mes instructions.

 "Pourquoi n'y at-il pas d'assiette devant Gabrielle?" Lui demandai-je d'un ton accusateur.
 "Tu l’as dit toi-même, Conquérante, ton esclave de corps ne doit pas être servi par tes domestiques. Tu ne l'as jamais amenée à la salle à manger…pour… manger" rétorqua-t-il pour se justifier.
Quand il eut prononcé son dernier mot, je repensai à la fois où je l'avais amenée dans ma salle à manger.  Je me souvenais l'avoir forcer à se mettre à quatre pattes - "en position de chienne" comme j'avais l'habitude de l'appeler,- et de me donner du plaisir, pendant que mes autres esclaves et mes soldats la regardaient.  Ca avait du être terrible pour elle ... si humiliant.  J'en étais malade, pour tout le mal que je lui avais fait dans le passé.  Je ne voyais pas comment je pouvais me faire pardonner, si même il y avait un moyen de gagner son pardon. Néanmoins, je continuais de garder mon expression stoïque.

 "Chaque fois que Gabrielle vient ici, accompagnée par moi ou non, elle sera servie comme si tu me servais. Suis-je claire?"  Je rugis à mon serviteur.  Je sentis Gabrielle s'enfoncer dans sa chaise, mal à l'aise.
 "Comme tu veux, Conquérante." dit-il avec humilité avant de s'incliner.
 "Maintenant, laissez-nous!"  Au son de ma voix, ils sortirent tous.  Gabrielle et moi fûmes enfin seules. Un silence inconfortable se nicha entre nous. Je repris ma fourchette et mon couteau et commençai à découper ma viande.
 "Qu'est-ce qui t'ennuie, Xena?"  demanda doucement Gabrielle. 

Je n'arrivais pas à la regarder et avais du mal à avaler ma nourriture. Je ne savais pas quoi lui dire.  Je l'avais violée, brutalisée et humiliée. Je l'avais rabaissée à être ma putain. Je lui avais faire des choses indicibles. Je l'avais prise comme une sauvage.  Et maintenant ... nous y sommes... un couple amoureux... avec un passé si laid. La raison pour laquelle elle m'aimait m'était incompréhensible. J'avais tellement honte de toutes les choses que je lui avais faites. Ce n'est pas que je trouve le concept d'esclave de corps immoral ou mal, c'est la façon dont le monde fonctionne.  Le faible doit s'incliner devant le puissant, le puissant peut faire plier le faible de sa simple volonté et peut faire de lui ce qu'il veut car il a le pouvoir.  Ce n'est pas une question de morale, de bien ou de mal. J'ai simplement le pouvoir.  Bien sûr, s'il n'y avait pas eu Gabrielle, j'aurais probablement pris vingt femmes comme esclaves de corps.  Après tout, je suis la Conquérante! Mais ce n'était pas simplement le fait de l'avoir prise comme esclave de corps, c'était la manière odieuse dont je l'avais fait, la violence qui accompagnait mes désirs, ma dégradation... J'avais le pouvoir de la prendre sans la faire trop souffrir, mais je lui fis connaître l'horreur, la douleur extrême et l'humiliation, au moins...

 "Je ne savais pas que tu savais aussi lire dans les pensées, Gabrielle." 
 "Non, en fait, ça se lit sur ton visage."  Elle attrapa le vin et me servit un verre.
 "Et que dit-il?" lui demandai-je avec un petit sourire qui étira le côté droit de mes lèvres, pour essayer de cacher mon embarras. Savoir qu'elle lisait en moi comme un livre ouvert me perturbait.
 "C'est à cause de notre passé?" demanda-t-elle doucement en se reculant sur sa chaise.
 "Je n'ai aucun souvenir de notre passé ensemble, tu te souviens?" 
Je blaguais. Je ne me faisais pas d'illusion en pensant pouvoir échapper si facilement à la question.  Gabrielle n'était pas folle, mais pour une raison stupide je pensais qu'elle pourrait le devenir. Je n'étais pas prête à discuter de cette question avec elle.  En fait, je crois qu'elle n'était elle-même pas prête pour ça.
 "Je ne parle pas de ça et tu le sais."  Elle soupira.  Je sentais son agacement. Elle se pencha subitement en avant, le corps à moitié sur la table et m'attrapa le poignet. Je levai les yeux de mon assiette et la toisai.

 "Gabrielle ... je ne sais pas quoi te dire pour que tu..."  Elle évita mon regard.  Cela me rappelait la façon dont elle m'avair regardée quand je l'avais violée.  Quand je la regardais dans les yeux, je perdais le contrôle de ma voix. C'était douloureux pour nous deux.  "Si je pouvais la récupérer ..."
 "Xena ...."  Dit-elle à haute voix pour attirer mon attention "S’il te plaît, ne... me fais pas revivre ... je dois oublier."  Elle parlait lentement, sans même me regarder. Elle semblait si lointaine, ça me brisait le coeur. Une étrange pensée me vint à l'esprit à ce moment-là. Je me demandais si elle avait toujours peur de moi.
 "Comme tu veux, Gabrielle."  Marmonnai-je. Je n'avais plus faim et repoussais mon assiette. Mes péchés passés seraient toujours entre nous, je le savais.  "Allons nous promener" lui proposais-je. J'avais besoin de changer de décor.

 Ma décision s'avéra être la bonne.  Dès que nous arrivâmes dans mon grand jardin coloré, ses yeux retrouvèrent leur lumière.  Je lui demandai de me parler de notre passé d'amantes. Elle me raconta que j'avais fait semblant de tomber amoureuse d'un homme nommé Ulysse pour la rendre jalouse, vérifier si elle m'aimait ou non. Elle me dit que nous nous étions alors avoué notre amour, que je l'avais dis la première. Elle me parla de la première fois où nous avions fait l'amour.
 Malgré la tristesse de ne pas m'en souvenir je me sentais en paix.

 Parchemins de Gabrielle

 Ca faisait une lune depuis que Xena et moi nous étions retrouvées.  Tout paraissait comme une lune de miel.  Xena prenait le temps pour que nous soyons ensemble autant que possible. Je savais que ce n'était pas facile pour elle, car après tout, elle dirigeait la Britannia, la Grèce et Rome. Nous nous levions tard chaque matin car nous nous couchions tard chaque nuit. Nous faisions de longues promenade dans ses jardins impériaux, montions Argo. 

Elle m'emmena une fois encore sur la mer. La nuit, nous faisions l'amour.  Elle était si douce avec moi, elle me traitait comme si j'étais la chose la plus fragile du monde.  Elle prenait son temps, sans précipiter les choses.  Il était clair que mon plaisir et ma satisfaction était plus important et plus urgent que les siens. Lors de nos longues et passionnées relations charnelles, j'avais remarqué qu'elle ne se laissait pas aller avant moi.  Elle tenait absolument à ce que je jouisse la première.  Alors, et alors seulement, elle s'abandonnait. Je savais que ce n'était pas facile pour elle, car elle avait la puissance sexuelle d'un jeune homme. Je me rendais bien compte qu'elle faisait ça pour compenser les sévices sexuels qu'elle m'avait fait enduré. Je ne lui en dis rien. Au plus profond de mon coeur, je voulais qu'elle paye pour tout ce qu'elle m'avait fait. Ces sentiments me faisaient honte, honte de ne ressentir aucun pardon ni aucune compassion. Je ne voulais pas faire souffrir Xena, mais hélas, c'était au-dessus de mes forces, je la faisais payer malgré moi. Pourtant, quand je lui faisais l'amour, je lui donnais tout ce que j'avais - je ne lui refusais rien.

 Trop souvent, le devoir l'appelait et elle devait m'abandonner pour diriger. Je lui demandai de me laisser siéger aux réunions qu'elle orchestrait avec ses plus hauts commandants impériaux. Chose assez surprenante, elle accepta, même si elle ne comprenait pas pourquoi je m'intéressais à ces ennuyeuses questions. Lors de ces réunions, en particulier durant la première, j'eus droit aux regards acérés, étonnés, et troublés de ses officiers. Ils ne comprenaient pas ce que l'esclave de corps de la Conquérante faisait là. Elle se borna à ordonner de passer outre.

 Je comprenais pourquoi elle préférait que tout le monde croit que j'étais son esclave de corps et non son amante et consort.  Mais malgré cela, ça n'était pas moins humiliant. J'étais la reine des Amazones, et un être humain.  En privé, elle me traitait comme une reine, elle était douce, me nourrissait, me lavait et m'habillait. C'était sa façon de me dire qu'elle m'aimait. Elle me gâtait et j'adorais ça. Elle était adorable comme ça.

En public, elle était la Conquérante et j'étais son esclave de corps.  Je m'adressais à elle avec son titre de "Conquérante".  Mais, même en présence d'autres personnes, elle ne faisait aucune remarque humiliante envers moi comme par le passé. Bien sûr, elle ne prit plus l'habitude de me prendre devant les autres.  Les gens sentaient que quelque chose avait changé entre nous, qu'elle me traitait différemment, qu'elle me traitait mieux. Elle n'avait pas le droit de laisser ses sujets penser que j'étais plus qu'une prostituée, mais je ne lui en parlais pas. Je la laissais à sa discrétion, car c'était la Conquérante après tout.
 Au cours de la dernière lune, je lui racontai tout ce qu'il y avait à savoir sur nous. Elle était très désireuse d'en apprendre le plus possible. Elle me questionnait sur nos vies en tant qu'amantes, les choses sur lesquelles nous avions l'habitude de nous chamailler, ce que nous aimions faire ensemble. Je comblai tous les trous que j'avais laissés en lui racontant les dix années effacées de sa mémoire. Je ne dis rien sur Solan. Je me rendais compte que j'avais réussi à la briser, mais pas à la dompter. C'était toujours une femme brutale qui pouvait tuer violemment en un clin d'œil, sans remords ni pitié.  L'amour que j'avais pour elle ne m'aveuglait pas, je savais à qui j'avais affaire. Même si elle ne montrait aucune violence envers moi, j'étais bien consciente de sa brutalité envers les autres, pourquoi, le lendemain de nos retrouvailles, elle avait failli tué Dana pour ne pas avoir frappé à la porte avant d'entrer. J'étais contente d'avoir pu l'empêcher de la tuer. La peur sur le visage de sa servante était clair comme de l'eau de roche.  Et ils la craignaient tous pour cette raison. Je ne me faisais pas d'illusion sur ce qu'elle était, juste parce que c'était mon amante.

 Même si je passais beaucoup de temps avec ma Xena, je ne négligeais pas mes jeunes élèves. Xena nous offrit un endroit confortable et bien équipé pour faire une classe. On y trouvait tout à l'intérieur, des petites tables, des petites chaises, un grand tableau noir, des cartes, etc. Ca me toucha profondément quand elle me montra la salle de classe qu'elle avait fait construire pour les enfants et moi. Certes, elle ne serait pas prête d'oublier la nuit où je lui ai montré ma gratitude. Millus la remercia personnellement aussi. Je lui demandai de soulager le jeune Millus de son devoir de goûteur. Elle s'y obligea. Mais elle garda la rumeur selon laquelle un enfant était son goûteur pour que les gens s'engagent à ne pas tenter de le tuer avec du poison.

 Je me souviens d'une nuit en particulier. C'était après que Xena et moi avions fait l'amour passionnément sur le balcon de sa chambre. J'étais blottie dans ses bras, laissant mon corps se refroidir de la chaleur qui l'avait ravagé, dans la légère brise de la nuit.

 "A quoi penses-tu, mon amour?" me demanda-t-elle doucement en caressant mes cheveux.
 "Eh bien, en vérité, je pensais à ce que tu m'as dit sur ton passé, tu as rencontré Hercules puis moi. Tu étais violente à l'époque, mais d'après ce que tu m'as dit, tu n'étais pas aussi impitoyable, inhumaine et sans cœur qu'après la résurrection. "
 "Que veux-tu dire?"  Elle s'arrêta de caresser mes cheveux.
 "Eh bien, tu avais des limites, une ligne que tu ne franchissais pas- une limite que tu as franchi après la résurrection."  Je me reculai et m'assis les jambes croisées, face à elle. Elle s'installa sur un coude et leva la tête.
 "Quelle limite?" 
 "Tu n'avais jamais tué de femmes ni d’enfants avant. Même lorsque tu tuais, tes méthodes n’étaient pas si cruelles, si horribles." Elle resta silencieuse un moment. Elle devait se sentir accusée. Elle regarda au loin.
 "Je ne sais pas quoi dire, Gabrielle ... Je n'ai aucune explication à t'offrir." Elle semblait troublée, presque mal à l'aise.
 "Je suppose que c'est le résultat de ta perte de mémoire. Ca t'a déséquilibrée, avec un sentiment de perte de contrôle, du coup, tu as renforcé ta violence pour avoir l'impression de contrôler plus que d'habitude. Je crois aussi que parce qu'une part de ton identité t'a été enlevée, tu t'es poussée à l'extrême, pour te retrouver" Je pris son visage entre mes mains.
 "Peut-être que tu as raison" dit-elle finalement en soupirant. Après un long silence, elle reprit:  "Gabrielle." Elle prononça mon nom avec tant d'effort, comme si ça lui avait pris toute ses dernières forces. "J'ai besoin de te demander pardon pour t'avoir violée..."
 "Chhhh ..." Je posai un doigt sur sa bouche. "N'en parlons surtout pas, Xena, s’il te plaît." Ma voix était à peine audible.
 "Gabrielle ... nous devrons en parler tôt ou tard."
 "Je ne veux pas en entendre parler!"  Je lui criai presque. Quand elle posa sa main sur mon épaule, pour me faire savoir qu'elle était là, je suppose, je tressaillis involontairement. En réponse, elle m'attrapa par les épaules et me força à la regarder.
 "Gabrielle ... je ne peux pas vivre comme ça avec ... tout ce gâchis... entre nous."
 "Je suis désolée, Xena ... je ne peux pas faire mieux."
 "Combien de temps? Combien de temps as-tu l'intention d'éviter cette chose. Ca ne disparaitra pas comme ça, tu sais! j’ai besoin de ton pardon, Gabrielle ... Ca me torture."  Je vis le tourment dans ses yeux.
 "Je suis désolée, Xena, je ne peux t’accorder mon pardon ..."  lui dis-je avec un calme inexpliqué. Je vis des larmes monter dans ses yeux.  "Ne pleure pas, mon amour, tout ira bien ..."
 "Ca me fait mal... et je sais que ça te fait mal aussi. Je t'ai vue t'agiter et te retourner dans notre lit en pleine nuit. Je me sens impuissante ... comment peux-tu dire que tout ira bien. Ca nous poursuit partout, nous menace ... " 
Elle braillait comme un enfant.  Je ne dis rien, pas un mot pour la rassurer, ou la réconforter.  Je savais qu'elle en avait envie et besoin, mais je continuais.  Ce n'était pas que je ne pouvais pas lui pardonner - je ne le voulais pas.

 Journal de la Conquérante  (écrit par Xena)

 Tout allait pour le mieux entre Gabrielle et moi jusqu'à ce que les Amazones arrivent à mon palais. Jusqu'à ce que les Amazones pointent le bout de leur nez, Gabrielle et moi étions inséparables; hélas tout changea.

 Tout commença ce jour-là -après environ une lune où nous étions devenues amantes- quand elles mirent les pieds sur mon domaine.  J'étais assise sur mon trône quand l'un de mes gardes m'annonça leur arrivée.  Gabrielle se tenait à ma droite, vêtue de ses habits d'Amazone. Je l'avais autorisée à le porter car il contribuait au respect de celles qui l'avaient proclamer reine, et aussi parce que le vêtement minimaliste mettait son corps en valeur... je l'aimais beaucoup... il me la rendait plus accessible...

 Deux d'entre elles, deux guerrières Amazones, se tenaient devant moi.  Elles ne me saluèrent pas ni me montrèrent aucune forme de respect, mais marmonnèrent simplement "Conquérante" en entrant. Elles avaient l'air sacrément fier et j'eus une envie subite  de leur briser les rotules avant de les forcer à se mettre à genoux pour afin de faire disparaître leur arrogance.  Mais comme c'était des sujets de Gabrielle, je ne cédai pas à mon caprice. Je rejetai mes gardes de façon à ce qu'ils ne soient pas témoins de "l'état de reine" de Gabrielle.

 "Ma Reine, tes qualités de dirigeante sont nécessaire." L'informèrent-elles rapidement
 "Continue" ordonna Gabrielle, impressionnante.  Même si je l'avais déjà vue diriger son peuple, ça me surprenait encore. Gabrielle, contrairement à moi, ne mettait pas en avant son côté autoritaire à bout de champs, seulement quand il était requis.
 "Nos éclaireuses nous a informées que Messelina et Chilapa sont mortes, et que tu était l'esc..."  La guerrière Amazone ne poursuivit pas. Gabrielle me posa une question du regard. Je donnais mon consentement d'un signe de la tête et elle retourna à ses sujets.
 "Je ne suis plus l'esclave de la Conquérante. C'est un fait peu connu et je vous interdis, toi et les autres Amazones de laisser suggérer le contraire. La raison pour laquelle c''est une affaire entre la Conquérante et moi ne vous regarde pas."  Sa voix était confiante et sûre d'elle.
 "Comme tu le souhaites, ma Reine."  Elles baissèrent la tête et fus fière de ma petite femme.
 "Maintenant, dis-moi, pourquoi ai-je besoin de revenir?" demanda-t-elle tout en gardant une posture droite, tel un vrai monarque.
 "Nous n'avons plus de chef. Maintenant que Chilapa et Messelina sont mortes, il n'y a personne pour nous guider. Tu es la seule. Si tu ne reviens pas avec nous, nous serons une proie facile. Les temps sont durs... notre vie dépend de toi "

 "Soeurs, vous êtes venues de très loin. Je suis sûre que vous avez faim et que vous êtes fatiguées. J'espère que la Conquérante aura l'amabilité de vous accueillir dans son palais."  Elle se tourna vers moi et j'acquiesçai.  Mon coeur débordait d'amour pour elle à ce moment-là.  "Sa servante va vous montrer vos chambres. Lavez-vous, reposez-vous, et nous nous verrons à la salle à manger dans trois marques de bougie"
 "Oui, ma Reine." Je fis venir ma servante et lui donnai les instructions pour mes hôtes. Gabrielle et moi nous retrouvâmes seules dans la pièce.
 "Que vais-je faire, Xena?" demanda-t-elle avec un regard inquiet.
 "Allons dans ma chambre en discuter."  lui suggérai-je en lui prenant la main. Nous entrelaçâmes nos doigts et sortirent lentement vers ma chambre.  Une fois arrivées, elle s'assit sur mon grand lit couvert de draps de satin vert et je m'installai face à elle, les bras repliés sur ma poitrine.
 "Eh bien?"  Demandai-je.
 "Xena, elles ont besoin de moi." 
 "J'ai besoin de toi aussi, Gabrielle. tu le sais, n'est-ce pas?"  Rétorquai-je en levant un sourcil.
 "oui, Xena, mais si je ne vais pas avec elles, au moins quelque temps, juste assez pour former une nouvelle reine, ma tribu pourrait mourir." 
 À ce moment-là elle était encore en train d'essayer de me raisonner.
 "Quelque temps ... hein? et de combien de temps parlons-nous? Que signifie "quelque" Gabrielle?"
 "Je dirais... environ six mois." 
 "Hors de question." m'exclamai-je aussitôt.
 "Allez, Xena! Tu peux venir avec moi. Ce sera drôle" Elle souriait, essayant en vain de m'amadouer.
 "Il est hors de question que je quitte mon royaume!" répondis-je durement en gardant une mine sévère.
 "Tu peux laisser ton commandant ..." 
 "Si tu veux que quelque chose soit fait, fais-le toi-même" je l'interrompis. J'espérais que mon expression l'effraierait.
 "Xena, s’il te plaît ..."
 "Ma décision est prise. Nous restons ici toutes les deux."
Un frisson la traversa. Je ne voulais pas l'intimider, mais rester ferme. Je n'étais pas prête à ce qu'elle me laisse, surtout maintenant qu'elle avait réveillé mon âme ... Grâce elle, je savais que j'en avais une.
 "Qu'en est-il de ce que je veux?" me rétorqua-t-elle en me fixant. Quelque part dans mon coeur, je savais qu'elle avait raison. Mais je ne pouvais pas me passer d'elle. J'avais trop besoin d'elle.  Alors, faute de mieux à dire, je toussai.
 "Je ne suis plus ton esclave". Chuchota-t-elle avant de baisser la tête. Je ne suis pas sûre qu'elle voulait que j'entende sa dernière remarque, mais mon audition aiguë l'entendit tout de même.
 "Tu sais, jeune fille, ça peut facilement changer." dis-je d'un ton sec.  Je n'avais même pas encore réfléchi si je devais accepter ou non.  Et après avoir dit ça, je n'étais pas sûre de ne pas le regretter.
 "Je sais." marmonna-t-elle, sans me regarder. "La question est, Conquérante, est-ce vraiment ce que tu veux?"  J'étais vraiment agacée qu'elle ne me regarde même pas. Nous étions donc là, seules, dans ma chambre et elle m'appelait "Conquérante", comme si elle n'était plus mon amante.
 "N'en doute pas, jeune fille, je t'aurai d'une façon ou d'une autre." Roucoulai-je d'une dangereuse voix basse en lui lançant un regard furieux.
 "Tu n'auras pas mon amour, Conquérante, seulement mon corps." Elle osait me défier. Elle avait peur, je le sentais aux trémolos dans sa voix.
 "C'est ce que nous allons voir, jeune fille. Je suis sûre que tu t'es familiarisée avec ma mauvaise habitude de toujours obtenir ce que je désire."
 "Comme tu le souhaites, Conquérante." Je crus l'entendre capituler.
 "En fait, j'ai l'impression d'avoir gagné un peu de ton amour maintenant."

Comme sur commande, Gabrielle s'allongea sur mon lit. Elle retira son soutien-gorge en cuir et sa jupe et prit ma position jambes et bras écartés, comme si elle était à mon service. Alors comme ça, elle pensait jouer ce petit jeu avec moi, hein? 
Elle savait que dès que je la toucherais, elle mettrait fin à cette stupide mascarade et agirait comme une amante plutôt que comme une pathétique esclave de corps... très bien…ma favorite…Fais comme tu veux... Tu pourrais avoir ce que tu n'as pas demandé...

 Je me désarmai de mon épée et de mon chakram, retirai mon armure et mes bottes et me jetai, nue, sur elle.  Elle tourna la tête pour ne pas me regarder, comme je le lui demandais quand elle était à mon service.  Je commençais à lui embrasser lentement le cou, mordillant sa chair.  Elle ne me donna aucune réponse, rien, pas même un petit gémissement.

 "Allez, Gabrielle, je sais que tu veux ..." J'essayais de la persuader et capturais un sein dans ma main, massant son mamelon dressé.  Gabrielle ne bougeait pas. Son corps semblait congelé. Je pris sa main et posai sa paume sur ma poitrine, frottant ma peau contre la sienne.  Elle ne participa pas au mouvement, il n'allait que dans un sens. J'utilisais juste sa main. Quand je la lâchai, elle retomba sur le lit.
 "S’il te plaît, chérie ... aime-moi." lui chuchotai-je doucement en frottant mon sexe contre sa cuisse. Je pensais qu'une petite coquetterie ferait l'affaire et lui ferait se donner à moi. Mais ce ne fut pas le cas.
"Dieux, mon amour ... J'ai tellement envie de toi."  Gabrielle était têtue.  "Arrête de rester couchée là comme un meuble et bouge un peu sous moi ..."  Je me mis en appui sur mes bras et restai au-dessus d’elle, puis je reportais tout mon poids sur un bras et bougeais contre ses hanches, encore et encore. Elle ne coopérait pas, ne se déplaçant pas contre moi comme j'essayais de lui montrer.
 "Je sais!" m'exclamai-je.  "Tu veux ma langue ... les dieux savent que tu ne peux pas y résister."
Je descendis vers son sexe et m'installai entre ses cuisses, inhalant son parfum de femme.

C'était toujours aussi enivrant.  Elle était mouillée et gonflée, mais pas autant qu'elle pouvait l'être. Je léchais ses replis, puis son clitoris ... mais rien, pas la moindre petite convulsion, pas le plus petit frémissement. Mon coeur se fit douloureux. La voir si indifférente à mon contact me causait une douleur indescriptible.  Je n'en revenais pas. Elle était juste étendue là comme malgré elle, détournant son visage, le regard vide fixant un point invisible sur le mur.

 "Aime-moi!"  lui ordonnai-je ... Rien.  "AIME-MOI!" hurlais-je, le visage encore lustré de son musc charnel.  "Je t'ordonne de m'aimer."  Sans résultat.
 J'aurais pu la prendre de force comme par le passé, mais je ne voulais pas. Ca n'aurait pas été aussi satisfaisant que de vraiment faire l'amour avec elle. D'ailleurs, je n'aurais pas pu lui faire encore subir cette épreuve.  Elle méritait mieux.  Malgré ma colère, je ne pouvais pas lui faire de mal car elle avait mon coeur.

 "Lève-toi, remballe tes affaires et sors d'ici! Ne reviens jamais. Reste à l'écart ou je te tue!"  Lui criais-je en lui montrant la porte. L'insulte qu'elle me rejette physiquement brûlait mon cœur. Elle s'habilla  sans rien dire, une expression grave sur le visage; sa lèvre tremblait et des larmes embuaient ses yeux.  Elle était trop fière pour pleurer ouvertement dans ces circonstances.
 J'évitai de la regarder et me rendis devant la fenêtre.  Que fais-tu ?!.... Tu es sur le point de la perdre... Dis-lui que tu es désolée ... supplie-la de ne pas te laisser ... Tu l'aimes trop ... tu la désires beaucoup trop... Mais je ne bougeais pas. Je l'entendis se lever, elle s'attarda un peu. Je sentais ses yeux fixer mon dos, mais je ne me retournais pas. Puis, la porte de ma chambre s'ouvrit et se referma. Je rassemblais assez de courage pour faire demi-tour. Ma chambre était vide, tout comme ma poitrine, à la place de mon coeur.  Seulement après qu'elle soit sortie, j'éclatais en sanglots. Je ne comprends pas ... Si elle m'aime, pourquoi choisit-elle les Amazones plutôt que moi? Que vais-je devenir sans elle?  Et je ne lui ai même jamais dit que je l'aimais.

 Parchemin de Gabrielle
 J'étais debout au milieu de sa chambre, n'en revenant pas qu'elle me renvoie. Je ne suis pas sortie tout de suite. Je suis restée là un moment, fixant son dos, essayant de mémoriser chaque parcelle de son corps. j'attendais qu'elle se retourne et me dise qu'elle ne pensait pas ce qu'elle venait de dire et qu'elle voulait que je reste avec elle, ne pouvant vivre sans moi.

 Je n'avais pas vraiment le choix. Je ne pouvais pas agir de manière égoïste et irresponsable. J'avais une tribu sous mes ailes, qui devait faire face au danger d'extinction sans chef. Devoir quitter Xena était insupportable. C'e n'est pas comme si je ne l'avais pas vue durant ces six mois. Nous aurions pu organiser des visites.  Mais c'est le côté entier de Xena. Tout ou rien. Elle avait choisi le rien.

 Je me rendais compte que je la craignais encore. Quand elle m'avait dit que mon statut d'amante pouvait facilement changer pour redevenir esclave de corps, mon cœur manqua un battement. J'eus l'impression que tout était provisoire avec elle, incertain et imprévisible. Mais ce qui me faisat le plus peur, c'était sa façon de me commander dans l'intimité. J'avais tellement peur que je ne pouvais plus bouger, peur qu'elle me prenne quelque chose qu'elle n'avait pas le droit de prendre sans mon consentement.  L'entendre proférer cette ignoble expression de "jeune fille" me donnait la chair de poule d'horreur et de répulsion.  Mon âme était ailleurs quand elle me toucha. Ca me rappelait les horribles et douloureuses sensations de la fois où elle m'avait prise contre ma volonté. J'avais peur qu'elle recommence.  Le fait que je n'avais pas excusé Xena, m'apprenait que je gardais les pieds sur terre, que mon amour pour elle ne m'avait pas aveugle, que je savais de quoi elle était capable.
J'eus de la chance. Pour une raison quelconque, elle s’arrêta d’elle-même. Je ne sais pas pourquoi, mais je voulais croire que c’était grâce à son amour pour moi.

 Xena m'a renvoyée de son palais et m'a sortie de sa vie.

 Après avoir quitté sa chambre, je suis allée voir les messagers de ma tribu. Je les trouvai dans la salle à manger de la Conquérante. Je leur dis que nous devions immédiatement aller chez les Amazones.  Elles abandonnèrent leurs assiettes sur la table et nous nous rendîmes aux écuries impériales. Elles enfourchèrent leurs chevaux, et je sautai derrière l'un d'entre elles. À ma grande surprise, la Garde Impériale n'essaya pas de nous empêcher de quitter le palais. J'imagine qu'elle leur avait donné l'ordre de me laisser partir. Quelque part au fond de moi, j'aurais voulu qu'ils me retiennent. Je pense que c'est ce qui me frappa - la Conquérante ne voulait plus de moi, elle me voulait vraiment hors sa vie à jamais. Accompagnée des Amazones, nous galopâmes loin de son immense palais,  et je me mis à pleurer, ne pouvant m'empêcher de regarder une dernière fois le domaine de la Conquérante dans laquelle je n'avais dorénavant plus ma place.  Les Amazones ne me demandèrent pas la raison de mes larmes. 

Elles savaient que ça avait un lien avec Xena, et par respect pour moi elles ne m'ennuyèrent pas avec ça. Après tout, nous étions ensemble, après tout ce qu'elle m'avait fait subir, notre séparation... oui, par quel Tartare était le but de tout cela?  J'étais trop dépitée pour y penser.
 A la tombée de la nuit nous arrivâmes sur la terre des amazones. Je fus conduite à la cabane de la reine. On me prépara un souper, et un bon bain chaud. Quand je fus fatiguée de tremper mon corps dans l'eau brûlante, je perdis le contrôle de mes émotions. Son absence coulait enfin. Elle me manquait terriblement. L'idée de ne pas dormir avec elle me déchirait.

 Le lendemain matin, je rencontrai le conseil. Je leur suggérai de voter pour la future reine active, ma remplaçante quand je serai partie.  Je ne voulais pas rester avec elles plus de six mois, comme prévu initialement, pas prête à renoncer à mon amour si vite, pas seulement parce que je l'aimais réellement, mais aussi parce que je devais lui enseigner la miséricorde, la compassion et l'amour. Je devais lui apprendre à ne pas user de violence comme solution, mais seulement en dernier recours.  Je voulais qu'elle abandonne ses manières de faire mortelles. Je souhaitais la voir diriger son royaume avec justice, liberté, égalité, avec les règles qui la guidaient. Je n'étais pas assez naïve pour croire que la Conquérante quitterait son royaume et le libèrerait de son régime. Il était clair pour moi qu' elle avait besoin de pouvoir et de contrôle. Pourtant, je voulais qu'elle soit une dirigeante bonne, miséricordieuse et aimée... Je reviendrai pour elle.

 Journal de la Conquérante (écrit par Xena)

 Ca faisait une demi-lune que Gabrielle m'avait poussée à la renvoyer et à sortir de ma vie pour toujours. Au cours de ces misérables jours, je sortais rarement de ma chambre. Je ne supportais pas de voir du monde.  La nourriture avait un goût de moisi dans ma bouche et le vin était aigre. Peu importait, je me fichais complètement de la nourriture et du vin de toute façon. Je ne sortais que pour les réunions importantes avec mes officiers, quelques exercices militaires et entraînements, pour des choses absolument nécessaires.
 Je pleurais la perte de Gabrielle durant cette période.  Je rêvais qu'elle revenait, s'excusait de m'avoir abandonnée; je lui pardonnais alors et nous faisions l'amour sauvagement.  Une inconcevable douleur me rongeait. Ca faisait si mal que j'aurais voulu m'arracher le coeur de la poitrine pour soulager cette douleur. Je rêvais toujours d'elle la nuit. La plupart de ces rêves, je dois l'admettre, étaient érotiques. Je m'imaginais la prendre avec frénésie, comme un animal. Le matin,  je me réveillais trempée de sueur et d'excitation. Je me languissais de son amour et de son corps. Prendre une prostituée était hors de question, et un esclave de corps impensable. Je ne voulais que ma blonde reine Amazone.
 Mis à part ce désir insatiable, il y avait le supplice de ne pas savoir ce qu'elle faisait. J'étais malade d'inquiétude pour elle et je devais m'empêcher d'aller la voir. Comme je n'étais pas sûre de supporter de la savoir avec une autre amante, je n'envoyais pas d'espion.

 Après une demi-lune, mon commandant en second entra dans ma chambre pour m'informer que les espions envoyés en Chine étaient revenus au palais avec quelques informations intéressantes. Ils étalèrent des cartes devant moi, tout ce que j'avais besoin de savoir pour conquérir la Chine.  Quand on entreprend une campagne militaire de cette ampleur, vaut mieux être bien préparé et connaître parfaitement son ennemi.

 "Vas-tu aller en Chine, Conquérante?"  demanda Demeous, mon commandant en second.
 "Oh oui, je crois que la Chine est mûre pour être prise, commandant."  Je grognai de plaisir. Pour la première fois depuis le départ de Gabrielle, je me sentais revivre. L'adrénaline faisait rage, tel un fleuve, dans mes veines.  J'avais soif de sang et de pouvoir.
 "C'est bon de te revoir, Conquérante."  dit Demeous et j'aperçus un petit sourire.
 "Je vais chasser, commandant. Je suis le chasseur ... et je vais ramener de la marchandise ... Je ne m'arrête pas!"  J'étais grisée.  Guerre, bataille, conquête ... c'est ce dont j'avais besoin pour effacer Gabrielle de mon esprit.  Je retrouvais le goût de vivre.  Depuis que Gabrielle était partie, je me laissais mourir ... mais je ne l'étais pas. J'étais pleine d'enthousiasme.

Ca me prit près d'une demie-lune, pour préparer ma campagne avec mon armée et ma flotte. À la fin de la deuxième lune depuis le départ de Gabrielle, je me trouvais aux frontières de la Chine avec mon immense armée.  J'abattis des centaines d'hommes, n'épargnant personne. Le sang que je répandais avec mon épée et mon chakram trempait le sol. J'encourageais mes hommes comme personne sur cette terre. Je faisais ressortir leur côté animal assoiffé de sang.  Leur humanité disparaîssais sous mes yeux, j'étais aux anges.

 Après la troisième lune de batailles, je massacrai le monarque Chinois, et m'installai dans son palais.
 La première nuit là-bas, je fus présentée à cette belle jeune appelée Ling-Ma. Pour mon plus grand plaisir, elle était la courtisane du dernier dirigeant chinois. Elle avait une petite tête, tout comme Gabrielle, bien que Gabrielle soit plus musclée. Elle avait de long cheveux lisses et noirs, et de magnifiques yeux sombres.  Ses traits étaient délicats, féminins et ronds, et son teint aussi blanc que neige. Elle était magnifique. Lorsque je la rencontrai, elle portait une robe de soie orientale vaguement attachée et couvrant à peine ses petits seins.

 "Quel âge as-tu, chère jeune fille?" 
 "Quinze ans, Conquérante"
 "Très bien, jeune fille...."Conquérante" ... hein? "  Je répétais le terme honorifique qu'elle utilisait quand elle s'adressait à moi "Tu sais, ma chère, la flatterie ne te mènera nulle part."  Ma voix portait un avertissement.  Je ne connaissais que trop bien le petit jeu des putains.
 "J’en suis bien consciente, Conquérante."
Curieusement, elle semblait me respecter, sans avoir peur de moi, pas même après ce qu'elle m'avait vue faire au corps de son ancien maître après l'avoir tué.  Etrangement, je la trouvais rafraîchissante.
 "Quand que je t'ai trouvée dans la chambre... du défunt monarque, j'ai cru que tu étais... son jouet?"
Tout à coup, je fus consciente d'être debout devant une jeune femme, du sang partout sur mon armure. Cela me  mit mal à l'aise et timide.

 "Certes, Conquérante, mais il est mort maintenant, et maintenant je suis ton jouet."  Elle parlait avec confiance et avec un soupçon de séduction.  "J'espère, Conquérante, que tu seras assez aimable pour me donner le privilège de te faire plaisir" dit-elle d'une voix douce et accueillante. Elle ferma l'écart entre nous, sans attendre ma riposte.  Elle ne paraissait pas quinze ans, c'est certain. Elle paraissait expérimentée aussi... mais son corps et ses traits avaient bien quinze ans.

 "Pourquoi pas".  Je lui souris. Elle enleva mon armure de ses petites mains habiles. C'était un vrai soulagement.
 "Je vais te préparer un bon bain chaud, Conquérante."  
 "... Oui"  Marmonnai-je.
 En un rien de temps mon bain fut prêt.  Elle m'aida à me débarrasser de mes vêtements plein de sang, et me fit entrer dans la baignoire.  Mon corps était raide et las après trois lunes de batailles. Elle enleva sa robe et se prépara à me joindre dans l'eau. Je laissais mes yeux explorer son magnifique corps nu. Effectivement, elle était à couper le souffle.  Elle avait de petits seins tendres peu développés, et un mystérieux triangle noir qui semblait retenir des plaisirs latents. Ca faisait cinq lunes que je n'avais pas touché une femme, et j'avais faim, sans parler de la soif de désir d'après bataille dans le creux des reins qui avait désespérément besoin d'être libérée. Je fermais les yeux et respirais à plein poumon le parfum pur et magique du jasmin que Ling-Ma venait de verser généreusement dans l'eau. Quand je rouvris les yeux, la sensuelle courtisane se trouvait en face de moi dans la baignoire, ses seins frôlant légèrement les miens.

 "Je n'ai aucun intérêt à te garder ce soir, s’il te plaît ne me fais pas la cour, chère jeune fille... quand je te voudrai, je te le ferai savoir." Ca dévasterait Gabrielle me réprimandais-je. Ce n'est plus mon amante et pourtant je n'arrive pas à en prendre une autre. L'idée même de prendre une autre femme me donne l’impression de lui être infidèle, c’est absurde ... Merde ... j'ai tellement besoin de m'envoyer en l'air...  "Je suis fatiguée, Ling-Ma, va faire mon lit."  lui ordonnai-je, doucement.  Je n'arrivais pas à m'expliquer l'effet que me faisait cette jeune fille.

 "Comme tu veux, Conquérante."  Elle inclina la tête, si gracieusement.  C'était la maîtresse de service, une servante au vrai sens du terme.  Elle s'illuminait en présence de son maître. Elle savait comment créer l'illusion qu'elle prenait plaisir à servir.  C'était une artiste. C'était adorable. Après avoir fini de me laver, je posai mon corps éreinté sur le lit. Ling-Ma s'allongea sur un petit lit au pied du mien. A l'instant même où ma tête se posa sur l'oreiller, je m'endormis.
 Je me réveillai le lendemain aux environs de midi et vis ma jeune courtisane amener un plateau plein de toutes sortes de délices.

 "Bonjour, Conquérante."  Elle me sourit.
 "Bonjour".  Je lui retournai son salut et m'assis.  Ling-Ma posa le plateau sur mes cuisses.
 "Je veux bien croire que tu as bien dormi."  Dit-elle en souriant toujours.
 "Oui, merci."  Elle me faisait me sentir indolente.  J'étais en paix, calme et détendue. Elle était un cadeau pour moi. C'était la première fois, depuis la perte de Gabrielle, que je me sentais moins seule.  J'avais l'impression de ne pas avoir besoin de l'intimider ou de la contrôler. Ca aurait été une espèce de déchéance que de le faire.  Et oui, j'étais polie et aimable avec elle. Je lui demandai d'aller chercher mon goûteur, Millus, pour tester ma nourriture, ce qu'elle fit. Une fois dans ma chambre, il détailla Ling-Ma et elle se tourna vers lui. Apparemment, il ne l'appréciait pas. Il était clair à son regard qu'il n'aimait pas Ling-Ma.  ... Idiot...que pouvait-il comprendre? Il espèrait Gabrielle et elle l'avait aussi abandonné. Il goûta ma nourriture comme d'habitude et sortit.

 "Tu es la femme la plus incroyable que j'ai jamais vue, Conquérante."
 "Rappelle-toi ce que je t'ai dit sur la flatterie, Ling-Ma... Tu es bien comme ça, ne gâche pas tout avec des mots inutiles." Lui conseillai-je en avalant un morceau de pain.
 "Vraiment, Conquérante. Tu as fait quelque chose qu'aucun homme n'a jamais réussi avant toi, conquérir le puissant royaume de Chine et en seulement trois lunes. Tu me rappelles une très puissante femme qui a vécu ici, jusqu'à ce que son propre fils l'exécute. Elle s'appelait Lao-Ma "

 "Lao-Ma a été mon mentor et mon amante." Rétorquai-je. Je fus étonnée ne voir aucune surprise sur son visage.
 "Apparemment, cette information n'est pas nouvelle pour toi." fis-je remarquer.
 "Je crois que je dois être honnête avec toi. J'ai le don. Je peux avoir des visions ... sur la vie des gens. Il n'y a rien à craindre assurément car je ne peux pas vraiment voir si on ne me laisse pas la voir. Et toi, Xena la Conquérante, tu ne laisses personne entrer dans ton âme ni dans ton cœur."  J'étais bouche bée et ça la fit sourire.
 "Puis-je te poser une question, Conquérante?"
 "Je t'en prie."  Dis-je en lui faisant un signe de la main pour qu'elle continue.
 "Pourquoi ne m'as-tu pas prise la nuit dernière, j'ai pourtant bien vu ton désir. Ne suis-je pas à ton goût? Je t’assure, je suis très expérimentée pour les plaisirs du corps. J'ai eu une excellente formation."  Elle semblait si désireuse de me faire plaisir, elle avait même l'air presque offensé que je me refuse à elle.
 "Tu es belle, et je suis certaine que tu es exquise ... mais j'étais trop fatiguée hier soir." J'étais presque gênée.
 "Tu sembles être une femme pleine d'endurance, de feu et d'une grande puissance sexuelle. Excuse-moi, mais j'ai du mal à croire que tu étais trop fatiguée pour me prendre ..."  Elle se tut un instant et ajouta: "Celle qui a capturé ton cœur, quel est son nom?"  Une fois de plus cette jeune fille me laissait sans voix.
 "Gabrielle, elle s'appelait Gabrielle"
 "Pourquoi n'est-elle pas ici avec toi, Conquérante?"
 "C'est une longue histoire et je ne veux pas m'étendre sur le sujet... C'est fini de toute façon ..."
 "Comme tu veux, Conquérante."

 Parchemin De Gabrielle

 Ca faisait cinq lunes depuis que Xena m'avait renvoyée. Ma douleur était plus que je ne pouvais supporter.  Je me sentais de nouveau morte.  Elle me manquait follement. Son sourire, son parfum, son contact et son amour me manquaient. Ses yeux, sa voix, ses seins me manquaient. Nos longues promenades, nos conversations, nos baignades, nos dîners, nos nuits et nos jeux me manquaient. Voir la méchante Conquérante se transformer en une douce et aimante femme me manquait. Sa passion me manquait, sa sensibilité me manquait, ses larmes me manquaient.

 Au cours de ces journées, je m'occupais à former ma remplaçante. Je me battais contre elle, et lui apprenais tout ce que j'avais appris sur les champs de bataille. La majorité de mes connaissances en la matière me venait de Xena.  Il en allait de même pour tout ce que je savais sur l'art de la guerre et des décisions stratégiques qu'un chef doit prendre. Je lui apprenais à écouter son peuple et ses blessures, à être intelligente et juste.  Elle apprenait vite. J'en étais certaine, elle ferait une grande reine.

 Rendre mes journées mouvementées et fastidieuses était plus facile pour combler son absence. Pourtant, la douleur ne me quittait pas. La vie sans elle était vide et solitaire.  J'aurais aimé être son esclave de corps juste pour être avec elle. Je perdais mon dynamisme, ma joie et mon exubérance.  Rien ne parvenait à m'extirper un sourire. La vie devenait un fardeau, Les longues journées se succédaient. Aussi détestables étaient mes journées, mes nuits étaient encore pire.  Je voulais m'allonger dans le noir mais Xena envahissait aussitôt ma tête... pas seulement envahissait, car elle ne me quittait jamais vraiment, mais conquérait. Je voulais la voir debout, nue, en face de moi, m'entendre l'appeler et lui demander de me pénétrer.  Elle s'approcherait de notre lit et m'enlacerait chaleureusement, et m'embrasserait.  Je sentirais son souffle chaud sur ma peau, et sa bouche, qui sucerait mes seins dressés. Ses mots d'amour envelopperaient mon âme. Ses Doigts vifs caresseraient mes replis humides et caresseraient mon petit cœur gonflé si prêt de l'orgasme. Je me masturbais souvent en souvenir de notre amour. Ces orgasmes étaient mon seul petit réconfort.  Quand mes yeux étaient fermés et que je me mordais la lèvre, l'orgasme me balayant, j'avais l'impression que ma Xena était au-dessus de moi.

Quand je tombais dans les bras de Morphée, les cauchemars venaient me hanter. Je rêvais de l'époque où j'étais à son service.  Comme à l'époque, elle m'apprenait sadiquement le jeu de "Cache et frappe".
 J'étais convoquée dans sa chambre. Son garde frappait à la porte pour m'annoncer. Elle m'ordonnait d'entrer et,sitôt à l'intérieur, la lourde porte se refermait derrière moi. Sa chambre était plongée dans le noir, sans aucune bougie. Je soulevais ma paume au-dessus de mes yeux mais je ne pouvais pas la voir.
 "Viens, petite fille, et enlève tes vêtements" ordonnait-elle à voix basse.
 La chambre de la Conquérante était immense et très peu meublée, de sa propre volonté. Elle contenait un gigantesque lit, une grande table en bois où elle me laissait écrire et manger, deux chaises à côté d'elle, un coffre avec quelques effets personnels, une très grande armoire contenant ses vêtements, et un placard pour ses armes. Je savais exactement où étaient placés chaque meuble, car j'y avais passé beaucoup de temps.

 Je marchais comme elle me l'ordonnait, en évitant de me cogner, et enlevait ma chemise. Je ne la voyais nulle part.  J'entendais juste sa voix me dire: "J'ai un traitement spécial pour toi, jeune fille, aujourd'hui, nous allons jouer à"cache et frappe". Ecoute, j’ai un fouet dans la main. Je ne peux pas te voir et tu ne peux pas me voir. Je frappe avec mon fouet pour te frapper autant de fois que je peux pendant environ une marque de bougie. Je te trouverai en t'entendant respirer et crier. A chaque cicatrice de mon fouet, tu me lècheras et chaque fois que mon fouet te manquera et heurtera le sol, je te lécherai. Je te conseille de garder le silence et de m'écouter, essaye de localiser mes bruits."
Elle semblait très loin de moi. J'avais l'impression d'être une proie fuyant un prédateur. J'avais peur de son intelligence et détestais ses jeux tordus.

 "Je pense que me remercier est un ordre, petite fille!"  Criait-t-elle.
 "Je te remercie, Conquérante" Je marmonnais.
 "Sais-tu pourquoi tu me remercie?"  Elle glapissait.
 "Non, Conquérante" Je peinais à contrôler mes larmes.
 "Pour te donner une chance de jouir pendant ton service, grâce à ma langue experte, imbécile" Elle riait.
 "Je commence le jeu" furent ses derniers mots ... alors, seulement le silence.  J'aiguisais mes oreilles aussi fort que possible, essayant de savoir où elle se trouvait, en vain. En un clignotement de cil, j'entendais le son de son fouet cingler l'air et mon dos. C'était douloureux.  Je criais et elle riait.  Elle était debout deux pieds derrière moi. Je fis rapidement demi-tour: "Concentre-toi, jeune fille, tu dois te concentrer ..., ne me laisse pas gagner si facilement... défie-moi, rends le jeu intéressant" Elle n'était pas là où je pensais, et J'eus un nouveau coup de fouet sur le dos.
 J'avais du mal à retenir mes cris.  Je savais qu'en faisant du bruit, je lui donnais ma position.  Se déplacer dans l'obscurité, l'incertitude quant à l'endroit où elle se trouvait, ne pas savoir d'où viendrait le prochain coup de fouet, entendre les battements de mon coeur comme un tambour ... mes jambes tremblaient.

 Quand le jeu était terminé, j'étais dégoulinante de sang, et j'avais mal. Encore une fois, elle avait réussi à me marquer le corps et ça restait pendant au moins une semaine. La chambre était toujours aussi noir que la nuit.  Je l'entendais lancer son fouet.
 "Tu t'es mieux débrouillée à la fin. C'était plus difficile de te trouver. J'ai vraiment dû faire un effort, bouger tout le temps plutôt que de rester à un endroit fixe était une bonne idée, mais il y a un inconvénient, ça te fait respirer plus vite et plus fort. Je suis sûre que tu as trouvé le truc en fin de compte, si "

 Je l'entendais bouger derrière moi, sentais la chaleur de son corps sur ma peau. Je restais immobile. Elle prenait mes seins en coupe et caressait mes mamelons jusqu'à ce qu'ils durcissent.
 "Si je me souviens bien, tu n'as pas réussi à t'en tirer, pas même un coup de fouet ... donc, tu n'as pas gagné le droit à ce que ma langue lèche ce superbe sexe... tant pis ... j'avais un peu l'espoir d'y goûter ... "  Elle parlait à mon oreille, pressant ses seins dans mon dos dans l'obscurité absolue. "J'aime ton corps sanglant après avoir été fouetté... il est chaud, humide et il a le goût du sang" Elle ronronnait avant de me lécher le dos de sa langue.

 "J'ai entièrement léché ton dos et j'ai compté vingt coups de fouet. A genoux, jeune fille" rugissait-elle.
Je m'agenouillais et la sentais s'éloigner de moi. Je collais ma langue avec hésitation, cherchant son sexe. Après quelques instants, la Conquérante en avait marre de ne pas être servie parce que je ne le trouvais pas.
 "Passe ta langue sur mon sexe, jeune fille "

Je marchais jusqu'à son fauteuil, d'où elle semblait me parler. Elle était assise, jambes écartées, son parfum suintant de son sexe. J'entrais finalement en contact avec son délicieux clitoris et le léchais. Il durcissait encore plus fort sous ma langue.  Le doux parfum de son érection me donnait chaud, mon propre sexe palpitant.  Elle comptait à haute voix chaque coup de langue. Ses hanches se soulevaient au-dessus du fauteuil et poussaient contre mon visage. Elle était très excitée et ondulait sauvagement contre ma bouche, si bien que je devais me battre pour rester en place.  À un moment, elle serra ses cuisse contre ma tête de manière à ce que ma bouche ne perde pas son sexe. Elle n'atteignit pas quatorze avant de jouir, hurlant son plaisir si fort qu'il me perça les oreilles, arrosant mon visage de son excitation.

 Je me réveillais alors en sursaut, le corps recouvert de sueurs froides. Manille m'expliqua qu'il était grand temps que j'oublie Xena et que je trouve une nouvelle amante.  Elle me dit connaitre pas mal d'Amazones heureuses d'être ma maîtresse, y compris elle-même, et que je n'avais que l'embarras du choix. Je n'avais d'yeux pour aucune autre femme. Je voulais Xena. D'ailleurs, il y avait quelque chose que Manille ne comprenait pas... Xena est mon âme sœur, et mon véritable amour.  Ca n'arrive qu'une fois dans une vie. Aucune comparaison possible. J'avais souvent pleuré la première fois que j'avais perdu mon amour, après la résurrection, et la deuxième, quand elle m'avait renvoyée. Quelle déception.

 J'envoyais des espionnes dans les rue jouxtant le palais de la Conquérante en Grèce. Je découvris qu'elle avait des vues sur la Chine et qu'elle y avait envoyé son armée. On me dit que la guerrière avait vaincu le royaume de Chine en trois lunes. J'étais peinée et en deuil: des dizaines de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants étaient morts durant cette terrible guerre ... et pour quoi? ... Xena et sa soif de pouvoir, de conquête et de contrôle. Xena n'avait pas changé. Je n'avais même pas commencé à la changer. C'était la même tueuse qu'elle avait toujours été, mais maintenant, elle m'aimait.

 La seule chose qui me maintenait en vie durant ces cinq lunes était le fait que, la période des six lunes passée, ma remplaçante allait prendre sa place comme reine de ma tribu. Après, je pourrais revenir vers elle.  Il n'était pas sûr qu'elle veuille encore de moi, après tout, elle avait dit qu'elle me tuerait si elle me revoyait. Je savais qu'elle ne le ferait pas car elle m'aimait.

 Journal de la Conquérante (écrit par Xena)

 Une autre lune passa au cours de laquelle j'annonçais que mes lois seraient dorénavant celles de Chine.  Je mis en place la collecte d'impôts.  Je faisais des escapades nocturnes et abattais quelques-uns de mes nouveaux sujets, comme en Britannia, pour fixer la crainte de Xena la Conquérante. Il va sans dire que cela fonctionna à merveille. Depuis tout le temps où je n'avais plus revu Gabrielle, au lieu de l'oublier, je me lanquissais encore plus d'elle.  J'avais perdu la tête dans mon amour pour elle. C'était énervant. Je convoquai le petit Millus pour le dîner. Après que Gabrielle m'ait quittée, je lui redonnai son poste de goûteur. Ca me la rendait plus proche.

 "Bonjour, Millus."  Je lui souriais.
 "Bon ... Bonjour, Conquérante."  Il bafouilla un peu.
 "Je voulais discuter un peu avec toi. Prends un siège et joins-toi à moi pour le souper."
 Il s'installa à table.
 "J'ai remarqué ton aversion pour Ling-Ma. Ca t'ennuierait de m'expliquer pourquoi?"
Il prit son temps pour me répondre et je l'encourageai: "N'ai pas peur, Millus, je veux seulement ton avis, honnête."
 "Son Altesse semble l'aimer et je crains qu'elle ne me punisse pour ce que je dirais." Je voyais ce qu'il voulait dire.  Il me lançait une perche pour que je lui promette de ne pas le tuer.
 "Je ne te punirai pas. Tu as ma parole."
 "Elle n'est pas comme Gabrielle." 
 "Qu'est-ce qui te fait dire ça?"
 "J'ai entendu deux cuisiniers parler. J'ai appris qu'elle n'était pas l'esclave de corps du dernier monarque."
 "Donc, tu sais que c'est une prostituée, tout comme Gabrielle?"  Il ne répondit pas à ma remarque, mais baissa juste la tête en signe de désarroi. Quel Idiot! Toujours fidèle à Gabrielle alors qu'elle l'a abandonné.
 "Continue!" 
 "Ling-Ma, qui était la seconde, a assassiné la première courtisane lorsque son Altesse a conquis le palais."

Cette information me fit lever un sourcil. Je ne pensais pas que la jeune et fragile courtisane avait ça dans la peau.
 "Gabrielle a tué aussi, qu'est-ce qui rend Ling-Ma différente d'elle?"
 "Leurs motivations. Ling-Ma a tué pour des raisons égoïstes, pour gravir des échelons, et parler. Gabrielle, de son côté, a tué pour protéger son altesse. Gabrielle est une altruiste."
 Je ne dis rien. J'avais l'impression que ce petit garçon était condescendant avec moi. Il marchait sur des oeufs.
 "Puisqu'on en parle, as-tu des nouvelles de Gabrielle?"
 "Oui, Conquérante. Elle m'a envoyé plusieurs lettres depuis son départ. Elle n'a pas oublié que c’est mon onzième anniversaire aujourd'hui."  Il semblait très heureux.
 " C'est donc aujourd'hui ton anniversaire, je vais te dire ce que je vais demandé qu'on te prépare: un gros gâteau d'anniversaire au chocolat. En échange tu me dis ce que Gabrielle a écrit sur moi. "  Je lui offrais un bon compromis.  Je savais que les enfants ne pouvaient pas résister à un gâteau au chocolat ... après tout, j'avais moi-même été une enfant autrefois.
 "Elle pose beaucoup de questions sur son Altesse."  Répondit-il avec empressement.
 "Beaucoup de questions, hein?"  Lui demandai-je d'un ton qui se voulait sceptique.
 "Elle m'a demandé de prendre soin de vous et de veiller sur vous depuis qu'elle est partie. Elle vous apprécie, Conquérante."  Il utilisait les mêmes mots que la dernière fois où j'avais un peu discuter avec lui sur mon sujet favori, Gabrielle.

 "Et comment s'y prend une pathétique petite créature comme toi pour prendre soin de moi?"  Une fois de plus, il ne tint pas compte de ma question.
 "Je ne lui ai rien dit sur Ling-Ma." admit-il finalement.
 "Pourquoi pas?"
 "Parce que ça lui nuirait, votre grandeur."
 "Ouais, ouais..."
Après son départ, Ling-Ma entra dans ma chambre.  Elle portait un soutien-gorge en soie rouge et un pagne de la même couleur qui laissait peu de place à l'imagination. J'eus chaud.
 "Un petit oiseau m'a chuchoté à l'oreille que tu avais assassiné la courtisane de ton ex-propriétaire..."
 "C'est vrai."  Dit-elle en s'approchant langoureusement.
 "Et tu t'es dit que ce serait plus facile pour grimper dans mon lit ..." 
"Oui, malheureusement, je ne pensais pas que tu aimais une autre femme ..." Sa voix était traînante.

On aurait presque dit qu'elle avait de vrais sentiments pour moi. Tout le temps que nous avions passé ensemble, je lui avais raconté beaucoup de choses sur Gabrielle, sur tout ce qui s'était passé entre nous. Ling-Ma n'avait pas répondu, elle s'était simplement assise pour m'écouter décharger mon coeur. Ce n'était pas une mince affaire de m'ouvrir à elle, mais la torture d'avoir perdu Gabrielle lui fit obtenir le meilleur de moi et j'avais besoin d'en parler à quelqu'un. Compte tenu du fait que c'était une courtisane bien formée, je savais qu'elle ne soufflerait mot à personne.

Après un court silence, je lui demandai: "Qu'est-ce qui te motive? Pourquoi veux-tu être l'esclave parfaite? Les femmes puissantes et intelligentes devraient voir un peu plus haut que d'être la pute de quelqu'un, et tu es, j'en suis sûre, une femme intelligente. "
Elle se tenait debout assez près de moi pour que je puisse sentir l'odeur de sa peau.

"Une femme intelligente est une femme qui connaît ses limites et ses talents. Je les connais. Les courtisanes peuvent être très puissantes, tu sais ... Gabrielle n'était-elle pas ta putain? Elle t'a rendue amoureuse, ce qui signifie qu'elle a du pouvoir sur toi. Avoir du pouvoir sur la Conquérante Xena fait de Gabrielle une femme puissante. Tu sais, Conquérante, il y a un vieux dicton qui dit... Même le chien de l'empereur est un empereur ... devenir ta putain me donnerait le pouvoir."
Elle était très honnête et je l'aimais bien pour ça. Je savais qu'elle avait raison. Je ne pensais jamais à Gabrielle en terme de puissance, mais ce que Ling-Ma disait sur le fait que Gabrielle est une femme puissante était douloureusement vrai. Comme j'étais un peu prise dans mes pensées, Ling-Ma se rapprocha de moi et prit mes joues entre ses petites mains.

"C'est incroyable ... elle a réussi à te rendre amoureuse d’elle, tout en sachant qu'elle est responsable de la mort de ton fils."
Mon sang se figea dans mes veines à ces derniers mots.
"Qu'est-ce que tu racontes!" 
"Je croyais qu'elle te l’avait dit ..."
"Me dire quoi?!" lui criai-je.
"Gabrielle a eu un enfant de Dahak et sa fille s'appelait Hope. Quand tu as compris la véritable nature de Hope, tu a exigé que Gabrielle la tue. Elle t’a menti. Elle t’a dit avoir tué Hope, mais en vérité elle ne l'a pas fait. Et oui, Hope, plus tard, a tué ton Solan. "

Beaucoup d'émotions me frappèrent en même temps. Je me sentais trahie, furieuse, et peinée. Je ne pouvais croire que j'avais perdu mon fils unique ... et à cause de Gabrielle ...

"Comment sais-tu tout cela?"
"Tu m'as laissé voir ton cœur ces dernières semaines, Conquérante ... je vois ton passé dans ton âme."

Mon cœur était brisé à la perte de mon enfant unique. Je sentis la rage comme jamais auparavant envers la femme que j'aimais le plus au monde. J'étais furieuse parce qu'en me mentant, elle me forçait à goûter la saveur amère du deuil, de l'enfance. Mes émotions, à ce moment précis, étaient indescriptibles. J'avais tellement mal que c'en était au-delà de la souffrance. Une pensée claire me traversa alors l'esprit, "vengeance". Je ne pouvais pas tuer Gabrielle car je l'aimais. Mais une nouvelle pensée me vint, je devais tuer quelqu'un qui lui était cher.

Ling- Ma m'apporta de la bière et une chope de la cuisine. Ce que je lui avais demandé. Elle s'assit sur son petit lit et me regarda avaler une quantité impressionnante de bière. J'avais besoin d'oublier. Alors que je buvais et réfléchissais, je regardais Ling-Ma par-dessus mon verre. Elle était si délicieuse dans son petit soutien-gorge et son pagne.

"Ce soir, je vais te goûter, chère jeune fille..." lui promis-je. Un sourire s'esquissa sur son visage d'adolescente. Elle écarta les jambes devant moi, ce qui laissa tomber le pagne entre ses cuisses, ne me permettant pas de jeter un œil sur son trésor ... Elle jouait avec moi ... Et dire que j'ai plus de deux fois son âge ...

Je descendis ensuite à la cuisine pour dire un mot à mon cuisinier concernant le gâteau au chocolat de Millus. Il me montra le plat dans lequel il cuisait. J'ouvris une petite bouteille à moi, et versai le poison dans la pâte. Quand le gâteau fut prêt, j'ordonnai à un de mes serviteurs d'aller chercher Millus et un autre serviteur pour monter le gâteau. En quelques instants, le gâteau intoxiqué et le pauvre innocent Millus furent dans ma chambre. Ling-Ma était allongée sur mon lit, observant Millus et moi.

"Comme je l'avais promis, mon petit goûteur, Joyeux anniversaire". Lui dis-je en coupant une part de gâteau pour la lui donner. Il le dévora en un rien de temps, et demanda un deuxième morceau.
"Pourquoi pas un autre morceau, mon garçon?" Et je lui tendis un autre.
"Gabrielle ne m'a jamais autorisé à manger du gateau avant le dîner ... Elle disait que ça me couperait l'appétit."
"Eh bien ... je ne vois pas de Gabrielle ici, hein? Je ne lui dirai pas!" Et je posai une nouvelle part dans sa main, qu'il mangea aussi.
"Je te souhaite beaucoup, beaucoup d'anniversaire à l'avenir, cher garçon." Je le félicitai en lui tapotant la tête.
Je ne le renvoyai pas ensuite. Je voulais le voir mourir empoisonné. J'allai vers mon lit, où ma fidèle prostituée était allongée. Mon esprit était ensoleillé et embrouillé suite à toute la bière que j'avais avalé.

"Déshabille-toi, Ling-Ma." Lui ordonnai-je en atteignant le lit. Elle obéit.
"Souhaites-tu garder le garçon comme public?" demanda-t-elle. Je retirai mon armure et mes habit de combat et restai en culotte.
"Il ne restera pas avec nous longtemps. Il partira dans un moment." Je souriais, debout au-dessus d'elle, scrutant son son jeune corps.
"Puis-je y aller, Conquérante?" demanda Millus gêné. Il rougissait et je vis un renflement dans son pantalon. J'explosais de rire.
"Reste un peu, Millus, tu peux en profiter ... Tu vas voir ce que me faisait Gabrielle quand elle était à mon service."

Comme je commençai ma descente sur le corps de Ling-Ma, Millus commença à avoir des spasmes. Il se prit la gorge avec des sons étouffés. Quand je vis la mousse sortir de sa bouche, je ne pus contenir mon rire. Je vis la peur dans ses yeux. Son regard me disait "que m'as-tu fait?" Quelques instants plus tard, il s'effondra sur le sol. Son petit corps se convulsa et se tordit un moment, puis il cessa de bouger. Ses pupilles partirent en arrière et de la mousse sortit de sa bouche. Il était mort.

Une fois mort, je me baissais vers Ling-Ma, pour entrer en contact avec son corps qui était si agréable, mais je ne sentis pas mon sexe palpiter comme avec Gabrielle ni aucun désir en l'embrassant. Je me souvins que lorsque Gabrielle était à mon service, je ne l'embrassais jamais sur les lèvres, craignant de perdre le contrôle de mes sentiments. Pourtant, le désir était immense d'embrasser Gabrielle. Même si Ling-Ma était une belle jeune femme, elle ne m'attirait pas sexuellement. La seule raison pour laquelle je l'avais gardée, c'était parce que j'avais besoin d'une peau brûlante sous la mienne quand que je me libérais, rien de plus. La souffrance d'avoir perdu Solan et Gabrielle étaient plus que je ne pouvais supporter. J'étais désespérée. J'essayais pourtant de pousser contre sa cuisse pour obtenir satisfaction, mais je n'arrivais pas à m'exciter. Je mis un doigt sur mon sexe et découvris que j'étais aussi sèche que le désert.

"Veux-tu que je te suce, Conquérante?" me demanda Ling- Ma d'une petite voix rauque. "S’il te plaît, Conquérante, je meurs d'envie de te goûter. Je veux avaler ta royale substance. J'ai besoin de toi sur mon visage ... S’il te plaît, Conquérante, Ne refuse pas ta grandeur à une simple prostituée comme moi. "
Elle bougea lascivement son corps sous moi.

Elle ne m'excitait pas. En fait, elle me dégoûtait. Il me traversa la tête à ce moment-là qu'elle avait vu Millus mourir sans lui venir en aide, ni même bouger. Le pauvre Millus avait raison sur toute la ligne. Ling-Ma ne ressemblait en rien à Gabrielle. C'était une drôle d'impression. Depuis la dernière lune, je pensais ne pas pouvoir réfréner mon désir pour elle, et maintenant, quand je pensais être prête à la baiser, je découvrais que j'étais impuissante. Cette chienne opportuniste ... Elle s'en fichait de moi, tout ce qu'elle voulait, c'était faire son chemin dans mon cœur. Gabrielle est si pure, si bonne, si désintéressée et si aimante... elle me manque tellement. Telles étaient les pensées qui dansaient dans ma tête. Je me suis levée d'un bond. J'étais tellement frustrée: ne pas réussir à baiser une femme me faisait me sentir bien moins qu'une Conquérante. Ca me déprimait. J'avais l'impression d'être une bien pathétique créature. Après tout, mon endurance sexuelle avait toujours été ma fierté et ma joie. Je me détestais d'aimer Gabrielle si fort au point de ne pas pouvoir baiser une autre femme. J'étais pleine de désir sans pouvoir être libérée par personne, exceptée Gabrielle. Je détestais Gabrielle pour me la faire aimer autant. Dans mon désespoir j'avais besoin de sang, je pris alors mon épée, marchai jusqu'à mon goûteur et tranchai son petit corps en deux.

"Lève-toi et quitte mon palais. Je n'ai pas besoin de tes services. Si tu dis à qui que ce soit ce que tu as vu ce soir -et je ne parle pas de ce qui est arrivé au petit garçon- je te tue." 

Elle se leva et se couvrit d'un drap. Juste avant de partir, elle se tourna vers moi.
"Je sais que tu as des sentiments pour moi, Conquérante. Tu m’as ouvert ton cœur. Le fait que tu ne m'ais pas tuée ce soir, me le prouve." Dit-elle d’une petite voix en me regardant droit dans les yeux.

"Tu tu trompes, chère jeune fille. La seule raison pour laquelle je ne t'ai pas tuée, c'est pour te remercier de m'avoir dit la vérité sur mon fils. De m'être ouverte à toi... j'avais besoin de parler. Si ça n'avait pas été toi , ça aurait été quelqu'un d'autre. Ne t’y trompes pas, il n’y a rien de personnel ... Maintenant pars, avant que je ne change d’avis. "

Elle me tourna le dos et sortit.
Ce fut une longue nuit, et j'étais ivre. Je n'eus même pas la force d’appeler ma servante pour qu'elle nettoie le désordre. Je m'effondrai, nue, sur mon lit et tombai dans un profond sommeil.

Une marque de bougie environ avant le lever du soleil, je me réveillais. Il faisait encore nuit dehors et dans ma chambre. Quand j'ouvris les yeux, je fus quelque peu étourdie. Je me rendais compte que je buvais trop. Puis, je sentis corps chaud et nu recroquevillé contre le mien.

"Gabrielle?" Demandai-je, encore un peu désorientée. Pour toute réponse, je n'entendis qu'une respiration régulière, signe de sommeil. Je me dépêtrai tant bien que mal du corps pressé contre moi et allumai une bougie sur le meuble à côté de mon lit. Je n'en revenais pas. Ling-Ma était couchée, endormie, à côté de moi.

"Que fais-tu ici?" Je rugis. Elle se réveilla en sursaut.
C'est à ce moment que la porte de ma chambre s'ouvrit.

PARTIE 3

Parchemin de Gabrielle


 La cinquième lune depuis que la Conquérante m'a renvoyée est définitivement terminée, et ma remplaçante a eu sa cérémonie. J'étais prête à partir. J'avais prévenu par lettre mon doux Millus de ma venue, lui promettant de fêter son anniversaire.
 J'arrivai en Chine juste avant l'aube. Les gardes de la conquérante me laissèrent passer sans problème car ils me connaissaient et m'appréciaient pour apprendre à leurs enfants à lire et écrire. Ils m'indiquèrent la chambre de la Conquérante.
 Debout face à la porte fermée, je sentis de fortes palpitations dans ma poitrine. Après six lunes sans l'avoir vue, et vues les circonstances dans lesquelles nous nous étions séparées, j'étais très heureuse. Un million de pensées me traversaient la tête et pourtant, je ne pouvais en capturer aucune, ni même réfléchir.  Est-elle réveillée ou endormie?  Seule ou avec une autre femme?  Sera-t-elle heureuse de me voir ou pas?  Que vais-je lui dire?  Devrais-je la réveiller?  Suis-je prête à faire face?  M'attend-elle ou bien Millus ne lui a-t-il rien dit sur ma venue pour son anniversaire?  M'aime-t-elle toujours?
 Durant mon voyage vers la Chine, j'avais repoussé toutes pensées sur ces questions, trop effrayée pour y réfléchir.
 Maintenant, j'étais là.
 J'ouvris la porte dans un mouvement rapide. La première chose qui attira mon regard fut Millus, massacré, par-terre.  Le cri le plus violent jamais hurlé s'échappa de ma bouche.  Mon coeur éclata, et la douleur qui se propagea dans mes veines telle une maladie, était dévastateur. La mort de mon bien-aimé Millus était quelque chose que je ne supportais pas. Du coin de l'oeil, je vis deux silhouettes sursauter sur le lit. Je détournai le regard du corps de Millus et fixai le lit.  Je vis la Conquérante et une jeune Chinoise nue ensemble dans le lit.  La Conquérante bondit hors du lit, attrapa une robe de soie et s'approcha de moi à grandes enjambées. J'étais paralysée.  Quand elle fut devant moi, l'extraordinaire rage en moi éclata. Je levai mes mains et lançai des coups de poing dans sa poitrine et ses épaules.  Je la frappais avec frénésie, encore et encore. J'étais totalement indifférente au fait qu'elle était beaucoup plus forte que moi. Elle ne fit aucune tentative pour se défendre contre mon attaque. Elle restait là, immobile. Tout en continuant de la frapper farouchement de mes poings serrés, je hurlai:
 "Salope ... espèce de salope tordue ... je te hais ... Comment as-tu pu le tuer? COMMENT AS-TU PU LE TUER? ... QU'A-T-IL BIEN PU TE FAIRE? IGNOBLE MEURTRIÈRE! ... Je te hais! "
Je l'haranguais, criais, pleurais. J'étais en pleine effervescence. Deux de ses gardes se montrèrent à la porte au son des coups et des cris.
 "Si tu m’arrêtes, je ne pardonnerai jamais!" Je leur crachai. Ils se penchèrent vers la Conquérante.
 "Laissez-nous" fut tout ce qu'elle dit et ils sortirent.
 Je la frappais violemment de toutes mes forces. À un moment, je m'arrêtai et la poussai avec une puissance que je ne me soupçonnais pas. Elle perdit l'équilibre et tomba. Quand elle fut à terre, je lui donnai des coups de pied dans le ventre avec la violence d'un mulet sauvage. La Chinoise accourut vers nous.
 "Arrête ... tu vas la tuer!"
C'est alors que ma frénésie s'arrêta. Je fis un pas en arrière. La Conquérante se releva lentement et frotta les endroits où je l'avais frappée. Elle prit son épée qui se trouvait à côté du corps de Millus. J'étais persuadée qu'elle aller me tuer. Mais elle se tourna vers la jeune fille et souleva la main qui tenait l'épée pour la frapper. J'attrapai son bras mi-chemin.
 "Tue-la maintenant…et tu ne me reverras jamais" Je sifflai entre mes dents serrés.  La Conquérante arrêta son geste et se pencha vers la jeune fille.
 "Va-t’en" dit-elle.  La jeune fille me regarda.
 "Vas-y. La Conquérante donne rarement une deuxième chance" lui dis-je.
 Nous nous retrouâmes seules.
 "Je te quitte, Conquérante. Je ne te reviendrai jamais. La Xena que je connaissais est morte depuis longtemps. J'ai essayé de le nier car je l'aimais plus que tout. Je n'étais pas prête à la laisser partir, et j'ai essayé de me convaincre que c'était toi, juste parce que tu me fais penser à elle. Mais tu ne lui ressembles en rien. Tu n'es pas elle. Tu es le mal incarné" Dis-je d’un ton grave.
 C'était comme si la vie me quittait. Je ne la regardais pas. La voir me brûlait le coeur ... une souffrance que je n'avais jamais connue.  La Conquérante ne disait rien. Je me retournai et commençai à m'avancer vers la porte.
 A l'instant même où je l'ouvris, sa voix m'interpella.
 "Gabrielle ... Ne me quitte pas, s’il te plaît ...Je t'aime tellement!" Elle pleurait et ça me déchirait. Je me figeai sur place. Depuis notre deuxième fois, elle ne m'avait plus dit qu'elle m'aimait. Ca faisait trop longtemps  que je ne l'avais pas entendu me dire "je t'aime".  Je ne pouvais plus m'en passer.
 "Gabrielle" Mon nom sonnait comme une supplication.
 "Conquérante" 
 "La jeune fille ... ce n’est pas ce que tu penses" marmonna-t-elle en hâte.
 "Je m'en fous complètement de savoir si tu as couché avec elle ou non. Ce qui me dérange le plus tout de suite, c'est que tu as tué un jeune garçon que j'aimais ... Je ne te le pardonnerai jamais".
Elle ne dit rien.
"Pourquoi as-tu fais ça?" demandai-je. "Aurait-il oublié de t’appeler Conquérante en s’adressant à toi?" Mes mots étaient durs et venimeux.
 "Ling Ma, la jeune fille que tu as sauvé ce soir, m'a dit que ta fille, Hope, a tué Solan et que si tu ne m’avais pas menti, il serait encore en vie aujourd'hui"
 "Je ne voulais pas te le dire parce que je savais que sinon, ce genre de chose allait arriver. J'avais raison ... Tu es bien le monstre que je soupçonnais."
 "Tu as pris mon enfant, il était normal de te priver du tien" Elle essayait de me convaincre avec son esprit dérangé.
 "Et c'est ta justification pour tuer un garçon innocent? Un jeune garçon auquel tu as déjà tué ses parents et à qui tu as donné le douteux emploi de goûteur?" lui criai-je.
 J'avais l'impression que nous ne parlions pas la même langue. "Tu l'as tué pour mes erreurs passées, sans m’en parler, sans m'y confronter, sans me donner une chance de t'expliquer l'histoire de Solan. Les mots d'une pute t'ont suffit pour tuer un garçon sans défense ... Quel genre d'animal es-tu? " hurlai-je de rage.  Je vis des larmes monter. Elle ne dit pas un mot.
 "Les choses vont changer entre nous, Conquérante. Je vais te faire une offre non négociable. Soit tu l'acceptes et nous recommençons tout à partir de là, soit tu refuses et tu ne me reverras jamais. Et crois-moi, quand je dis que tu ne me reverras jamais, ça veut dire que si tu me forces à être avec toi en me séquestrant, je me tuerai pour me libérer de ta présence. "
 "Quelle est ton offre?" Sa voix tremblait.
 "Je ne te quitte pas, je reste avec toi, pas comme une amante, mais comme une amie. Je ne veux pas que tu me gardes comme esclave de corps. Au prochain enfant à qui tu prends la vie, je partirai et ne reviendrai jamais. Tu réduis les impôts de trois-quarts à un dixième de la production mensuelle. Je sais parfaitement que c'est suffisant pour gérer ton royaume."
Je n'en revenais pas de poser des conditions à la Conquérante.
 "Mais Gabrielle, je te veux comme amante" Elle semblait désespérée.
 "Tu ne peux pas m’avoir comme amante" lui répondis-je froidement "J'étais amoureuse de Xena, hélas, Xena est morte, et tu n'es pas elle. Tout ce que je vois, c'est une étrangère, une Conquérante. Xena ma bien-aimée a disparu depuis longtemps. Tout ce temps, je me suis leurrée comme quoi tu étais elle... maintenant je sais que ce n'est pas le cas. "
 "Je suis Xena, je le jure, s’il te plaît crois-moi, Gabrielle" supplia-t-elle sans contrôler ses larmes.
 "Non. Pourquoi me voudrais-tu comme amante?" Je ne lui montrais aucune chaleur, aucune tendresse.
 "Parce que Je t'aime tellement"
 "Non, tu ne m'aimes pas. Ma définition de l'amour est apparemment différente de la tienne."
 "Tu ne m'aimes plus, Gabrielle?" Elle semblait si petite tout à coup.

 Je ne savais pas quoi lui dire. Je voulais, mais je savais que dans mon coeur ce serait un mensonge. Je savais que ma Xena était là, je l'avais vue sept lunes plus tôt, lorsque la Conquérante m'avait montré son amour. C'est juste que j'étais tellement en colère contre elle d'avoir tué Millus et contre son infidélité ... et tous ses mauvais agissements contre moi dans le passé, que je ne pouvais tout simplement pas lui dire. Je devais apprivoiser la bête en elle, et évidemment, je ne pouvais pas le faire avec amour. Après un silence, je lui dis:

 "Je me rends bien compte que tu as des besoins physiques. Si tu veux, tu es libre d'avoir d'autres femmes, ça ne me dérange pas. "
 "Tu sais que je ne peux coucher avec personne d'autre, Gabrielle" chuchota-t-elle en baissant la tête comme si elle avait honte.
 "Tu sembles avoir réussi à merveille durant mon absence, cette vision accueillante pour mon retour était claire" J'ironisai, lui donnant un avant-goût de mon amertume et la piquant là où ça faisait mal et lui faisait honte.
 "Tout au long de ces six dernières lunes, je ne l'ais jamais prise, pas une seule fois. En ce qui concerne ce que tu as vu ce soir, eh bien, c'est elle qui est entrée dans mon lit contre mon gré. Je lui avais intimé l'ordre de partir avant que j'aille me coucher. j'ai essayé avec elle hier soir mais ... Je .. n’ai pas pu. ... " Bafouilla-t-elle. 

Entendre la Conquérante admettre qu'elle n'avait pas réussi à coucher avec une belle jeune fille fut une surprise. L'activité sexuelle de la Conquérante faisait sa fierté et sa joie.
 "Tu me prends pour une imbécile?! Je vous ai vues toutes les deux nues dans ton lit! Que faisais-tu avec elle, tu jouais à la poupée?" Mon corps tremblait de colère.
 "Je me suis réveillée et elle était là…"
 "Je ne te crois pas... Comment as-tu pu? Je t’ai tout donné! Et ce que je ne t’ai pas donné, tu l'as pris de force, tu m'a violée comme une sauvage! Tu m’as violée d'une façon inhumaine! Tu as marqué mon corps et mon âme. Ces cicatrices ne guériront jamais. Ces lunes où je t'ai servi d'esclave de corps furent pires que l'éternité dans le Tartare. Tu m'as fait mal, m’as brutalisée, humiliée et presque brisée. Tu m'as traitée d'une façon pire que des sauvages avec leurs chiens. Grâce à toi, je n'ai même pas pu plus aller voir ma mère quand j'étais dans ma tribu, puisqu'elle croit m'avoir condamnée à être ta putain. Et après tout ce que tu m'as fait... TU AS LE CULOT DE BAISER UNE AUTRE FEMME! "
 "Mais Gabrielle…" Elle essaya de parler mais je lui coupai la parole.
 "Tu savais que je t’aimais. Tu savais que j'allais revenir, et après tout ce que tu m’avais fait, je pensais que tu aurais la décence de m'attendre, de te préserver pour moi ... Tu me devais bien ça. Mais tu t'es comportée comme une bête... comme tu n'avais pas de maîtresse sous la main... tu es allée en pêcher une autre. "
 "Je t'ai été fidèle, Gabrielle. Demande à Ling-Ma"
 " Ling-Ma..." Je ris amèrement. "Elle a probablement vraiment touché ton coeur ... Si je me souviens bien, quand j'étais à ton service, tu m'appelais " jeune fille "... c'est drôle .. . elle mérite plus ce titre que moi "
 "Gabrielle ... je te donne ma parole. Je n'ai couché avec aucune autre femme. Tu es la seule que je veux"
 "Tu n'as pas idée de ce que ça fait d'être violée, combien on se sent désespéré. Tu as sali mon âme. Malgré ce que tu peux penser, je n'ai pas aimé ce que tu m'as fait. Être violée par toi a été la pire chose que j'ai jamais connue de toute ma vie. Imagine à quel point c'est horrible, quand c'est la personne que tu aimes qui te fait ça. Tu as tué quelque chose en moi ce jour-là, Conquérante. Si tu n’avais pas couché avec une autre femme, j'aurais pu te pardonner, mais après ce que tu as fait avec cette fille ... JE NE TE PARDONNERAI JAMAIS! "Je hurlai mes dernier mots.

 "Gabrielle ... s’il te plaît ..." Mon cœur se referma derrière un mur de pierre, l'empêchant de laisser couler les larmes.  "Je suis désolée, Conquérante. Ma décision est prise." Je conclus, utilisant les mêmes mots qu'elle. La Conquérante s'agenouilla devant moi.
 "Gabrielle, mon amour, s’il te plaît pardonne-moi pour toutes les choses que je t’ai faite" Elle pleurait, le visage teinté de larmes.  Ses beaux bleus yeux étaient rouges et gonflés et reflétaient la tristesse et la douleur. Le mien montrait de la déception.

Journal de la Conquérante (écrit par Xena)

 Quand j'ai vu Gabrielle et entendu son cri, j'ai sauté hors du lit, nue. Je ne savais pas comment j'allais lui expliquer la présence de Ling-Ma dans mon lit, et nue, en plus.

 Ses cris et ses hurlements résonne encore dans ma tête. Gabrielle tomba à genoux à côté du corps de Millus. Elle était désespérée. Je m'en voulais de lui causer une telle souffrance. Essayer de discuter avec elle sur les raisons pour lesquelles j'avais fait cela n'était d'aucune utilité. Elle refusait d'écouter mon point de vue. Elle parlait sans cesse de cet inutile petit goûteur. Je me rendis compte qu'elle l'aimait, mais j'étais la mère de Solan et les liens du sang sont les plus forts.

 Ce qui m'embêtait le plus, c'était que Gabrielle croyait que j'avais couché avec Ling-Ma.  Elle refusait de me croire.  Les deux choses qui me tourmentaient étaient qu'elle pense que je l'avais trahie avec une autre femme, et que, par conséquent, elle décide de ne plus être mon amante.  En ce qui me concerne, le fait qu'elle ne croit pas que je l'aimais ne changeait pas mes sentiments envers elle.  Je connaissais mon coeur mieux que quiconque, et je savais que je l'aimais.

 L'entendre parler du viol fut dévastateur. J'avais l'impression de ne rien avoir le droit de lui demander. Dire que ça me déchirait le coeur est un euphémisme. Ce fut le tournant. Dès cet instant, quand elle hurla sa souffrance et ses accusations, j'eus de vrais remords pour mes agissements passés envers elle.  L'étendue de la souffrance que je lui avait causée me frappa comme un éclair. A mon tour de me sentir impuissante. Je ne savais pas s'il y a avait un moyen de me racheter, ou même si j'avais le droit d'essayer. Tout espoir que j'avais pour récupérer mon amante s'évapora.

 Je décidai de retourner chez moi en Grèce. Le royaume de Chine était vaste et je dus y laisser un quart de mon armée pour maintenir mon ascendant sur la région. Le reste m'escorta en Grèce. Pendant le voyage, Gabrielle et moi dormions dans des tentes séparées. Lorsque nous nous déplacions pendant la journée, elle faisait son possible pour éviter de me parler, trouvant d'innombrables prétextes pour m’éviter. Des prétextes comme celui de marcher moins vite que moi, d'avoir peur de monter un nouveau cheval, de ne pas avoir faim et de me laisser manger seule, etc".
Au bout d'un moment, je commençais à admirer son ingéniosité.

Les rares fois où elle ne parvenait pas à m'éviter, et, par conséquent partageait son repas avec moi, elle ne parlait pratiquement pas, ou avec des mots courtois vides et insignifiants, sans plus. Ca me faisait mal qu'elle ne m'adresse pas la parole. Je savais qu'elle était en colère contre moi, mais de la voir ainsi à portée de main, tout en la sentant à des kilomètres, était plus que je ne pouvais supporter. Je voulais briser le mur entre nous, mais je ne savais pas comment m'y prendre.

 Les nuits étaient encore plus difficiles. Je me couchais nue sous mes couvertures, et la sachant si proche, mon cœur s'emballait d'excitation et de douleur. Je pensai plusieurs fois la rejoindre dans sa tente et m'allonger près d'elle, mais je n’osais pas. je savais que si je franchissais cette ligne, je le payerais très cher. Si c'est tout ce qu'elle est disposée à te donner, alors c'est tout ce que tu auras –ne rien lui demander- c'est tout ce que tu mérites, me dis-je.

 Je me sentais plus seule que quand elle m'avait quittée pour rejoindre sa tribu.
 J'étais lamentable. Tant et si bien que le brûlant désir qui nichait dans le creux de mes reins depuis un moment disparut. Je ne me rappelai même pas la dernière fois où je m'étais masturbée avec satisfaction. C’était pathétique et gênant.

Les jours passant, je me protégeais derrière un masque afin de couvrir mes conflits intérieurs et le vide m'entourant. Je commandais mes hommes avec une main de fer. Dès l'instant où tu montres tes faiblesses, ils te dévorent vivant. Mais la nuit, dans l'intimité de ma tente, je retirais mon masque et pleurais.

 Lorsque nous atteignîmes les frontières de la Grèce, je me rapprochai de Gabrielle. Elle tenta de s'éclipser avec un autre de ses prétextes boiteux, mais je ne la laissai pas faire.
 "Gabrielle, il me semble que tu ne suis pas ta part de marché."
 "Je ne vois pas de quoi tu parles." Elle pensait que jouer l'andouille marcherait avec moi et que j'en resterais là.
 "Je pense que si, Gabrielle."
 Je la pris par le bras et l'emmenai tranquillement vers ma tente, lui expliquant que ce genre de conversation nécessitait une certaine intimité. Une fois confortablement installées à l'intérieur, l'une en face de l'autre je lui dis: "Tu m'avais promis d'être mon amie, mais tu n'agis pas en conséquence. Tu ne me parles même pas" 
Elle baissa la tête sans rien dire. Je pensais qu'elle allait alors admettre sa culpabilité.
"Gabrielle, si le seul moyen pour te garder près de moi, c'est d'être ton amie, et rien de plus, j'accepte. Mais ne sois pas cruelle en ne m'accordant même pas un peu de temps avec toi. En plus de l'effronterie et de l'humiliation que ça me procure, ça me fait mal, parce que tu me manques. Alors, s’il te plaît ... "

Ma voix tremblait et s'égarait. Gabrielle ne me regardait toujours pas. Elle scrutait ses doigts qui jouaient avec le bord de sa jupe. J'attendais sa réponse. Elle souffla bruyamment, pencha la tête et me regarda de ses magnifiques iris couleur mer verte.
 "Tu as raison, Conquérante, et je te demande pardon pour mon comportement. C 'est juste que les choses sont difficiles entre nous et ça me rend un peu maladroite. Ca va changer, Conquérante, tu as ma parole".
 "Est-ce que tu souhaites vraiment être mon amie ou fais-tu ça en pensant que ça fera de moi une meilleure personne et dirigeante. Te sacrifies-tu pour les autres ou pour nous?" Je me devais de lui poser la question. Ma respiration se coupa par anticipation.
 "Un peu des deux, Conquérante" répondit-elle en souriant. C'était bien assez pour moi, pour le moment, et je lui retournai son sourire.

                                                                            **********

 Enfin, je rentrai à la maison. La Grèce - j'étais en extase. Mon palais me manquait. Une fois arrivée, je m'installai dans mon immense chambre si familière et ordonnai à mes serviteurs de déballer mes malles.  Mon Garde Impérial avait préparé une parade en mon honneur, avec soldats, chevaux et tambours ... J'étais enivrée de pouvoir et de fierté, une fois de plus je revenais en vainqueur.  Gabrielle n'appréciait pas l'idée d'une parade militaire, elle n'y participa pas avec moi et se retira dans sa chambre tôt que moi. Elle s'installa dans son ancienne chambre, à côté de la mienne, qu'elle occupait quand elle était à mon service.

 Parchemin de Gabrielle

 La première chose que je fis le lendemain matin de notre retour, fut de rassembler les enfants des domestiques dans la classe.  J'étais si contente de les revoir. Ils paraissaient un peu plus grands que dans mes souvenirs. Les enfants de six à quatorze ans ont tendance à grandir plus vite et six lunes, c'est long dans la vie d'un enfant. Dès que j'entrai dans la classe, ils coururent vers moi et me serrèrent dans leurs petits bras. Même Nijella, l'aînée, qui était généralement isolée de ses pairs. C'était une belle petite de quatorze ans, fille de Midaicus, le garde du donjon de la Conquérante.  Quand elle me serra, une peur terrible m'envahit. Que faire si la Conquérante la faisait appelée dans son palais? Le nom de la Conquérante était maudit par les maris et les pères, même avant que nous ne soyons amantes, et il y avait une raison. Il fallait que j'ai une conversation à ce sujet avec la Conquérante.
 Après la liesse que suscita mon retour, Likus, neuf ans, leva la main et demanda la permission de parler. Je souris et la lui accordai.
 "Où est Millus" Je m'étouffai et luttai désespérément contre les larmes. Je devais leur montrer que j'étais assez forte pour les soutenir et pas un roseau cassé.
 "Il a été tué en Chine" dis-je à peine plus fort qu'un murmure. J'avais peur que ma voix me trahisse. Un lourd silence s'abattit sur la salle.  Nul ne prononça un mot.  Millus était apprécié et maintenant il était pleuré par tous.
 "Qui l’a tué, Gabrielle?" demanda finalement Likus. Il était le seul à ne pas verser une larme. Sa perte était la plus grande, Millus était comme un frère pour lui.  Il souffrait au-delà des larmes. Je ne répondis pas, je ne pouvais pas.
 "C'est elle, hein? C’est la Conquérante?" dit-il comme si de rien était. Il était d'un calme inquiétant.
 "Oui" dis-je.  Je ne pus le regarder dans les yeux. Je me sentais responsable de la mort de Millus, et je n'avais pas assez de courage pour lui faire face. Je ne leur enseignais rien ce jour-là, mais leur donnais congé. Nous allâmes dans les jardins impériaux, tous assis sur l'herbe, pour raconter des histoires sur ce que représentait Millus pour nous.
A l'heure du dîner, je suis entrée dans la salle à manger. La Conquérante posait une serviette sur sa cuisse, se préparant à manger. Quand elle me vit, elle sourit et me salua puis m'invita à la rejoindre. Bien que je n'en avais aucune envie après ce qui s'était passé plus tôt dans la journée avec les enfants, j'acceptai son invitation et m'installai à la table juste à côté d'elle.
 "Je voulais te parler Conquérante"
 "De quoi?"
 "A propos de tes esclaves, Conquérante. Je voudrais te demander de les rémunérer, comme pour tes soldats. Je veux aussi que tu leur donnes le choix entre travailler pour toi ou non. Je veux que tu cesses de les intimider. "
 "Pourquoi?" 
 "Parce qu'ils ont le droit de vivre dans la dignité, ils travaillent et te servent, parce que c'est la chose juste à faire, et parce que je te le demande "
 "Eh bien…" marmonna-t-elle après un moment de réflexion. "Si ça te fait plaisir, qu'il en soit ainsi. Je ferai de mon mieux pour ne pas les effrayer ... Ca ne va pas être facile. "
 "Je t'aiderai" je souris. "Merci, Conquérante"

                                                                       *************

 Deux semaines passèrent, depuis que la Conquérante et moi étions revenue de Chine.  Elle tint sa promesse et réunit tous ses domestiques dans la salle principale pour les informer que les choses allaient changer. Ils auraient une rémunération sur une base hebdomadaire et elle ne les brutaliserait plus pour les intimider. Elle les informa également de leur droit à quitter son service. La plupart choisit de rester. J'étais debout près de la Conquérante dans la salle.  Elle était bien consciente qu'ils restaient à cause de moi et non pour elle.

                                                                        *************

 Un matin, trois semaines après notre retour, Dana, la servante de la Conquérante, entra dans ma chambre. J'étais en train d'écrire dans mon rouleau, mais dès que je la vis, je mis ma plume et mon parchemin de côté. Après une brève salutation, nous allâmes sur le balcon.  Nous nous assîmes ensemble, bénéficiant à la fois de la vue et du soleil.

 "Elle est malheureuse" dit finalement Dana.
 "Quoi?! Qui? Lui demandai-je en quittant du regard le jardin coloré.
 "La Conquérante. Elle est différente. Quelque chose en elle a changé"
 "Dana, elle est juste un peu moins brutale et un peu meilleure, elle se comporte comme ça juste parce que je le lui ai demandé et non parce qu'elle pense que c'est la meilleure façon d'être, même pour une femme de haut rang comme elle. Les choses sont loin d'être parfaites "
 "Tu as raison, mais quand même, elle est encore plus différente qu'hier, pour ainsi dire." insista Dana en haussant les épaules.
 "Un exemple?"
 "Ca fait trois semaines que vous êtes revenues de Chine. Je sais que tu n'es plus son esclave de corps, elle l'a précisé clairement à son personnel dès le lendemain de votre retour." 
 "Ah oui?" m'exclamai-je.  Je n'en croyais pas mes oreilles.
 "Elle ne te l'a pas dit?" s'exclama à son tour Dana.
 "Non" dis-je dans un murmure. "Où se trouve la Conquérante maintenant?"
 "Elle forme ses troupes sur le terrain d'entraînement."
 "On peut donc parler librement. Tu as dit que la Conquérante était malheureuse, qu'entends-tu exactement par là?"
 "Ca fait trois semaines qu'elle dort seule. Elle n'a pris aucune femme pour la divertir depuis ce jour. Ma chambre et la sienne sont séparé par un mur avec une simple porte en bois assez mince pour permettre d'entendre ce qui se passe de l'autre côté. Elle pleure dans son sommeil depuis trois semaines, et je sais pertinemment qu'elle n'y a amenée aucune femme depuis tout ce temps. " Dana avait l'air sincère.
 Je ne pouvais plus parler.

 J'étais heureuse de ce que je venais d'apprendre.  Bien que la chambre de la Conquérante et la mienne était également séparée par un mur, il n'y avait pas de porte communicante et je ne pouvais donc pas entendre ce qui s'y passait. Le fait que la Conquérante n'ait couché avec personne jusqu'à maintenant me surprit. Allongée dans mon lit le soir, j'espérais secrètement qu'elle ne coucherait pas avec une autre femme, mais je ne n'y croyais pas, pas si longtemps. Elle me manquait terriblement dans mon lit.  Même si je n'étais pas sûre que la Xena que j'aimais soit toujours en elle ou bien que tout ce qui restait était juste une Conquérante dans le corps de Xena, j'aimais et désirais ce corps.
Allongée dans mon lit, je fantasmais sur nous. Je voulais la toucher.

 "Je m'avance  peut-être -et les dieux savent combien je hais et méprise ce monstre- mais je crois qu'elle t’aime."
 "Non, elle croit m'aimer mais je doute sérieusement qu'elle sache ce qu'est l'amour. En Chine, elle a pris une courtisane, je l'ai surprise dans son lit" dis-je doucement. Je savais que je ne devais pas en avoir honte, mais je ne pouvais m'en empêcher.
 "Je suis désolée, Gabrielle. Je sais combien tu l'aimes" Elle fit un effort pour me réconforter.
 "Ne le sois pas. Ce qui s'est passé en Chine m'a ouvert les yeux. Je ne suis pas amoureuse d’elle. Je suis amoureuse de Xena. Xena est partie et la Conquérante a prit sa place, mais pas dans mon coeur. "
 Puis il y eut de nouveau le silence.
 "Ma Xena me manque, oui. Son amour, sa chaleur, son âme ... et son corps."
 "Peut-être qu'il est temps que de changer." suggéra Dana en posant une main maternelle sur mon épaule.
 "Même si je le voulais, je ne pourrais pas. Mon cœur appartiendra toujours à Xena. Il en va de même pour mon corps. D'ailleurs la Conquérante est extrêmement possessive. Si elle découvre que j'ai une maîtresse, elle nous tuera toutes les deux ... après ça, toi et le reste du monde goûterez sa colère. "
 "Je suppose que tu sais de quoi tu parles ... Et j'aurais voulu que les choses se passent différemment pour toi. Tu mérites tellement mieux ... tu mérites quelqu'un qui t'aime, pas quelqu'un comme la Conquérante "
J'acquiesçai de la tête, luttant contre les larmes. Dana se leva et sortit.  Elle avait probablement senti que j'avais besoin d'être seule un moment.  Dès qu'elle m'abandonna à mes pensées, j'essayai d'analyser la nouvelle que je venais d'apprendre.  La Conquérante n’avait coucher avec personne, et elle pleurait tous les soirs. Je lui manquais peut-être, après tout? Pleurait-elle l'idée de m'avoir perdue?  M'aimait-elle, finalement? Y avait-il une chance pour que Xena me revienne? "

                                                                             **********

 Peu à peu, la Conquérante et moi créâmes une authentique amitié.  Nous sortions pour de longues promenades chaque soir dans les jardins impériaux ou dans les rues autour du palais, et parlions la moitié de la nuit, c'était devenu un rituel que j'attendais avec impatience chaque jour. Nous parlions de beaucoup de choses: ce que nous avions fait dans la journée, l'état des affaires, les enfants. Elle montrait beaucoup d'intérêt à ce que je leur apprenais exactement et à leurs résultats scolaires.  Nous bavardions aussi de ses domestiques et de certains de ses officiers.  Elle me demanda mon avis sur la façon de gérer certaines personnes et d'autres choses dans son royaume. Elle m'avoua me  faire entièrement confiance. Nous eûmes même des discussions philosophiques sur le meilleur moyen de diriger un pays, les caractéristiques d'un dirigeant -un bon dirigeant- la véritable égalité entre les hommes, la méthode pour qu'un bon dirigeant puisse réaliser cette égalité. Nous étudiâmes la question de l'esclavage et débattîmes de certaines questions de pénologie (discipline du châtiment) et de quel crime méritait telle punition.

La Conquérante faisait preuve d'une grande capacité de compréhension et d'analyse.  Elle était brillante et rendait ces soirées si agréables. Plus nous parlions, plus nos conversations se faisaient personnelles et intimes. Je lui ouvrais mon cœur, mes rêves, mes réflexions et mes sentiments. Je lui donnais un bon aperçu de moi et elle faisait de même.
 Elle était très attentive à mon égard.  Elle ne parlait pas de choses qu'elle savait douloureuses, la Chine ou Ling-ma, et ne parlait pas non plus de notre passé.

"Tu me manques, Gabrielle" Me dit-elle une nuit. Nous étions assises côte à côte dans l'un de ses jardins impériaux, confortablement appuyées contre un vieux chêne géant. La lune au-dessus de nous nous illuminait de ses rayons bleus et elle admirait la magie de cette nuit. Elle portait une robe de velours bleu royal, qui la rendait si puissante, impressionnante et magnifique. La brise fraîche de la nuit qui me caressait ne pouvait refroidir ma fièvre. Je voulais toucher la Conquérante, mais n’osais pas bouger ni agir selon mon désir. Les mots qu'elle me dit me firent fondre, mais j'avais peur qu'elle me laisse sans défense.

"Je sais, Conquérante" murmurai-je. Elle bougea vers moi et le clair de lune accentua l'ombre au-dessus de ses seins.

"Je voulais juste que tu le saches. Après ce que je t'ai fait, et ce que je t'ai pris, je ne peux rien te demander. Je suis heureuse que tu sois mon amie. Ca signifie beaucoup pour moi. Je n 'attends plus rien de toi, Gabrielle"
Sa voix était faible et chevrotante. Ca me fit fondre.Je voulais l'embrasser.

"J'en suis consciente, Conquérante"
Je posai une main tremblante sur sa cuisse. Mon corps était en feu. Je voulais qu'elle me prenne. Il n'y a pas de mots pour décrire à quel point j'avais envie d'elle. Elle me manquait tellement.Je ne l’avais pas touchée depuis plus de sept lunes. Je me languissais d'elle. Elle remarqua le désir qui m'enflammait le visage, mais ne bougea pas.

"J'ai aimé être avec toi ces dernières semaines. Tu es une amie très chère Gabrielle" Elle sourit, sans me regarder, et laissa ma main sur sa cuisse.
"Moi aussi, Conquérante." Je souris à mon tour.
Puis il y eut un silence. Nous étions toujours assise à écouter les bruits de la nuit.
"Les lois que nous avons ébauché ensemble vont marcher à merveille " dis-je enfin.
"J'espère que tu as raison. J'ai peur que les gens deviennent désobéissants et insubordonnés." Chuchota-t-elle, et je retirai ma main sans répondre. "Quoi qu'il en soit, je pensais... "

"Quoi, Conquérante?", je l'encourageais à parler et la regardais dans les yeux.
"J'ai vérifié le programme des enfants et à mon avis, quelques leçons de navigation et de géographie seraient essentielles à leur éducation, n'es-tu pas d'accord, Gabrielle?" demanda-t-elle dans une moue amusée et avec un soupçon de sourire sur ses angéliques lèvres.

"Oh ... Conquérante ... ce serait génial!" m'exclamai-je. J'étais tellement heureuse que, sans réfléchir, comme un réflexe, je mis mes bras autour d'elle et l'enlaçai. Elle fit de même. "Je te remercie, Conquérante" et je lui embrassai rapidement la joue. Après l'avoir relâchée de mon emprise je lui dis: "Pardonne-moi, Conquérante, pour cette explosion de sentiments, c'est juste que tu m’as fais tellement plaisir. Merci encore, Conquérante" J'en avais la tête qui tournait tant j'étais excitée.

"De rien, Gabrielle. Et tu sais ... tu n'es pas obligée de t'excuser d'avoir des sentiments ... après tout, nous sommes amies, non?" Et elle me regarda dans les yeux. Je vis quelque chose de familier dans son regard, mais je ne sus dire de quoi il s'agissait, seulement que je l'avais déjà vu. Mon cœur se tordit de douleur sous ce regard.

"Les meilleures" rétorquai-je, tentant d'avoir l'air aussi rassurant que possible.
"C'est bon à entendre" soupira-t-elle de soulagement.
"Alors, lequel de tes capitaines vas-tu assigner à cette tâche, Conquérante?" 
"Que veux-tu dire? Je pensais à moi!" Elle prit un air offensé et espiègle.
"C'est donc ça?" J'étais étonnée que la Conquérante s'embête avec ça.
"Tout à fait. Je me lèverai juste avant le coucher du soleil tous les deux jours et rassemblerai les enfants sur le quai. Nous prendrons mon navire préféré, "La Méduse", et nous naviguerons jusqu'au lever du soleil. Tu seras la bienvenue, Gabrielle. Je serais la première enchantée de t'avoir à bord" Ricana-t-elle.
Je fus alors encore plus amoureuse d'elle à cet instant précis. Ma Xena était toujours là. Je la sentais flotter à la surface.
"J'adorerai me joindre à vous, Conquérante. Je ne sais comment te remercier ..."
"Les remerciements ne sont pas nécessaires, Gabrielle, reste juste avec moi" dit-elle avec une expression sérieuse.

Le regard qu'elle me jeta fut d'une telle intensité que mon coeur loupa un battement. Nous étions assise l'une près de l'autre, j'avais du mal à respirer et j'étais rouge écarlate. Nos lèvres étaient si proches, je n'avais qu'à pencher la tête pour rencontrer ses lèvres. Hélas, je ne pouvais pas bouger. Je voulais qu'elle m'en fasse la demande. Je la désirais tellement que je ne supportais plus la douleur que ça me causait. Je l'entendais respirer, je sentais la chaleur de son beau corps réconfortant, j'avais envie d'elle cette nuit-là mais j'avais aussi bien trop peur d'agir.

"Je resterai avec toi, je te le promets, Conquérante" dis-je. Je pouvais à peine parler tant j'étais excitée.

Nous sommes retournées au palais ensemble, bras-dessus bras-dessous. Lorsque nous sommes arrivées devant ma chambre, je me suis tournée vers elle.
"Bonne nuit Conquérante"
"Bonne nuit Gabrielle"
Après nos salutations d'usage, nous sommes restées debout à nous regarder. J'en oubliais même de respirer. Je l'attendais. Comme elle ne bougeait pas, je me suis retournée et suis entrée ma chambre.

Journal de la Conquérante (Ecrit par Xena)


J'entrais dans ma chambre, une douleur lancinante dans le coeur se propageant dans le reste de mon corps. Je voulais noyer mon chagrin dans l'alcool, mais je m'étais promis de ne plus boire en telle quantité. Je n'y voyais plus clair et ça annihilait ma capacité de jugement. Je savais que la nuit serait longue, à pleurer, souffrir, désespérée et endeuillée. Je me demandais quand ça s'arrêterait, quand la douleur cesserait. Je connaissais la réponse - jamais. J'avais tant d'amour dans le coeur que ça pouvait durer une éternité. Notre relation amicale n’était pas assez, loin s'en faut. J'avais tellement besoin de plus, pas seulement physiquement mais aussi émotionnellement. Il y a pas mal de différences entre une amante et une amie. C'est une façon d'être différente, que ce soit dans les sentiments ou dans l'intimité. Avoir Gabrielle comme amie ne remplissait pas mon insatiable besoin d’elle.

Ces dernières semaines où nous avons passé du temps ensemble à notre retour en Grèce, m'a rendue encore plus amoureuse. Elle m'ouvrait son coeur comme jamais auparavant. Elle m'autorisait à mieux la connaître. Et plus j'en apprenais sur elle, plus profond était mon amour. Faire taire mon désir de l'embrasser me coûtait des pans entiers de sang-froid. Apprendre qui était vraiment Gabrielle m'émerveillait. Au moment même où je pensais ne pas pouvoir l'aimer davantage que je ne l'aimais déjà, il s'avérait que j'avais tort. C'était un être magnifique.

Je m'assis dans mon fauteuil, observant la nuit par la fenêtre, pleurant d'avoir perdu Gabrielle. Un coup sur ma porte me sortit de mon désespoir. J'avais une tête affreuse, les yeux gonflés et injectés de sang et le visage mouillé de larmes. Je ne pouvais laisser entrer personne et être témoin de ma déchéance.

"Conquérante" Une voix féminine m'appelait de l'autre côté de la porte.

"Entre, Dana" Elle ouvrit la porte. Je me sentais tellement seule dans ma grande chambre, surtout à cause de ma relation avec Gabrielle. Lorsqu'elle n'était pas dans ma chambre comme amante, je me sentais plus seule que jamais. Je voulais ma compagne, et de ce fait, j'accueillis Dana.

Elle ouvrit lentement la porte et n'hésita pas à s'approcher. Elle prit un tabouret et se percha en face de moi.

"Je parie que tu ne t'attendais pas à voir la puissante Conquérante pleurnicher dans sa chambre comme un nouveau-né, hein?"

"Pas comme un nouveau-né, mais comme une femme qui souffre, Conquérante"
J'avais tellement honte que je ne pouvais même pas la regarder. Je n'y pensais pas sur le moment, mais il était étonnant que je me laisse ainsi exposer ma vulnérabilité devant une servante. J'étais ramollie.

"Tout est de ma faute, tu le sais. Elle n'a rien fait de mal. C'est ce qui rend la situation encore plus énervante. J'ai tout fait raté. Les choses auraient pu être si différentes..." Murmurai-je.
"Gabrielle sait pardonner. Ca viendra, Conquérante, laisse-lui juste du temps"
"Je lui ai fait des choses que les plus clémentes créatures sur terre ne pourraient pardonner"
"Si son Altesse parle du temps où elle était son esclave de corps, eh bien, m'est avis qu'elle ne t'en voudra pas longtemps. Je suis sûre qu'elle a compris que son altesse était une autre personne à l'époque."
"Peut-être qu'elle croit que je suis encore capable de lui faire du mal. Peut-être qu'elle n'a pas tort…"
"J'en doute sérieusement, Conquérante. Gabrielle est une femme intelligente, et elle connaît son Altesse mieux que personne." Dana sourit d'un air rassurant.
"Je me le demande" Dis-je avec scepticisme.
La servante joufflue haussa les épaules comme si elle n'excluait pas la possibilité de mes dires.
"T'a-t-elle parlé de ce qui s'est passé en Chine?" demandai-je.
"Non, Conquérante. Elle ne m'a rien raconté de ce qui s'est passé entre vous deux, d'ailleurs, nous ne sommes pas si proches."
"Quand elle est arrivée en Chine, pour l'anniversaire de Millus, Gabrielle m'a surprise au lit avec une courtisane. Je jure sur mon royaume que je n'ai pas couché avec. Je suis restée fidèle à Gabrielle. Je ne l'ai pas trompée. Je ne sais pas quoi faire pour la convaincre que je n'ai pas fait une chose pareille " m'exclamai-je.
"Parfois, Conquérante, il suffit de laisser le temps faire son travail. Peut-être qu'avec le temps, elle verra la vérité"
"Comment?"
"Elle le verra dans ton cœur, Conquérante. Je te conseille de laisser à Gabrielle le temps de guérir."
Je comprenais ce qu'elle voulait dire.

Parchemin de Gabrielle

Après que la fringante et flamboyante Conquérante m'eut laissée devant ma chambre, accompagné d'un baiser, je retirais mes cuirs d'Amazone, et me préparais pour me coucher. Je grimpai dans mon lit et appelai le sommeil. Ce ne fut pas facile vu mon désir pour la Conquérante. Cependant, la fatigue eut raison de moi et je succombai au sommeil peu de temps après.

A cet instant précis, Dana entra dans ma chambre. Elle ne frappa pas mais entra tout simplement et se précipita sur mon lit.

"Gabrielle! Gabrielle! Réveille-toi, il faut que je te parle!" murmura-t-elle en me secouant.

"Je suis réveillée, Dana. Que se passe t-il?" Dis-je en me redressant pour m'asseoir.

"Je viens d'avoir une conversation très intéressante avec la Conquérante, et je pense que tu dois être prévenue "
Elle s'installa sur mon lit à côté de moi, toute excitée.

"D'abord, elle m'a demandé si tu m'avais raconté ce qui s'est passé en Chine, avec la courtisane. J'ai menti et lui ai dit que non. Je lui ai dit aussi que nous n'étions pas très proches et que tu ne m'avais rien dit sur ce qui n'allait pas entre vous. Je lui ai menti pour qu'elle ne pense pas que j'allais te retransmettre notre conversation et que comme ça, elle me dirait la vérité."
"Et qu'est-ce qu'elle t'a dit?" mon coeur battait très fort dans ma poitrine.
"Elle m'a dit qu'elle n'avais pas couché avec elle, qu'elle ne voulait pas te trahir avec le corps d'une autre. Je ne pense pas qu'elle ait menti. Quand elle me parle, je la crois. Je suis persuadée qu'elle m'a dit la vérité." 
"Alors, que faisait la courtisane nue dans le lit de la Conquérante?"
"Je ne sais pas, Gabrielle, elle ne me l’a pas dit, mais le mieux c'est de le lui demander et de lui donner une chance de te répondre."
"Je suis surprise que tu fasses ça pour elle... venir me parler, et tout ça. Je croyais que tu la détestais"
"Je ne le fais pas pour elle. Je le fais pour toi" rétorqua Dana.

La femme bien en chair se leva, me souhaita bonne nuit et sortit. Si elle était persuadée que la Conquérante disait la vérité, je m'en voulais. Le bonheur se déversa dans mon corps telle une rivière. J'étais tellement heureuse qu'il me fut impossible de dormir. Je savais pourtant que je devais me lever tôt le lendemain et je me forçai à m'allonger. Après un certain temps je m'endormis.

                                                                        ************

Le lendemain matin, la Conquérante, les enfants, et moi-même, nous rassemblâmes sur le quai. Nous montâmes à bord du bateau préféré de la Conquérante, "la Méduse" et mîmes le cap vers les différentes îles de la Grèce: la Crète, Rhodes. Alors que la fraicheur matinale nous enveloppait, la Conquérante enseigna à ses jeunes élèves l'art de la navigation.

Elle donna à chacun une tâche compatible avec sa force, sa taille et ses capacités. Elle leur apprit à naviguer, à faire toutes sortes de nœuds, et les secrets de la mer. Elle était très patiente avec eux, et quand ils commettaient des erreurs, dangereuses ou stupides, elle leur expliquait encore et encore, sans s'énerver. A vrai dire, non seulement elle ne s'énervait pas, mais elle le faisait avec le sourire et avec une pointe d'espièglerie dans ses magnifiques yeux bleus. Elle était irrésistible et je tombais encore plus profondément amoureuse. C'était génial de la voir leur apprendre et les commander comme si elle était leur capitaine.

Au début, ils avaient peur d'elle. Certains d'entre eux tremblaient en sa présence. Peu de temps après, ils furent plus à l'aise et commencèrent à agir plus librement. Je suppose que ce n'était pas juste à cause de ma présence mais aussi par son adorable comportement. Cependant, ils n'oubliaient jamais, même un bref instant, qu'elle était la Conquérante, et par conséquent, aucun d'eux n'osa agir avec irrespect ou désobéissance.

Chaque matin durant lequel nous naviguions sur sa "Meduse" elle portait une magnifique robe royale et une armure de guerre. Elle était à couper le souffle. La voir se déplacer sur le pont, tirer des cordes, diriger le gouvernail, le vent jouant dans ses cheveux noir corbeau, était fascinant. Je n'arrivais pas à éloigner mon regard de ses muscles fléchis, du balancement de ses seins, de sa peau bronzée et humide. Je n'en pouvais plus et la regardais d'un air gêné. J'espérais que les enfants ne me voyaient pas rougir en la dévorant des yeux. La Conquérante me mit gentiment debout et je me sentis perdue. J'avais envie d'elle. La distance entre nous était de moins en moins supportable chaque jour qui passait.

Elle m'apprit à piloter. Je me tenais devant le gouvernail, le prenant à deux mains, pendant qu'elle était debout à côté de moi, m'expliquant comment l'orienter, les variables à considérer pour diriger le bateau, et ainsi de suite. De temps en temps, elle se mettait derrière moi et posait ses mains sur les miennes sur le gouvernail. Mes mains étaient généralement gelées à cause de la froideur matinale, et les siennes toujours chaudes, comme si le froid craignait la Conquérante. Quand elle posait ses mains comme ça, je sentais sa chaleur et fondais.

Elle gardait toujours son corps à distance du mien, mais pourtant, je sentais rayonner sa chaleur. Sa proximité provoquait une violence lancinante dans mon coeur et entre mes jambes. Je voulais qu'elle se presse contre moi, que ses bras m'enlacent la taille, que ses mains caressent mes seins. Je priais les Dieux de sentir ses lèvres dans mon cou et voulais entendre sa voix basse caresser mes oreilles, murmurer des mots d'amour. Je faisais des rêves éveillés dans lesquels elle me faisait furieusement l'amour dans la cabine du capitaine, poussant ses hanches et son sexe contre moi, me submergeant de son désir, criant mon nom en atteignant l'orgasme, me regardant atteindre le mien. Mais elle n'en fit rien.

Un jour, elle rassembla tous ses élèves sur le pont de son bateau et s'excusa du meurtre de leur ami, Millus. Ses excuses furent brèves, mais je savais que ce n’était pas facile pour elle devant ceux qu'elle considérait comme ses esclaves. La Conquérante me surprit ce jour-là. Je l'admirais pour cela.

                                                                                    ********

Ca arriva juste avant le lever du soleil, neuf lunes après que nous ayons quitté la Chine. J'ouvrais paresseusement les yeux. Je me réveillai fatiguée, à cause de la Conquérante, m'étant couchée tard suite à nos conversations. En ouvrant les yeux, je vis la Conquérante me regarder.

"Je suis désolée, Gabrielle. Je ne voulais pas te faire de mal. Je n'ai pas pu résister à l'envie de te regarder dormir. Ca fait des lustres que je ne t'ai pas regardée dormir. Je suis désolée d’envahir ton intimité."
Le mot sortit précipitamment de sa bouche. On aurait dit qu'elle s'était fait surprendre en train de faire quelque chose de terrible. Bien que je fusse nue, une épaisse fourrure me couvrait, cachant ma nudité.

"Je ne suis pas en colère, Conquérante, juste un peu surprise, c'est tout"
Je m'assis dans mon lit, couvrant modestement ma nudité avec la couverture, surtout mes seins. Elle soupira de soulagement.

"Veux-tu te joindre à moi pour le petit déjeuner avant le départ, Gabrielle?" Me demanda-t-elle en souriant. Elle était déjà vêtue de sa robe royale, de son armure et de ses bottes. Je n'y pouvais rien mais je me sentais un peu mal habillée.

"Je serais honorée, Conquérante"
"Je descends à la salle à manger. Quand tu seras habillée, rejoins-moi s’il te plaît. Je te promets de ne pas commencer sans toi" Elle sourit et fit demi-tour pour quitter ma chambre.

"Non, s’il te plaît, Conquérante, attends-moi ici pendant que je m'habille et nous partirons ensemble. Je ne veux pas y aller toute seule sans ta charmante compagnie" Je la flattais sans vergogne.

"Comme tu veux, Gabrielle. Tu sais que je n'ai rien contre" Elle gloussa. "Ne t’inquiète pas, je me retourne et je ferme les yeux ..."
Et sans perdre un instant, elle me tourna le dos et ferma les yeux ... Encore un geste qui me serre le cœur, pensais-je. Je ne savais combien de temps j'allais pouvoir résister à cette femme.

"Puis-je te poser une question, Conquérante?" J'étais nue debout derrière elle. Je ne cherchais pas mes vêtements. M'habiller n’étais pas alors une priorité absolue.

"Tu peux tout me demander, chère amie" Je pouvais entendre le doux sourire dans sa voix.

"Si tu n’as pas couché avec la jeune courtisane, Ling-Ma, qu’est-ce qu’elle faisait dans ton lit, complètement nue?" Mes jambes étaient sur le point de se dérober. Je craignais sa réponse. J'avais peur que ce soit trop tiré par les cheveux pour que je la crois.

"Depuis que j'ai mis les pieds dans le palais de l'empereur de Chine, Ling- Ma ne voulut plus me quitter. Elle était gentille et douce et à l'écoute. A l'époque, j'en avais besoin. Elle a essayé de me donner du plaisir la première nuit où nous nous sommes rencontrées. Je lui ai dit je ne voulais pas, qu'elle n'avait pas à se donner à moi, mais qu'elle attende que je le lui demande. Je ne savais pas ce que je voulais. Ling-Ma était une belle jeune femme, et je la trouvais séduisante. Pourtant, mon amour pour toi m'empêchait de coucher avec elle ou n'importe qui d'autre d'ailleurs." La Conquerante ne ménageait aucun détail. Sa voix était calme, régulière mais basse. Elle jouait nerveusement avec ses doigts.

"Continue Conquérante, s’il te plaît" Je l’encourageai.

"Au cours de ces six lunes en Chine, j'ai appris, par Millus, qu'elle avait assassiné la première courtisane. Lorsque je lui ai posé la question, elle m'a simplement répondu qu'elle espérait être ma courtisane et ainsi accéder au pouvoir. Il ne m'échappa pas qu'elle te ressemblait. Elle avait une certaine capacité à voir la vie des gens, comme un oracle. Elle savait que j'étais amoureuse de toi. En fait, elle le sut le deuxième jour, quand je le lui ai dit. Elle m'a probablement  parlé de Solan parce qu'elle savait que ça me mettrait en colère contre toi, peut-être même que je t'aurais haïe. La nuit où Millus est mort, j'ai fait de mon mieux pour essayer de coucher avec elle, mais mon corps restait indifférent. Rien ne s'est passé. Je l'ai à peine touchée. J'étais tellement pleine d'amour pour toi que je n'ai pas réussi à en prendre une autre, et pleine de rage, après l'empoisonnement de Millus, je l'ai coupé en deux avec mon épée "
Sa voix tremblait, elle était sur le point de pleurer. Je restais silencieuse.

"Quand j'ai vu Ling-Ma regarder Millus mourir sans rien faire pour l'aider, ça m'a fait mal de chien, contrairement à elle, ton âme est pure, belle et précieuse. J'ai senti que je perdais tout espoir de ne jamais tomber amoureuse de toi, ni de trouver une autre femme. Alors j'ai dit à Ling-Ma de prendre ses affaires et de quitter le palais. Elle savait que tu arrivais en Chine pour l'anniversaire de Millus. Avant de partir, elle m'a avouée avoir lu une de tes lettres envoyée pour Millus; elle est revenue dans mon lit au milieu de la nuit, en sachant pertinemment que tu viendrais me voir. C'était sa façon de nous séparer ... et ça a marché ... tu dois aimer la simplicité de son plan ... et elle n'a que quinze ans ... je lui dois bien ça, il n'est pas facile de tromper la Conquérante ..."

"Conquérante" marmonnai-je, à l'agonie.

"Ne dis rien, Gabrielle. Je sais que c'est un peu complexe et tiré par les cheveux; il serait plus simple de croire ce que l'on voit, et d'expliquer qu'elle était ma putain. Je ne peux pas te blâmer, Gabrielle, et je suppose qu'à ta place, je n'y aurais pas cru. Peu importe, je préfère penser qu'en étant juste mon amie, tu me fais payer le prix de t'avoir violée chaque fois que je te prenais dans mon lit après t'avoir réduite à l'esclavage, et je le mérite, Gabrielle "
Elle commençait à perdre la bataille contre ses larmes. ses épaules tremblotaient.

"Je te crois, Conquérante".
"Gabrielle" dit-elle, incrédule, et toujours de dos.
"Je ne le dis pas juste comme ça, Conquérante, je te crois. Tourne-toi" Je lui parlais doucement et posais mes mains confiantes sur ses épaules tremblantes.
"Es-tu habillée?" Sa voix était à peine audible.
"Tourne-toi, Conquérante" murmurai-je.

La Conquérante se tourna lentement pour me faire face. Elle déplaça son regard humide sur mon corps nu. Je me rendais bien compte que de me voir nue n'était pas facile pour elle. Ca faisait longtemps que nous n'étions plus intimes... et les circonstances n’étaient pas naturelles ni faites avec connivence.
"Ca va aller, Conquérante" murmurai-je.
Elle prit son temps pour découvrir ma nudité, mais j'avais besoin de bien plus que de son regard timide et effrayé. Je m'approchai et me pressai contre elle. J'observais son désir et ses yeux brûlants et elle regarda le mien. Sentir sa chaleur m'engloutit. Je mis mes bras autour de son cou et plongeai mes doigts dans ses épais cheveux noirs. Je penchai la tête en arrière et humidifiai mes lèvres.

"Touche moi, Conquérante" Je gémis.

Alors, et alors seulement, elle bougea enfin, nouant ses bras autour de ma taille, me pressant contre elle, s'appuyant sur moi, me serrant contre ses vêtements. Sa respiration s'accéléra, l'excitation au plus haut point. Ses mains affamées couraient sur mon corps, de ma taille à mon bras vers mes épaules. Ses poignets effleurèrent mes seins en chemin, me causant un violent frisson.

Ses mains atteignirent mes épaules, grimpèrent jusqu'à mon cou et prirent mon visage en coupe. Nos cœurs battaient à tout rompre. J'avais peur de défaillir, que ma bien-aimée Conquérante soit plus que je pouvais supporter. Elle se pencha sur mes lèvres et lorsqu'elles capturèrent les miennes, elle m'embrassa doucement.
Au début, ce fut bref, pas insistant, comme si elle dégustait mes lèvres, se remémorant leur goût, car après tout, ça faisait longtemps.

Son souffle chaud brûla mes lèvres et m’embrasa. Elle ne me donnait pas assez. Je ne pouvais plus attendre. J'envoyais donc ma langue dans sa bouche telle une conquête armée. Sentant ma langue dans sa bouche, elle fit tomber les barrières et capitula. Nos langues se mélangèrent avec passion. Je la suçais, voulant l’avaler. Une fois sa langue baignée dans ma bouche, j'agitais le bout de la mienne. Je jetais mes bras autour de son cou et la serrais fort contre moi, l'acier froid de son armure écrasant mes seins. La Conquérante gémit. Je penchais la tête de l'autre côté et attaquait sa bouche sous un autre angle. Je l’embrassais longuement et furieusement. Je mordillais de temps en temps sa lèvre en bas puis en haut. Chaque fois que j'entendais la Conquérante gémir et se tortiller contre moi, j'augmentais l'intensité de l'attaque sur ses lèvres, sa langue et sa bouche. La Conquérante retournait mes baisers avec passion et voracité, ce qui me fit trembler dans ses bras.

Après notre ardent baiser, je sentis son corps durcir. Ses mains quittèrent mon visage pour serrer mes épaules. Ses yeux roulèrent en arrière un bref instant puis elle ferma les paupières. Elle gémit dans ma bouche et se pencha contre moi comme si elle ne parvenait plus à supporter son poids. Puis elle émit un nouveau gémissement et rompit le baiser. Ses yeux toujours fermés, je la vis pleurer. Elle murmura quelque chose d'incohérent, de la tristesse sur son visage.

"Que se passe-t-il, Conquérante?" J'essayai de toucher son visage mais elle tressaillit et recula.
"J'ai dit: j'ai joui..."
On aurait dit un enfant.
"Je le sais, je l'ai senti" Je lui souris.
"Je suis vraiment désolée, Gabrielle ... je ne voulais pas ... j'étais trop excitée ... Ca fait si longtemps, et tu es tellement belle et désirable ... Je ne voulais pas te violer, c'est juste que je ne me contrôle plus"
Elle pouvait à peine parler entre ses sanglots. Je contenais difficilement mon rire, pas un rire moqueur, plutôt un rire d'amour, de douceur et de réconfort.

"C'est bon, Conquérante. Je ne suis pas en colère contre toi." Je souris aussi largement que possible. Je caressai tendrement son magnifique visage humide. "Viens dans mon lit, Conquérante. Je vais m’occuper de toi." Ma voix était rauque de la nostalgie qui enveloppait mon coeur. Je lui pris la main pour la conduire sur mon lit.

Elle s'y allongea, sur le dos et me regarda. Je m'assis à ses côtés et me penchai sur elle. Ses pleurs diminuaient progressivement.

"Tu m’as manquée, Conquérante" dis-je alors que mes mains la déshabillaient. Je pris sa lourde armure et la jetai à terre, puis son épée et son chakram.
"Je ne veux plus jamais être séparée de toi, Conquérante" lui dis-je d'une vois basse et affectueuse.
Une fois désarmée, mes doigts délacèrent sa robe royale. La Conquérante m'aida dans cette tâche et elle se trouva enfin nue, exposée. Dieux, comme elle m'avait manquée. J'arrêtai de réfléchir et la regardais simplement, longuement, mémorisant chaque pouce de son superbe et irrésistible corps.

"Et je ne veux plus jamais être loin de toi, Gabrielle" chuchota-t-elle.

De ma position assise, j'explorais son corps, jusqu'à ce que finalement je m'allonge au-dessus d'elle. La sensation de son corps familier et brûlant sous le mien accéléra ma respiration et mon pouls. Je posai une main sur sa joue et réclamai ses lèvres. Les baisers étaient exigeants, passionnés, voraces. Je l'écoutais gémir de plaisir, respirer, dévorer ma bouche. Ces bruits enflammèrent mon désir.

Mes lèvres se promenèrent jusqu'à son cou, laissant des sillons de feu humide. Je mordillais sa chair douce et chaude, léchais sa peau bronzée. Elle ondulait sous moi, ses seins frottant les miens, attirant l'attention de ma bouche. Je l'embrassais jusqu'à son oreille, humidifiais son lobe et soufflais de l'air chaud tel un dragon. Sa peau avait la chair de poule, ce qui m'envoya des boules de feu dans les reins.

"Je t'aime, Conquérante" Je pouvais à peine reconnaitre ma voix tant elle était basse et excitée. "Entre en moi, ma championne" Je criais presque.

"Dis mon nom, Gabrielle ... s’il te plaît, dis mon nom" suppliait-elle en frottant son sexe contre ma cuisse. Les boucles chaudes et humides entourant son clitoris gonflé et sa fente dégoulinante, me chatouillèrent au début, mais peu après, son sexe m'excita, d'autant plus que les palpitations s'accéléraient sous l'impulsion d'une douce souffrance qui me rendait folle. J'avais besoin de me libérer, et je voulais que la Conquérante m'accorde ce plaisir.

"J'ai envie de toi, Conquérante!" m'exclamai-je, me contrôlant à peine, poussant et frottant mon sexe dur contre sa cuisse musclée, rendant coup pour coup. Je commençai à pétrir ses seins dans mes mains. Elle rugit mon nom, encore et encore. Quand je vis son besoin désespéré pour ses seins, je baissai mes lèvres pour les sucer doucement, mordant parfois les mamelons ou léchant les aréoles.

"Dis mon nom, Gabrielle!" M'ordonna-t-elle.
"Je t'aime, Xena. Ma Xena. Ma belle et courageuse Xena. Ma Précieuse Xena" Dis-je en relevant ma tête de ses seins à la recherche de ses yeux brillant d'un bleu profond.

"Merci Gabrielle." Me répondit-elle d'une voix étouffée avant que ses lèvres ne se collent de nouveau aux miennes. Nous reprîmes nos poussées, cherchant à  nous libérer. J'attrapai ses mains au-dessus de sa tête pendant que nos hanches se pressaient l'une contre l'autre, et nos doigts s'entrelacèrent. Nous avions besoin de nous agripper l'une à l'autre pour nous libérer, et la cadence était puissante et vigoureuse. Elle jetais un oeil de temps en temps derrière mon épaule pour regarder mes fesses. Elle disait toujours que c'était la chose la plus "active" –et sa préférée- que je possédais.

Alors que Xena et moi faisions l'amour, la porte de ma chambre s'ouvrit et quelqu'un se tint dans l'embrasure.
"Gabrielle" haleta Xena "Quelqu'un nous regarde"

"Je m’en fous ... ne t’arrête pas, Xena" dis-je d'une voix tendue et les yeux fermés, tout en continuant à frotter mon sexe trempé contre sa cuisse. Xena détourna les yeux vers la porte et arrêta immédiatement de bouger. Sentant cela, j'ouvris les yeux et tournai la tête vers la porte.

"Merde ... Likus ... que fais-tu ici?!" m'exclamai-je en le voyant stupéfait, bouche bée et yeux écarquillés.

"Dé…désolé" laissa-t-il échapper avant de s'enfuir en claquant la porte derrière lui. Malgré tout, nous l'entendîmes hurler dans le couloir à ses amis: "JE NE CROIS PAS QUE NOUS ALLONS FAIRE DU BATEAU AUJOURD'HUI!"

 Xena et moi éclatâmes de rire.
"Je lui parlerai plus tard" dit Xena après nous être calmées.
"Qu'est-ce que tu as prévu de lui dire?"
"Tu sais ... les oiseaux et les abeilles"
"Il a seulement neuf ans. N'est-il pas un peu trop jeune?"
"N'importe quoi! j'étais plus jeune que lui quand ma mère ..."
"Tu n'es absolument pas un bon exemple Xena" Plaisantai-je.
"Tu marques un point..." répliqua-t-elle.

Puis son expression se fit grave. "Alors ... Où en étions-nous" demanda-t-elle avant de reprendre ses baisers et de me grignoter doucement les lèvres. Xena me retourna et je fus sur le dos en clin d'oeil. Nous nous embrassâmes encore. Ses lèvres passèrent sur mes seins sensibles. Je me cambrai pour la sentir plus fort. Elle suça mes mamelons, ce qui les fit durcir davantage. Elle attrapa mes seins pour les presser l'un contre l'autre, et les mettre dans sa bouche dans la mesure du possible. Je gémissais et tremblais sous son empressement, et mon besoin d'elle dans mon sexe se faisait de plus en plus urgent. Xena m'explorait et me dévorait. Elle atteignit enfin mon ventre et ma taille.

Après les avoir soigneusement léché, elle descendit plus bas, entre mes cuisses. Même si son désir de me prendre faisait rage en elle, elle prit son temps pour me titiller. Elle embrassa l'intérieur de mes cuisses, effleura mon clitoris du bout de la langue, ne me caressant pas assez pour me libérer. Je l'entendis inhaler mon sexe et gémir de plaisir, je pouvais même sentir le bout de son nez sur mon orifice. Elle se souvient, pensais-je.

Alors seulement, elle caressa et suça mon clitoris de ses lèvres et de sa langue. Je commençais à crier mon plaisir. Elle gardait un rythme lent et régulier, me rendant plus mouillée et gonflée, mais sans me faire venir. Elle me fascinait, parce qu'elle voulait sentir que j'avais besoin d'elle, que je lui avais manquée pas juste affectivement, mais aussi physiquement.

"Xena ... S’il te plaît ...Ne m'excite pas plus, Xena, je te veux en moi maintenant. tu m'as tellement manquée... s’il te plaît, Xena" Je haletais fortement.

Xena ne dit pas un mot. Elle eut seulement un sourire de satisfaction devant mon désir. Elle me retourna de ses bras forts, de sorte que je fus allongée sur le ventre. Je sentis son poids sur mon corps, ses seins appuyés contre mon dos et ses poils humides contre mes fesses.

"DIEUX ... XENA!" m'exclamai-je. "Prends-moi, MAINTENANT!"

Elle obéit à mon ordre. Elle plongea ses dents à la base de ma nuque, puis elle noua un bras autour de ma taille, sous mes hanches. Elle posa son long doigt contre mon clitoris enflé et le caressa avec des mouvements circulaires, exactement comme je le voulais. Elle commença à frotter son sexe mouillé sur mes fesses. Je grognais comme un animal, et entendais ses propres grognements et rugissements derrière mon cou, où elle me mordait toujours. Nous ondulions et poussions ensemble, comme un seul et même corps. Elle écrasait son sexe contre mes fesses qui se serraient et se desserraient et je frottais le mien contre ses doigts. Nous transpirions toutes les deux, et commencions à trembler et à nous raidir à l'approche de notre orgasme. Les vagues d'un tremblement de terre déferlèrent, explosèrent dans mon sexe pour se déverser, telles des flammes, dans mon bas-ventre et mes jambes. Elle jouit avec moi, criant mon nom, soulevant sa poitrine pour mettre tout son poids sur un bras et s'écraser durement contre mes fesses, me poussant encore plus contre ses doigts. Je sentis une grande quantité de sève chaude surgir de sa fente et enduire mes fesses quand elle jouit.

Une seule fois n'était pas assez, et Xena, telle une divine amante, le sentit.

Elle enleva sa main et m'incita à me mettre à quatre pattes; je savais ce qu'elle allait faire. Et elle savait à quel point j'adorais être pénétrée après une stimulation de mon clitoris. Xena s'agenouilla derrière moi et me pénétra de trois doigts pendant que je poussais pour m'empaler plus profondément. Elle pompa dans un lent va-et-vient mon orifice et je compris qu'elle n'allait pas me laisser jouir de sitôt. Quand je fus assez écartée, elle inséra un quatrième doigt dans mon brasier ardent. Je gémissais et buttais contre sa main envahissante.

"Par les dieux ... Xena ..." J'avais perdu toute maîtrise de ma voix. Je l'entendis rire doucement de sa voix lascive derrière moi et ça me donna encore plus chaud.

Xena retira ses doigts et je grognai de frustration. Je tournai la tête et vit Xena se baisser pour se mettre sur le dos, sa tête entre mes cuisses, sous moi. Elle me fit descendre sur elle pour que mon sexe soit à sa portée. Au contact de sa langue, je ne pus réprimer un cri de plaisir. Je sentis bientôt son poing entier dans mon sexe. Ca fit un peu mal quand elle me pénétra, mais une fois à l'intérieur, la sentir bouger son poing fut un pur délice. Elle ne m'avait jamais prise comme ça avant, pas avec le bout de sa langue dansant sur mon clitoris et son poing à l'intérieur. Elle me comblait entièrement, et le plaisir était irréel.
Je bougeais au rythme qu'elle dictait. J'avais tellement envie de jouir que ça en devenait douloureux. A l'instant même où je pensais qu'elle ne pouvait pas m'emmener plus haut, je sentis son autre main caresser mes fesses, à l'endroit même où elle avait joui, et m'avait frôler de son essence. Elle effleura d'un doigt son sexe pour récupérer le liquide et commença à légèrement pénétrer mon anus serré. J'étais dans un état second. Je n'étais plus rien à part les sensations que me procurait Xena de façon si experte.
Puis il vint, d'une rare violence, et emporta tout sur son passage. Je jouis violemment, prise de convulsions incontrôlées, le plus puissant orgasme que je n'avais jamais connu de toute ma vie. Je ne pus même pas crier mon plaisir. L'intensité de ce que Xena venait de me donner était indescriptible.
Mes spasmes calmés, Xena se retira, tout en continuant à me donner quelques coups de langue sur le clitoris et sur l'anus avec ses doigts. Mon corps se tortilla. Lorsque mes mouvements diminuèrent, Xena s'allongea sur mon dos pour se reposer. Je la tirai de sous moi jusqu'à ce que je sois face à elle. Elle me fit un sourire fatigué et posa sa tête sur mes seins.

"Je t'aime, Gabrielle" murmura-t-elle.
"Je t'aime aussi, Xena" Je lui chuchotai doucement en repoussant  ses cheveux noirs qui me couvraient comme un manteau.

Xena et moi fîmes passionnément l'amour jusque tard dans l'après-midi. Nous rattrapions le temps perdu, n'en n'ayant jamais assez l'une de l'autre. Je lui fis subir le même traitement qu'elle m'avait fait. Inutile de dire qu'elle en tira un grand plaisir.

                                                                           ***********

Juste avant l'heure du dîner, j'allais chercher Xena pour nous rendre ensemble dans la salle, main dans la main, comme il sied à deux amantes. Elle n'était pas là où je la croyais. En dernier recours, je demandais à Dana où pouvait se trouver la Conquérante. Elle me dit avoir entendu sa voix près de la chambre des enfants. Elle ne manqua pas de me dire que j'étais absolument rayonnante, et si la Conquérante et moi nous étions réconciliées. J'acquiesçais simplement, rougis et souris, gênée.

Je me précipitais vers la chambre des enfants, et mon coeur fondit devant ce que je vis: la Conquérante assise sur une chaise dans sa robe royale, ressemblant toujours à une conquérante, Likus sur les genoux.

Elle lui parlait des réalités de la vie.


                                                                                      FIN

 

Commentaires  

 
#3 SamC7 2011-01-21 14:19 Cette fanfic est intéressante… un peu trop violente à mon gout… mais bon chacun ces préférences !^^
Sinon plusieurs choses me chiffonnent :
- Xena et Gabby ressuscitaient mais on ne dit rien sur Eli, Amarice et Joxer qui étaient normalement présent.
- Xena a toujours son chakram ? Étrange j'ai cru me souvenir qu'il avait été brisé.
- Euh… Je ne crois pas que Gabrielle soit aussi pleurnicharde que cela… Là , j'en suis même venu à me dire : "non mais qu'elle cruche celle là !", alors que Gabrielle est mon personnage préféré…
Enfin, bref, c'est les points qui m'ont le plus dérangé dans cette fic.
Sinon très bon boulot de l'auteur : l'amour de G & X va bien au delà de la noirceur de Dark Xena !
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#2 Administrator 2009-11-21 21:21 Attention, cette histoire ne représente en rien la réalité de la vie. Il est bien évident qu'il parait difficilement envisageable d'aimer quelqu'un après tant de souffrances et d'humiliation comme tu dis le guern. C'est une FANFICTION sortie tout droit d'un cerveau d'auteur… Citer
 
 
#1 le guern 2008-11-29 20:29 J ai lue la nouvelle et on peut dire que c'est chaud très chaud. Comment peut t-on continuer à aimer après dans souffrance et d humiliations, j ai un peu de mal à comprendre, bon d'un autre cote je n ai pas rencontré cet amour extrême, mon âme soeur, c est à la limite du sado maso.

Mais j'ai aimé.

Merci
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