Un coeur noble Convertir en PDF Suggérer par mail
Par Sky
ATTENTION, CETTE FANFICTION N'EST PAS UNE TRADUCTION.

Avertissement : Cette Fan Fic est une Uber Fic…. C’est à dire qu’elle se passe dans une autre réalité de Xena, où elle est Conquérante, et où Gabrielle est….rebelle ! !
Bien sûr, étant liées à travers les vies et les morts, elles vont avoir quelques rapports, que certains pourraient condamner.

Alors si vous êtes choqués par le Saphisme, allez lire autre chose ;-)

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Partie 1 : Les plus belles lumières naissent de l’obscurité

Chapitre 1


C’était une nuit très sombre, ne puisant sa lumière que par la seule lueur d’une lune cachée par de nombreux nuages.
Un halètement, un homme qui court, qui fuit sans doute. Au loin, on pouvait entendre les gardes à ses trousses.

Autour de lui, c’était le silence. Quand soudain, une lueur argentée, un sifflement et l’homme s’écroula lourdement au sol. L’objet, tel un boomerang revint dans les mains sûres de son propriétaire. Le reflet de l’astre lunaire sur l’objet le rendit aveuglant. La femme qui le tenait, car c’était une femme, l’accrocha à sa ceinture et esquissa un sourire sadique. Les gardes arrivèrent près d’elle, essoufflés.

« Tu vas bien Conquérante ? », dit l’un d’eux.
Elle ne répondit pas. Ils scrutèrent autour d’eux et aperçurent l’homme au sol.
« Tu l’as…. »
Elle regarda le soldat, le transperçant de son regard bleu glaçé.
« Il ne causera plus d’ennuis. », dit elle sèchement.
Elle partit et, sans regarder ses hommes, ajouta,
- « Emportez sa dépouille au château, elle servira d’exemple pour les protestataires et finira comme hors-d’oeuvre pour les chiens. »

Ils se courbèrent en signe d’obéissance sans qu’elle ne daigne leur jeter le moindre regard.
Le jour se leva.
La Conquérante suivie de ses gardes revint au château montée sur un cheval doré magnifique. Tous les habitants et les paysans baissèrent les yeux à son arrivée. Mais ne purent s’empêcher de les relever pour regarder à la dérobée le pauvre malheureux qui est traîné derrière un cheval. Dans la foule on entendit des chuchotements….
« C’est Altreus, oui c’est bien lui, elle l’a tué… »

La crainte qu’elle inspirait lui procurait une sensation de jouissance totale. Elle avait le pouvoir, et le savait.
La Conquérante descendit de cheval et monta les escaliers du perron qui mènent aux portes gardées du palais. Tous les soldats se courbèrent à son passage. Ceux restés sur la place du village détachèrent les pieds d’Altreus et le suspendirent à la potence, située au centre de la cour (à la vue de tous les habitants du village).
La Conquérante regardait la scène de sa fenêtre.

Soudain, quelqu’un frappa et, sans attendre la permission, entra dans la pièce où se trouvait la terrible Conquérante.
« Xena tout va bien ? »
La femme qui se permettait cet acte était une petite femme rondelette, âgée d’une soixantaine d’années environ.
Elle s’approcha et posa sa main sur l’épaule de Xena, qui lui répondit en posant elle aussi sa main sur celle de la vieille femme.
Elle tourna doucement la tête et afficha un rare sourire. Un clin d’œil suffit à la vieille pour comprendre.
« Tu n’as pas dormi depuis plusieurs jours, tu devrais te reposer ! », ordonna t’elle gentiment.
« Tu as sans doute raison Kiaora mais…. »
« Eh eh, écoute-moi. Tu as vraiment une mine fatiguée. »
Xena sourit en baissant les yeux.

« Ok, ok, ça va ! », sourit elle.
Kiaora lui fit signe de la suivre, ce que Xena fit sans rien dire en s’approchant de son lit.
« Allez…. »
Kiaora lui ouvrit le lit pour que Xena s’y installe puis la vieille la recouvrit du drap.
« J’ai passé l’âge Kiaora ! », sourit encore Xena.
« Personne ne s’occupe jamais de toi, il faut bien que quelqu’un le fasse de temps en temps. »
Elle continua de la border.

« Et si un soldat me surprenait, ma réputation en prendrait un coup. », dit-elle ironiquement.
« Il verrait que tu es humaine. Il verrait la gentille petite Xena que j’ai connue, il y a bien longtemps maintenant. Avant que sa pauvre mère ne soit tuée. » Elle adopta un ton grave qu’elle quitta en terminant ainsi, « Et puis entre nous, je ne crois pas qu’il ressortirait vivant de cette pièce non ? ! »
Cette dernière phrase eut l’effet escompté par Kiaora, un énorme fou rire lui répondit.
Puis Kiaora reprit son ton grave.
« Tu sais ce que ta mère aurait pensé de…. »
« De ce que je suis devenue. Kiaora, on en a déjà parlé. »
« Xena, pourquoi es tu aussi cruelle ? Je sais ce que tu as vécu, mais….»
Silence. Xena se redressa dans son lit.
« C’était un rebelle. Il voulait provoquer une révolte ! ! »
« Mais peut-être qu’il…. »
Xena l’interrompit, passablement énervée à présent.
- « Je t’en prie Kiaora, pas de psychologie avec moi, pas de psychologie à 3 dinars. »
La vieille femme regarda Xena avec tristesse.
« Ce que je sais c’est qu’avec le temps ton coeur s’assombrit. Ca me fait mal Xena »
Elles se fixèrent quelques instants. Kiaora posa sa main sur la joue de la Conquérante.
« Repose toi bien ma petite Xena…. »
Sourires. Xena ferma les yeux et s’endormit assez vite sous l’œil protecteur de sa nourrice.


Chapitre 2

La grande Conquérante se tenait dans sa bibliothèque, consultant quelques parchemins, quand son attention fut attirée par une brusque effervescence à l’extérieur.
Exaspérée par ces dérangements perpétuels, elle descendit rapidement jusqu’au lieu bruyant.
A son arrivée, les habitants, redoutant sa réaction, s’écartèrent pour la laisser passer.
Elle se tint debout au milieu d’une multitude de villageois effrayés, et put apercevoir ses soldats aux prises avec une jeune femme blonde très énervée.

« Que se passe-t-il ? », gronda Xena
Les soldats levèrent la tête, tout en la maintenant fermement, et la saluèrent.
La jeune femme cessa de gesticuler en voyant la grande guerrière et l’observa.
Un silence de mort envahit la place, et personne n’osait parler, appréhendant les mouvements de la Conquérante.
« Que se passe-t-il ? », redemanda la grande femme.
« Cette rebelle a tenté de faire échapper tous nos chevaux et de mettre le feu à l’armurerie…. », se risqua à dire l’homme qui se tenait aux côté de la Conquérante.
Xena ne prit même pas la peine de le regarder, préférant la vue de la petite blonde.
Elle s’approcha d’elle, d’un air menaçant.
– « C’est exact ? »
Pas de réponse.

« Réponds….ou aurais-tu perdu ta langue tout à coup ? », ironisa-t-elle.
La jeune fille soutint son regard tout en crachant par terre. Xena arbora un rictus sadique. Elle aimait quand on lui résiste. C’était si rare.
« Oh ! Une forte tête qui n’a pas froid aux yeux…. J’aime ça ! »
D’un simple regard elle ordonna à ses gardes de la lâcher. Ils s’exécutèrent sur le champ.
« Tu sais qui je suis ? Tu connais ma réputation ? Alors, à part les ennuis, que viens-tu chercher ici ? »
Toujours pas de réponse. Xena sourit.
« Tu n’es plus aussi bavarde que tout à l’heure dis-moi. Tu as peur ? » Xena tentait de la provoquer.
Mission accomplie.
« Pas de toi en tout cas ! », cracha la petite.
« Ah très bien tu sais parler. C’est un début. Explique-moi ce que tu voulais faire avant que mes gardes ne t’arrêtent ? ! »
« Ce que j’ai fait, je ne le regrette pas et si c’était à refaire je le referais, avec tous les risques que cela comporte. Même si tu me tues, d’autres prendront la relève…. »
Silence.

« Ton règne despotique va se terminer et toi avec ! ! » Continua la blonde
A ces mots l’assemblée se mit à trembler. Les gardes ne furent pas en reste. Même Xena en eut une seconde de souffle court.
« Sais-tu à qui tu t’adresses petite fille ? »
« Oui, à quelqu’un qui persécute, affame et terrorise les gens. Quelqu’un qui ne mérite pas de vivre. Toi ! ! »
Silence. C’était au tour de Xena de ne plus parler.
La jeune fille s’inquiéta de ce silence soudain.
« Tue-moi….ça m’est égal…. » Continua t’elle, bravant la Conquérante.
Xena sourit.
« Je ne vais pas te tuer, rassure-toi, je vais faire mieux que ça…. », menaça-t-elle.
Xena fixa alors la poitrine de la petite et s’apprêta à approcher sa main.
« Je t’interdis d’essayer de me toucher ! ! »
Xena sourit.

« J’admire ton courage tu sais, mais je pense que c’est de la folie. Personne n’ose me parler comme ça, même pas dans ses pires cauchemars. Même les plus courageux implorent mon pardon. Sais-tu ce que je fais des gens tels que toi ? »
La petite, sans baisser les yeux, la fixait toujours.
« Je m’en moque….Nous nous relèverons, toujours plus nombreux, encore et encore. »
« Tu me plais tu sais, en plus d’être jolie, tu es brave, il est rare de combiner les deux ! »
Xena approcha de nouveau sa main dangereusement vers le visage de la rebelle et lui caressa la joue. La petite, d’abord surprise par le geste et la douceur de la main, effectua un mouvement de recul pour échapper à son attouchement.
Xena lui retint la joue avec fermeté cette fois.

Tout le monde connaissait les penchants saphiques de Xena, ce n’était un secret pour personne.
Lentement, la dévisageant, Xena se rapprocha, Gabrielle tenta bien de se reculer mais le regard glacé de Xena la figeait et Xena finit par embrasser la jeune fille.
Le baiser fut tendre mais ferme. La petite resta bouche bée quand elle se recula
Xena regarda ses hommes.
« Crucifiez-la et brisez lui les jambes ! ! »
« Quoi ? », paniqua la petite.

Tournant le dos à la petite, Xena répondit.
« Je suis… Comment dirais-je ? Embêtée de devoir faire ça, on aurait pu faire des choses très agréables toutes les deux, mais tu es un trop mauvais exemple, je n’ai pas le choix, tu ne me le laisses pas. »
Les gardes saisirent la petite qui se débattit sans hurler, dignement, sans implorer de pardon, chose à laquelle Xena s’attendait.
Dans les escaliers menant à la bibliothèque, Xena s’interpella.
« Je ne connais même pas son nom ! »
Elle s’arrêta, sourit puis repartit.
« Aucune importance. »
Dehors, la tension était palpable.
Les gardes nouèrent les cordes à la croix de bois et l’un deux tint une lourde massue.
Ils redressèrent la croix au milieu de la place et un soldat s’avança vers ceux qui tenaient la rebelle. Ils s’écartèrent légèrement, pour permettre au soldat carré, le visage pâle et absent, de retirer la veste en laine de la petite, ainsi que ses bottes.

Devant les yeux paniqués de la condamnée, il soupira.
« Désolé, ce sont les ordres. Tu n’en as plus besoin maintenant et la Conquérante récupère tout ce qui est utile. »
Le froid et la peur commencèrent à la saisir, alors que l’homme emporta au loin le vêtement chaud.
La journée, la température était presque supportable, mais la nuit….la nuit.
Alors qu’elle grelottait, ses deux geôliers la conduisirent à la croix où ils l’attachèrent.
Un des hommes, petit et mince, lui demanda d’un air sournois,
« Aucune dernière volonté ? »
Une fois les liens serrés, ils s’écartèrent pour que l’on hisse la lourde potence en bois.
L’homme à la massue se mit en position et avant de frapper il jeta un œil vers la fenêtre du château de laquelle il devait recevoir le signal.
Un coup, des craquements, un cri….
D’habitude excitée par ce genre de spectacle, Xena n’en retira aucun plaisir. Elle se mit même à ressentir de la peine et du regret.
Elle s’éloigna de la fenêtre et secoua la tête pour se remettre les idées en place.
« Je deviens folle, c’est une rebelle qui s’est opposée à moi ; elle n’a que ce qu’elle mérite. »
La nuit tombait sur Amphipolis, et Xena était à table.
Elle n’avait pas trop d’appétit ce soir ce que Kiaora remarqua.
« Ca ne va pas ? »
Xena sortit de ses pensées et leva les yeux .
« Non, non tout va bien. »

Un silence qui dura une éternité. Kiaora se leva et alla à la fenêtre. Elle regarda la petite sur sa croix, dans le froid. A ce moment, elle se sentit presque coupable de porter un lourd manteau en laine. Elle avait chaud alors que cette gosse était à moitié nue dehors, sous une lune glaciale.
Elle interpella Xena qui était retournée dans ses pensées.
« On devrait lui amener une couverture chaude et une soupe, il gèle dehors. »
Xena ne réagit pas. Kiaora s’inquiétait de plus en plus.
« Xena tu m’as écoutée ? »
Xena se leva brusquement.
Kiaora tenta un geste fou en posant sa main sur l’épaule de la solide combattante. Xena l’écarta d’un mouvement sûr et brusque, ce qui figea la petite bonne femme.
« Je sais ce que tu penses et je ne veux pas l’entendre. Je ne changerai pas d’avis…. »
La nourrice se ressaisit.
« Depuis ce matin tu es étrange. C’est elle qui te perturbe ? »
Xena ne répliqua pas.
« Elle ressemble beaucoup à Lyceus n’est-ce pas ! ? Tu songes à lui en la voyant. »
Xena sourit faiblement. Elle venait de comprendre, en partie, ce qui la tourmentait.
« Oui peut-être ! »
Pour tenter de la convaincre, la nourrice prit un air grave.
« Ecoute Xena, elle est jeune , elle va mourir par ce froid si elle reste là ! Aie pitié d’elle, elle est si…. Pense à Lyceus ! ! »

Xena entra dans une colère noire.
« Elle n’est pas lui, tu comprends ça ? N’essaie pas de m’avoir avec ça ! »
Elle lui jeta un regard sombre et pointa la croix du doigt,
« Et cette jeune innocente que tu vois s’est opposée à moi. Elle a essayé de saboter l’écurie et l’armurerie. »
Silence.
« Elle est jeune. Comment étais-tu à son âge ? »
« J’étais plus réfléchie. Je regrette pour elle, mais c’est ainsi. Il faut penser avant de faire des choses stupides. »
Sur ces mots elle se retira, laissant une Kiaora consternée qui malgré sa carapace, sentait qu’elle avait touché quelque chose en Xena ! Tout n’était peut–être pas perdu.


Chapitre 3


Le jour se levait. La rebelle avait lutté toute la nuit contre le froid, la douleur et la peur, se laissant aller à des pleurs continus pour ne pas le faire la journée. Elle ne voulait pas donner le plaisir de sa souffrance à ses bourreaux.
Xena qui l’observait d’une fenêtre du château, dût admettre que cette petite était bien courageuse et résistante.
Elle descendit à la salle du repas et vit Kiaora.

« Bonjour Kiaora ! », lança-t-elle dans le vide.
Silence. La petite bonne femme ne la regardait même pas.
Xena, étonnée, s’approcha d’elle.
« Qu’y-a-t-il ? »,
Elle pencha la tête pour voir son visage.
Kiaora s’écarta de Xena en fuyant son regard.
« Tu sais très bien ce qu’il y a ! », siffla-t-elle.
Xena réfléchit et sa nourrice la regarda enfin.
« Tu n’étais pas obligée de me faire surveiller par tes fouines ! ! »
Xena sourit intérieurement, car c’est vrai que Krakus et Melas ressemblaient à des fouines….
Xena s’assit, un peu soulagée, et se coupa un morceau de pain.
« Je savais ce que tu voulais faire et je ne voulais pas que tu le fasses, c’est tout », dit-elle calmement.
Kiaora lui lança un regard indescriptible.
« Tu n’es plus celle que j’ai connue, que j’ai élevée….je ne peux pas le croire. Montrer si peu de pitié et tant de haine envers les autres. Toi qui as subi cette haine…..Tu devrais….Tu me déçois Xena, j’ai honte de ce que tu es devenue…. »
Ces mots résonnèrent en Xena comme des lames à ses oreilles.

« Tu ne sais rien de ce que je ressens, ta famille n’est pas morte ainsi…. »
Kiaora la coupa
« Cyrene, Toris et Lyceus étaient comme ma famille….toi non plus tu ne sais pas ce que je ressens….comment tu le pourrais ? Tu es si dure et fermée aux autres »
Elles étaient face à face, la tension était palpable.
« Cette gamine n’a que ce qu’elle mérite, il n’y a rien d’autre à ajouter, elle…. »

Un picotement aigu la fit taire. Au même moment elle s’aperçut qu’elle tenait fermement le poignet de Kiaora. Encore un coup de son instinct de guerrière. Kiaora l’avait giflée. Surprise, elle se frotta la joue et lâcha le poignet de sa nourrice, qui, malgré la douleur, avait toujours ce même regard triste envers Xena. Kiaora la fixa quelques instants puis elle se sortit de la pièce et disparût. La Conquérante était très perturbée par la gifle qu’elle venait de recevoir et par le regard que sa nourrice lui avait lancé. Un regard mêlé de tristesse, de colère et de haine.
Ce geste aurait valu la mort à n’importe qui, Xena et Kiaora le savaient, mais elles savaient aussi que Xena ne ferait rien contre sa nourrice.


Chapitre 4

La lune était très haute dans le ciel étoilé ce soir. La petite grelottait pour la deuxième nuit consécutive, laissant couler ses larmes refoulées toute la journée, le soir venu.
Une silhouette apparut au loin. Elle ravala ses sanglots.
D’abord, elle ne parvint pas à distinguer et à reconnaître cette silhouette, mais le doute fut vite dissipé : c’était Xena, la Grande Conquérante.
Surprise, elle reprit son aplomb et se retint de grelotter. Elle soutint alors le regard de Xena.
Elles se regardèrent ainsi un long moment.
Puis Xena brisa ce silence.

« Je t’admire beaucoup tu sais. Tu es courageuse, bien que je pense que cela soit plutôt de la folie, ou de l’inconscience. Tu aurais pu éviter d’en arriver là si tu n’avais pas joué les héroïnes ! ! », soupire Xena.
Dans un regard et une voix déterminés, la petite répliqua, au grand bonheur de Xena, un bonheur jouissif d’être enfin confrontée à quelqu’un qui osait lui tenir tête.
« Si c’était à refaire je le referais sans hésiter, je n’ai pas peur de la mort. Tout cela n’est pas inutile. Ma mort servira à notre cause…. »
Xena lèva ses mains et touche les bleus qui couvraient les jambes de la gamine. Elle les aventure même jusqu’au sommet des cuisses.
« Ne me touche pas ! », gronda la petite rebelle.

Xena n’ôta pas sa main tout de suite, mais le fit quand même.
« Tu sais j’ai réalisé que je ne connaissais même pas ton nom…. » , avoue la guerrière.
La petite la regarda avec dégoût et lui cracha au visage, se qui fit sourire Xena après la surprise. Elle s’essuya le visage.
« Bien, je crois que tu n’est pas décidé à discuter, je te laisse. Tu diras bonjour à Hadès de ma part ! ! »
Xena tourna les talons et repart, se parlant à elle même.
« Tu avais tort Kiaora, j’aurais essayé pourtant. »
Pour une raison inconnue elle se retourna, et aperçut une larme le long de la joue de la fille. Elle ne savait pas qu’elle était observée et elle se laissait aller de nouveau.
Cette vision toucha quelque chose en Xena, quelque chose de profond, qui réveilla son humanité éteinte en elle depuis si longtemps.
Elle retourna à sa chambre, où elle resta éveillée toute la nuit ne parvenant pas à penser à autre chose.
Un troisième jour passa, banal et ennuyeux. Elle se surprit à penser à cette gosse chaque seconde. Une obsession !
Sa journée se composa de décrets, de condamnation, de traiés avec de riches mercenaires….

Vers la fin de la journée, alors qu’elle examina un texte dans son bureau à l’étage, elle se rendit à la fenêtre pour la regarder pour la 100ème fois de la journée.
Puis le général Levi vint faire son rapport, au sujet de leur dernier pillage dans le sud.
Après une demie heure d’entrevue, il prit congés. Xena interpella alors un garde dans le couloir.
« Fais moi apporter du vin et des fruits dans ma chambre, tout de suite…. »
Au garde à vous, il acquiesça et claqua les talons. Xena, elle, alla a sa chambre.
Pendant ce temps, sur la place, la vie continuait. Les marchands rangaient leurs étales, les femmes s’attelèrent à la cuisine.
Au loin, le « clac » régulier du forgeron. Les cheminées commençaient à fumer. Celle du forgeron s’élèvait en colonne….

Au milieu de ce froid et de ses allées et venues, la petite, toujours frigorifiée et de plus en plus faible. Elle n’en n'avait plus pour longtemps, c’était certain.
Un garde sortit alors de la taverne de Lorus, près du tanneur. Il avait bien bu et chancelait.
Malgré le fait que boire pendant le service était condamné par la Conquérante, et qu’il le savait, il n’avait pas respecté les ordres. Il fut alors intrigué par cette croix. Debout, il la regarda, sourit puis s’en approcha. Il s’arrêta à quelques centimètres d’elle.

Xena entra dans sa chambre et défit sa tunique. Elle passa ses doigts dans ses cheveux. Une mini agitation au dehors. Elle n’y prêta pas attention.
Le garde, lui, lèva sa main et regarda la rebelle. Elle le regarda aussi, inquiète.
L’autre main de l’homme était sur la garde de son épée. Il caressa alors la jambe bleuie de la fille.
« Arrêtes ! ! », essaya-t-elle de dire, entre deux grelottements.
Il l’ignora et remonta sa main plus haut. Elle tenta de bouger pour le faire cesser ses agissements, mais le froid et la douleur l’avaient engourdis. Une larme coula sur sa joue. Il le vit et en rit.
« Ne pleures pas petite fille, tu seras bientôt morte, je te fais un cadeau, un peu de chaleur humaine. »

Xena se rendit quand même à sa fenêtre, poussée par le même instinct que la veille quand elle la surpris à pleurer.
Elle aperçut alors Panel, le garde. Elle fronça les sourcils. Panel remonta la tunique de la fille, à présent, et se lècha les lèvres.
« Y a quoi là dessous ? »
Un villageois passa alors près d’eux et il l’interpella.
« Laisses la ! La voir sur cette croix ne te suffis donc pas ? »
Panel se retourna.
« Qu’est-ce que tu veux ? Retournes à ton travail ou je me ferais un plaisir de te corriger. »
L’homme, bien droit le fixa. Panel, retourna à ses occupations malsaines quand l’homme se jetta sur lui. Aussitôt, le villageois se retrouva au sol, le nez en sang. Panel saisit son épée et s’apprêta à le tuer. Une main surgit devant lui.

« Arrête Panel ! Si la conquérante l’apprend tu auras des ennuis. », prévint-il.
« Krykus ? »
Ils s’affrontèrent du regard. Panel finit par ranger son épée. Krykus regarda l’homme à terre.
« Si je te revois tu es mort ! », menaça Panel.
Xena, de sa chambre, vit toute la scène. Elle fulmina de colère.
On frappa à sa porte.
« Ce chien ! ! », vocif2rea-t-elle.
Silence, on refrappa.
« Oui ! ! », hurla-t-elle.
Le valet qui entra fut méfiant.
"V….votre repas…. », bredouilla-t-il alors.
Elle le fixa, il recula.
« Fais moi amener Panel ! Dans l’aile Ouest ! »
« L’aile…. »
Regard noir de Xena.
« Oui….oui, bien sûr Conquérante. »
Il déguerpit le plus vite possible.
L’aile Ouest ! Un endroit sombre et terrifiant, réputé chambre des tortures….Que pouvait-elle bien lui vouloir ?


Chapitre 5

Panel frappa à la lourde porte.
« Oui », répondit Xena.
Xena se tint dos à la porte. Elle était visiblement énervée.
« Tu voulais me voir ? », dit-il de façon presque provocante.
« C’était quoi ce numéro dehors ? »
« Hein ? De quoi tu parles ? »
« La rebelle ! Que lui as-tu fais ? »
Silence. Elle se retourna et il put voir sa colère prête à exploser.
« Mais c’est une rebelle, tu l’as dit toi même ! !Je voulais m’amuser…. »
Son assurance s’était envolée. Sans le voir venir, il se retrouva au sol, se tenant la mâchoire. Elle venait de le frapper à la vitesse de l’éclair.
« Mais…. »
« Je t’interdis de l’approcher tu m’entends ?…. », hurla-t-elle.
Il reprit son aplomb, se frottant toujours la joue.
« On dirait que cette garce te plait bien ? »

Xena s’avança et lui pressa la gorge avec ses doigts. Il commença alors à suffoquer, et à saigner du nez.
Alors c’était donc ça son fameux « pinch » ?
Il ne l’avait jamais expérimenté.
« Je t’interdis de la toucher porc ! ! Tout comme je t’interdis de boire pendant le service ! »
Il tremblait pour sa vie.
« Oui je le promets ! »
Elle le lâcha et il recula sur les mains, vautré au sol.
« Relève toi porc ! ! »
Elle lui asséna alors un coup dans les côtes. Il se releva et exécuta une douloureuse révérence.
« Dégages de ma vue ! »
Il se retourna et courut à la porte.
Tranquillement, Xena lança une dague dans son dos. Il s’écroula en avant.

Elle se dirigea vers le fond de la salle.
« Mets ce chien dehors et nettoies ma dague », ordonna-t-elle à l’homme présent dans la pièce, dans la pénombre.
« Oui Conquérante ! »
Xena disaparut dans la nuit.
La nuit venue, la Conquérante descendit les escaliers et se rendit dehors. Dans ses mains, le chakram.
Elle s’avança vers la croix d’où émanaient des plaintes. La petite était épuisée, assoifée et elle divaguait.
Le coma était proche pour elle. Une question d’heures sans doute.
Xena se dressa devant elle.
« Maman, c’est toi ? », demanda la petite.
Silence.
« Tu es venue me chercher ? »

Elle s’adressait à Xena, les yeux gonflés, noyés de douleur et de fatigue.
« Pauvre gosse ! Tu es si jeune. Je suis vraiment désolée. »
Elle saisit son chakram, et avec, elle rompit les liens qui enserraient les poignets et les chevilles de la martyre.
« Maman, c’est moi c’est Gabrielle ! ! On rentre à la maison ? «
« Gabrielle ? C’est très joli ça, » sourit Xena.
Elle portait à présent la petite dans ses bras.
« C’est fini maintenant. », dit Xena d’une voix douce.
Elle entra dans sa chambre et la déposa sur le lit. Elle lui caressa le front.
« Tu es vraiment très jolie…. »
Elle sortit lors la tête dans le couloir et appela un garde.

« Vas me chercher Kiaora ! »
« A cette heure-ci ? », il s’étonna.
« Tu discutes les ordres ? »
Il fila chercher la nourrice.
Xena retourna dans sa chambre en attendant la femme.
Elle fouilla dans sa penderie, quand un sourire apparu sur son visage.
« Ah la voilà ! »
Elle alla jusqu’au lit où elle enroula Gabrielle dans un grande couverture en laine.
La cheminée flambait et le feu crépitait.
Xena se tenait près de Gabrielle quand Kiaora, endormie, entra.

« Xena, que veux-tu à cette heure-ci ? Tu ne dors donc jamais ? »
Elle s’arrêta net en découvrant la petite sur le lit.
« Mais, mais que fait-elle ici ? »
Xena la regarda.
« Je t’en parlerais plus tard. Je veux que tu ailles me chercher un bol de soupe. Je ne tiens pas à ce qu’elle reste seule ici. »
Kiaora, surprise, arbora un petit sourire.
« Kiaora, il y a un problème ? »
Kiaora sorti de ses songes.
« Non, non, aucun problème. »

Xena reconcentra son attention sur sa prisonnière. Elle l’admira, lui caressant les cheveux et les joues. La petite était inconsciente.
Kiaora réapparut rapidement. Elle rejoignit Xena près du lit. Sans lever la tête, Xena, s’adressa à elle.

« Elle s’appelle Gabrielle. Tu as raison, c’est vrai qu’elle ressemble à Lyceus…. »
Kiaora posa sa main sur son épaule.
« Tu as bien fait Xena….Je suis si fière de toi . »
Silence.
« Et ta mère et tes frères aussi…. »
Xena releva les yeux et Kiaora put y entrevoir la honte et la peine.
« J’ai si honte Kiaora. Quel sorte de monstre suis-je devenue ? »
Elle lui caressa la joue pour l’apaiser.
« Le plus important c’est que tu t’en rendes compte et que tu veuilles changer. »
« Je ne suis pas sûre de la vouloir , ni de le pouvoir. Je …. »
Kiaora sourit alors devant cet aveu.
« Tu as une chance de changer….saisis la ! »
Elle regarda la Conquérante.
« Je vais essayer….je crois qu’il est temps…. »
Un sourire réciproque.


Chapitre 6

Xena se retourna vers Gabrielle.
« Il faut lui donner cette soupe et la réchauffer, elle est gelée…. »
Kiaora ne réagit pas, encore sous le choc de la décision de Xena.
« Kiaora ? »
« Oui, bien sûr…. », dit-elle en sortant de ses songes.
Xena posa sa main sur l’épaule de Gabrielle. Elle la fixa puis passa ses doigts sous les fines bretelles de ce qui lui servait de chemise. Elle lui ôta doucement ce fin tissu gelé et humide.
Elle en apprécia chaque seconde.
Gabrielle était à présent nue. Xena observa son corps magnifique, doré sous l ‘effet des bougies.
« Tu peux m’aider ? », demanda Xena à sa nourrice.
Elles enroulèrent alors Gabrielle dans une couverture. Xena emporta son lourd fardeau, suivie par la petite bonne femme.

« Où va-t-on ? »
Xena attendit que la femme lui ouvre la porte.
« J’ai fait préparer un bain chaud. »
Un sourire.
Arrivée à la salle de bains, elles plongèrent Gabrielle dans l’eau fumante et parfumée.
Xena s’appliqua à un massage énergique pour stimuler les nerfs et la sang. Puis, elles sortèrent la jeune fille de l’eau et la déposèrent doucement sur la table de massage.
Xena sortit alors un pot de pommade, avec lequel elle s’enduisit les doigts et commença à enduire Gabrielle.
Xena savoura ce moment. Elle avait une peau si douce et si jeune….
Elles drapèrent enfin la rebelle d’une lourde tunique et l’allongèrent sur le lit de Xena, après être revenues dans la chambre. La soupe était maintenue au chaud dans l’âtre du foyer.

« Cette pommade est magique…. C’est en Chine que je l’ai eue…. », commença Xena.
« Lao Ma ! ! », termina la nourrice.
« Dans quelques minutes elle sera totalement réchauffée. »
Xena regarda par la fenêtre quand,
« Xena, elle se réveille…. » La soupe était maintenue au chaud dans l’âtre du foyer.
Kiaora posa sa main sur la joue de Gabrielle, et lui parla doucement.
« Bonjour petite fille ! »
Elle ouvrit alors péniblement ses yeux gonflés et cernés. La femme lui souleva la tête et Xena lui ajusta un oreiller.
« Tu as faim ? « , demanda la nourrice.
La petite hocha la tête.
« J’ai froid…. »
« Ca passera dans quelques minutes », ajouta Xena d’un ton froid.

Gabrielle ne l’avait pas encore vue. Xena s’avança par derrière et lui tendit un bol de soupe.
Devant la vision de Xena, elle ne put réprimer la surprise et recula en arrière.
Xena ne montra aucun sentiment sur son visage.
« Je vais partir, je crois qu’il est encore trop tôt…. Et puis j’ai du travail qui m’attends ! »
La guerrière tourna les talons.
« Préviens moi quand vous aurez fini ! »
« Oui Xena ! », répondit Kiaora.
Maintenant que Xena était partie, Gabrielle se détendit peu à peu. Une voix la sortit de ses pensées.
« Ca va ? »
« Oui, je crois…. »

Kiaora approcha le bol de soupe.
« Je paris que tu dois avoir faim ? », dit elle dans un sourire.
En voyant la femme porter la cuillère à sa bouche Gabrielle voulu protester, mais se ravisa en regardant ses poignets meurtris et bleuis.
« C’est bon ? »
« Ca fait un bien fou…. », répondit la jeune fille en serrant fort les yeux.
Le repas se poursuivit dans le silence, un silence qui continua même au delà de la soupe.
Puis la porte s’ouvrit.
« Ca y est vous avez fini ? J’en peux plus d’attendre dehors comme ça, je vais devenir folle ! ! », avoua la Conquérante.
Kiaora se leva et rejoignit Xena, lui posant la main sur l’épaule. Un hochement complice de tête.
Xena prit des bouts de lin tandis que Kiaora retourna vers Gabrielle. Xena s’avança elle aussi, dangereusement d’après la jeune fille.
Un regard entre Xena et la nourrice.
« Prête ? », demanda Xena.
« Oui ! »
Gabrielle écarquilla les yeux.

« Quoi ? Qu’est-ce que vous allez faire….ne vous approchez pas…. »
« Ce na sera pas agréable mais ce ne sera pas long….. », répondit froidement Xena.
Gabrielle paniqua.
« Quoi ? Non laissez moi tranquille, Kiaora, je…. »
« Ne t’en fais pas petite fille…. »
Les deux femmes prirent place. Xena aux pieds, Kiaora à la tête.
« Laissez moi, non »

Le courage que Gabrielle avait montré ces derniers jours ne semblait plus qu’un lointain souvenir.
Xena pressa alors dans un mouvement fluide et très rapide les jambes meurtries. Le visage de Gabrielle laissa alors place à la surprise.
« J’ai, j’ai plus mal ! ! »
« C’est normal, j’ai bloqué le sang qui irrigue tes jambes pour les insensibiliser….maintenant je vais remettre les os en place. »
Xena examina rapidement les jambes.
« Prête ? »
« Oui, allons-y ! »
Dans un mouvement rapide et précis, les os reprirent leur place naturelle, le tout dans un craquement effroyable.
« Ca y est ! »
Un dernier craquement appuya sa réponse.
« Maintenant je vais débloquer le sang de tes jambes. Tu vas avoir un peu mal, tu es prête ? »
Avant que Gabrielle ne puisse répondre, Xena s’exécuta.
La petite hurla de douleur et Kiaora l’apaisa immédiatement.
Xena posa le linge en lin et conclu,
« Il ne reste plus qu’à attendre. »
Elle sortit de la pièce et dans le couloir croise un soldat qui semblait curieux des cris qu’il venait d’entendre.
« Tout va bien Conquérante ? », osa-t-il demander.
« Les rebelles ne sont plus aussi résistants qu’avant…. », dit-elle dans un sourire sadique.
Tous deux sourirent et Xena partit.


Chapitre 7

Les deux femmes étaient de nouveau seules dans la chambre.
Kiaora caressa le front de Gabrielle.
« Elle est toujours comme ça, ne t’inquiète pas ! »
« Pourquoi je suis là ? Enfin, comment j’y suis arrivée…. ? Et Xena ? Et toi, qui es-tu ? »
Kiaora se leva.
« Tu poses beaucoup de questions !, Je te promets d’y répondre, mais pour le moment tu dois te reposer. »
Gabrielle hocha la tête. Kiaora posa la main sur une poignée de porte. Une porte adjacente et dérobée dans la pièce.
« Si tu as besoin, je suis juste à côté ! »
Gabrielle était seule. Une foule de questions l’obsèdèrent.
-Pourquoi était-elle ici ? Pourquoi Xena l’avait soignée, alors qu’il y a quelques jours elle la faisait crucifier ? Et qui est cette petite bonne femme ? Elle s’endormit, enveloppée par la couverture chaude. Kiaora entra dans une pièce. Xena se tenait debout devant la fenêtre.

« Elle va bien ? », demanda-t-elle sans se retourner.
« Oui elle va bien. Elle est fatiguée mais elle est courageuse et résistante…. »
« Je sais ! »
« Elle pose des questions et…. », Kiaora s’interrompt en voyant Xena absorbée par quelque chose.
« A quoi penses-tu ? »
Xena se retourna à peine.
« A rien ! »
Elle sentit sa nourrice près d’elle. Elle se retourna alors complètement.
« Personne ne doit savoir qu’elle est ici ! Quand elle sera rétablie….je ne sais pas…. »
Xena se frotta le visage. Elle laissa sa vulnérabilité enfin apparaître.
« Tu as besoin de sommeil toi aussi »
Xena se coucha alors et s’endormit très vite.
Un nouveau jour se lèvait sur Amphipolis.
Xena était déjà debout, dans la salle de trône, prête pour une nouvelle journée de tyrannie, de meurtres, d’impôts….
Pourtant, tout ce qui l’avait excitée toute sa vie semblait bien fade aujourd’hui.
Elle pensait à Gabrielle.
De son trône elle fixait la croix vide, sur la place.
Cette disparition soudaine de la rebelle n’avait étonné personne. Il était fréquent que les rebelles disparaissent la nuit….Et les Dieux seuls savent où….ou peut-être Xena !
Quelqu’un toqua à la porte. Kiaora.
« Bien dormi, Gabrielle ? »
Elle avait un plateau dans les mains.

« Oui, très bien ! »
« J’ai supposé que tu avais faim .Je me trompe ? », dit-elle dans un sourire.
Gabrielle ne répondit pas et se jeta sur le repas.
« Tu sembles ne pas manquer d’appétit ! »
Les jours passèrent au château et Gabrielle se rétablissait lentement. Les seuls contacts humains qu’elle avait étaient exclusivement avec Kiaora, et accessoirement Xena, qui faisait quelques apparitions de temps en temps.
Un jour, seule dans sa chambre, Gabrielle entrepris de quitter cet « enfer ».
Elle avait trouvé un bâton sur lequel elle pouvait s’appuyer, là, près de l’âtre.
Après des minutes d’efforts et de souffrance, Gabrielle arriva enfin à la porte. Elle tendit la main pour saisir la poignée….la porte s’ouvrit. C’est Xena !

« Où comptes-tu aller ? »
Xena avait le visage fermé. Gabrielle ne répondit pas de suite.
« Laisse moi passer ! », dit-elle, avec un semblant d’autorité dans la voix.
« Quoi ? »
« Laisse moi passer ! ! », dit-elle de façon plus appuyée.
Xena la jaugea de haut en bas.
« Où crois-tu pouvoir aller ainsi, dans cet état ? Tu ne tiens pas sur tes jambes ! »
Elles se soutinrent mutuellement du regard. Xena s’écarta alors.
« Pars je ne te retiens pas ! Je doute que tu ailles loin….Même si tes jambes te portent jusqu’à la cour, ce dont je doute, les gardes… »
Xena s’interrompit quand elle vit Gabrielle essayer de marcher, malgré la douleur. Elle sourit intérieurement.
Gabrielle fit quelques pas puis vacilla pour finalement tomber. Xena la retint.
« Tu vois ce que je te disais ! »
Gabrielle laissa couler des larmes de rage.
« C’est de ta faute tout ça ! »
Xena ne lui répondit pas et la raccompagna sur le lit.

Cela faisait maintenant un mois que Gabrielle était ici, au château, dans la chambre de Xena.
Elle n’avait encore pas mis le nez dehors et cela lui pesait. Xena lui avait expliqué qu’elles pouvaient à présent débuter les massages pour refortifier les muscles. Gabrielle était allongée sur le lit. Xena la massa avec dextérité, et avec la pommade de Lao Ma. Xena saisit les poignets de Gabrielle. Cette dernière sursauta sous ce geste et était visiblement mal à l’aise. Les yeux bleus glacés de Xena se levèrent et se posèrent sur ceux, verts, de Gabrielle qui la regardait.

« A quoi penses-tu ? », demanda Xena dans un demi sourire.
« C’est étrange, tes mains sont si chaudes…. », avoua-t-elle.
« Tu te demandes comment des mains si chaudes peuvent abriter un cœur si froid, c’est ça ? »
Gabrielle baissa les yeux.
« Je sais ce que tu penses, ce que tout le monde pense »
Gabrielle ne disait toujours rien. Xena continua son massage. La rebelle la regarda à nouveau.
« Tu ne m’aimes pas beaucoup on dirait….tu ne me fais pas confiance »
« Ca t’étonne ? »
« Non, pas du tout »
« Alors quoi ? Tu crois que parce que tu m’as épargnée et parce que tu me soignes tu auras ma considération et ma gratitude ?»
« Je sais que ça n’arrivera pas….je voulais que les choses soient claires c’est tout ! »
Xena termina son travail dans le silence.


Chapitre 8

Xena, Kiaora et Gabrielle étaient toutes les trois à table pour le dîner. Fait exceptionnel pour Xena que de manger avec quelqu’un.
Le repas fut bien sûr copieux et royal. Les cuisiniers ne lésinèrent pas sur les efforts. Ils savaient que leur vie était aussi éphémère que leurs plats pour Xena.
« Nous allons bientôt pouvoir nous occuper dehors….le printemps arrive….tu aimes cette saison Gabrielle ? », interrogea Kiaora.
« Oui, c’est ma saison préférée ! ! Quand j’étais chez moi, à Poteidaia, ma sœur et moi faisions de longues balades dans les champs et la forêt….mais c’était avant…. »
« Avant moi…. », murmura Xena.
Tout le monde entendit mais fit mine de ne pas l’avoir fait.
« Parle nous de ta famille Gabrielle, de ton village ! »
Gabrielle sourit.
« Eh bien…. Mes parents sont paysans et ils cultivent des céréales…. Ma sœur et moi nous nous occupons de la lavande….nous la vendons au marché, mais…. »
Kiaora fut piquée de curiosité.

« Mais quoi ? »
« Je préfère écrire ! »
« Tu es Barde ? », demanda Kiaora.
« Barde est un bien grand mot, disons que je suis très intéressée par cela. »
« Xena a une très grande bibliothèque ici ! »
« C’est vrai…. », commença la petite.
Gabrielle regarda Xena qui ne levait pas le nez de son assiette.
Silence.
« Je ne me souviens pas t’avoir vu écrire Xena , quand tu étais plus petite», sourit Kiaora.
Sourires.
« Tu étais plutôt du genre bagarreuse. »
Elle regarda Gabrielle, de façon complice.
« Elle et ses frères étaient de vrais démons ! ! Ils se battaient sans cesse. Cyrène et moi avions du mal à les tenir. », Kiaora se souvenait. Xena se plongea aussi dans les souvenirs. « Je gagnais souvent », dit soudain Xena, sans lever les yeux.

« C’est exact !, tu leur a mis plus d’une fois la raclée ! »
Sourires de Kiaora….et Xena.
Pour la première fois de son court séjour ici, Gabrielle vit Xena sourire. Un très beau sourire d’ailleurs.
Cette vision fit entrevoir à Gabrielle une autre Xena autre qu’une guerrière sanguinaire. Se cacherait-il une femme, une sensibilité sous cette carapace ?
Gabrielle était debout sur sa canne. Elle voulait ouvrir la porte de la chambre, celle adjacente et dérobée, pour se rendre dans celle de Kiaora, quand une main se plaça sur la sienne, sur la poignée.
Gabrielle leva les yeux.
« Tu cherches quelque chose ? »
Même si elle avait vu Xena sous un autre jour, plus amical et humain, Gabrielle ne put s’empêcher de ressentir de la peur.
« Suis moi ! », ordonna Xena.
Gabrielle essaya de résister pour la forcer à lui dire où.
« Où va-t-on ? »
« Suis moi je te dis ! Tu le découvriras par toi-même !»

Xena et Gabrielle marchèrent quelques minutes dans un long couloir pour finalement arriver près d’une porte que Xena ouvrit.
Un filet de lumière lui baigna le visage et Gabrielle ferma les yeux, un sourire sincère sur les lèvres. Xena regarda avec joie ce spectacle.
Elle ouvrit la porte plus largement et toutes deux avancèrent vers cette lumière.
Elles se tenaient dans une sorte de petit jardin. Il y faisait bon et doux.
« J’imagine que de rester enfermer ça doit être frustrant pour quelqu’un qui aime les balades en forêt ? »
Elle s’est souvenue ! Elle faisait semblant d’écouter mais elle a tout enregistré !
Elle est vraiment incroyable.
« Oui c’est….merci beaucoup ! ! »
Pour la première fois, Gabrielle remercia Xena. Elle est trop heureuse du spectacle qui s’offrait à elle pour lancer les hostilités.
Xena, quant à elle, sourit de sa mini victoire.
Elles passèrent quelques heures dans ce petit jardin. Gabrielle marchait, épaulée par Xena qui la soutenait.
Un pas avait été franchi dans leur relation si étrange de bourreau/victime.


Chapitre 9

Xena ôta sa lourde tunique et pénétra dans l’eau bouillante du bain. Kiaora s’approcha et la soulagea de son vêtement qu’elle posa sur une chaise plus loin.
« J’irais la faire laver tout à l’heure ! »
« Merci Kiaora ! »
Kiaora posa une tenue propre près du baquet et s’apprêta à sortir, quand Xena l’interpella.
« Kiaora ? »
« Oui ? »
« Tu….tu peux dire à Gabrielle de venir ici ? ! J’ai à lui parler. »
Kiaora sourit et acquiesça puis sort. Xena se replongea dans l’eau, ferma les yeux et commença à se détendre.
On frappa doucement à la porte.
« Oui ? »
Une petite tête apparut à l’encadrement de la porte….
« Tu voulais me voir ? », demanda Gabrielle, mal à l’aise.
« Oui assieds toi », dit Xena en indiquant une chaise.
Gabrielle s’assit péniblement en boitant.
« Alors cette journée ? »
« Ca va…. »
« Tu as encore mal aux jambes ? »
« Oui un peu mais ça va »
Xena sourit .
« Tu t’habitues aux cannes on dirait…. »
« C’est vrai que je m’habitue bien mais c’est pas demain que je pourrai courir le marathon d’Athènes ! »
Xena rit à cette phrase, ce qui décontenança Gabrielle.
Silence.
« Tu voulais me dire quelque chose ? »
« Oui, je voulais te proposer quelque chose, en effet. Je me suis souvenue d’une vieille méthode de guérison pour accélérer les effets des massages et des pommades. »
Gabrielle fut intriguée.
« Des exercices dans un bon bain chaud, tu te détends sans forcer ni fatiguer les muscles. »
Gabrielle ne répondit pas.
Xena se leva, laissant couler l’eau fumante sur son corps sans fin.
Gabrielle baissa les yeux. Xena sourit devant cette attitude.
« Quelque chose te gêne ? »
La jeune fille secoua la tête.

« Alors pourquoi tu baisses les yeux ? D’habitude tu aimes fixer les gens ! »
Xena se sécha sommairement et enfila sa tunique propre. Elle lui indiqua le deuxième baquet.
« Vas-y l’eau est chaude. Je reviens ! »
Gabrielle se leva péniblement et avança doucement vers le baquet.
Xena attendit et la regarde. La fille n’osa pas se déshabiller. Xena la fixa, et Gabrielle rougit. Elle commença à défaire ses boutons. Xena sourit et quitta la pièce. Gabrielle était seule. Après s’être débattue avec les vêtements et la douleur, Gabrielle était finalement nue, devant ce grand baquet.
Xena revint avec un linge propre, faisant sursauter Gabrielle de surprise. Chancelant sur ses jambes elle tenta tant bien que mal de cacher son intimité et sa poitrine, ce qui suscita l’amusement de Xena.
« Attends, je vais t’aider. »
Elle recula et panique.

« Non, ça va aller ! ! »
Elle ne put terminer sa phrase que deux bras puissants la soulevèrent de terre et l’installèrent dans l’eau sans le moindre effort. Xena lui offrit un grand sourire.
Si Gabrielle voulait le raconter on ne la croirait pas ! On l’enfermerait plutôt.
Gabrielle ne put s’empêcher de lâcher un soupir de bien être au contact de l’eau.
« La température te convient ? »
« Merci, c’est parfait….vraiment ! »
Xena s’agenouilla près du baquet, les mains sur le bord et sous son menton. Elle regarda Gabrielle.
« On commence tout de suite ou tu veux attendre un peu ? »
Silence. Gabrielle ne savait pas quoi répondre.
Xena se redressa et plongea ses mains dans l’eau.
« Je vais déjà regarder tes jambes, on avisera plus tard. »
Xena ausculta les jambes de Gabrielle.
« Ok, on va y aller doucement….mais je t’embête pas pour l’instant, profite du bain, on commencera demain. »
Quelque chose commençait à changer. Elles le savaient toutes les deux.


Chapitre 10

Ca y est ! Le moment tant attendu fut enfin arrivé.
Le printemps est là !
La vie recommença peu à peu à reprendre ses droits dans la nature et au château de la Conquérante.
Les activités de plein air reprenaient, au plus grand bonheur de tous.
Cela faisait maintenant 2 mois que Gabrielle vivait en clandestine au château.
Les séances de massages portèrent leurs fruits. Aujourd’hui sa canne ne lui servait presque plus. Elle boitillait, certes, mais elle pouvait se déplacer sans. Elle ne la prenait que pour les longues promenades, ce qui était rare.
Elle espérait bien que cela allait changer avec l’arrivée des beaux jours.
Xena était dans l’armurerie. Elle discutait avec son ouvrier. Celui qui lui avait forgé son épée.
« Je veux une dague pour la fin de la semaine ! Une dague comme celle-ci ! », ordonna-t-elle en montrant un croquis.
« Mais Conquérante….c’est du travail ! Je ne peux pas forger une telle arme en si peu de temps ! », il commença à paniquer.
Xena lui lança un regard noir.
« Qui commande ici ? »
Silence.
« Tu veux servir de nourriture aux chiens peut-être ? »
« Je….je ferai de mon mieux Conquérante…. »
« Le mieux n’est pas assez, je veux la perfection ! ! »
Il trembla sur ses jambes.
« Tu as 4 jours ! Si ce délai n’est pas respecté…. », elle quitte l’établissement, suivie de ses deux soldats, Mazinger et Darphus.
Darphus, se retourna et lui mima sa mort programmée, avec un sourire affreux.
Xena, au loin,
« Darphus, ramène tes fesses ici ! »

Il s’exécuta.
L’heure des soins était arrivée.
Gabrielle était allongée sur le sofa de la Conquérante.
Ce sofa servait de table de massage à Xena, quand elle le désirait. Ces masseuses s’occupaient d’elle ici, et parfois le massage se transformait en quelque chose de plus intime, à l’initiative de Xena, bien sûr !
Gabrielle était là, sur le dos, regardant les plafonds pendant que Xena lui enduisait les jambes de pommade.
Elle lui fit plier les jambes et constata avec satisfaction que les progrès de Gabrielle étaient de plus en plus visibles et assez rapides.
« Assieds-toi sur le bord du sofa ! »
Gabrielle s’exécuta sans un mot.
Elle lui fit de nouveau bouger les jambes.
« Ca va ? »
Gabrielle hocha la tête.
« Pas de douleurs ? »
Toujours un hochement positif.
Xena regarda Gabrielle et fixa quelque chose dans les cheveux de la jeune fille.
« Ne bouge pas tu as…. », commença Xena.
« Quoi ? », demanda-t-elle, inquiète.
« Voilà…. », répondit Xena en ôtant une poussière.
Xena fit glisser lentement la poussière. Ses doigts lissèrent les cheveux de Gabrielle, des cheveux d’un beau blond vénitien.
« Une poussière ! », sourit Xena.
Xena, en arrivant à la pointe des cheveux de Gabrielle, fit glisser ses doigts sur la joue de cette dernière. Ses gestes furent tendres et doux. Xena s’interrompt et regarda la jeune fille.
« Tu veux qu’on continue ? »
Gabrielle sortit de ses rêves.

« Hein ? ! »
« La séance ? Tu veux arrêter ou non ? »
« Excuse moi….oui oui bien sûr on continue…. »
« Tu peux te reposer, c’est pas un problème ! »
« Non, ça va je t’assure, je me sens en forme. »
Xena lui sourit et Gabrielle lui répondit en retour, mais plus tendue.
Elle se recoucha, à la demande de Xena, qui poursuivit ses soins.
Les jours passèrent, les semaines. Le printemps était bien là mais Gabrielle s’ennuyait.
Xena n’était pas présente souvent. Elle partait en bataille souvent. Seule Kiaora était là pour lui tenir compagnie.
Kiaora ne pouvant la protéger, Gabrielle ne sortait que très rarement et les journées étaient longues, très longues.
Xena rentra de mission.
Kiaora alla la trouver.
« Xena je dois te parler ! »
« Qui a-t-il ? »

Kiaora approcha vers une Xena absorbée dans ses parchemins.
« Ca ne peut pas attendre, je suis très occupée…. »
« C’est au sujet de Gabrielle ! », murmura Kiaora.
Xena relèva la tête et se détourna de son travail, pourtant si important il y a à peine 1 minute.
Xena fit signe au garde de sortir.
« Que se passe-t-il ? Elle ne va pas bien ? »
« Eh bien , en fait, non ! »
« Elle est malade ? »

Xena se releva d’un bond.
« Nous avons les meilleurs guérisseurs ici…. »
Kiaora l’apaisa d’une main.
« Non, c’est plutôt…. »
Xena s’inquiétait.
« Elle s’ennuie Xena. Les journées sont longues, elle est enfermée et elle tourne en rond. Elle s’ennuie. J’ai peur qu’elle déprime. Quand je la regarde, je vois la tristesse dans ses yeux ? »
Xena s’apaisa et tourna la tête.
« Que veux-tu que j’y fasse ? »
« Je ne sais pas. T’occuper d’elle, l’emmener se promener, prendre l’air, lire…. »
« Ecoute je suis très occupée et je n’ai pas le temps de jouer les baby sitter ! ! »
Kiaora soupira.
« Tu l’as sauvée de cette croix pour la faire mourir à petit feu au château…. »
Xena s’emporta.
« C’était ton idée…. Tu me….»

Xena se ravisa.
« Ecoute, si quelqu’un la voit, ce serait dangereux pour elle, toi et moi…. »
« Arrête de te trouver des excuses Xena ! ! Tu es la Conquérante. Tout le monde te craint. »
« Mes soldats ne me sont pas tous dévoués….je ne suis pas à l’abri…. »
« Je n’y crois pas une seconde. Si un soldat se rebelle, tu peux le maîtriser en quelques secondes….Xena, s’il-te-plait, occupe toi d’elle. Elle se meurt ici, autant que sur cette croix ! »
Xena réfléchit.
« Qu’est-ce que je peux faire ? »
« Demande lui ce qu ‘elle aime, ce qu’elle voudrait faire…..parle lui Xena. »
Xena baissa les yeux.
« J’y penserai. »
Elle se replongea dans son parchemin et Kiaora quitta la pièce.


Chapitre 11

Xena entra en nage dans sa chambre. Elle revenait d’un entraînement très intensif. Elle ôta son armure et prit des vêtements propres. Sans regarder Gabrielle, en prenant juste sa brosse, elle l’interpella.

« Oh, je suis épuisée, ça te dirait un bon bain chaud ? »
Gabrielle la regarda avec surprise.
N’entendant pas de réponse, Xena leva les yeux.
« Tu veux prendre un bain Gabrielle ? »

Avec une certaine hésitation, la jeune fille opina de la tête. Elle n’est pas très à l’aise avec sa nudité.
«Prends toi une tunique propre, on y va ! »
Elles partirent.

Dans la salle de bains, Xena posa délicatement sa tunique sur la chaise. Gabrielle ne tarda pas à l’imiter. Xena était déjà dans l’eau.
Gabrielle, elle, hésitait à ôter ses vêtements.
« Alors tu viens ? », lui lança Xena.
Gabrielle tremblait.
« Enlève tout ça et viens ! », s’impatienta Xena.
Xena la fixa, amplifiant le phénomène, et Gabrielle se tourna légèrement pour se déshabiller.
Une fois fait, elle monta dans la baignoire, sans aucune aide, preuve de sa guérison.
« Je vois que tu boites beaucoup moins ! ! »
« Oui tes massages sont efficaces ! »
« J’en suis ravie », sourit Xena.

Les deux femmes se lavèrent et l’atmosphère se détendit un peu. Gabrielle était plus à l’aise.
« Kiaora m’a dit que tu t’ennuyais, c’est vrai ? »
Gabrielle n’osa répondre, ne sachant pas ce que voulait entendre la Conquérante.
« Dis moi la vérité Gabrielle ! »
La fille baissa les yeux. Elle se força à les relever pour regarder Xena.
« Oui c’est vrai ! »

Elle savait que Xena n’était pas très patiente, mieux valait répondre vite.
Xena était pensive. Elle finit par sourire, au grand soulagement de la jeune fille.
« Qu’aimes-tu faire ? »
« Ecrire des histoires, lire…. »
« C’est vrai ? »
« J’aime beaucoup les ballades, c’est là que je trouve mon inspiration »
Xena réfléchit.
« Je pense que pour ces deux choses je pourrais m’arranger. Et c’est tout ? »
« J’adore lire, surtout les poèmes, j’adore la poésie ! »
Xena rit.
« Quoi ? »
« Alors là tu vas être servie, je possède un nombre de poèmes….tu n’aurais pas assez de l’éternité pour tous les lire. »
Gabrielle rit à son tour.
Elles terminèrent leur toilette en discutant, chose qui s’était faite rare, puis elles retournèrent dans la chambre où un repas les attendait.

Après le repas Xena s’absenta une heure, laissant Gabrielle de nouveau seule.
Xena entra brusquement dans la chambre, faisant sursauter Gabrielle.
« Xena ? ! », soupira-t-elle de soulagement.
Elle regarda Xena prendre un manteau.
« Tu m’as fait une peur bleue…. »
« Excuse moi je ne voulais pas t’effrayer. »
Elle lui tendit un manteau.
« Prends ça et suis moi ! »
Elle se dirigea vers la porte, une main sur le bras de Gabrielle.
« Où va-t-on ? »
« Suis moi et ne pose pas de question ! ! »
Elles sortirent discrètement et Xena saisit un sac dans le couloir, sac qu’elle avait préparé avant son arrivée soudaine.
« C’est quoi ? »
Pas de réponse.

« Mais enfin Xena, vas-tu finir par m’expliquer ! »
Xena se retourna, scruta les alentours et posa un doigt sur les lèvres de Gabrielle.
« Chut ! ! »
Xena les dirigea vers un pan de mur.
Elle poussa sur une pierre et une porte dérobée s’ouvrit sur un passage sombre.
Elles pénétrèrent dans le souterrain et Xena frappa deux pierres l’une contre l’autre, dont l’étincelle alluma une torche.
« Où sommes nous Xena ? »
Tout en avançant, la torche en main, elle lui rétorqua,
« C’est un passage connu de très peu de personne, trois en fait…. »
Silence. Elle se retourna pour adresser un large sourire à Gabrielle,
« Quatre maintenant ! »
Gabrielle sourit aussi. Elles marchèrent quelques minutes. Soudain, Xena se stoppa.

« Ca y est ! »
Xena aida Gabrielle à enjamber la rambarde et elle ouvrit une porte.
Un faisceau de lumière les éblouit toutes les deux.
Après s’être habituée à la brusque lumière, Gabrielle vit s’offrir à sa vue un splendide jardin vert et coloré….
« C’est magnifique Xena, c’est…. »
« C’est mon jardin secret », dit-elle avec malice.
Silence. Gabrielle avança peu à peu dans ce paradis.
« Qui connaît ce lieu, enfin ce paradis ! ? »
Xena sourit.
« Mazinger, Kiaora et toi ! »
Gabrielle aperçut alors une fontaine et des fleurs, et une forêt et….
« Tu m’as bien dit que tu aimais les pique nique ! »
Gabrielle hocha la tête, n’en revenant pas du spectacle devant elle.
« Oui ! »
« J’espère que tu as faim alors ! ! »
Xena agita le sac devant Gabrielle.
« Suis moi »
Xena emmena Gabrielle près de l’orée du bois et elles installèrent le pique nique. Elles mangèrent, discutèrent et se promenèrent.

Une journée assez chaude venait de s’achever. Gabrielle avait effectué ses exercices de rééducation et semblait assez fatiguée. Quelqu’un frappa doucement à la porte.

« Oui », murmure Xena.
Une jeune fille entra, avec à la main une mystérieuse trousse.
Xena la regarda et se déshabilla. Gabrielle est ahurie.
Que fait la Conquérante ? Et pourquoi se met-elle nue devant elle et cette fille ? Que mijote-t-elle ?
Gabrielle rougit, et se sentit très mal à l’aise.
Xena, nue fixa la fille. Elle lui fit un signe de la tête et s’allongea sur le ventre sur son sofa.
La fille s’enduisit les mains d’une pommade qu’elle avait sortie de la trousse et elle commença à enduire le dos et le corps de Xena.
Gabrielle les regarda, hébétée.
Xena tourna la tête et regarda Gabrielle.
« Tu voudrais peut-être te faire masser aussi ? »
Gabrielle n’eut même pas le temps de répondre.
« Kellie va chercher Marlie…. »
Alors que la fille s’exécutait, Xena se mit sur son côté et regarda Gabrielle.
Elle prenait toujours un malin plaisir à exposer son corps.
« Allez, ne sois pas si tendue, un massage c’est très agréable, c’est ce qu’il y a de mieux, tu vas voir!»
Les deux masseuses entrèrent à nouveau.
Xena regarda Marlie et lui fit un signe de tête.
Marlie s’approche de Gabrielle qui, elle, ne bougea pas. Kellie jeta un œil à Xena.

« Elle est très pudique ! », sourit la Conquérante.
Kellie sourit en comprenant.
« Prépare toi pendant que je mets mes huiles ! », dit Marlie à Gabrielle.
Les trois femmes regardèrent alors Gabrielle du coin de l’œil.
Gabrielle, de dos, se débat avec ses vêtements et sa pudeur. Elle essaya d’enlever sa jupe et son slip, mais elle vacilla sur ses jambes durement éprouvées par cette journée d’exercices.
Kellie s’apprêta à aller l’aider mais Xena tendit le bras devant elle et lui fit signe de ne rien faire.
Gabrielle, parvenant enfin à se dévêtir, enroula une serviette autour de sa taille.
Elle s’installa sur le canapé, sur le ventre.

Xena ôta son bras et Kellie retourna à son massage sur la Conquérante. Marlie s’affaira à sa besogne.
Personne ne dit un mot pendant la séance, sauf Xena, pour demander un verre de vin.
Gabrielle ne tarda pas à s’endormir sous les administrations de Marlie.
Les trois femmes étaient amusées par l’innocence et la simplicité de cette jeune et jolie fille.
Kellie et Marlie se lavèrent les mains et approchèrent de Xena qui s’était maintenant assise dans le lit.
Toujours nue, elle écarta les bras et les deux femmes se blottirent contre elle, une de chaque côté.
Xena posa son regard sur l’une puis l’autre. Elle posa la paume de ses mains sur leur crâne et les poussa gentiment vers sa poitrine.

Les deux femmes embrassèrent les seins de la Conquérante.
La séance de massage se termina en caresses intimes.
Deux heures plus tard, les deux femmes parties, Xena remit sa tunique.
Elle approcha de Gabrielle, toujours endormie.
Elle sourit, l’enveloppa dans une tunique et la déposa dans son lit, où elle la glissa sous les couvertures.
Gabrielle se réveilla, et vit Xena, assise près d’elle, la regarder.
« Qu’est-ce que…. »
« Alors c’était comment ce massage ? ! », Xena rit.
Gabrielle ne répondit pas tout de suite.
« Bien c’était très bien tu avais raison, c’est très relaxant ! »

Gabrielle comprit alors ce qui la chiffonnait. Elle regardait autour d’elle, et cogita sur le fait qu’elle soit habillée et dans le lit.
Elle voulu ouvrir la bouche pour parler mais Xena la devança.
« Tu t ‘es endormie…. »
Gabrielle regarda sa tunique puis Xena.
« Tu aurais eu froid, je n’allais pas prendre le risque que tu attrape un rhume ? ! »
Silence.
« Ne t’en fais pas je n’en n’ai pas profité….enfin….pas trop ! ! », ironisa-t-elle.
Gabrielle piqua un fard et Xena éclata de rire.
« T’es trop quand tu fais ça ! ! »
Le fait de remarquer l’état de Gabrielle ne fit qu’amplifier le phénomène sur la jeune fille et le fou rire chez Xena.
« Allez, on va dîner ! »
Xena alla jusqu’à la porte, où elle y attendit Gabrielle.
Elles dînèrent, rejointes par Kiaora.


Chapitre 12

Gabrielle chercha Xena partout. Puis, en passant devant la fenêtre, elle l’aperçut, se dirigeant vers un petit temple isolé.
Elle descendit les escaliers en vitesse pour la rejoindre. Ses jambes lui faisaient toujours horriblement mal quand elle forçait trop, et alors qu’elle était presque en bas de grand escalier, elle entendit les gardes au loin, approchant.
Elle se cacha derrière un rideau, priant pour ne pas être découverte.
Cette fois-ci, elle l’avait échappé belle ! !
Il ne fallait pas tenter le diable, alors elle remonta les escaliers, se jurant de découvrir où Xena passait une partie de son temps.
Les jours se suivirent et se ressemblèrent. Xena se rendait dans ce temple et Gabrielle lisait dans la grande bibliothèque, préoccupée par les disparitions de Xena.
Cette fois, c’était la bonne.
Il faisait presque nuit et Xena était dans la salle de conférence avec ses lieutenants.
Gabrielle réussit discrètement à sortir du château et à aller vers ce lieu mystérieux.
Elle traversa une petite ruelle, et s’engouffra dans une allée sombre. Au bout de celle-ci le temple !
« On dirait un temple funéraire ! », se dit-elle pour elle-même.
Elle passa la porte et tomba dans une grande salle unique où étaient entreposés trois sarcophages en pierre, posés les uns à côtés des autres.
Les tombeaux étaient en pierre blanche et gravés. Gravés du sceau de la Conquérante.
Eclairés par de faibles torches, Gabrielle crut apercevoir des écritures sur la pierre blanche.
Elle s’avança et posa la paume de sa main sur la pierre froide du tombeau central.

« Lyceus »
Elle put lire ce prénom.
« Qui est-ce ? », se demanda-t-elle.
Une ombre se forma à l’entrée du temple.
« Que fais-tu là ? ! », gronda soudain une voix.
Gabrielle se retourna et vit une silhouette menaçante, celle de Xena.
« Je t’interdis de venir ici ! ! »
Gabrielle reprit son aplomb.
« Je suis désolée, je….qui est-ce ? Qui est Lyceus ? ! »
« Sors ! Sors d’ici tout de suite ! ! », Xena n’avait plus le ton sympathique des mois précédents, comme si elle était redevenue la Conquérante, cette femme froide et despotique.
Xena était dans une rage folle, rage dont la raison échappait à Gabrielle.
« Sors !…. »

Elle lui lança un regard noir, qui la fit trembler.
« J’aurais dû te laisser sur cette croix ! ! », murmura Xena.
Gabrielle sortit en courant, les larmes lui brouillant la vue. Malgré la douleur à ses jambes elle ne s’arrêta pas de courir, jusqu’à sa chambre où elle s’écroula sur le lit, en pleurs.
Le regard que Xena lui avait lancé la faisait encore frémir.
En courant vers sa chambre, elle n’avait même pas remarqué Kiaora.
Alors qu’elle pleurait la tête dans les couvertures, Kiaora entra doucement.
« Gabrielle, est-ce que tout va bien ? »
Gabrielle ne put aligner deux mots.
« C’est Xena ? Que t’a-t-elle fait ? »

Gabrielle leva la tête et regarda Kiaora, les yeux rouges et gonflés par le chagrin.
Kiaora s’assit près de la jeune fille.
Elle lui caressa les cheveux.
« J’étais là-bas et…. »
« Où ? ! Dis moi ! »
Gabrielle se reprit.
« Qui est Lyceus ? »
Kiaora comprit.
« Tu as été au temple ? ! Je comprends mieux maintenant. Xena t’a surprise là-bas…. »
Gabrielle acquiesça.
« Qui est Lyceus ? », persista Gabrielle.
Silence.
« C’était son frère ! »
Deuxième silence.
Elles se regardèrent.
« Que lui est-il arrivé ? Et qui sont les deux autres personnes dans les tombeaux ? »
Kiaora sembla hésiter.
« Parle moi de Xena, de son passé…. »
Le chagrin fit place à la curiosité.
« Tu es sûre que tu veux savoir, »
« Oui…. »

Kiaora s’installa plus confortablement et commença son récit.
« Il y a des années de cela, Xena n’était encore qu’une jeune fille de 15 ans, Amphipolis a été attaqué par un seigneur nommé Cortese., et des romains. Il avait déjà pillé les villages autour et menaçait notre cité. Il tuait sans raison, pour le plaisir. Je m’en souviens encore. »
Kiaora se remémorait ses douloureux souvenirs qu’elle avait essayé d’oublier.
« Il est arrivé ici, en fin de matinée. Des cris provenaient des champs. Des cavaliers, du sang, des épées, des rires….Ils s’en sont pris à tous les villageois, n’épargnant personne, ni femmes, ni enfants…. »

Gabrielle, attentive, sent des frissons lui parcourir la colonne vertébrale.

« Ils sont entrés dans la taverne de Cyrene, la mère de Xena. », précise Kiaora, « Nous étions avec les enfants, Xena et ses frères. Ils nous ont demandé de sortir. Nous l’avons fait, mais nous savions très bien ce qu’ils faisaient aux gens comme nous. Alors, quand ils ont eu le dos tourné, nous les avons frappé à la tête pour permettre aux enfants de s’échapper. Xena et son frère aîné, Toris, se sont échappés. Mais Lyceus, le plus jeune, certainement terrorisé, est resté figé sur place. Xena l’a appelé pour qu’il les suive. Les soldats se sont alors retournés contre nous et ils nous tenaient fermement quand ils ont vu les enfants et surtout le petit. Toris l’a vu aussi et s’est précipité vers son petit frère, mais les soldats n’ont pas hésités à le tuer de sang froid. Le soldat lui a enfoncé son épée dans le cœur, jusqu ‘à la garde. »

Kiaora reprit son souffle et essuya une larme.
« Et il riait. Mon dieu, il riait si fort. Il a léché la lame de son épée….Lyceus, avait vu son frère mourir sous ses yeux, et il ne bougeait toujours pas. Xena, effrayée par ce qu’elle venait de voir, se força à bouger et courut à son tour vers Lyceus. Seulement, Cortese fut plus rapide et il attrapa le petit. Il lui trancha la gorge sous les yeux de Xena….Puis ils m’ont frappée. Quand je me suis réveillée, j’étais à terre, les corps de Cyrene, Lyceus et Toris près de moi. Xena était là, elle aussi, recroquevillée dans un coin, pleine de sang. Je ne sais toujours pas pourquoi ils nous ont épargné. »
Gabrielle était pétrifiée.

« Je ne me doutais pas…. »
Kiaora lui sourit.
« Avec les quelques villageois survivants nous nous sommes réfugiés dans la montagne, et quand nous sommes revenus à Amphipolis, nous avons reconstruits, ce qui a pu être reconstruits. Nous avons enterré nos morts. Je savais que pour Xena, tout était bel et bien fini. Quelque chose était parti d’elle. Sa joie de vivre, sa gentillesse. Elle était devenue froide, renfermée et ne montrait plus aucune émotion. A l’inverse du village, on ne pouvait plus rien reconstruire en elle. Peut-être aurait-il mieux valu qu’elle soit tuée ce jour là ? ! »
Gabrielle posa sa main sur l’épaule de la nourrice et essuya elle aussi une larme.
« Xena s’est jurée de les venger et elle s’est entraînée pour ça….Avant de devenir ce qu’elle est aujourd’hui, elle leur a fait construire un temple. Personne n’y est jamais entré. Même pas moi. Alors tu comprends que…. »
« Oui je comprends, je m’en veux…. »
« Elle a fait construire le château et le village autour du temple. »
Les deux femmes se regardèrent.
« Je vais aller voir où est Xena ! »

Kiaora laissa Gabrielle seule. Seule à ses pensées, et commençant à comprendre et mieux cerner cette femme mystérieuse qu’était la Conquérante.


Chapitre 13

Gabrielle lisait dans la chambre. La porte s’ouvrit doucement. Elle tourna la tête et vit Xena sur le seuil. Un petit coup d’œil et elle entra. Elle referma derrière elle et vint près de Gabrielle.
Petit silence.
« Ca va ? », demanda Xena.
« Oui, ça va ! », sourit Gabrielle.
« Je voudrais m’excuser pour tout à l’heure, je n’aurais jamais du te parler comme cela…. »
Gabrielle sourit, ce qui surprit Xena.
« C’est pas grave. »
Silence.
« Tu pensais ce que tu as dit tout à l’heure, au sujet de la…. »
Xena comprit tout de suite la référence à la croix et aux mots durs qu’elle avait prononcés.
« Non, bien sûr que non. T’avoir libéré de cette croix….c’est la seule chose dont je sois fière depuis des années. », Xena venait d’avouer l’inavouable.
Gabrielle fixa Xena.
« Kiaora m’a tout dit ! Lyceus, ta mère, Toris….ton village…. »
Xena eu un léger rictus.
« Elle ne peut pas tenir sa langue celle-là ! ! »
« Je suis désolée pour toi ! »
« Tu n’y es pour rien. »
« C’est moi qui lui ai demandé de me raconter….Je te comprends mieux maintenant. Je comprends mieux ta réaction. »
« Ca n’excuse rien ! », répondit Xena.
« Tu veux en parler ? »
Sourire.

« Je ne sais pas ! Même avec Kiaora on n’en parle pas. »
« C’est peut-être le bon moment ? »
Cette scène était surréaliste ! Xena qui se confiait ! Et à une rebelle de surcroît.
Xena s’installa près de Gabrielle sur le lit et se replongea dans des souvenirs depuis si longtemps enfouis ! !
« Lyceus était si jeune ! », un sourire et des larmes.
Gabrielle la tenait par les épaules.

« Il voulait être marchant ou fermier, il n’était pas encore bien décidé. Ce salaud de Cortese l’a tué comme un animal….ne lui laissant aucune chance. Quand on s’est enfuis avec Kiaora et les autres, le village était en flammes. Nous sommes revenus plus tard, des semaines après et….les villageois étaient tous morts : crucifiés, égorgés…. Une boucherie ! Je suis retournée chez moi, enfin, ce qu’il en restait, et je n’ai pu récupérer que cela, le seul souvenir d’eux…. »
C’était un petit collier. Le collier de sa mère.
Elle le sortit de sa poche et le montra à Gabrielle.
« Je suis désolée Xena ! »
« Tu n’as rien fait ! »
« La famille, je sais ce que ça représente. Si mes parents….je ne m’en remettrais pas, j’en mourrais ! »
« Ne dis pas ça ! »
« Ma famille c’est tout pour moi….tu as du vivre, je n’ose même pas imaginer ce que tu as vécu ! »
« Cela n’explique pas ce que je suis devenue….c’est ce que Kiaora me dit toujours ! ! Et elle a raison ! ! »
Sourire de part et d’autre.
« Depuis quelques temps je commence à prendre conscience de certaines choses. Je recouvre la vue ! ! »« Comment ça ? «, demanda Gabrielle curieuse.
« Par toi ! »
Gabrielle dû avaler à plusieurs reprises.
« Tu es si douce. Tu lui ressembles tellement ! Il n’aurait pas aimé ce que je suis devenue. Il m’aurait attrapé par le cou et m’aurait dit ‘Arrête ça tout de suite p’tite tête’ ! ! »

Elle sourit en imaginant la scène.
Gabrielle, ne sachant pas vraiment pourquoi, prit Xena par le cou et lui dit,
«Eh bien je te le dis : Arrête ça tout de suite p’tite tête ! ! »
Un drôle de sourire se dessina sur leurs lèvres, quand Xena se dégagea de l’étreinte de Gabrielle et qu’elles se regardèrent.
Xena prit le visage de Gabrielle dans ses mains et l’embrassa sur la joue, près des lèvres, avec douceur et chaleur.
D’abord surprise, Gabrielle dut s’avouer que c’était agréable. Elle se reprit.
« Tu ne peux pas changer le passé, mais tu peux choisir ton futur ! ! »
Xena laissa couler une larme à la surprise de Gabrielle, et la serra dans ses grands bras.
« Ne change jamais Gabrielle, oh non, ne change jamais…. »
Et Xena, en elle pensait, « J’ai choisi mon futur et c’est toi, petite Gabrielle ! ! »


Chapitre 14

La décision fut prise dans la nuit. La Horde avançait dangereusement dans le nord et Xena devait y aller pour les contenir et les repousser.
Elle leva une armée et, accompagnée de Darphus, Mazinger et ses soldats partit vers le nord.
Armée de son Chakram, vêtue de son armure, et chevauchant Argo, elle savait très bien qu’elle pouvait ne pas revenir. C’était pourquoi, avant de partir, au beau milieu de la nuit, elle s’arrêta un instant dans la chambre et regarda Gabrielle endormie.
« Je t’aime », murmura-t-elle.

Elle partit alors, le cœur gros et inquiet de ne peut-être plus la revoir.
Elle déposa une lettre sur le meuble près du lit et jeta un dernier regard à la petite blonde.
Le lendemain, Gabrielle se réveilla. Kiaora apparut dans la chambre et mit la jeune fille au courant du départ précipité de Xena dans la nuit. D’abord furieuse que Xena soit partie ainsi, sans lui dire au revoir, elle devint inquiète à l’idée de ne peut-être jamais la revoir.
Kiaora lui montra la lettre laissée par Xena. Gabrielle se leva, la prit, l’ouvrit et la lut, la gorge serrée.

Chère Gabrielle,
Je suis désolée de partir ainsi, sans te dire au revoir. Mais je n’ai ni la force, ni le courage de te dire au revoir et peut-être adieu….
Je te promets de tout faire pour revenir en un morceau.
J’ai pris une décision. Je vais changer. Je commence dès aujourd’hui et cela je te le dois.
Merci de m’avoir enseigné….l’amour.
Je ne compte pas mourir tout de suite. Je vais te montrer ce dont je suis capable. Je te promets de revenir.
Prends soin de toi et de Kiaora.
Je t’embrasse,
Xena


Elle serra alors la lettre contre sa poitrine après la lecture.
Elle regarda Kiaora, et toutes les deux sourient.
L’attente du retour avait commencé.
Pour passer le temps Gabrielle lisait, elle lisait de façon presque boulimique.
Xena était maintenant partie depuis deux semaines. Gabrielle et Kiaora s’inquiétèrent au fur et à mesure que les jours passaient.

A la propre surprise de Gabrielle, elle réalisa qu’elle s’ennuyait….de Xena.
Elle s’ennuyait de la femme pour qui elle aurait donné sa vie pour la voir mourir.
Un soir, elle se leva du lit, ne parvenant pas à dormir et partit fouiller dans les affaires de Xena.
Elle découvrit sa brosse, où des cheveux y étaient encore accrochés. Elles les ôta et les porta à son nez. Ils sentaient bons. Ils avaient le parfum de Xena, ce doux parfum de plantes et de miel.
Elle prit ensuite la tunique, après avoir reposé la brosse, que Xena avait laissé là, avant de partir précipitamment. Elle n’était pas pliée et étaient encore imprégnée de son odeur. Elle la toucha, les yeux presque fermés, et la sentit. Elle prit de profondes bouffées et s’en gonfla les poumons. Son cœur s’emballait.

Elle retourna sur le lit, la tunique serrée contre elle, comme un trésor. Elle s’endormit.

A l’aube, une mini effervescence secoua le village.
La Conquérante et son armée étaient de retour. Ils avaient vaincus la Horde.
Le plaisir de Xena ne tenait pas à grand chose. Mais elle aimait arriver là où personne ne l’attendait et surtout quand personne ne l’attendait.
Son retour était inespéré.

Après avoir mis Argo à l’écurie, elle monta dans la chambre de Kiaora pour la prévenir de son retour et connaître les dernières nouvelles.
Elle entra et secoua doucement Kiaora, la sortant de son rêve et de son inquiétude.
La femme ouvrit les yeux et crut rêver.
« Oh Xena, c’est toi ? ! »
Elle se redressa et lui tomba dans les bras.
« Ca a été assez long, je commençais à m’inquiéter. »
« Ils se sont avérés plus coriaces que je ne le croyais »
Silence.
« Où est Gabrielle ? Elle a trouvé le mot ? »
« Elle dort dans ta chambre. »
Xena ôte sa tunique et sa lourde armure pour enfiler quelque chose de plus léger.
« Bien, mais elle s’est beaucoup fait de soucis pour toi ! »
Xena sourit alors qu’elle serrait le lacet de sa tunique propre.
« Je vais aller la voir ! »
Elles se scrutèrent. Dans une étreinte, « Je suis heureuse de te revoir Xena ! ! »
« Je suis heureuse d’être rentrée ! »

Xena quitta la chambre de sa nourrice pour se rendre dans la sienne.
Elle découvrit une forme endormie, serrant une de ses tuniques contre elle. Ce spectacle la fit sourire. Elle avança doucement.
Elle prit le temps de la regarder, un temps infini, puis finalement se pencha sur elle et lui embrassa le front. Tout ceci délicatement, sans réveiller Gabrielle.
Une larme coulait sur la joue de la jeune fille endormie. Xena l’essuya d’un doigt.
« A quoi penses-tu petite fille ? ! »
Xena quitta la pièce et retourna dans la chambre de Kiaora.
« Xena ? ! »
La femme fut surprise.
« Comment va Gabrielle ? ! Tu…. «
« Je n’ai pas eu le courage de la réveiller, elle dort si bien ! », sourit Xena.
Xena s’assit sur le fauteuil, près de la fenêtre.
« Tu ne te couches pas ? ! », demanda la nourrice.
« Je n’ai pas sommeil…. »
Xena s’installa confortablement.
« Bonne nuit Kiaora ! »
« Toi aussi Xena »
Alors que Xena regardait par la fenêtre et que Kiaora se recoucha,
« Merci Xena ! »
« Pourquoi ? »
« Pour être revenue….ça nous fait plaisir à moi et à Gabrielle, tu sais, tellement plaisir…. »
Xena se contenta de sourire, et les deux femmes retournèrent à leurs tâches. Réfléchir et dormir.


Chapitre 15

La décision fut prise dans la nuit. La Horde avançait dangereusement dans le nord et Xena devait y aller pour les contenir et les repousser.
Elle leva une armée et, accompagnée de Darphus, Mazinger et ses soldats, partit vers le nord.
Armée de son Chakram, vêtue de son armure, et chevauchant Argo, elle savait très bien qu’elle pouvait ne pas revenir. C’est pourquoi, avant de partir, au beau milieu de la nuit, elle s’arrêta un instant dans la chambre de Gabrielle et la regarda dormir.
« Je t’aime », murmura-t-elle.
Elle partit alors, le cœur gros et inquiet de ne peut-être plus la revoir.
Elle déposa une lettre sur le meuble près du lit et jeta un dernier regard à la petite blonde.
Le lendemain, Gabrielle se réveilla. Kiaora apparût dans la chambre et mit la jeune fille au courant du départ précipité de Xena dans la nuit. D’abord furieuse que Xena soit partie ainsi, sans lui dire au revoir, elle devient inquiète à l’idée de ne peut-être jamais la revoir.
Kiaora lui montra la lettre laissée par Xena. Gabrielle se leva, la prit, l’ouvrit et la lut, la gorge serrée.

Chère Gabrielle,
Je suis désolée de partir ainsi, sans te dire au revoir. Mais je n’ai ni la force, ni le courage de te dire au revoir et peut-être adieu….
Je te promets de tout faire pour revenir en un morceau.
J’ai pris une décision. Je vais changer. Je commence dès aujourd’hui et cela je te le dois.
Merci de m’avoir enseigné….l’amour.
Je ne compte pas mourir tout de suite. Je vais te montrer ce dont je suis capable. Je te promets de revenir.
Prends soin de toi et de Kiaora.
Je t’embrasse,
Xena

Elle serra alors la lettre contre sa poitrine après la lecture. Elle regarda Kiaora, et toutes les deux se sourirent.
L’attente du retour avait commencé.
Pour passer le temps Gabrielle lisait, elle lisait de façon presque boulimique.
Xena était maintenant partie depuis deux semaines. Gabrielle et Kiaora s’inquiétaient au fur et à mesure que les jours passaient.
A la propre surprise de Gabrielle, elle réalisa qu’elle s’ennuyait….de Xena.
Elle s’ennuyait de la femme pour qui elle aurait donné sa vie pour la voir mourir.
Un soir, elle se leva du lit, ne parvenant pas à dormir et partit fouiller dans les affaires de Xena.
Elle découvrit sa brosse, où des cheveux y étaient encore accrochés. Elles les ôta et les porta à son nez. Ils sentaient bons. Avaient le parfum de Xena, ce doux parfum de plantes et de miel.
Elle prit ensuite la tunique, après avoir reposé la brosse, que Xena a laissé là, avant de partir précipitamment. Elle n’était pas pliée et encore imprégnée de son odeur. Elle la toucha, les yeux mi-clos, et la sentit. Elle prit de profondes bouffées et s’en gonfla les poumons. Son cœur s’emballa.
Elle retourna sur le lit, la tunique serrée contre elle, comme un trésor et s’endormit.
A l’aube, une mini effervescence secoua le village.

La Conquérante et son armée étaient de retour. Ils avaient vaincus la Horde.
Le plaisir de Xena ne tenait pas à grand chose. Mais elle aimait surprendre. Son retour était inespéré.
Après avoir mit Argo à l’écurie, elle monta dans la chambre de Kiaora pour la prévenir de son retour et connaître les dernières nouvelles.
Elle entra et secoua doucement Kiaora, la sortant de son rêve et de son inquiétude.
La femme ouvrit les yeux et cru rêver.
« Oh Xena, c’est toi ? ! »
Elle se redressa et lui tomba dans les bras.
« Ca a été assez long, je commençais à m’inquiéter. »
« Ils se sont avérés plus coriaces que je ne le croyais »
Silence.

« Où est Gabrielle ? Elle a trouvé le mot ? »
« Elle dort dans ta chambre, Xena. »
Xena ôta sa tunique et sa lourde armure pour enfiler quelque chose de plus léger.
« Bien, mais elle s’est beaucoup fait de soucis pour toi ! »
Xena sourit alors qu’elle serrait le lacet de sa tunique propre.
« Je vais aller la voir ! »
Elles se fixèrent Dans une étreinte,
« Je suis heureuse de te revoir Xena ! ! »
« Je suis heureuse d’être rentrée ! »

Xena quitta la chambre de sa nourrice pour se rendre dans la sienne.
Elle découvrit une forme endormie, serrant une de ses propres tuniques contre elle. Ce spectacle la fit sourire. Elle s’avança doucement.
Elle prit le temps de la regarder, un temps infini, puis finalement se pencha sur elle et lui embrassa le front. Tout ceci délicatement, sans réveiller Gabrielle.
Une larme coulait sur la joue de la jeune fille endormie. Xena l’essuya d’un doigt.

« A quoi penses-tu petite fille ? ! »
Xena quitta la pièce et retourne dans la chambre de Kiaora.
« Xena ? ! »
La femme était surprise.
« Comment va Gabrielle ? ! Tu…. «
« Je n’ai pas eu le courage de la réveiller, elle dort si bien ! », sourit Xena.
Xena s’assit sur le fauteuil, près de la fenêtre.
« Tu ne te couches pas ? ! », demanda la nourrice.
« Je n’ai pas sommeil…. »
Xena s’installa confortablement.
« Bonne nuit Kiaora ! »
« Toi aussi Xena »
Alors que Xena regardait par la fenêtre et que Kiaora se recouchait,
« Merci Xena ! »
« Pourquoi ? »
« Pour être revenue….ça nous fait plaisir à moi et à Gabrielle, tu sais, tellement plaisir…. »
Xena se contenta de sourire, et les deux femmes retournèrent à leurs tâches. Réfléchir et dormir.


Chapitre 16

Le soleil inonda la chambre et Gabrielle se réveilla. Elle étira ses membres encore endormis et se dirigea vers la fenêtre, attirée par le bruit dehors.
Elle aperçut Mazinger et Darphus sur la place.
‘Xena est revenue’ se dit Gabrielle….Du moins les soldats sont là ! !
Une horrible pensée lui traversa l’esprit alors qu’elle ne vit pas la Conquérante.
Et si il lui était arrivé le pire ! !

Elle secoua la tête pour chasser cette pensée sinistre de son cerveau.
Elle prit un châle et s’apprêta à sorti pour aller demander à Kiaora si elle en savait plus.
Alors qu’elle ouvrait la porte, un visage connu se tenait devant la porte. Xena était sur le point d’ouvrir elle aussi la porte.
Elles étaient maintenant face à face.
Un silence pour réaliser, puis Gabrielle se jeta dans les bras de Xena, surprise mais très contente.
Sourires larges et sincères.

« Bonjour, » sourit Xena.
« Je suis si contente de te revoir….en un seul morceau ! »
Le visage de Gabrielle était collé contre la poitrine de Xena, sur sa peau nue, car le lacet noué la veille n’était plus qu’un souvenir.
Elle se sépara enfin de Xena et la regarda sous toutes les coutures. Elle la toisa de haut en bas, examinant d’éventuelles blessures, les mains sur les avant bras de Xena, cramponnés.
« Tu es revenue depuis longtemps ? »

Xena entra dans la chambre et ôta sa tunique pour en mettre une plus « royale », pour la journée.
La nudité de Xena n’était plus une source de mal être pour Gabrielle à ce moment là, elle était bien trop heureuse de revoir Xena pour penser à ça.
« A l’aube. Je suis revenue à l’aube. »
« Pourquoi tu n’es pas venue tout de suite… ? »
« Tu dormais trop bien », sourit Xena, en enfilant sa chemise.
Gabrielle se rapprocha de Xena.
« Je voulais te faire la surprise ! »
« C’est réussi », sourit Gabrielle.
Elle se reblottit dans les bras de Xena.
A cet instant, elles savaient que quelque chose avait changé…..en elles. Elles éprouvaient de drôles de sentiments l’une pour l’autre. Et ensemble.


Chapitre 17

Gabrielle était dans la salle de bains en train de se laver.
Xena, elle, cherchait sa tunique blanche mais ne la trouvait pas. Elle demanda à Kiaora si elle l’avait vue.

« Kiaora, il me manque une tunique ! ! »
« Je ne sais pas Xena, tu l’as peut-être emportée pendant ta croisade…. »
« Non, je l’avais avant de partir et je l’ai laissée ici ! ! »
Xena semblait énervée.
« C’est pas vrai ! ! »
Elle alla alors dans sa chambre et commença à fouiller.
Elle aperçut une manche dépasser de l’oreiller de Gabrielle. En la tirant, elle constata que cette tunique est bien celle qu’elle cherchait.
Elle se souvint alors que c’est avec cette tunique qu’elle a vue Gabrielle, lors de son retour, la serrant contre elle. A cette pensée, elle sourit.
Kiaora entre.
« Tu l’as ? ! »
Xena sort de ses pensées.
« Oui ! ! »
« Où était-elle ? ! »
« C’est idiot, je l’avais laissée traîner ici…. »
Kiaora repartit et Xena replaça la tunique sous l’oreiller, avec un grand sourire.
Xena rédigeait un traité dans la bibliothèque quand Gabrielle entra.
Elle leva la tête de son parchemin.

« Le bain a été bon ? »
Gabrielle acquiesça de la tête.
« Assieds toi »
Elle s’exécuta.
Gabrielle observait Xena.
« Qu’es-ce que tu fais ? »
« Je rédige un traité avec les centaures de Kaleipus »
Un silence studieux planait.
Gabrielle, la tête dans ses mains étudiait Xena avec intérêt.
Xena leva à peine les yeux du papier,
« Tu n’as pas vu ma tunique blanche par hasard ? Je la cherche partout ! »
Gabrielle se mit à rougir, du cou jusqu’aux pointes de ses cheveux.
Silence.

« Euh non, désolée. »
Xena sourit et releva à peine les yeux, son sourire en coin.
« Etrange, parce que je crois l’avoir aperçue sous ton oreiller dans ta chambre ? »
Gabrielle ne sut plus quoi dire.
Xena feint de regarder son parchemin puis éclata de rire et regarda Gabrielle.
« C’est pas grave ! ! »
En voyant Gabrielle si gênée, elle lui frotta la tête avec sa main et lui ébouriffa les cheveux.
Gabrielle essayait de sourire bravement.
Elle sentit quelque chose monter en elle. Une étrange sensation.
Des frissons la parcourent.
« T’es trop quand tu rougis, ahhahaahhaha », Xena rit de bon cœur.


Chapitre 18

Xena et Gabrielle se côtoyaient maintenant depuis quatre mois et un lien s’était noué entre elles.
Xena avait beaucoup réfléchi à elles et à ce qui était le mieux pour la jeune fille.
Elle était arrivée à la conclusion que cette vie au château, cachée, enfermée, n’était pas une solution et que sa jeune protégée méritait beaucoup mieux.
A contre cœur, elle avait pris sa décision. Une décision très douloureuse.
Gabrielle pénétra dans la salle du trône.

« Tu voulais me voir Xena ? »
« Oui entre ! ! »
Son visage est fermé et traduit une expression grave. Gabrielle le remarque tout de suite, et l’inquiétude s’empare d’elle.
« Tes jambes vont bien mieux maintenant ? ! »
« Ou….oui, c’est vrai que tes soins ont été très bénéfiques…. », répondit Gabrielle en se demandant où elle voulait en venir.
Xena se leva de son fauteuil, sans relever les yeux.
« Je crois qu’il est temps que tu retournes chez toi ! »
L’effet fut comme un coup de poignard qui transperçait le cœur de Gabrielle à ces mots.
« Quoi ? »
« Bien sûr tu ne parleras pas de ce qui s’est passé ici….à personne et pas à ta famille, surtout pas à eux. Nous nous comprenons bien ? ! Tu pars ce soir avec Mazinger. »
Xena se dirigea vers sa bibliothèque. Gabrielle la suivit au pas de course.
« Attends ! ! »

Xena s’arrêta sans se retourner.
« Pourquoi ? Pourquoi tu veux que je parte ? »
Pas de réponse.
Gabrielle posa sa main sur l’épaule de Xena qui recula pour se défaire de l’étreinte.
« Je veux rester ici moi, avec toi et Kiaora. », avoua Gabrielle, à sa propre surprise.
Xena se retourna soudain, le regard sombre.

« Qui te dis que je veux que tu restes ! ? Et puis tu voulais revoir ta famille, non ? ! »
La jeune fille ne sut quoi dire.
Long silence.
« Va préparer tes affaires ! »
Gabrielle est clouée sur place.
« Sors ! », commande Xena.
Gabrielle sortit, ne comprenant pas le comportement de Xena.
Elle ne vit pas les larmes couler sur les joues de Xena, qui lui tournait le dos.
Kiaora entra à son tour.
« Xena, que se passe-t-il ? J’ai entendu des cris, et Gabrielle est partie en pleurant…. »
Elle attendit une réponse de Xena qui ne vient pas.
« Xena ? ! », murmure-t-elle.
Elle posa sa main dans son dos et Xena se retourna vers elle, en larmes. Kiaora était abasourdie. Des larmes. Les premières depuis quinze ans.
« Elle rentre chez elle ! »

Elle s’effondra en pleurs dans les bras de sa nourrice, comme une enfant cherchant du réconfort.
« Pourquoi ? »
Rien.
« C’est elle qui a décidé de partir ? ! »
« Non c’est….c’est moi qui lui ai dit de partir…. »
« Mais pourquoi ? ! Tu…. »
« Je l’aime trop, je ne veux pas la priver d’une vie normale. Je ne suis pas quelqu’un avec qui on peut vivre heureux…. »
Kiaora sourit.
« J’en suis la preuve Xena ! ! »

Cette phrase suscita un sourire contraint chez Xena.
« Xena. Si elle veut rester, pourquoi la chasser ? Elle avait l’air si triste en sortant d’ici ! »
Xena se ressaisit.
« Ca lui passera ! Je suis les ténèbres, je vis avec elles. Elle, elle est la lumière, elle voit le bien partout….et puis je ne peux pas la priver de sa famille, comme j’ai été privé de la mienne, ce serait égoïste…. »
Kiaora regarda Xena.
« Même si je ne te comprends pas….je….elle t’a transformé Xena ! »
« Elle m’a ouvert les yeux et elle a le droit d’être heureuse et c’est pas avec moi, ni ici qu’elle le sera. C’est la chose la plus difficile, la décision la plus dure qu’il m’ait été donné de prendre de toute ma vie ! ! »

Gabrielle dîna avec Mazinger dans le silence. Le moral n’y était pas. L’incompréhension palpable.
Xena était absente. Seule Kiaora avait fait une brève apparition.
L’heure du départ sonnait.
Gabrielle et Mazinger attelèrent le cheval, Shapiro.
Gabrielle serra Kiaora dans ses bras.
« Tu vas me manquer, Kiaora ! »
« Tu reviendras nous voir…. »
Elle lui tendit un paquet.
« Pour la route. Tu auras faim ! »
Gabrielle le prit et sourit.

Xena n’était toujours pas là. La jeune fille la chercha des yeux en vain. Pourtant, la Conquérante se tenait tout près, dissimulée derrière un arbre. Elle observait la scène avec douleur.
Elle monta derrière Mazinger et tous deux s’éloignèrent du château. Des au revoirs à Kiaora, et la tristesse de ne pas faire de même avec Xena.
Dans le noir et la pénombre, Xena pleura, au fur et à mesure que son amie disparaissait. Oui, son amie.

Kiaora monta les escaliers et trouva Xena, debout devant sa porte. Les yeux humides et le visage serré.
« Ca va aller ? »
Xena ne dit rien.
« Pourquoi n’es-tu pas venue lui dire au revoir ? »
Elle regardait partout sauf dans les yeux de Kiaora.
« Elle voulait te parler…. »
« Je ne pouvais pas. J’ai affronté des guerres, des seigneurs sanguinaires, des Hordes….on m’a suppliée, combattue…. »
Silence.
« Et pourtant je n’aurais pas pu la voir s’éloigner. Ni l’entendre me demander pourquoi je fais ça. Je ne l’aurais pas supporté.»
« Ca l’aurait aidé pourtant ! »
« Je sais. »
Xena réfléchit.

« Elle t’a dit quelque chose ? »
« Elle m’a demandé si tu la détestais ! Si elle avait fait quelque chose de mal ? »
Xena retint un sanglot, sanglot que Kiaora remarqua mais ne mentionna pas.
« Je lui ai dit qu’au contraire, tu l’aimais. Tu l’aimais trop pour la laisser loin des siens. Et que c’était trop dangereux ici pour elle. »
« Merci Kiaora. », dit Xena, reconnaissante.
« Elle a dit qu’elle te remerciait pour ça même si elle ne comprend pas. »
Xena sourit légèrement.
« Elle a aussi ajouté qu’elle reviendrait. D’une façon ou d’une autre. »
Xena sourit plus largement.
« Si elle pouvait dire vrai ! ! »


Chapitre 19

Trois jours déjà que Gabrielle était partie. Xena était morose. On frappa à la porte.
« Oui ? », lance Xena.
Kellie entra. Xena est à sa table de massage.
« Bonjour Xena ! », dit elle en souriant.
Xena ne se tourna pas, elle était en position et attendait.
Kellie ne perdit pas de temps et s’attela à sa besogne. Elle lui massa d’abord le dos puis s’aventura plus loin dans l’intimité de la Conquérante.
Xena se contracta.
« Kellie arrête ça ! », gronde Xena.
Kellie stoppa, étonnée.
Croyant que Xena jouait à un jeu, elle reprit son jeu érotique et glissa ses mains entre les jambes de Xena.
Xena se retourna en un éclair et lui saisit les mains avec poigne et dureté.
« J’ai dit, ça suffit ! ! »
Silence.
« Arrête ça ! ! »
Silence. Xena se rhabilla.
« Pars. Ce n’est pas une bonne idée. Je n’ai pas envie. »
Au ton de sa maîtresse, Kellie comprit que Xena ne jouait pas. Elle partit sans demander son reste.
Xena, seule, pensait à Gabrielle.


Partie 2 : Un Véritable Ami Est Un Don.

Chapitre 1


Le soleil se levait sur la Chalcidice.
Deux cavaliers s’approchaient de Poteidaia.
Mazinger et Gabrielle avaient chevauché toute la nuit, et leur voyage allait bientôt s’achever.
Ils pénétrèrent enfin au village et Gabrielle poussa un soupir de soulagement qui traduisit également sa fatigue, car peu habituée à de si longs voyages.
Les chevaux s’arrêtaient et Mazinger regardait Gabrielle.

« Ca y est ! Nous sommes arrivés ! »
La jeune Potédaienne hocha la tête.
« Sois prudente surtout. »
Elle sourit et, chacun sur leur monture, ils s’étreignaient pour se saluer.
Il pressa les flans de sa monture pour repartir quand une voix le stoppa.

« Mazinger ? »
« Oui ? »
« Peux-tu dire à Xena…. », elle ne continua pas.
Il l’observa, curieux.
« Oui ? »
« Non, rien. Prends juste soin d’elle. D’elle et de Kiaora. »
Il sourit.
« Je te le promets, petite fille. »
Un signe de la main et ils partaient chacun de leur côté.
Gabrielle s’éloigna. Mazinger se tourna et se dit à voix haute,
« Tu vas me manquer petite fille….à moi et à….Xena ! »
Gabrielle, près de chez elle, stoppa son cheval et descendit.
Elle regarda avec nostalgie et joie ce village qui lui avait tant manqué.
Les parfums, les maisons, les gens. Malgré son absence, elle remarqua avec plaisir que rien n’avait changé.
Elle arriva devant chez elle. Elle s’immobilisa, prit sa respiration et gravit les marches du péron.
Elle frappa.
La porte s’ouvrit sur une femme aux traits tirés.

« Maman…. »
La femme fut clouée sur place, ne pouvant répondre.
Lila, la sœur de Gabrielle, alertée par ce silence, arriva à son tour et subit le même sort.
« Gab….Gab…. »
Gabrielle sourit.
« Contente de vous revoir »
Les deux femmes tombèrent alors dans les bras de Gabrielle et pleurèrent à chaudes larmes. Des larmes de joie et de soulagement.
Hérodotus arriva à son tour et constata lui aussi le retour de sa fille. Ne montrant pas ses émotions, il dit seulement quelques mots.
« Gabrielle….content de te revoir. »
« Entre chérie », lui proposa sa mère.
Gabrielle pénétra chez elle et retrouva tout son environnement familier. Rien n’avait changé. C’est comme si elle n’était jamais partie.
« Tu dois avoir faim ? ! », demanda Hécuba.
· « Un peu à vrai dire…. », avoua Gabrielle.

Hécuba prépara quelque chose à manger pour sa fille pendant que Lila installa des couverts et une assiette à sa sœur. Gabrielle s’installa. Son père, assis près d’elle, la regardeit sans rien dire.
La mère apporta le repas.
Gabrielle mangea avec appétit.
« Que t’es-t-il arrivé Gabrielle ? Où étais-tu tout ce temps, on a cru que…. », Lila ne termina pas.
Gabrielle, la bouche pleine,
« Il m’est arrivé un truc incroyable ! ! Xena…. », elle se tut, comprenant l’erreur qu’elle venait de commettre.
« Xena ! », dit Hérodotus, calmement.
« Je veux dire, les hommes de la Conquérante…. », Gabrielle espérait que son mensonge serait cru, « Ils m’ont arrêtée par erreur. »

La famille de Gabrielle ne savait rien des agissements rebelles de leur fille.
« Ils croyaient que je faisais partie d’une troupe de rebelles et ils m’ont enfermée….J’ai dû les convaincre que je n’y étais pour rien ! »
Hérodotus ne semblait pas convaincu.
« Et ça t’a pris tous ce temps… »
« Eh bien, ce ne sont pas des gens faciles à convaincre papa. »

Hécuba posa la main sur l’épaule de son mari.
« Tu n’as pas était blessée au moins ? »
« Non, ne t’en fais pas, ils ne m’ont rien fait ! »
Hérodotus se leva.
« J’ai remarqué que tu boitais… »
Décidément, rien ne lui échappait.
« Une mauvaise chute. Je suis tombée de cheval et l’entorse s’est mal guérie…. »
Silence.
Le père, toujours froid et distant, s’assied dans un coin sombre de la petite maison et aiguise son couteau.
« Depuis quelques mois, les hommes de la Conquérante ne passent plus ici. On ne paie plus d’impôts. Tu ne saurais pas pourquoi par hasard ? ! »
« Voyons Hérodotus, comment le saurait-elle ? »
« Je ne sais pas moi, c’est juste une coïncidence alors ! »
A ces mots il releva la tête et fixa Gabrielle.
Elle a fait ça ! Xena a fait ça ! Elle ne m’en a jamais parlé….
« Non, papa, je ne sais pas pourquoi….mais c’est une bonne nouvelle non ? ! »
Elle finit son repas. Les questions elles ne s’arrêtèrent pas de suite.


Chapitre 2

Gabrielle venait de passer sa première nuit chez elle, dans son lit, depuis quatre mois.
Elle partageait toujours sa chambre avec sa sœur, et la nuit fût courte. Lila ne cessa de la harceler de questions sur sa longue absence.
Gabrielle fût la première levée. Elle ne voulait rien rater de cette journée.
Elle alla voir tous les villageois et tous les marchands.
Tous ces gens lui avaient tant manqués.
Les villageois, les marchands, tous lui posèrent les mêmes questions, questions auxquelles elle répondit avec joie.
La vie reprenait et Gabrielle avait retrouvé sa place au sein de sa famille. Elle aidait sa mère aux travaux de la maison, de la ferme.
Elle racontait des histoires à sa sœur le soir, avant de dormir.

Cependant, elle soupçonnait quelque chose. En effet, quelque chose semblait avoir changé.
Ces soupçons s’avérèrent exacts quand elle surprit une conversation entre son père et un groupe d’hommes qu’elle ne connaissait pas. Du moins, la plupart d’entre eux.

« Les rebelles sont prêts, Hérodotus ! Nous pourrons attaquer la Conquérante très rapidement. Ce n’est plus qu’une question de jours. Nous devons juste obtenir les plans du château…. », l’homme fut interrompu par Hérodotus.
« Je sais qui pourra nous aider. Gabrielle, elle a été enfermée dans ce maudit château pendant des mois…. »
« C’est parfait. Grâce à elle nous pourrons tuer cette salope de Xena….Nous pourrons enfin vivre en paix ! ! »
A ces mots, Gabrielle crut tomber. Ils voulaient tuer Xena. Pourtant, n’était-ce pas ce qu’elle voulait, cinq mois auparavant.
Avant oui, mais plus maintenant.
Le pire c’est qu’on voulait son aide pour commettre ce meurtre.
Gabrielle ne savait plus quoi faire. Elle sentit ses jambes trembler et en voulant se rattraper, elle fit tomber quelque chose de la table.

Tout le monde se tourna vers le bruit et elle fut découverte.
« Gabrielle ! Que fais-tu là ? ! », demanda son père.
Elle ne dit rien.
« Ca tombe bien ! Nous voulions t’entretenir de quelque chose. Viens t’asseoir. »
Elle hésita puis vint s’asseoir près d’eux.
« Argolis, Aetolia, Aoelis, Menas et moi préparons une attaque contre Xena. Nous aurions besoin de toi. », commença son père.
« Oui, ton père nous a raconté ce qui t ‘es arrivé, et nous a confié que tu pouvais peut-être nous aider à infiltrer le château ! », dit Aeolis.
« C’est-à-dire que je…. », Gabrielle bredouilla.
Mille questions assaillirent son esprit. Que faire ? Aider les siens et faire ce pour quoi elle s’était toujours battue ? Ou sauver Xena ? Trahir les siens et sauver la femme pour qui elle éprouvait une profonde affection, sans qu’elle sache pourquoi ?
Tout cela était contre nature….
« Gabrielle… », appela son père.
Elle sortit de ses pensées.
« Vous savez elle n’est plus comme ça ! »

Ils ricanèrent.
« Tu plaisantes ? Tu es devenue folle ? Cette femme est une tueuse qui assassine sans vergogne et qui nous fait crouler sous les impôts et la terreur…. »
« Mais justement, elle….Nous sommes….enfin on m’a dit que, que les impôts avaient été supprimés ici….C’est une preuve ! »
« Gabrielle ! ! », son père était furieux.
« Que se passe-t-il Gabrielle ? Tu ne sembles plus toi même depuis ton retour…. La Conquérante t ‘a fait quelque chose ? », questionna Aeolis.
« Non ! Je….je ne l’ai même jamais rencontrée…. », un mensonge de plus. Cette fois c’est officiel, elle a trahi les siens.
« Alors, ça ne te poseras pas de problèmes de nous aider ? ! », lança son père.
« Non, bien sûr que non. Vous pouvez compter sur moi ! »

Tous levèrent leur verre et se réjouirent de cette nouvelle. Tous sauf Hérodotus, qui ne semblait pas croire sa propre fille.
Comme convenu, Gabrielle leur fit les plans exacts du château et ils purent échafauder leur plan d’attaque.
L’offensive aurait lieu dans deux jours.
Deux jours. C’est à peu près le temps qu’il fallait pour aller à Amphipolis.
Gabrielle avait pris sa décision.
Elle allait prévenir Xena de cette menace, tout en l’implorant de ne pas tuer les siens…. Elle espérait que la Conquérante accepterait ce marché. Elle n’en n’était pas sûre mais elle voulait tenter le coup.

Le soir, alors que tout le monde était à table, Gabrielle annonça une importante chose.
« Je vais partir demain matin ! »
« Où vas-tu ? », interrogea sa mère, inquiète à l’idée de perdre à nouveau sa fille aînée.
Son père la regarda, impassible.
« Je vais à Merule. Voir tante Cyanne. »
« Je peux t’accompagner », dit Lila, excitée.
« Non, Lila. C’est dangereux de partir sur les routes ces temps-ci. »
« Alors pourquoi tu pars ? », continua sa sœur, déçue et vexée.
« Je peux me défendre seule. Mais si tu es avec moi, ce sera plus difficile. Je veux dire que si tu es là, il sera plus difficile de se cacher en cas d’attaque. Et puis je devrais sans cesse m’inquiéter pour toi…. »
Son père mange et dit, sans un regard.
« Tu ne viens pas avec nous si je comprends bien ? ! »
« Il ne vaut mieux pas, papa. On me connaît là-bas ! Si on me voit, on se doutera de quelque chose ! »
Il inspira, acceptant à contre cœur cette vérité.
« Elle a raison Hérodotus ! Et puis je ne préfère pas qu’elle soit mêlée à ça. J’ai déjà assez peur pour toi…. », confia la mère.
« Très bien ! », conclut le père.
Ils finirent le repas et chacun alla dans sa chambre sans dire un mot de plus.


Chapitre 3


Le matin se leva sur Poteidaia et Gabrielle était déjà prête à partir.
Elle sortit de chez elle, et montant sur son cheval, se lança vers Amphipolis.
Elle ne remarque pas que son père la regardait en secret.
« Merule n’est pas dans cette direction petite fille ! ! »
Il comprit les intentions de sa fille, mais n’en parla à personne.

Gabrielle n’avait jamais chevauché aussi vite. Elle poussait son cheval au maximum de ses possibilités et cela porta ses fruits car elle aperçut bientôt Amphipolis. Elle avait une demie journée d’avance. C’était parfait.
Elle attendit le crépuscule pour se risquer à pénétrer le château.
Elle gravit les marches du palais avec discrétion, tout en surveillant les alentours.
Elle arriva alors dans le couloir et s’arrêta près de la porte de la chambre de Xena. Comment Xena allait-elle l’accueillir ?

Elle inspira, déglutit et frappa.
« Oui ! », une voix familière lui répondit.
Elle entra et resta plantée sur le seuil.
Xena leva la tête de son parchemin.
En voyant Gabrielle, elle ne put réprimer un son venu de sa gorge et ses yeux s’écarquillèrent.
« Gab…. »
Gabrielle sourit.
Xena se leva et se jeta sur la jeune fille. Contre toute attente, elle la serra dans ses bras.
« Par les Dieux tu es revenue ! ! »

Gabrielle savoura ce moment. Elle se rendit compte combien son parfum, sa peau, sa voix et sa présence lui avait manqué.
« Je l’avais promis », plaisanta Gabrielle.
Une fois remise de ses émotions, Xena ferma la porte et invita Gabrielle à s’asseoir sur le bord du lit avec elle.
Toutes deux s’essayèrent et se regardèrent un bon moment.
« Laisse moi te regarder Gabrielle ! Tu as l’air en forme ? », dit Xena en prenant le visage de la fille entre ses mains.
Gabrielle se laissa faire, aimant cette intimité.

« Tu as revu ta famille ? Comment vont-ils ? »
Gabrielle sourit.
« Bien ils vont très bien. Ils te remercient d’ailleurs pour le geste que tu as fait pour eux….et moi aussi d’ailleurs ! ! »
Xena fit mine de ne pas savoir de quoi elle parlait.
« De quoi tu parles ? »
« Je sais ce que tu as fait pour mon village et je t’en suis reconnaissante. »
« Je ne vois toujours pas de quoi tu parles…. »
Gabrielle lui fit un clin d’œil.
« Je sais très bien que si mais je suis là pour te prévenir Xena…. »
Xena fronça un sourcil.
« Me prévenir de quoi ? »
« D’une attaque imminente contre toi, très bientôt. »
Xena l’observa, attendant des explications.

Gabrielle s’installa plus confortablement et commença son récit.
« En revenant chez moi, j’ai dit à mes parents que tes soldats m’avaient arrêté, pensant que j’étais une rebelle. Je leur ai ensuite dit que j’avais réussi à les convaincre de mon innocence et qu’ils m’avaient relâchée. »
Xena sourit.
« Très brillant ! »
« Merci. »
Silence.
« Puis j’ai surpris une conversation entre mon père et des hommes que je ne connaissais pas. Ils préparaient un plan d’attaque contre toi mais ils voulaient avoir un plan du château pour réussir leur coup. Alors mon père…. »
Xena termina son raisonnement.
« Alors il a pensé à toi. Parce que tu avais été ici, tu connaissais le château et tu pouvais les aider. »
« C’est ça ! »
Xena ne comprenait pas très bien.
« Mais pourquoi venir ici et me prévenir ? »
Silence.
« Quand tu es venue ici la première fois c’était bien ton plus cher désir ? »
Gabrielle baisse les yeux. En relevant la tête, Xena put voir une flamme dans ses yeux.
« Ca c’était avant oui. Mais aujourd’hui c’est différent. Tout est différent !….Tu es différente.», finit-elle dans un murmure.

Xena ne put réprimer un sourire et une grande fierté intérieure.
« Je suis touchée, mais je ne comprends pas pourquoi tu me fais passer avant ta famille et ton idéal….J’ai essayé de te tuer tu te souviens…. »
Ce fût au tour de Gabrielle de tenir le visage de Xena dans ses mains.
« Tout le monde commet des erreurs…. »
Elles se regardèrent encore, toujours en silence.
Xena se leva et alla à la fenêtre. Gabrielle la suivit.
« Pourquoi tu fais tout ça ? Je ne mérite pas ça ! Tu devrais les laisser me tuer…. Et puis ils vont s’en douter. Je veux dire que c’est toi. Ils vont savoir que c’est toi qui m’a informée de cette attaque et tu auras des ennuis. Et ça je ne le veux pas ! »
Gabrielle posa sa main sur son épaule.
« Tu te trompes ! J’ai dit à mes parents que j’allais rendre visite à ma tante à Merule. »
Xena ne peut empêcher un rictus de fierté.
« Très intelligent ! Je suis impressionnée ! »

Gabrielle prit Xena par les épaules et la fit se tourner face à elle.
« Il faut faire vite Xena. L’attaque est prévue pour demain soir, au coucher du soleil. »
« Je serai prête. Merci Gabrielle. »
Silence.
« C’est normal. Mais je veux juste te demander une faveur. »
« Bien sûr, tout ce que tu veux ! »
« Epargne les ! Je sais qu’ils projettent de te tuer mais….ne les tuespas. Même si….enfin c’est mon père, je ne veux pas qu’il meure. Ma mère, ma sœur, moi, on ne s’en remettrait pas. »
« Il en va de soi Gabrielle. Il est évident qu’ils ne mourront pas. Ca ne m’a même pas effleuré l’esprit une seconde. Je sais ce qu’ils représentent pour toi et je ne ferais jamais rien qui pourrait te blesser, jamais. »
Gabrielle, fixa Xena avec une certaine tristesse dans les yeux.
« Pourtant tu l’as fait ! »
« Quoi ? »
« Quand tu m’as dit de partir….Je t’ai attendue pour te dire au revoir, mais tu n’es jamais venue. J’ai cru que tu me détestais, j’avais peur que…. »
Elle fut interrompue par un doux baiser.
« Jamais tu m’entends Gabrielle. Jamais je ne t’ai détestée. Je savais que te voir partir aurait été trop dur pour moi…. »
Alors que Gabrielle se remettait de ce baiser inattendu mais délicieux, elle poursuivit.
« Tu m’as manquée Xena….Tu m’as vraiment beaucoup manquée »
Elles s’étreignirent pour la seconde fois.


Chapitre 4

Elles étaient seules dans la chambre. Debout.
« Tu dois avoir faim après un si long voyage ? »
« Oui c’est vrai que je n’ai pas mangé depuis un petit moment, et ces chevauchées ouvrent l’appétit »
Elles rirent toutes les deux.
« Je vais te chercher ça. Et je vais faire préparer un bain chaud. Et puis je crois qu’il y a quelqu’un qui sera content de te revoir…. »
Gabrielle esquisse un sourire malicieux.
« Moi aussi, elle m’a manquée »

Gabrielle resta seule dans la chambre alors que Xena était sortie. Elle se surprit à éprouver un soulagement d’être ici.
La porte s’ouvrit.
« Mais si viens, je crois que quelqu’un veut te voir…. »
« Xena, qu’est-ce que tu mijotes ? »
Kiaora semblait agacée par ces cachoteries.
Quand elle entra dans la chambre et qu’elle aperçut Gabrielle, elle se tut.
Gabrielle alla à sa rencontre et elles se serrèrent affectueusement.
« Gabrielle….Je ne rêve pas c’est bien toi ? »
Xena, derrière elles, souriait.
« Depuis quand est-ce que tu es revenue ? »
« Il y a une heure…. »
Kiaora toisa Gabrielle.
« Je te l’avais promis Kiaora. Je t’avais promis que je reviendrais tôt ou tard…. »
« Oui et c’est plus tôt que tard. Je suis contente que tu aies tenu ta promesse. »
Elle réfléchit.
« Mais pourquoi es-tu là ? Il se passe quelque chose ? »
Kiaora avait vu juste.
Gabrielle prit un air grave.
« A vrai dire oui. Les gens de mon village projettent de tuer Xena demain soir. »

Kiaora prit peur.
« Mon dieu ! ! »
« Ne t’en fais pas Kiaora, je ne risque rien », rassura Xena.
Silence. Elle regarda Gabrielle.
« Plus maintenant du moins, car Gabrielle est venue me prévenir. »
Kiaora porta la main à sa poitrine, soulagée.
« Merci Gabrielle. Tu ne peux imaginer ce que ça représente pour moi…. »
« Je sais Kiaora, je sais. »
Xena, pour détendre l’atmosphère, lança,
« Et si on mangeait ! »
« Bonne idée », se réjouit Gabrielle, affamée.

Elles allèrent toutes les trois à la table. Puis une jeune esclave apporta le repas. Elle ne posa aucune question en voyant Gabrielle. Elle déposa les plateaux et partit aussi vite.
Le repas débuta, comme il n’ y avait pas si longtemps. Les trois amies semblaient ne s’être jamais quittées.
« Que s’est-il passé depuis mon départ ? », interrogea Gabrielle.
« Pas grand chose tu sais, la routine…. »
« Xena est trop modeste ! Elle a signé un traité de non agression avec la tribu des amazones de Chilapa. »
Gabrielle manque de s’étouffer.
« C’est vrai ! ? »
Xena lança un regard sombre à Kiaora qui sourit.
« Oui, et je crois que tu n’ y es pas étrangère…. »
Gabrielle ne comprenait pas.
« Pourquoi tu dis ça? »
« Xena a beaucoup changé depuis ton arrivée. Elle est toute joyeuse. Je ne l’avais pas vue comme ça depuis des années. »
Gabrielle sourit et Xena, quant à elle, rougit.
« Kiaora ! ! », grogna Xena.
« Je crois qu’elle a fait ça pour toi, Gabrielle…. »
Gabrielle regarda Xena.
« C’est vrai ? ! »
« On peut parler d’autre chose ? »
« Pourquoi ? », taquina Kiaora.
« Mange et tais-toi ! ! Ca va refroidir…. », gronda Xena à sa nourrice.
Elles rirent.

Le repas se termina dans les rires et Kiaora retourna dans sa chambre. Après un bon bain salutaire, Gabrielle rejoignit Xena dans la chambre.
Xena invita Gabrielle à dormir avec elle, ou plutôt dans sa chambre. Gabrielle accepta. Elle dormirait dans le lit de Xena et Xena sur le fauteuil.
Alors qu’elles se mettaient en tenue pour dormir, Gabrielle s’installa dans le lit. Elle vit Xena s’asseoir dans le fauteuil.
Elle réfléchit un instant.
« Xena ? ! »
« Oui ? »
« Pourquoi tu ne dors pas ici ? »
Elle indiquait le lit en tapotant dessus.
« Je crois qu’il est assez grand pour nous deux non ? ! »
Xena hésitait.
Gabrielle lui offrit un sourire auquel la Conquérante ne put résister, et elle ouvrit le lit en écartant les couvertures.
Xena s’exécuta donc et vint s’installer dans le lit, près de celle qu’elle aimait plus que tout.
Les deux femmes furent maintenant côte à côte. Elles n’étaient pas serrées l’une contre l’autre, un sentiment de pudeur les retenant.
Elles discutèrent ainsi, couchées ensemble.
« Tu restes un peu ? », demanda Xena.
« Non je dois repartir demain soir ou bien ils auront des soupçons…. »
« Dommage. »
« Mais je reviendrai quand cette affaire ce sera un peu tassée…. »
Xena sourit.
« J’espère. »

Elles parlèrent de choses et d’autres puis trouvèrent enfin le sommeil.
Le matin les amena à devoir affronter une journée particulière.
C’est ce soir que les rebelles attaqueront.
La journée se passa de façon banale. Xena fit comme si de rien n’était et, avec Gabrielle, elles allèrent se balader dans le parc que Xena lui avait fait découvrir quelques temps plus tôt.
Xena proposa une baignade à une Gabrielle enthousiaste.
Elles repartirent en fin de soirée. Gabrielle était derrière Xena, sur Argo.
Sur le chemin du retour, Xena sentit Gabrielle se ramollir, signe qu’elle s’endormait.
« Tu dors ? »
Pas de réponse. Xena était amusée. Elle posa sa main dans le dos de Gabrielle pour la maintenir en place.
« Oui un peu…. », marmonna la jeune fille.
Xena fit arrêter Argo.
« J’ai une idée pour que tu sois plus à l’aise. »
Xena, avec une grande facilité, fit passer une Gabrielle, soudain plus réveillée, de derrière à devant Argo. Sans descendre de cheval, Gabrielle était maintenant en amazone, devant Xena.
« Tiens appuie toi là ! »

Xena indiqua sa poitrine. La jeune fille hésita.
« Ne sois pas si timide ! ! »
Elle fit ce que Xena lui demanda et elle se sentit bien, blottie contre son amie.
Elles rentrèrent ainsi au château.
L’heure « H » sonna.
Xena se posta avec quelques soldats, derrière la porte que Gabrielle avait indiquée.
Pour sa sécurité, elle n’avait pas été autorisée à être présente. Elle était restée près de la nourrice, à l'abri.
Xena avait fait passer l’ordre de ne tuer aucun rebelle, à la surprise de ses soldats, qui, cependant ne posèrent aucune question.
Lorsque les rebelles forcèrent la porte pour pénétrer le château, ils se retrouvèrent à leur grand étonnement face à face avec Xena….et ses soldats.
La mini armée les tenait en respect de la pointe de leurs épées et les rebelles n’émirent aucune résistance.

« Alors ! Vous vouliez me rendre visite ? Vous vouliez me faire une surprise ? C’est gentil »
Les rebelles étaient sous le choc. Ils s’attendaient à une mort lente et douloureuse. Mais le sentiment qui les envahissait le plus était la déception de n’avoir pu mener à bien leur mission.
Puis à leur grand étonnement et leur grande incompréhension, ils virent Xena faire signe à ses soldats.
Les soldats baissèrent leurs épées.

« Partez ! Retournez d’où vous venez et ne remettez plus jamais les pieds ici ! ! »
Ils étaient figés.
Xena haussa le ton.
« Dépêchez vous avant que je ne change d’avis…. »
Ils s’exécutèrent sans demander leur reste.
Darphus, énervé, interrogea violemment la Conquérante sur ces agissements incohérents.
« Pourquoi tu les as laissés partir ? Tu es devenue folle…. »
Xena se retourna et lui offrit son regard le plus dur.
« Je ne veux pas en faire des martyrs. Leur stupide rébellion prendrait de l’ampleur et ça c’est hors de question ! »
« Tu es complètement folle ! ! »
Xena ne répondit pas.
Elle regarda ses soldats.
« Assurez vous qu’ils aient compris que revenir ici serait du suicide….Mais ne les touchez pas compris ? ! »
Silence. Ils exécutèrent l’ordre, mais Darphus ne bougea pas d’un pouce.
« Compris Darphus ou je dois te l’expliquer autrement ? ! »
Avec une grimace de haine il partit à son tour.

Xena était maintenant seule avec Mazinger.
« Tu prends des risques Xena ! Tu le sais ! Tu sais que tes soldats ne sont pas tous dévoués et….»
« Oui je sais Mazinger, mais j’ai promis. J’ai promis cela à quelqu’un. »
Il n’ajouta rien, sachant de qui elle parlait.


Chapitre 5


Gabrielle était à nouveau sur le départ. Cette fois, Xena était là.
« Je te remercie d’avoir tenue parole Xena ! »
« Une promesse est une promesse…. »
Sourires.
L’heure des embrassades arriva et Xena lui fit une dernière recommandation avant qu’elle ne parte. Dans une étreinte, elle murmura,
« Prends soin de toi, et reviens vite. »
Sourires.
« Promis »
Elle salua Kiaora et, comme la première fois, elle enfourcha son cheval et partit.
Elle partit au pas et salua ces trois amis de la main.
Quand elle fut hors de vue, Xena s’adressa à Mazinger.

« Assure toi qu’il ne lui arrive rien ! »
Il hocha la tête et la suivit discrètement.
Les deux femmes retournèrent au château.
Gabrielle arriva à Poteidaia avant son père et les rebelles.
Elle avait tout prévu et en rentrant chez elle, elle déposa un panier sur la table.
« Tante Cyanne vous souhaite le bonjour…. »
Hécuba et Lila furent ravies de voir Gabrielle en bonne santé.
Puis, la porte s’ouvrit pour laisser apparaître un Hérodotus passablement énervé.
« Ca ne va pas chéri ? », demanda sa femme.
Silence.
« Papa, tu as…. », Gabrielle ne finit pas sa phrase.
« Elle savait ! ! Cette salope savait qu’on était là, elle connaissait notre plan…. »
Moment de froid glacial quand le père regarda sa fille.
« Pourquoi tu me regardes comme ça ? Je n’y suis pour rien. J’ai fait ce que tu m’as demandé. Je t’ai donné le plan…. »

Lila prit le panier et le montra à son père, espérant calmer sa colère.
« Elle nous a rapporté ça de Merule ! »
Il ne daigna même pas jeter un œil.
Il partit de la maison, en direction de la taverne.
Seules, les trois femmes soufflèrent.
« Dieux merci il ne leur est rien arrivé ! ! »
Lila regarda sa sœur.
« Tu avais raison Gabrielle. On dirait qu’elle a changé. »
Gabrielle ne dit rien.
La soirée fut silencieuse et Hérodotus rentra saoul. Il s’effondra sur le lit et s’endormit dans la seconde.
Cela faisait maintenant une semaine que la tentative de meurtre avait échoué, et Hérodotus ne parlait à personne.
Pendant que Gabrielle retournait à Poteidaia, Xena, elle, était à nouveau seule.
Kellie entra.
Cela faisait des semaines qu’elle n’avait pas touché Xena, de façon, intime.
Elle pensa que le moment était le bon.
Elle massa la colonne vertébrale de Xena et s’aventura jusqu’aux fesses de la Conquérante, qui n’émettait aucunes objections.

Kellie crut que c’était gagné. Alors elle essaya d’introduire quelques doigts dans l’intimité de Xena.
« Arrête. », murmura Xena.
Elle ne fut pas sûre de ce qu’elle avait entendu.
« S’il te plait arrête ! », le murmure se fit plus dur.
« Quoi ? »
Xena tourna la tête vers elle et l’observa d’un regard vide, brumeux et nostalgique. Kellie n’avait jamais vu Xena ainsi.
Elles s’assirent toutes deux face à face sur le lit.
« Xena, il faut que je te parle. »
Silence.
« Xena. Depuis que cette gamine…. »
« Gabrielle ! Son nom c’est Gabrielle ! »

« Depuis que Gabrielle est arrivée tu as changé. Au début tu voulais encore de moi, mais au fur et à mesure que le temps passait, tu ne me désirais plus…. Elle est partie et rien n’a changé. Aujourd’hui elle est revenue, puis est repartie et tu m’ignores. Jusqu’où cela va-t-il aller ? Je sais d’où elle vient ! Xena, je sais qu’elle est cette rebelle….Je pourrais avertir les soldats que…. »
Xena lui saisit avec force et douleur le poignet et lui cracha au visage,
« Ne t’avise pas d’en parler à quelqu’un. Tu pourrais le regretter amèrement. »
« Je voudrais savoir ce que t’as fait cette garce. Cette salope est meilleure que moi au lit c’est ça ? »
Pour toute réponse elle eut droit à une gifle sèche. Ne répliquant pas en parole, Kellie partit en courant de la chambre.

Un soir, alors que Gabrielle, sa mère et sa sœur s’apprêtaient à manger, fatiguées d’attendre Hérodotus, elles furent surprises de voir la porte s’ouvrir sur Hérodotus, Dalus, le magistrat et quelques villageois.
« Qu’est-ce qui se passe ? »
Dalus s’avança.
Il déplia un parchemin.
Deux hommes bien bâtis vinrent la saisir par les épaules pendant que Dalus parlait.
« Gabrielle, fille d’Hérodotus et d’Hécuba. Par ordre et décision du grand tribunal de Poteidaia, dont je suis le représentant, tu as été reconnue coupable de trahison envers ton village. »
« Quoi ? Mais de quoi vous parlez ? »
Son père la fixait froidement.
« En conséquence, le verdict est….la mort ! ! Ton exécution aura lieu après demain soir, au coucher du soleil»
Gabrielle se débattait.
« Qu’est-ce que tu fais Hérodotus ? », s’inquiétait sa femme.
« Elle nous a trahi. Elle a averti la Conquérante de nos projets ! ! »
« Mais non, tu te trompes, elle était à …. »
« Elle était la seule à connaître nos plans. Elle a changé de camp, c’est aussi simple que cela. »
« Mais c’est notre fille ! ! »
« Elle n’est plus ma fille. »
« Emmenez la », ordonna Dalus.
Hérodotus partit avec eux et sa fille.

Gabrielle se débattait alors qu’on la conduisait en prison, en attendant sa mise à mort.
Mazinger, caché dans un fourré, avait tout entendu.
Pris de panique, il s’élança vers Amphipolis, espérant pouvoir avertir Xena à temps.
Une folle course contre la montre débuta. Il ne leur restait que deux jours. C’était mission impossible.
Pendant ces heures de captivité, Gabrielle se tordait l’esprit pour comprendre les raisons qui avaient poussé son père à cette issue. Et sa mère, elle n’avait même pas protesté plus de deux secondes.
Un sentiment d’incompréhension et de tristesse l’envahit.
Elle attendait son exécution.


Chapitre 6


Xena était assoupie sur son trône. Mazinger débarqua en trombe, sans frapper et essoufflé.
Xena se réveilla en sursaut et Mazinger fit signe au garde de les laisser.

« Xena, vite ! ! », haletait-il.
« Quoi ? Que se passe-t-il ? »
Il ne pouvait plus parler mais avait un visage grave.
« C’est Gabrielle c’est ça ? ! »
Il hocha la tête et Xena se leva d’un bond ! !
Elle se retrouva devant lui, le tenant par le col.
« Vas-tu me dire ce qu’il se passe ? ! »
Il inspira.
« Les villageois ! Ils veulent l’exécuter ! »
« L’exécuter ? Mais pourquoi ? »
« Pour trahison ! Ils savent que c’est elle qui t’a prévenue…. »
« Mais comment ? »
« Il faut faire vite Xena, l’exécution a lieu demain soir, il ne reste plus beaucoup de temps. »
Xena excitée et tétanisée, essaya de recouvrer sa raison.
« Merci Mazinger ! ! Reste ici, je vais voir ce qui se passe. »
Xena sortit en trombe.
« Xena ? Sauve la ! ! Ne la laisse pas mourir ! ! »
Xena lui jeta un œil.
« Je n’en n’ai pas l’intention ! ! »

Elle disparut.
Xena sauta sur Argo et elles partirent pour Poteidaia, priant les Dieux pour arriver à temps.


Chapitre 7

Le soleil déclinait sur Poteidaia et Gabrielle entendit un bruit de clés dans la serrure.
Elle tressaillit.
Une peur commença à s’emparer d’elle.
Son père, Dalus et deux homme vinrent la chercher. Ils l’amenèrent jusqu’à la place où attendait le bourreau.
L’homme était cagoulé et tenait un fouet dans sa main droite.

Hécuba et Lila étaient là, avec les villageois, en masse.
Une exécution était toujours un événement.
Elle fut placée devant le bourreau.
Pendant ce temps, Xena était toujours en route pour le village. Argo n’avait jamais couru aussi vite de toute sa vie. Elle n’était plus qu’à quelques minutes du village. Vite, vite ! !
Gabrielle fut mise à genoux et les deux hommes lui soulevèrent les cheveux.
L’un d’eux déchira le dos de sa tunique.
« Papa, arrête les s’il te plait ! Je suis innocente….papa fais quelque chose ! ! »
Son père restait impassible.
Puis, un coup de fouet retentit et fendit l’air, brisant par la même le silence.
Elle hurla de douleur et sa vue se brouilla rapidement sous les larmes.
Elle chercha désespérément sa famille dans la foule mais en vain.
Les coups de fouet lui déchiraient la peau….Une douleur aigue lui lançait le dos.

Gabrielle tourna la tête sur sa droite et put voir son père, le visage fermé.
« Papa ? »
Sa tête fut violemment tournée par le bourreau.
Sa mère et sa sœur, la tête tournée, se tenaient les mains.
Xena arrivait presque à destination. Argo écumait mais courait toujours. Elle était consciente de l’urgence qui animait sa cavalière.
« Pourvu que je n’arrive pas trop tard ! ! »
Gabrielle fut relâchée par les hommes, mais juste le temps nécessaire à l’arrivée des cordes.
On lui lia les pieds et les mains et on la traîna jusqu’au lac du village.
Même si la température externe était supportable, l’eau, elle, ne l’était pas.
Son dos saignait abondamment.
Xena était face à une petite colline. Elle devait finir à pieds, Argo étant trop faible et ne pouvant pas escalader celle-ci.
Elle grimpa la colline à grandes enjambées.

Gabrielle était tenue devant le lac.
« Par verdict de la cour de Poteidaia, toi, Gabrielle, as été condamnée à mort pour trahison ! »
Gabrielle paniquée, se débattait.
« Maman, papa, faites quelque chose ! ! »
Sa vue et sa conscience s’effacèrent alors.
Un cri étouffé sortit de sa gorge au moment où son corps toucha l’eau froide.
« Que les dieux te pardonnent Gabrielle ! », gémit sa mère.

Les villageois retournèrent à leurs occupations et Dalus, fit de même après s’être assuré que Gabrielle ne remontait pas.
Elle se débattait sous l’eau, avalant de l’eau par gorgée. Sa vue se brouilla et son cœur, après une forte accélération, se mit à ralentir.
Les deux hommes chargés de surveiller Gabrielle et de repêcher son corps attendaient patiemment la noyade, et que le corps de la suppliciée remonte à la surface.
Quand soudain, ce fut le trou noir pour eux aussi.
Une ombre agile et rapide plongea alors.
Après quelques secondes sous l’eau, l’ombre remonta avec le corps de Gabrielle.
Xena déposa Gabrielle sur la berge.
Cette dernière ne respirait plus.
Xena commença alors un bouche à bouche vigoureux.

« Allez respire ! Ne me laisse pas tomber ! Allez »
Ses prières furent écoutées et Gabrielle ne tarda pas à recracher l’eau de ses poumons.
Xena la tourna sur le côté pour qu’elle crache en sécurité.
Toujours inconsciente, Xena l’emporta à l’abri.
Elle arriva près d’Argo qui l’attendait patiemment là où elle l’avait laissée, et elle hennit en voyant Xena revenir avec Gabrielle.
Xena positionna Gabrielle devant elle, et elles partirent au trot plus loin. Loin de ces fous.


Chapitre 8

Pendant qu’Argo allait jusqu’au poste frontière que Xena avait repéré plus tôt, cette dernière maintenait fermement une Gabrielle qui se ramollissait.
Arrivée devant le poste frontière, Xena dut déblayer la porte envahie d’herbes et de lianes et elle entra.
Elle déposa Gabrielle sur la banquette. Elle trouva quelques branchages susceptibles de faire office de combustible pour un bon feu.
Gabrielle grelottait tandis que Xena s’affairait à frotter les bouts de bois.
Une étincelle et le feu prit.
Xena alla vers Gabrielle.
Gabrielle prenait une teinte violacée.
Xena découvrit avec effroi ses vêtements en lambeaux et le dos lacéré.
« Ils sont pires que des animaux…. Faire ça à leur propre fille….même moi je…. »
Xena prit une rapide décision.
Elle ôta les vêtements de Gabrielle, devenus inutiles. Elle fit ensuite de même avec elle.
Elle se retrouva rapidement nue, elle aussi.
« J’espère que je sais ce que je fais ! »
Xena s’installa près de Gabrielle. Elles se recouvrirent avec la couverture posée là, et Xena serra contre elle la jeune fille.
« Pourvu que ça marche….Elle est tellement gelée ! ! »

Sentir le corps nu de cette fille contre elle était un supplice pour Xena.
Quelques heures plus tard, Xena constata que son idée avait fonctionné. Gabrielle se réchauffait peu à peu.
Xena était près du feu, elle préparait quelque chose.
« Xena ? ! »
Elle se retourna d’un coup.
Un sourire en voyant Gabrielle réveillée. Elle avança.
« Tu te sens mieux ? ! »
« Qu’est-ce que je fais là ? Je ne me souviens plus…. »
Elle réfléchit et en voyant le regard empli de colère de Xena, se souvint.
Xena pose sa main sur l’épaule de Gabrielle, recouverte par la couverture.
« Tout va bien maintenant. Tu es sortie d’affaire et en sécurité. »
Elle lui caressait le front.
Elle remarqua que Xena était emmitouflée dans une couverture elle aussi.
« Où sommes-nous ? »
« Dans un vieux poste frontière. Personne ne nous trouvera ici ! »
Gabrielle regarda Xena dans les yeux, de façon intense.
« Comment m’as-tu trouvée ? »
« J’avais demandé à Mazinger de surveiller ton séjour ici….Je, j’avais un mauvais pressentiment. »
« Qui s’est avéré exact ! ! »
«Et puis j’ai eu l’aide précieuse d’Argo ! ! »
Sourire.
Gabrielle aperçut la jument par l’ouverture. Un hennissement.
« Merci Argo »

Après quelques secondes, Gabrielle prit conscience de son environnement.
Elle était nue sous les couvertures.
« Je….Où sont mes vêtements ? »
« Ils étaient en charpie ! ! »
Elle regarda Gabrielle visiblement frigorifiée.
« Tu as froid ? ! »
Elle n’attendit pas la réponse et ôta sa couverture qu’elle plaça sur la jeune fille.
« Xena…. »
Xena était nue devant elle.
« Xena, reprends la ! Je….Tu vas attraper froid ! »
« Ne t’inquiète pas pour moi ! Je survivrai ! »
Gabrielle ne put s’empêcher de sentir le parfum de Xena qui émanait de la couverture.
Xena remuait les braises.
Xena jeta un œil dehors.
« Le soleil se couche ! ! »

Silence. Elle interrogea Gabrielle du regard.
« Tu crois que tu pourras reprendre la route demain ? ! »
« Oui….Je crois ! »
Xena réfléchit.
« Il faut dormir maintenant. »
Elles ne parlaient plus. Xena restait debout, immobile.

Gabrielle souleva sa couverture, invitant Xena. Xena approcha et se glissa près de Gabrielle sous les couvertures.
Le corps de Xena rayonnait de chaleur. C’était très impressionnant. Un long silence. Puis Gabrielle tourna la tête vers Xena, lui posant une question.

« Je peux te poser une question ? »
Xena la regarda à son tour.
« Oui bien sûr ! »
« Est-ce que c’est vrai ce que l’on raconte ? »
« Quoi ? Qu’est-ce qu’on raconte ? »
« Eh bien ! ! On dit que….Que tu es….enfin que tu es comme, comme ce que Sappho écrit…. »
Xena, bien qu’étonnée, sourit.
« Tu connais Sappho ? »
« Oui enfin on m’en a parlé ! »
Gabrielle piqua un fard.
« On t’a bien renseignée. »
Silence.
« Est-ce que c’est comme elle le décrit ? Est-ce que c’est…. »
Xena la coupa.
« Tu me sembles bien informée pour quelqu’un qui en a juste entendu parler ! ! »
Gabrielle rougit encore un peu plus.
« Je….enfin…. »
Xena, dans un sourire, pose sa main sur la joue de la petite blonde.
« Tu n’as pas à en avoir honte tu sais ! »
Gabrielle, surprise par ce geste, admit,
« Mes parents disent que c’est vulgaire. »
« Et toi qu’en penses-tu ? »
« Je trouve ça beau, fascinant et poétique. »
Xena sourit.
« Alors c’est ce qui compte. L‘opinion des autres n’a aucune valeur, ni aucune importance. »
Silence.

Les yeux de Xena dans les siens, Gabrielle se sentit défaillir.
« C’est ce que tu penses qui importe. »
« Tu es déjà tombée amoureuse ? », osa demander la jeune fille.
Xena sourit à cette question.
« Oui, ça m’est arrivé ! »
« Tu l’as su comment ? ! »
Elle réfléchit.
« D’abord, tu es obsédée par cette personne, ton cœur bat plus vite, tu as chaud quand elle est près de toi. Tu penses sans arrêt à elle et…. »
« Et tes jambes tremblent quand tu lui parles…. », termina Gabrielle.
« Oui c’est ça ! Tu as tout compris ! »
Xena posa alors un doigt sur le cœur de Gabrielle.
« Tu as chaud ici quand tu es avec elle…. »
Silence.
Gabrielle fixa Xena, une question dans le regard.

« Oui ? »
Elle baissa la tête puis la releva avec hésitation.
« Je n’ai….je n’avais jamais embrassé personne. Enfin je veux dire avant toi, sur la croix! »
« Et tu as aimé ? »
Elle sourit, gênée.
« Malgré les circonstances!! Oui, beaucoup ! »
Les deux femmes ne parlèrent pas pendant plusieurs minutes.
« Tu n’as pas froid ? ! »
« Ca peut aller ! »
Xena se redressa. Elle écarta son bras, pour l’inviter à s’approcher.
« Tu peux venir ici si tu veux, tu auras plus chaud ! »
Gabrielle, dans un mouvement lent et hésitant, s’exécuta.
Elle se blottit alors contre le corps nu de Xena. Celui-ci était toujours chaud, et une douce chaleur l’envahit peu à peu.
« Merci. »
« A ton service ! »
Elles s’endormirent rapidement, très à l’aise dans cette position.


Chapitre 9

Le soleil se levait enfin, une aube d'une grande beauté, coutumière de l'hiver.
Malgré le froid, le soleil réchauffait les coeurs.
Argo n'avait pas attendu pour prendre son petit déjeuner. Elle vadrouillait déjà entre les arbres à la recherche d'une bien maigre pitence.
Xena s'habillait tandis que Gabrielle émergeait du sommeil.
Elle ouvrit les yeux et regarda Xena. En la voyant, un beau sourire se forma sur ses lèvres.
Xena se retourna en sentant qu'on l'observait.

Elle lui rendit ce sourire.
" Tu as bien dormi? "
Gabrielle s'étira,
" Oui très bien "
Xena tenait dans sa main le sac de selle d'Argo et elle fouina dedans. Elle sorti un petit paquet qu'elle lança à Gabrielle.
" C'est pas grand chose mais ça devrait te caler l'estomac quelques heures.... "
Gabrielle, curieuse, défit le paquet et découvrit du pain aux figues....
Xena, sans la regarder, sourit,
" Y'avait plus de pain aux noix, désolée! "
Gabrielle ne put s'empêcher de rire aussi.
" Ca m'ira.... "
Alors qu'elle dévorait son morceau de pain, Gabrielle parcourait des yeux son abri salvateur qu'elle voyait enfin au grand jour, et vit près de l'âtre un linge qui séchait.
" Qu'est-ce que c'est ? ", dit-elle la bouche pleine.
Xena leva les yeux.
" Ca? C'est une tunique que j'ai retrouvée en farfouillant dans le poste.... Je l'ai lavée, elle ne devrait plus tarder à être sèche.... "
Une pause. Xena lui montra ses guenilles.

" A moins que tu sois pressée et que tu ne veuilles remettre ça? "
" Non, on a tout notre temps pas vrai? ", rit Gabrielle.
La nouvelle tunique de Gabrielle était sèche.
Pendant que la jeune fille l'enfilait, Xena était dehors, préparant Argo pour le voyage du retour.
Gabrielle apparut au seuil de la porte et Xena se retourna pour la regarder.
" Mmhh.... pas si mal?! Non?! ", jugea Xena en la toisant.
Gabrielle hocha la tête.
La Conquérante serra les dernières sangles.

" Avant de retourner au château j'aimerais passer à Apollonia....ça nous fera une journée de chevauchée supplémentaire.... Tu n'y vois aucun problème? "
Gabrielle dodelina de la tête.
" Pas du tout "
Mais sa curiosité prit le dessus.
" Pourquoi tu veux aller à Apollonia?"
Xena la fixa dans les yeux.
" J'ai quelqu'un à qui je dois rendre visite....et à qui je veux te présenter...."


Chapitre 10

Les deux femmes galopaient depuis de nombreuses minutes maintenant.
" Tu sais j'aime beaucoup Argo, mais ce n'est peut-être pas nécessaire de faire tout le trajet sur son dos "
" Ne t'inquiète pas pour elle, elle est très résistante.... "
Xena sentait que Gabrielle était mal à l'aise derrière elle.
Par une petite pression des genoux, elle fit ralentir sa monture, pour finalement se stopper totalement.
Xena tourna légèrement la tête.

" Ca ne va pas? "
Gabrielle était blanche.
" Si ça va bien.... c'est juste que je suis pas fan des quadrupèdes.... "
Argo hennit. Gabrielle se reprit.
" Mais tu fais exception Argo!! "
Xena cru comprendre.
" Tu as peur des chevaux? "
" Eh bien disons que c'est pas mon moyen de transport préféré.... "
Xena sourit et fit repartir Argo de plus belle, surprenant Gabrielle qui failli tomber, n'ayant pu que se cramponner tant bien que mal.
" Eh bien tu devras t'y faire!! C'est mon moyen de transport préféré!! ", Xena rit alors aux éclats, sur une jument lancée au triple galop.
Gabrielle, la tête dans les cheveux de Xena, marmonnait, les yeux serrés.
" J'aurais du lui dire de me déposer à Amphipolis avant.... "

Contre toute attente, Gabrielle commençait à s'y faire et elle se surprenait même à commencer à apprécier.
Cela faisait une demi journé qu’elles étaient parties et elles n'avaient fait que 3 pauses. Pour le déjeuner, dans un petit village et pour les arrêts pipi, dans les sous bois. Xena lui demanda tout le long du chemin comment allait son dos. Attention que Gabrielle apprécia, touchée.
Le soir approchant, le froid devenait plus piquant et il força Xena et Gabrielle à s'arrêter.
" Nous ne sommes plus très loin, mais je crois qu'il est plus sage de s'arrêter.... le froid devient trop saisissant. ", expliqua Xena.
Elles descendirent et continuèrent à pied.
Gabrielle s'inquiétait de ne voir aucun abri aux alentours.

" Où va-t-on? "
Pas de réponse.
Elle se contenta de la suivre sans un mot de plus.
Xena s'arrêta soudain, et posa un sac au sol, déchargeant une Argo exténuée.
Elle lui ôta sa selle et la gratifia d'une caresse.
" Merci ma fille, va te reposer maintenant. "
Argo s'éloigna.
Gabrielle regardait cette scène, amusée.
" On dort ici cette nuit? ", demanda la jeune fille.
" Ouais!! ", dit simplement Xena.
Elle sortit alors couvertures et ustensiles de cuisine qu'elle disposa méthodiquement.
Elle leva les yeux vers Gabrielle.
" Ca te conviendra? ", sourit-elle.
Gabrielle, prise de cours, ne sut pas quoi dire....
" Ce n'est pas à moi qu'il faut demander ça! Mais ce n'est pas un lieu approprié pour la Conquérante.... il risque de faire froid et ...."

Elle fut interrompue par Xena
" Détrompe-toi! Il y a beaucoup de choses que tu ignores sur moi.... Et je te jure que tu n'auras pas froid ce soir. "
Xena ramassa des branches et des branchages et en quelques minutes, un camp fut monté. Tout ceci sous le regard hébété de Gabrielle.
Xena avait disposé des branches entre les arbres, créant un rempart contre le vent et elle fit prendre un feu en deux coups de silex....
Elle installa la selle d'Argo avec les couvertures....
Elle jugea son travail.
" Cela te convient-il? "
Gabrielle ne put que hocher la tête.
" Installe-toi je reviens! "
Gabrielle s'exécuta. Elle attendit le retour de son amie, effrayée par tous les bruits de la nuit. Elle n'était pas très rassurée et le fait d'être crispée lui remémorait les douleurs aiguës de son dos lacéré.
Elle fut pétrifiée quand les arbres près d'elle remuèrent dangereusement. Elle prit et serra fort une pierre qu'elle trouva près d'elle.
Xena en sortit victorieusement, un lapin dans la main.
" Xena !! Tu m'as fichue une peur bleue!! "
" J'apporte le dîner. "


Chapitre 11

Xena et Gabrielle finirent leur lapin, dans un silence quasi religieux.
" Qu'est-ce que tu me caches Xena? ", demanda Gabrielle.
" De quoi tu parles? ", s'interrogea la Conquérante.
" Tu m'as dit qu'il y a de nombreuses choses que j'ignore sur toi. Lesquelles par exemple ? "
Xena replongea dans ces souvenirs d'une autre vie, une vie heureuse.

" Je n'ai pas toujours vécu dans ce château lugubre tu sais. Avant je parcourais le monde, je dormais à la belle étoile, je parcourais le monde, à cheval, avec mon armée. C'était plus excitant que cette vie morne et monotone. "
Elle laissa poindre une note de nostalgie.
Elle sortit de ses pensées et jeta un oeil vers Gabrielle. Cette dernière était subjuguée et très attentive.
Xena conclut dans un sourire.
" J'aurais jamais cru que....je veux dire que je te voyais assise sur un trône, à ordonner, et à dormir dans un grand lit moelleux avec une foule de domestiques.... "
Silence.
" Parfois il m'arrive de sortir du château et de dormir à la belle étoile. "
Gabrielle laissa échapper un gloussement.
" Je te croyais pas si sentimentale...."
Xena sourit aussi. Elle regarda le ciel et se concentra de nouveau sur Gabrielle.

" Tourne-toi! ", ordonna Xena.
Celle-ci s'exécuta sans savoir ce qui l'attendait. Xena, quant à elle, sortit un pot d'un sac de selle.
Gabrielle sentit alors les mains de Xena se poser sur ses épaules et descendre le long de son dos, emmenant avec elles la tunique.
Gabrielle tenta de se tourner mais Xena la retint.
" Qu'est-ce que tu fais ? ", s'inquiéta la jeune fille.
" Il faut nettoyer tes plaies, l'eau gelée les a creusées. Ceci devrait te soulager. "
Xena commença à appliquer et à masser le dos meurtri.
Gabrielle se laissa faire, sentant son corps se détendre.
" Ca va? ", demanda Xena.
" Oui c'est très agréable, et ça soulage beaucoup...."
" C'est le principal. "

Après quelques minutes, Xena se stoppa et remit la tunique de Gabrielle sur ses épaules.
" Il est l'heure de se coucher, on ne va pas partir tard.... un bon bain chaud nous attend demain. "
Xena se coucha sur les couvertures, et posa sa tête sur la selle. Elle se mit bien à l'aise.
Gabrielle n'avait pas bougé.
" Tu viens? Qu'est-ce que tu attends? ", demanda la Conquérante.
" J'arrive !"
Elle vint s'installer près de Xena, adoptant la même position.
" Alors, c'est assez confortable pour toi? ", plaisanta Xena.
" Oui c'est parfait, madame je suis la meilleure! "
Silence.
" Bonne nuit Gabrielle. "
Xena ferma les yeux et s'endormit.
Gabrielle, elle, ne trouvait pas le sommeil. Elle regarda si son amie dormait toujours.
" Xena?! ", chuchota-t-elle.
Rien.
Avec une lenteur et une hésitation infinies, elle se risqua à glisser sa main dans celle de Xena.
Elle ferma alors les yeux mais les rouvrit aussitôt quand elle sentit Xena lui presser les doigts.
Elle hésita à bouger. Elle finit par ouvrir les yeux et tourner la tête.
Xena la regardait, le sourire aux lèvres. Gabrielle devient plus rouge que rouge.
" J'adore quand tu fais cette tête là! "
Xena la tira vers elle et lui embrassa le front, sans rien ajouter.
Le sommeil les enveloppa.


Chapitre 12

Elles étaient maintenant à deux heures d'Apollonia. Le voyage était parfait, du moins la première heure.
Des brigands sortirent de nulle part, au milieu du chemin, les empêchant d'aller plus loin.
" Bonjour mesdames. ", fit l'un d'eux.
Gabrielle était angoissée car ces hommes étaient du genre costaud et pas très sympa.
Elle jetta un oeil vers Xena, discrètement, et ses angoisses s'envolèrent, laissant place à la terreur.
Car c'était bien de la terreur qu'elle ressentait en voyant le visage et le sourire sadique de Xena à la vue de ces hommes. Hommes pourtant si nombreux. Elle ne semblait pas avoir la moindre peur ni le moindre doute sur l'issue du combat.
" Que veux-tu? Mourir? ", demanda Xena.
Ils se regardèrent en ricanant.
" AH ah ah ah. Non ! Ta bourse et un peu de bon temps si tu vois ce que je veux dire...."
Xena ricana à son tour.
" Viens te servir! "

Les hommes, blessés dans leur orgueil, lui fondirent dessus.
" Va à l'abri Gabrielle. ", cria Xena alors qu'elle mit pied à terre.
Elle attrapa le premier homme et le maîtrisa sans problème.
Elle lui pressa le cou.
" Tu aurais pu t'éviter de souffrir....tant pis pour toi ! ", elle serrait les dents.
Elle lui tourna le cou de façon sèche et il s'écroula.
Le combat, pourtant inégal à première vue, se termina avec des os cassés, des nuques brisées, du sang, des corps gisants.
Le tout à l'avantage de Xena.
Xena, regarda avec dédain le chef et lui lança, alors qu'il se traînait sur le sol....
" Ne te remet plus jamais sur ma route!! "
Elles reprirent leur route, à pied, et pendant de longues minutes, n'échangèrent aucune parole.
Xena n'avait fait que donner des coups, à mains nues et n'en n'avait reçu aucun....
" Quelque chose ne va pas ? ", demanda Xena, sentant une Gabrielle songeuse.
" Pourquoi tu ne leur as pas simplement dit qui tu étais?! Ils n'auraient pas cherché l'affrontement. "
Xena sourit.
" Pour être privée d'un bon combat? Non? "

Elle vit l'inquiétude sur le visage de Gabrielle. Elle comprit que ses instincts pouvaient faire peur.
" Et puis, ils auraient parlé de toi, et ta vie aurait été en danger. Maintenant, ils vont colporter le message et nous rentrerons sans encombres. "
Elle s'arrêta et monta sur Argo. Elle tendit sa main vers Gabrielle, l'invitant à monter. Gabrielle se laissa hisser.
Elles partirent au galop.
" Nous y serons dans très peu de temps, le village est derrière la colline "
Le village était maintenant à quelques mètres.
" Rien n’a changé ", sourit Xena.
Le village semblait paisible. Les colonnes de fumées s'échappaient des toits. Quelques personnes dans les rues. Gabrielle trouva qu'il ressemblait beaucoup à Poteidaia.
Xena savait où elles allaient et elles s'arrêtèrent devant une auberge.
Xena posa sa main sur l'encolure de sa jument.
" Je vais chercher quelqu'un pour s'occuper de toi. "
Xena, la main sur la poignée, regarda Gabrielle.
" Surtout, n'oublie pas.... pas de Conquérante ici? ", lui rapella-t-elle gentiment.
" Oui je te le promets, je ne dirai rien. "

Gabrielle ne savait pas pourquoi elle devait garder le secret, mais elle tiendrait parole, par respect pour son amie.
Elles entrèrent.
Xena avança de plusieurs pas et posa nonchalamment sa main sur le bras d'un jeune garçon qui débarrassait une table.

" Mon cheval a besoin de soins. Elle est dehors. Je compte sur toi pour lui faire tout ce qu'il faut. ", elle ne le regarda pas en face tout de suite, attendant de trouver l'objet de sa visite avant de le fixer droit dans les yeux.
" Oui, j'y vais Xena. "
Le garçon partit sur le champ, laissant son travail sur la table.
Gabrielle était surprise. Xena semblait être connue ici.
Un viel homme et un petit garçon étaient près du comptoir, absorbés par leur travail.
" Bonjour ! ", lança-t-elle.
Le petit bout de chou se retourna et en voyant Xena il explosa de joie et se rua sur elle. Tous deux avec un sourire non dissimulé.
Xena se mit sur un genou et toisa le petit, après l'avoir embrassé.
" Tu as drôlement grandi! Tu es un jeune homme maintenant. "
Le garçon sourit, fièrement.
" Tante Xena je suis si content que tu sois là ", dit enfin le gamin.
Xena se leva et lui frotta la tête.
" Tu sais bien que je tiens toujours parole. Je ne manquerais pas un solstice avec toi, pour rien au monde. "

Il scruta autour de lui.
" Tante Kiaora n'est pas là? "
" Non, elle avait des choses importantes à faire. "
En notant la déception du gamin sur son visage, elle ajouta.
" Mais elle m'a dit de te donner quelque chose. "
Il trépigna.
" Quoi? C'est quoi? "
Xena le souleva et l'embrassa avec fougue sur la joue.
" Ca !! "
Il riait de bon coeur, visiblement très heureux.

Gabrielle était la spectatrice privilégiée de cette scène insolite. Scène qui contrastait avec l'épisode, plus tôt des brigands sur la route.
Xena semblait passer sans peine de la fureur et la violence, à l'amour et la tendresse.
Cela effrayait la jeune femme.
Le gamin glissa un mot à l'oreille de Xena, en regardant Gabrielle.
" C'est qui la fille là-bas? "
Xena fit signe à Gabrielle de s'approcher. Elle approcha en boitillant.
" Eki, je te présente Gabrielle, mon amie. Gabrielle, voici Eki, mon neveu, un futur grand archer. "
Gabrielle lui sourit et leva une main timide pour le saluer.
Il ne tenait pas en place et posait mille questions.
" Tu restes jusqu'à la fin du solstice hein?! "
" Bien sûr "
" Tu sais j'ai plein de choses à te montrer. Je suis très bon avec mon arc...."
Quand une main se posa sur sa tête, il se tut et regarda l'homme.

" Eki, Xena et son amie doivent être fatiguées de leur voyage. Laisse les se reposer un peu. "
Silence. Le vieil homme termina.
" Va plutôt te changer.... tu dois être beau et propre pour ce soir. "
" Oui oncle Rory "
Le petit Eki s'exécuta.
" Toujours les mots justes ! ", dit Xena en serrant les mains de l'homme.
Un sourire de Rory.
" Heureux de te revoir. Comment vas tu? "
" Très bien merci.... Le petit monstre ne te pose pas trop de problèmes? "
" Non il est adorable ! Comme sa tante ...."
Ils éclatèrent de rire.
Rory tendit sa main vers Gabrielle.

" Rory "
"Gabrielle "
Il fit signe de la tête.
" Les amis de Xena sont mes amis "
Il retourna à son comptoir.
" Je peux faire quelque chose pour vous en attendant le repas? "
" Disons que le voyage a était long et sale si tu vois ce que je veux dire...."
Il lui lança un regard entendu.
" Tu sais où se trouve ta chambre?! "
" Merci Rory. "
Elles montèrent à l'étage.


Chapitre 13

Xena entra dans la chambre.
Rien n'avait changé.
Xena ouvrit l'armoire et jugea les tuniques et les tenues pendues.
" Tu peux aller prendre ton bain d'abord.... je vais à côté chercher d'autres tuniques plus chaudes. "
Xena lui montra du doigt la porte qui menait à la salle de bains.
Cette dernière sortit de la chambre, laissant Gabrielle seule.
Gabrielle se dirigea vers la salle de bains et découvrit avec plaisir une pièce chauffée et parfumée.
Un grand baquet siégeait au milieu de la pièce et des bassines d'eau étaient maintenues au chaud dans des âtres.
Gabrielle commença à remplir le grand baquet.

Au bout de quelques minutes, elle jugea que le niveau était suffisant. Elle entreprit de se déshabiller et d'y entrer.
A ce moment-là, Xena entra dans la chambre, les bras chargés de lourdes et belles tuniques.
Elle les posa sur le lit.
" Gabrielle ?! ", appela-t-elle.
Soudain, elle entendit un bruit sourd, comme une chute.
" Gabrielle !! "
Elle se précipita dans la salle de bains et découvrit Gabrielle, à terre.
Xena aida son amie à se relever.
" Tout va bien? Que t'es-t-il arrivé? "
Gabrielle releva la tête.
" C'est idiot, j'ai voulu monter là dedans et voilà le résultat...."
Gabrielle, nue, tenta à nouveau de monter dans le baquet.
" Attends je vais t'aider. "
Elle attrapa Gabrielle et la prit dans ses bras, les mains sous ses genoux et ses bras.

" Non c'est pas la peine...."
Xena remarque que les jambes de son amie étaient un peu enflées.
" Tes jambes sont enflées.... J'aurais du faire attention et y penser..... je suis désolée...."
Xena installa Gabrielle dans l'eau chaude et finit de remplir le baquet.
" Qu'est-ce que tu fais ?", demanda Gabrielle en la voyant faire.
" Il n'y aura jamais assez d'eau pour nous deux...."
Xena ajouta deux ou trois bassines et se dévêtit à son tour.
Gabrielle ne détourna pas les yeux et profita pleinement du spectacle.
" Je vois que des bains communs ne te gênent plus....", plaisanta-t-elle.
Gabrielle baissa la tête, gênée.
" Excuse moi. "
Xena rit
" Au contraire, ça me fais plaisir de voir que j'ai un bon ascendant sur toi....tout n'est pas perdu. "
Les deux femmes se délassèrent dans l'eau chaude et parfumée.
" Qui sont Rory et Eki, Xena? "
" Rory est un vieil ami à moi. Lui et Kiaora vivaient à Amphipolis autrefois. Ils étaient là quand je suis née et il y est resté jusqu'à ce que les Romains arrivent. Il est ensuite venu se réfugier ici. "
" Il a l'air très gentil. "
" Il l'est. "
Silence.

" Et Eki? C'est son fils? "
Xena inspira.
" Non, c'est le fils de mon frère Toris. Il n'était pas encore né quand les Romains sont venus et ont tué son père. "
" Je suis désolée Xena, je ne voulais pas être indiscrète. "
Xena sourit.
" Tu ne l'es pas. C'est juste que je n'en n'ai jamais parlé à personne. En fait, je n'en ai jamais parlé depuis 12 ans. Depuis ce jour. Tu sais, la femme de Toris venait de lui apprendre qu'il allait être papa dans quelques mois, quand ces chiens sont arrivés. Kiaora, Rory, elle et moi avons fui. J'avais alors 20 ans. Quelques mois plus tard, Eki naissait et moi j'allais commencer ma carrière d'assassin...."
" Xena....", apaisa Gabrielle.
" Je sais ce que je suis Gabrielle. Je refusais de me l'avouer mais tu m'as ouvert les yeux. Grâce à toi je sais que je peux m'améliorer. Je ne pourrais jamais me racheter mais je ferais de mon mieux...."
Sourires.
" Je n'ai jamais dit à Eki ce que je suis devenue. Je ne veux pas lui faire de peine...."
Xena saisi Gabrielle par les épaules.

" S'il te plait, ne lui dis jamais.... je ne veux pas qu'il souffre...."
Gabrielle posa ses mains sur les siennes.
" Ne t'en fais pas, je garderai ton secret, je te le promets. "
Contre toute attente Xena serra Gabrielle dans ses bras, les larmes aux yeux.
" Merci "
Elle relâcha son étreinte et la regarda avec chaleur et reconnaissance.
" Je crois qu'il va falloir sortir de là dedans....Rory va nous attendre. "
Elle regarde Gabrielle, tout en sortant en premier.
Elle offrit son aide à Gabrielle pour sortir.
Elles allèrent ensuite mettre leurs tuniques propres.

Xena ouvrit la porte de la chambre et elles se préparèrent à descendre.
" Tu veux de l'aide? "
" Non ça va aller, merci...."
Gabrielle vit une étrange expression dans les yeux de la Conquérante.
" Tout compte fait, je veux bien. Je ne voudrais pas arriver au pied de l'escalier sur le derrière, ça ferait mauvais effet. "
Xena lui tendit son bras pour l'aider à descendre le grand escalier.


Chapitre 14

Xena et Gabrielle arrivèrent dans la grande pièce où l'on servait les repas.
La table, modeste, comme la pièce d'ailleurs, était dressée, et quelques personnes s'attelaient à manger.
Rory leva la tête, et, lorsqu'il les aperçut, il leur fit signe de la main de s'approcher.
Eki se rua sur Xena.
" Et tu te mets a côté de moi d'accord? S'il te plaît? Hein?"
" Oui calme toi bonhomme, je vais me mettre à côté de toi...."
Elle le gratifia d'une main sur la tête, geste maternel que Gabrielle ne manqua pas de noter et d'apprécier.
Rory était au bout de la table, Xena et Eki à sa gauche et Gabrielle à sa droite.
Les deux amies étaient face à face.

Cassandra, une vieille amie de Rory qui l'aidait à son travail apporta le dîner. Gabrielle se frotta les mains.
"Mmhh ça sent rudement bon!!"
Rory regarda la jeune fille, puis jeta un regard interrogateur à Xena qui ne put que hausser les épaules et sourire.
Gabrielle se jeta sur son assiette et tous se mirent à rire en la voyant engloutir si vite le met que Cassandra avait mis tant de temps à mitonner.
Eki tira la manche de Xena qui s'apprêtait à commencer à manger.
" Dis moi ce que tu as fait depuis la dernière fois? Raconte moi!! Tu as combattu des brigands? Tu as rencontré des dieux?"
Rory, tout en mangeant, s'adressa au petit garçon.
" Eki, tu fatigues Xena avec toutes ces questions ? Mange ça va refroidir."
Xena sourit, se retourna vers son neveu triste et lui fit un clin d'oeil.
" Je te raconterai ça tout à l'heure...." chuchota-t-elle.
Eki, satisfait, mangea à son tour.
Xena reporta son attention vers Gabrielle.
" Eh doucement avec le vin!! Il est fort et ...."
" T'inquiète pas Xena, je suis pas en sucre " , rassura la barde.
Xena tourna la tête vers Rory.
" Je suis touchée par ton accueil Rory et par tout ce que tu fais."
" On en a déjà parlé de nombreuses fois Xena. Tu es comme ma fille, je suis heureux de pouvoir t'aider."
Sourire.


Chapitre 15

Le dîner touchait bientôt à sa fin et Gabrielle était de plus en plus rouge et joyeuse.
Eki, s'était endormi, la tête reposant sur les genoux de Xena.
Gabrielle voulut se resservir du vin et fit tomber sa coupe.
" Gabrielle je crois que tu devrais arrêter avec ce vin. C'est déjà ta quatrième coupe!!"
Rory riait devant ce spectacle.
" Elle ne tient pas l'alcool dis donc ton amie."
En voulant essuyer le vin tombé elle fit tomber un pichet. Cassandra se précipita pour nettoyer. Xena fit un signe de la tête à la femme de se s'approcher d'elle. Cette dernière s'exécuta. Xena lui déposa dans les bras un petit Eki endormi, et elle se leva.
" Gabrielle viens avec moi."

Elle s'avança vers son amie et regarda Rory et Cassandra.
" Le dîner était excellent, mais nous sommes fatiguées et je crois que nous avons besoin de sommeil."
Tout le monde riait. Xena prit Gabrielle par le bras.
" Viens par ici toi ! "
Elles se dirigeaient vers les escaliers et Gabrielle commença seulement à protester.
" Eh mais qu'est-ce que tu fais ? Je veux rester avec les autres ! Je n'ai pas encore sommeil."
" Je crois que si au contraire."

Xena et Gabrielle étaient à présent devant leur chambre. Xena ouvrit la porte.
Elles entrèrent et Xena alluma la torche pour un peu de clarté.
Elle fit asseoir la barde sur le lit et commença à lui ôter ses vêtements, pour lui mettre une tunique de " nuit ".
" Et dis donc toi? Je te vois venir. Tu as quelque chose en tête."
" Je ne vois pas de quoi tu parles. Ma seule intention est de te faire dormir."

Xena fini de retirer la robe de Gabrielle, et alors qu'elle lui enfilait la tunique, Gabrielle l'interrompit.
" Tu sais je ne dis pas non Grande Conquérante.... Tu es plutôt jolie et ...."
Xena la réduit au silence en lui plaquant sa paume de main sur sa bouche décidément trop bavarde.
" Ca suffit ", dit-elle en terminant de l'habiller.
Elle la plaça sous les couvertures.
" Dors à présent. "

Xena se déshabilla à son tour et vint la rejoindre au lit, sous le regard insistant de Gabrielle.
Xena sentait le regard de Gabrielle sur elle, malgré ses yeux clos. Elle tourna la tête vers elle et découvrit qu'elle était sérieuse à présent.
" Quoi ? ", demanda-t-elle doucement.
Gabrielle posa sa main sur la joue de Xena.
" Tu es si....si belle!! "
Xena leva les yeux au ciel.
" Et toi tu es saoule !! "

Contre toute attente Gabrielle se pencha vers Xena et l'embrassa.
" Qu'est-ce que tu fais? " demanda Xena calmement.
" Tu le vois bien. Je t'embrasse."
Xena sourit de façon lasse et referma ses yeux.
" Tu n'es pas toi même."
" Pourquoi tu ne me prends jamais au sérieux? Tu me traites comme une enfant alors que je suis une femme à présent."
Xena ne dit rien.
Gabrielle glissa sa main sous les couvertures et fit courir ses doigts sur la poitrine de Xena jusqu'à ce qu'elle trouve l'ouverture de la tunique et qu'elle puisse y entrer les doigts.
" Crois moi quand je te dis que tu es belle.... Je t'aime. Je te veux Xena. Oui je te veux. "

Elle caressait la poitrine de Xena qui haletait sous ses administrations.
" Moi aussi je te veux...."
Xena retira la main de Gabrielle.
" Mais pas comme ça. Pas dans ton état. "
Gabrielle, d'abord vexée, était maintenant perplexe.
" Je sais ce que je veux!! "
Xena se leva.
" Je sais ce que je ne veux pas...." reprit Xena.
" Où vas-tu ? "
Xena ne dit pas un mot et sortit de la chambre en emportant une simple couverture. La porte se ferma. Gabrielle reposa sa tête sur l'oreiller.
" Quelle idiote !! "


Chapitre 16

Le jour se levait et Gabrielle ouvrit les yeux.
Elle aperçut Xena, habillée, regardant par la fenêtre.
Xena se retourna en sentant son amie se réveiller.
" Bonjour. "
Gabrielle lui répondit par un bonjour tout aussi amical, mais elle était un peu déboussolée.

" J'ai l'impression qu'Héphaïstos me martèle le crâne...."
Xena prit une coupe qui patientait au coin du feu et la tendit à Gabrielle.
" De la tisane, ça va te soulager. Avec tout ce que tu as bu hier, il ne fallait pas espérer mieux."
Xena sourit. Et Gabrielle rougit. Elle nota que Xena faisait tourner un objet dans ses doigts mais ne parvenait pas à voir de quoi il s'agissait.
Peut-être était-ce dû au vin?

" Je suis désolée pour hier soir Xena.... Où as-tu dormi? "
" Dans la chambre d'Eki. "
Silence.
Gabrielle était assise dans le lit et Xena s'était assise près d'elle.
" C'était très noble ce que tu as fait hier soir...."
Xena ne répondit pas.
Un silence pesant s'installa.
" Qu'est-ce que c'est ? ", demanda Gabrielle en regardant les mains de Xena et en sirotant sa tisane.
" C'est Eki qui me l'a fabriquée. C'est une petite flèche avec des plumes de couleurs. "
" C'est très mignon. "

La journée se passa de façon très agréable et les deux amies aidèrent les villageois à préparer le solstice du soir.
Ce solstice fut placé sous le signe de l'amitié et de la bonne humeur.
Tout le monde s'amusa, mangea et rit avec joie et sincérité.
Ce sera à coup sûr un moment inoubliable pour chaque participant, et de très bons souvenirs.
Surtout pour Eki qui put boire avec bonheur les récits de Xena sur ses aventures et les remarques de Gabrielle sur celles qu'elles avaient vécues ensemble.

Il était venu le moment pour Xena et Gabrielle de repartir vers le château.
Xena fit la promesse à Eki qu'elle reviendrait bientôt et que Kiaora et Gabrielle seront avec elle.
Les deux jeunes femmes se mirent en route.
" Dis moi Rory, Niklio est toujours au Mont Nestus ? "
" Oui pourquoi ? "
" Je dois aller le voir. J'ai une faveur à lui demander. "
Rory hacha la tête, ayant visiblement compris ce que Gabrielle ne saisissait pas.
Xena exerça une pression sur les flancs d'une Argo au mieux de sa forme, et elles partirent dans un nuage de poussière.
" A bientôt ", crièrent-elles en cœur.


chapitre 17

Le Mont Nestus n'était qu'à une journée de chevauchée et le fait d'être partie de bonne heure, les ferait arriver le soir même, avant la nuit et le froid.

"Qui est Niklio Xena ? "
" C'est un bon ami à moi. Tu vas l'apprécier j'en suis sûre. "
Gabrielle était curieuse.
" Il vit au pied de la montagne ? "
Xena hocha de la tête.
" Il vit seul ? "
Xena renouvela son action.
" Il n'a pas de femme, ni d'enfant ? "
Xena dit non mais ces questions commençaient à la fatiguer.
" Tu le connais depuis longtemps ? "
Xena garda sa bonne humeur.
" Tu lui demanderas tout ça quand on sera arrivées. Ok ? "
La jeune fille comprit qu'elle parlait trop.
Elle se tut et Argo les emmena jusqu'à destination.
La maison de Niklio ne payait pas de mine et était une habitation somme tout modeste. Elle ressemblait à une cabane.
Gabrielle fut surprise. Ce n'était pas du tout ce à quoi elle s'attendait. Elles descendirent d'Argo. Xena abrita sa jument sous l'appentis près de la maison.

Xena frappa à la porte et quand Niklio ouvrit, ce fut une grosse surprise.
" Xena ? Xena c'est bien toi ? Je n'arrive pas à y croire.... "
Sa joie était réelle et sincère. Il lui sauta dessus.
Gabrielle découvrit à nouveau une nouvelle facette de la vie de Xena.
Cette conquérante si cruelle et redoutée et aussi une femme très chaleureuse qui aiment ses amis et qui sait rire et être adorable.
Niklio continuait de serrer très fort Xena.
" Tu m'as manqué tu sais....J'avais peur qu'il te soit arrivé quelque chose. Tu n'as pas répondu à mon dernier message. "
Xena s'excusa.
" Je suis désolée j'ai eu quelques soucis et beaucoup de travail. "
" Rien de grave ? "
" Non rassure toi. "
Niklio regarda Gabrielle.
" Niklio. Je te présente Gabrielle, une amie. "
Niklio prit la main du barde et la serra de ses deux mains.
" Ravi de te connaître. "

Un vent froid se leva.
" Entrer je vous en prie vous allez tomber malade si vous restez dehors. "
Les deux femmes pénétrèrent dans la maison de Niklio.
Le feu était allumé et une marmite chauffait dans l'âtre.
" Je fais un peu de soupe vous avez faim ? "
Xena et Gabrielle se regardèrent et se concertèrent du regard.
" Oui avec plaisir. ", dit Xena.
Tous trois s'installèrent à table et mangèrent une soupe chaude.
" Qu'est-ce qui vous amène ? "
" Je voudrais que tu examines Gabrielle et que tu t'occupes d'elle. "
Gabrielle manqua de s'étrangler.
" Bien sûr.... "
Elle regarda Xena avec terreur.
Que fait-elle ? Qu'a-t-elle en tête ?
Gabrielle imagina toutes sortes de scénarii.
Est-ce que Xena avait menti et ne l'avait amené ici que pour l'abandonner à cet homme, ou pire la vendre à cet étranger?
Ses peurs furent dissipées quand Xena la sortit de ses cauchemars.
" Gabrielle tout va bien ? " demanda Xena, inquiète.
Gabrielle ne pouvait s'exprimer.
" Niklio est le meilleur guérisseur de Grèce....Il devrait pouvoir soigner tes jambes. "
" Un guérisseur ? "bredouilla la jeune fille.
" Oui ! Pourquoi tu fais cette tête ? Que croyais-tu ? " , interrogea Xena.
" C'est idiot....", Gabrielle rougit.

" Je.... Je croyais.... J'ai eu peur. J'ai cru que c'était un marchand d'esclaves et que tu allais me vendre à lui. "
Xena et Niklio ne purent retenir leurs rires.
" Où vas-tu chercher tout ça ? "
" Je ne suis pas comme ça petite. N'aie rien à craindre. "
Gabrielle se sentait ridicule.
" J'ai du oublié de te dire ce que faisait Niklio. Excuse moi. "
" C'est pas grave....", répondit une Gabrielle honteuse d'avoir pensé cela.


Chapitre 18

Le repas était terminé.
Niklio demanda à Gabrielle de s'installer sur la banquette au fond de la pièce.
La jeune fille s'exécuta.
Niklio et Xena discutèrent alors que Gabrielle s'asseyait.
Elle ne pouvait entendre leur conversation.
Niklio lava ses mains dans une sorte de jatte et s'approcha d'elle, talonné par Xena.
" Allonge toi, s'il-te-plait. Je vais t'examiner. "
Gabrielle s'allongea. Le sourire que Xena lui offrait était assez rassurant.
Niklio releva ses manches et commença son auscultation et, malgré un visage qui réagissait à ce qu'il voyait et sentait, l'homme ne trahit aucune émotion.
Il leva la tête vers Xena.

" Tu lui prodiguais des soins déjà? "
Xena hocha la tête.
Il retourna à sa tâche.
" Beaume....de Lao Ma je présume.... " , dit-il en souriant.
" Et massages....bien bien bien.... "
Il remit ses manches en place.
" Tu as eu de bons réflexes Xena. Tu as fait ce qu'il fallait au bon moment. Je vais pouvoir lui rendre ses jambes. "
Xena sourit. Gabrielle, elle, regarda Xena pour avoir la certitude de ce qu'elle venait d'entendre.
Xena posa sa main sur le front de Gabrielle et son visage s'illumina d'un sourire qui voulu tout dire et qui suffit à répondre à son angoisse.

" Je propose de dormir et nous verrons ceci demain. J'ai quelques herbes et cataplasmes à préparer. »
" Merci Niklio. Je savais que je pouvais compter sur toi. "
Sourires.
" Vous pouvez dormir par là, poussez tout par terre et ça devrait aller. ", dit-il en indiquant une petite porte qui abritait une sorte de remise.
Xena aida Gabrielle à se relever et elles allèrent à l'endroit dit.
Les deux femmes entrèrent dans la pièce. Elles la scrutèrent quelques secondes.
" Je pense que le lit sera assez grand pour nous deux? ", jugea Xena.
" Si tu ne prends pas toute la place oui.... "
Xena se retourna vers Gabrielle et la saisit par le cou.
" Dis donc petite fille effrontée....Je pourrais te faire dormir par terre si tu préfères? "
Gabrielle riait.
" Aïe, aïe.... d'accord je retire ce que j'ai dit. "
Xena desserra son étreinte.
" Je préfère cela. "
Xena fit de la place sur le lit et l'arrangea du mieux qu'elle put.

" Voilà! Je pense que ça ira. Allez au lit !! "
Gabrielle sauta dans le lit. Xena commença à ôter sa tenue.
" Qu'est-ce que tu fais ? ", demanda la jeune fille.
" Ben je me déshabille! Ca ne se voit pas? "
" Il ne t'arrive jamais de dormir avec quelque chose sur le dos? "
" Non ! J'aime être à l'aise. Et puis ici il fait très chaud.... "
Gabrielle tourna la tête quand Xena ôta les linges qui masquaient sa nudité. Cela fit sourire Xena qui entra dans le lit. Gabrielle la regarda de nouveau. Xena la fixait.

" Quoi ? ", demanda la barde.
" Tu as un problème avec ça toi ? "
Gabrielle rougit.
" Pas du tout ", se défendit-t-elle.
" Si tu as un problème avec ça ! ", dit Xena en levant les draps et en dévoilant son corps nu. Gabrielle tourna de nouveau la tête, rouge écarlate.
Xena riait. Elle riait si fort que Niklio arriva.

" Tout va bien ? J'ai entendu.... "
En voyant Xena faire son numéro il comprit et se ravisa.
" Ah d'accord. Je vois. A demain matin. Bonne nuit. "
Il adressa un clin d'oeil à Xena et referma la porte. Gabrielle ne comprenait pas.
" Pourquoi il a cligné de l'oeil? "
Xena rit de plus belle.
" Il n'a pas de problème avec ça lui!! ", dit-elle dans un rire incontrôlable.
Xena remit les draps sur elle, après avoir retrouvé son calme.
"Allez bonne nuit Gabrielle.... "
" Bonne nuit Xena. "
Silence.
" Et ne prends pas toute la place ", glissa-t-elle.
Elles sourirent.
" Méfie-toi petite fille.... "


Chapitre 19

Le soleil projeta ses rayons dans la pièce où dormaient encore Xena et Gabrielle. Lorsqu'il toucha la joue de Xena, elle fit d'abord une grimace, ouvrit un oeil puis l'autre.
Elle jeta un bref regard vers Gabrielle, sourit et se leva.
Elle enfila sa tenue et sortit discrètement de la pièce.
Elle trouva Niklio, assis à sa table qui préparait les herbes.

" Bien dormi ? ", dit-il avec un sourire.
Xena s'assit.
" Oui très bien. "
Elle remarqua son petit sourire et roula des yeux.
" Ce n'est pas ce que tu crois. C'est juste une amie. "
Elle attrapa un bout de pain qu'elle mangea.
Silence.
" Je te remercie de faire cela pour elle. "
" Les amies de mes amies sont mes amies ", dit-il avec le même sourire qui en disait long.
" Niklio!! Arrête!! ", dit gentiment Xena.
Il posa son pot sur la table.
" Voilà. C'est fini. On peut commencer quand tu veux. "
" Le plus tôt possible, nous avons de la route pour rentrer et je souhaite que son calvaire se termine le plus vite possible. "

Elle se leva.
" Je vous rejoint tout de suite. "
Xena entra dans la chambre et s'approcha de Gabrielle.
Elle lui toucha les cheveux qu'elle fit glisser dans ses doigts.
" Gabrielle, Gabrielle réveille-toi. "
La jeune fille ouvrit doucement et péniblement les yeux.
" On va commencer les soins. "
" Maintenant ? "
" Le plus tôt sera le mieux. "
Niklio entra à son tour.
Gabrielle voulut se relever mais il la stoppa d'un geste de la main.
" Restes allongée. "
Il lui tendit une tasse fumante.
" Bois ceci. Ca te fera dormir un peu. "
" Dormir? Pourquoi? "
Il s'assit près d'elle, sur le bord du lit.

" Le cataplasme que je vais t'appliquer est assez douloureux car il pénètre les tissus et les muscles. Il vaut mieux que tu sois endormie pour endurer le moins de mal possible. Et puis, le corps se régénère plus rapidement quand il est plongé dans le sommeil. "
Gabrielle l'écoutait attentivement;
" Je dormirais longtemps? "
" Tout dépend de ton corps et de ta résistance. Tu peux dormir quelques heures ou quelques jours. Cela dépendra de comment ton corps réagit à la douleur. Le moment venu je stopperai la tisane et tu te réveilleras. "
Gabrielle regarda Xena.
" Je te donnerai la tisane moi-même et je te surveillerai tout le temps. N'aie pas peur. J'ai eu droit à la même chose. On survit. "
" Tu.... "
" Oui, j'ai aussi eu les jambes brisées. Je te raconterai à ton réveil. "
Niklio releva ses manches.
" Bois tant que c'est chaud. "
Elle but la tisane et les effets ne tardèrent pas.
Gabrielle s'endormit rapidement. Xena et Niklio se mirent à l'œuvre. Xena poussa les draps sur les côtés et releva la tunique de Gabrielle sur ses cuisses. Niklio appliqua le baume minutieusement, sous l'œil attentif de Xena.


Chapitre 20

Xena veilla Gabrielle comme elle l'avait promis. Elle lui fit avaler la tisane et fut à son chevet pendant deux jours et deux nuits complets.
Au bout de ces deux jours, Niklio constata que son traitement avait marché et il informa Xena que la tisane pouvait être stoppée.
Un après midi, alors qu'elle entra dans la pièce, elle vit Gabrielle tenter d'ouvrir un œil.
Un sourire et elle s'assit près d'elle.
Elle caressa le front de son amie et Gabrielle ouvrit complètement les yeux.
" Bonjour. ", lui dit Xena.
" Bonjour.... "
Gabrielle essaya de se redresser.
" Ne tente rien pour le moment. Il ne faut pas trop forcer pour l'instant. "
Gabrielle regarda Xena.
" Ca a marché? "
" Très bien, tu es complètement rétablie. "
" J'ai dormi combien de temps? "
" Deux jours. "
Silence.
" C'est correct. Tu es une dure à cuire. "
Sourires.

Niklio entra à son tour.
" Alors comment tu te sens aujourd'hui? "
" Ca va. "
Elle regarda ses jambes en levant les draps.
" Tu vas pouvoir courir comme un lapin. ", plaisanta-t-il.
" Merci beaucoup Niklio. ", ajouta sincèrement la jeune fille.
Un geste de la tête fut la seule réponse qu'il donna.
" Je vais vous laisser. Vous n'avez plus besoin de moi. Je dois aller au village. Je serai de retour demain matin. "
Il sortit de la pièce, sa besace sur le dos.
" Tu dois avoir faim? "
" Oui un peu.... "
" Je vais te chercher ça. "

Xena revint peu de temps après avec un plateau.
Elle s'installa confortablement près de Gabrielle, la forçant à se pousser un peu, et posa le plateau près d'elles.
" Ferme les yeux. "
Gabrielle se méfia.
" Quoi ? "
" Ferme les yeux. Fais moi confiance. "
La barde obéit et sans voir ce que Xena mijotait, elle senti bientôt un truc collant et sucré sur ses lèvres.
" Qu'est-ce que c'est ? "
" Tais toi et goûte. "
Gabrielle passa sa langue sur ses lèvres et découvrit un goût qu'elle ne connaissait pas.
" Tu aimes ? "
" Oui.... c'est quoi ? "
Elle rouvrit les yeux et vit une Xena contente d'elle.
" Du miel ! "
" Je n'en n'ai jamais mangé du semblable. "
" Normal, c'est celui que Niklio prépare. Il est unique. "
Elles se regardèrent.
" Tu en veux d'autre? "
Elle lui tendit le pot.
" Sers toi. "
Gabrielle trempa ses doigts avec frénésie dans le pot.
" Eh doucement. Tu n'auras plus faim pour le reste. "
Elle s'arrêta net.
" Le reste? "
" Oui, je t'ai apporté ton dîner. "
Elle lui présenta le plateau.
Gabrielle, amusée.
" Un repas au lit? Comme la Conquérante!! "
Elles éclatèrent de rire.

Gabrielle dévora tout ce que Xena lui avait apporté.
Après le dîner, elles discutèrent un peu et Xena lui expliqua les effets du cataplasme et lui parla de Niklio.
Le soir était maintenant là et le soleil se déclinait en teinte dorée et rose.
Xena était debout dans la pièce. Elle commençait à se préparer pour aller se coucher.
" On repartira demain quand Niklio sera de retour. Ca te convient ou tu préfères attendre un peu. "
" Non, ça ira, je suis pressée de rentrer. Kiaora va s'inquiéter. "
Xena apprécia cette phrase. Gabrielle voulait rentrer au château. Elle le voulait vraiment. Xena sentit une douce chaleur l'envahir. Une voix la sortit de ses pensées.

" Xena ? "
" Oui "
N'entendant pas de réponse, elle se tourna vers son amie.
" Je t'écoute. "
Gabrielle semblait étrange et ne trouvait plus ses mots. Cela interpella Xena.
Elle avança.
" Non. Rien. Oublie ça. "
Xena, têtue, s'installa près d'elle et baissa la tête pour voir le visage caché.
" Quelque chose te tracasse? "
Gabrielle était très rouge et ne réussissait pas à aligner deux mots.
" Eh bien....je....je.... "
" Parle. N'aie pas peur, nous ne sommes que toutes les deux. "
" Tu te souviens quand on a parlé de Sappho, de ce qu'on ressent quand on est amoureuse.... "
Elle leva les yeux furtivement pour lire l'expression de Xena et savoir où elle s'aventurait.
" Bien sûr que je m'en souviens. "
Gabrielle perdit la parole de nouveau.
Xena prit son menton dans sa main.
" Je....je....", balbutiait la jeune fille d'habitude si bavarde.
Xena ne disait rien, préférant la laisser faire, pour ne rien brusquer ou mal anticiper.
Gabrielle se jeta à l'eau.
" Je t'aime Xena. Je t'aime de tout mon coeur. Je te trouve très belle et.... et chez Rory, l'autre fois, je n'étais pas si saoule que ça.... "
" Qu'essaies-tu de me dire? "
" Je veux te dire que je t'aime et que je te trouve très attirante.... "
" Tu veux qu'on le fasse c'est ça? "
Silence.
" C'est bien ça Gabrielle? "

Gabrielle hocha la tête.
Elle se sentait étrange et avait très chaud. Et la proximité du corps de Xena n'arrangeait rien.

A Suivre….


Partie 10

En lui prenant délicatement le menton, Xena ajouta de la chaleur au corps et au cœur brûlant de Gabrielle. Celle-ci fuit encore son  regard alors que la Conquérante la fixait avec une intensité rare.
« Tu es magnifique…. La plus magnifique femme qu’il m’est été donné de rencontrer », avoua la brune.
Elle traça la mâchoire de son amante de deux doigts, puis caressa ses cheveux, entendant avec plaisir le souffle saccadé de Gabrielle. Elle approcha ses lèvres. Elles n’étaient qu’à quelques millimètres.
« Moi aussi j’en ai envie…. J’ai attendu depuis si longtemps….J’ai envie de toi depuis le premier jour. »
Les lèvres humides se frôlèrent, d’abord, avant de finalement se presser l’une contre l’autre. Gabrielle se concentrait pour graver à jamais ce moment dans son esprit. Chaque seconde, chaque palpitations, elle voulait se souvenir de tout, pour toujours.

Xena s’écarta, à la déception de Gabrielle. Elle pouvait sentir le souffle contre ses lèvres à demies ouvertes, et affamées. La Conquérante sanguinaire lui offrit un regard doux et aimant. Seule Gabrielle était autorisée à ce spectacle. Les larmes lui montèrent aux yeux.

« Je t’aime Xena…. »

Elle attendit une réponse mais n’obtint qu’un petit sourire et ferma les yeux quand sa bien aimée revint goûter ses lèvres. Xena ouvrit légèrement la bouche, guidant Gabrielle. Les langues sortirent alors de leur chaude tanière pour se rencontrer enfin. Le balai débuta à la vertical avant que Xena bascule doucement Gabrielle sur le lit. La jeune fille se laissa faire, ne sachant qu’elle attitude adopter dans ce genre de circonstances.
La Conquérante dirigea la danse, sous l’entière confiance de sa jeune amie.  Les baisers furent longs et langoureux. Puis Xena passa à la seconde étape et caressa le corps de cette vierge offerte. Les deux mains sur les hanches, remontant le fil des hanches. Mais la brune était du genre à dominer et observer. Elle leva la tête et scruta chaque réaction de Gabrielle. La respiration saccadée confirma ses soupçons quand elle passa de la peau nue de ses hanches aux seins durs sous la tunique de lin. Gabrielle pensa alors que son cœur allait exploser et que son corps ne résisterait pas à cette avalanche de sensations. Xena écarta le col et délassa lentement la tunique, mettant à nue cette poitrine et ce cou sur lequel battait furieusement un pouls.

La meneuse se pencha pour sucer et mordiller le cou blanc et lisse de Gabrielle. Elle ne put réprimer un gémissement quand elle sentit les dents de son amante presser et emprisonner sa peau. Elle agrippa le dos de Xena et serra de toutes ses forces. L’effet fut immédiat et la Conquérante se remit au travail. Elle descendit le long du cou pour rejoindre la clavicule. Elle écarta plus amplement la tunique et finit par l’ouvrir complètement.

Xena s’arrêta quelques secondes pour admirer la naissance de sa poitrine. D’un commun accord, juste avec le regard, elle obtint l’autorisation de dévoiler cette poitrine tant convoitée. Gabrielle avait des craintes, mais elle avait confiance. Elle observa attentivement la réaction de Xena, cherchant une quelconque « preuve » de déception. Mais ce fut le contraire. Xena ouvrit les yeux et resta de longues secondes à contempler ses seins parfaits.

« Tu es magnifique mon amour…. »
Gabrielle resta sans voix et prit la tête de Xena entre ses mains. Elles échangèrent un nouveau baiser et Xena alla se repaître des doux seins. Les mamelons, déjà très durs, se raffermirent encore un peu plus, à mesure que la Conquérante les suçait et les mordillait. Gabrielle se lâcha complètement et, la tête de Xena pressée entre ses mains moites, poussa de longs et interminables soupirs.
Prise dans l’action, entre les lèvres et les seins de sa jeune amie, Xena laissa vagabonder ses mains jusqu’au bord du fruit défendu. Elle comprit son empressement quand Gabrielle scella ses lèvres et eu un mouvement de recul. Elle chercha tout de suite une réponse dans ses yeux verts.

« Tu as peur ? »
« Oui….Je…. »
« Tu veux qu’on arrête ? »
Un silence s’installa.
Le sourire naissant de Gabrielle effaça les craintes de Xena.
« Non je te fais confiance…. »

Un nouveau baiser afin d’effacer les dernières craintes et elle se concentra sur la partie intime. Elle massa le bas ventre tendu de la jeune fille avec des mouvements circulaires et se rapprocha davantage à chaque passage près de l’objet du désir. Elle ôta la ceinture lentement et le bruit de celle-ci chutant sur le sol fit sursauter la petite blonde. N’y tenant plus, la femme expérimentée fit sauter ces barrières des vêtements en en délestant son amour. Gabrielle se retrouva en sous vêtements et Xena ne se lassait pas d’admirer ce jeune corps vierge de toutes mains et qui lui était offert.

Elle déposa de longs baisers sur le bas ventre avant de poser ses lèvres sur celles de Gabrielle, au travers de la toile. Humide, le tissu devenait transparent. Alors qu’elle déposait un nouveau baiser, Xena se surprit à sentir le pouls de Gabrielle jusque dans cette partie intime de son corps. La jeune fille était déjà depuis bien longtemps à mille lieues d’ici, de ce lit. Les yeux clos, des milliers d’étoiles explosant derrière ses paupières, elle gémissait sans discontinuer, encourageant Xena dans son exploration.

Avec lenteur et une infinie précaution, Xena ôta le slip et embrasse le bourgeon gonflé de Gabrielle. La jeune fille serra les draps à se faire saigner les doigts. Un cri lorsque les premières vagues la submergèrent.
Gabrielle venait de mourir, la « petite mort » l’avait frappée, cette nuit-là, dans une chambre, en fuite avec celle qui avait été son tortionnaire, son geôlier et aujourd’hui son amante.

Xena remonta le long du corps de Gabrielle sa langue et termina sa course sur ses lèvres. Gabrielle goûta à son propre corps par le biais de sa bouche. Un long baiser en attendant que la jeune blonde retrouve son souffle. Xena regarda dans ses yeux et lui susurra quelques mots.

« Touche moi Gabrielle. N’aies pas peur. »
Mais elle ne savait pas comment faire ni quoi faire. Tout était nouveau ce soir. Une initiation dont elle ne connaissait aucun rudiment.
 Xena le comprit très vite et, afin d’apaiser ses peurs de se tromper, elle prit les mains de son amie dans les siennes et les plaça dans ses propres cheveux.
« Tu vois….Comme ça. »

Gabrielle caressa les cheveux noirs mais Xena les saisit à nouveau et les fit rouler le long de son corps, stoppant la progression aux hanches. »Comme ça tu vois. Touche moi, ressens chaque courbes, apprivoise le…. »
Gabrielle prit l’initiative et remonta ses mains. Elle n’osa pas monter plus haut et attendit près de la poitrine. Xena l’invita à les saisir et Gabrielle se laissa aller. Elle tenait les seins de la femme la plus dangereuse du monde connu entre ses mains. Et celle-ci avait le souffle court. Elle n’en croyait pas ses yeux.
La jeune fille fit enfin preuve d’initiative et alla faufiler ses doigts sous la tunique. Xena bascula la tête en arrière au contact de la peau.

Gabrielle reproduit ce dont elle avait été gratifiée quelques minutes plus tôt. Xena se trouva vite torse nue et couverte de baisers.
Dans un ultime geste, la Conquérante guida la main de son amie jusqu’à son sexe, n’y tenant plus. Elle serra ses cuisses et emprisonna la main peureuse. Elle s’allongea sur Gabrielle, les jambes serrées et commença à diriger la sienne vers le sexe chaud de la jeune amante. Elle introduisit un doigt en Gabrielle qui souleva ses hanches d’un seul coup, élevant Xena encore plus en hauteur.
Elles s’explorèrent l’une et l’autre toute la nuit. Xena lui montrant quoi faire et Gabrielle reproduisant  ce dont elle avait été « victime », avec une confiance constante.


L’aube n’était pas encore levée. Gabrielle dormait toujours, blottie dans les bras de la guerrière. Cette dernière, réveillée depuis près d’une heure, l’observait, tout simplement.
Gabrielle ouvrit un œil et ne put réprimer un sourire en voyant le visage de Xena penché sur le sien.
« Hey », murmura Gabrielle.
« Hey. Tu as bien dormi ? »
« Très bien…. J’ai fait un rêve…. »
Xena l’empêcha de dire autre chose en posant son index sur ses lèvres. La jeune fille poussa le doigt et continua.
« Je t’aime, je t’aime tellement…. Je voudrais que ce moment ne s’arrête jamais. »
« Il ne s’arrêtera jamais, c’est une promesse. »
Gabrielle posa son regard sur la poitrine de Xena.
« Je…. »

La jeune rebelle décida de se lancer et glissa sa main, posée sur le flanc nu de Xena, sur la poitrine. Elle caressa simplement sa peau, sans que Xena n’intervienne.
Gabrielle dirigea sa main plus bas, sans quitter Xena des yeux. Lorsque la main robuste saisit la sienne, elle eut peur. Avait-elle fait quelque chose ? Ses doutes se dissipèrent rapidement lorsque la femme embrassa simplement ses doigts avant de les guider plus bas.

La jeune novice aventura ses doigts dans la toison sombre de cette femme d’expérience qui la laissa faire. Gabrielle caressa son sexe, se souvenant de la façon dont Xena s’y était prise, et se lança dans l’inconnu. Elle plongea un, puis deux doigts en elle. Elle effectua un mouvement de va et vient et comprit qu’elle était sur la bonne voie lorsque les yeux et la tête de Xena basculèrent en arrière.
Elle voulait rendre ce qu’elle avait reçu la veille. Elle voulait faire plaisir à celle qu’elle aimer et toucher chaque partie de son corps.


Partie 11

Le jour se leva enfin. Il lança ses premiers rayons sur deux formes blotties l’une contre l’autre. L’heure était au départ et Xena décida qu’il fallait se bouger ce matin. Terminé les siestes crapuleuses. Elle observa Gabrielle et déposa un baiser sur son front, avant de se lever. La jeune fille bougea légèrement et ouvrit les yeux.

« Bonjour », lui dit Xena dans un sourire éclatant.
« Salut…. »
« Bien dormi ? »
« Blottie contre toi ? Oui. »
Elles échangèrent un doux baiser et Xena lui fit part de ses intentions en se redressant.
« Il va falloir que je me lève et que je parte…. »
Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase que Gabrielle était assise dans le lit, angoissée.
« Non ! Non, restes avec moi ! »

Xena esquissa un sourire et caressa ses cheveux.
« Je reste ici Gabrielle, je reste avec toi. Rien ne pourra plus me séparer de toi maintenant ni jamais. C’est juste que je veux être prête quand Nicklio arrivera. »
Gabrielle était soulagée. Xena, elle, debout, en train de s’habiller.
« Je ne veux pas qu’il nous trouve au lit, à paresser. »
Elle ajusta sa tunique et son armure. Gabrielle soupira.
« J’ai eu peur. Je croyais que tu voulais repartir à Amphipolis et me laisser ici. J’ai eu peur que tu ne veuilles te débara…. »
Xena se pencha sur elle et la fit taire par un baiser.
« Jamais, tu m’entends ! Jamais ! »
On frappa à la porte.  Xena lança un clin d’oel à Gabrielle.
« Tiens qu’est-ce que je te disais. »
Elle boucla sa ceinture et alla ouvrir.
« Bonjour Nicklio. »
« Bonjour Xena. Comment va la malade ? »
Il passa la tête par la porte et vit Gabrielle, allongée.  Un signe de tête pour se saluer. Le guérisseur sourit et regarda son amie.
« Et l’infirmière ? »
« Je suis restée avec elle pour lui tenir compagnie et veiller sur elle. »
Un œil malicieux de sa part fit comprendre à Xena que l’homme n’était pas dupe.
« Pas un mot Nicklio ! »
Elle tenta son visage menaçant mais cela ne marchait pas avec lui. Alors elle jeta un œil vers Gabrielle et s’adressa au guérisseur.
« On pourrait aller dehors ? J’ai à te parler. »
Il acquiesça. Xena demanda à son amie de se préparer.
« Je n’en n’ai que pour quelques minutes. Habilles toi et mange un peu. Il reste du pain aux noix sur la table. Je m’occupe de toi après. »
Gabrielle hocha la tête.

A l’extérieur du chalet, Xena saisit le bras de son ami.
« Nous pouvons reprendre la route sans risques pour elle ? »
« C’est plutôt à moi de te le demander… »
Son petit sourire malicieux fit sourire Xena.
« D’accord, tu as gagné…. »
« J’ignore ce que tu lui as fait mais elle ne semblait plus avoir mal. »
Xena était, pour une des rares fois, embarrassée.
« Ne t’inquiète pas pour ça. »
Après ce moment de détente, ils redevinrent sérieux. Elle posa sa main sur son épaule.
« Il n’y aura pas de séquelle. Elle ne boitera pas ? »
« Non. Tout rentrera définitivement dans l’ordre d’ici à quelques jours. Mais ménages la quand même ! »
La Conquérante prit son ami dans ses bras et l’étreignit avec toute la reconnaissance qu’il méritait.
« Merci mon ami, merci. »
« Vas la rejoindre Xena. Je vais préparer la pommade pour que vous emmeniez. Je suppose que vous voulez partir le plus tôt possible. »
« Oui j’ai des affaires qui m’attendent à Amphipolis. Merci pour tout. »
Elle retourna au chalet.
Xena sourit en ouvrant la porte et en découvrant Gabrielle dévorer avec appétit son pain aux noix.
« Tu es affamée dis moi ! »
« Fu en feu ? »
« Non vas-y régale toi. »
La grande brune s’avança vers l’armoire et sélectionna quelques tuniques qu’elle mit dans une sacoche. Elle ne garda qu’une tunique avec elle. Elle réapparut dans la pièce, alors que la jeune fille s’étouffait avec un bout de pain.
« Hey doucement…. »
« J’ai voulu me dépêcher…. »
« Je vois ça. »
Xena s’approcha et saisit Gabrielle. Elle la prit dans ses bras malgré les protestations.

« Qu’est-ce que tu fais ? »
« Un bon bain ne te fera pas de mal. »

Elles se rendirent dans la seconde pièce où un baquet d’eau chauffait en permanence, alimenté par des braises. Elle posa Gabrielle à terre la soutenant pour ne pas qu’elle tombe.

« Les effets de la pommade se dissiperont bientôt. »
Xena ôta les habits de son amie et ne put s’empêcher de caresser un sein.
« Profite de mon handicap, vas-y ! » plaisanta la jeune fille.
« Je ne vais pas me gêner. »
Elle l’embrassa et la souleva pour la mettre dans l’eau. Gabrielle soupira de satisfaction lorsqu’elle toucha l’eau.
« Viens avec moi. »
Xena ne pipait pas un mot.
« Aller ! On peut facilement tenir à deux là dedans ! » lui dit-elle en se poussant.
Devant l’insistance de son amie et son envie de la rejoindre, elle fit sauter son armure et se plongea rapidement dans l’eau.
Face à face, Gabrielle lui fit une place près d’elle.
« Viens près de moi s’il te plait. »
Xena s’exécuta et se plaça près d’elle. Elle tendit ses jambes et proposa à Gabrielle de venir.
Cette dernière s’assit sur les jambes de la grande femme et posa sa tête sur son épaule. Xena la prit dans ses bras, une main sur son bras et l’autre sur son ventre. Elles restèrent ainsi une bonne heure.
Quand enfin elles prirent l’initiative de sortir, le couple découvrit Nicklio, dehors, les attendant patiemment.
Un jeu de regards et de sourires de part et d’autre.
« Pas un mot Nicklio, pas un mot. »
« Argo est prête, la pommade aussi. Vous pouvez partir quand vous le souhaitez. »
Les amis échangèrent une dernière étreintes d’adieu et Xena remercia son ami pour ce qu’il avait fait. Gabrielle, de son côté, ne savait comment exprimer sa gratitude.
Le guérisseur leur fit juste promettre de prendre soin d’elles et de revenir à l’occasion.
« Tu es prête ? »
Gabrielle hocha la tête.

Elles chevauchèrent Argo et quittèrent ce lieu magique qui restera à jamais gravé dans leur esprit. Celui de la guérison, du renouveau et du bonheur, tout simplement.
 

Commentaires  

 
#6 LooLaw 2011-02-26 20:27 Magnifique histoire. A quand la suite ? J'ai vraiment hâte. Citer
 
 
#5 hamham 2011-01-25 16:41 j'aime vraiment cette histoire et attend impatiemment la suite. Merci et en tout cas moi j'adore ce site. Citer
 
 
#4 Plume 2010-02-11 17:31 Bonsoir et merci pour ce récit
Y aura t-il une suite ?
Citer
 
 
#3 Administrator 2009-11-21 21:10 Multi-citer lau:
je n'ai pas terminé ce récit…mais encore une fois je suis sans voix! apparament je parles dans le vide ce site n'est plus rien un comme ce que je pense de la vie! ce que je ne comprends avec les "blogs"ou les "chats" c'est que soit disant on te répond!bravo pour l'inexistence… surout pas degrossièretée pas d'injures mais,c'est pire pas de réponses!MERCI DE LAU…

Vraiment désolée Lau mais j'avais oublié (eh oui, l'erreur est humaine) d'activer les commentaires… Mea culpa donc.
Citer
 
 
#2 xengab 2009-07-02 15:42 j'ai adoré cette histoire malheureusement la suite tarde à venir allez! un petit effort pour la suite Citer
 
 
#1 lau 2009-06-10 00:38 je n'ai pas terminé ce récit…mais encore une fois je suis sans voix! apparament je parles dans le vide ce site n'est plus rien un comme ce que je pense de la vie! ce que je ne comprends avec les "blogs"ou les "chats" c'est que soit disant on te répond!bravo pour l'inexistence… surout pas degrossièretée pas d'injures mais,c'est pire pas de réponses!MERCI DE LAU… Citer
 
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